Migration: Réunion à Bruxelles pour surmonter les tensions entre Paris et Rome

Des migrants s'apprêtent à débarquer de l'Ocean Viking à Toulon le 11 novembre 2022, après avoir été secourus par l'organisation maritime-humanitaire européenne «SOS Méditerranée» (Photo, AFP).
Des migrants s'apprêtent à débarquer de l'Ocean Viking à Toulon le 11 novembre 2022, après avoir été secourus par l'organisation maritime-humanitaire européenne «SOS Méditerranée» (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 25 novembre 2022

Migration: Réunion à Bruxelles pour surmonter les tensions entre Paris et Rome

  • La réunion, qui se tiendra dans l'après-midi, a été convoquée à la demande de Paris, à la suite de la récente crise avec Rome autour du navire humanitaire Ocean Viking
  • Ces tensions ont ravivé le très sensible débat sur la solidarité entre pays de l'UE sur la migration

BRUXELLES: Les tensions entre Paris et Rome autour des migrants secourus en Méditerranée sont au cœur d'une réunion extraordinaire vendredi à Bruxelles des ministres européens de l'Intérieur, qui s'inquiètent par ailleurs de la hausse des arrivées par la route des Balkans occidentaux.

Les chiffres n'atteignent pas le niveau de la crise des réfugiés de 2015-2016. Mais la possibilité d'une nouvelle vague d'arrivées cet hiver d'Ukrainiens, qui sont pour des millions d'entre eux privés d'électricité et de chauffage à cause des frappes russes, vient aussi nourrir les préoccupations européennes.

La réunion, qui se tiendra dans l'après-midi, a été convoquée à la demande de Paris, à la suite de la récente crise avec Rome autour du navire humanitaire Ocean Viking et ses 234 migrants à bord. Le bateau a finalement débarqué en France le 11 novembre à "titre exceptionnel" après le refus du gouvernement italien d'extrême droite de Giorgia Meloni de l'accueillir.

Ces tensions ont ravivé le très sensible débat sur la solidarité entre pays de l'UE sur la migration, alors qu'une réforme présentée il y a deux ans par la Commission européenne piétine.

En réponse à l'attitude jugée "inacceptable" de Rome, le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin a annoncé suspendre l'accueil prévu en France de 3 500 demandeurs d'asile se trouvant en Italie. Une réaction dénoncée comme "injustifiée" par Giorgia Meloni, qui a rappelé que son pays avait accueilli cette année près de 90 000 migrants.

Ces "relocalisations" étaient prévues dans le cadre d'un mécanisme temporaire de solidarité européen agréé en juin, que la France avait elle-même initié au moment de sa présidence semestrielle du Conseil de l'UE.

Une douzaine de pays s'étaient engagés à accueillir sur un an quelque 8 000 demandeurs d'asile – la France et l'Allemagne en prenant chacune 3 500. Jusqu'à présent, toutefois, seule une centaine de relocalisations ont eu lieu.

Mais à Paris, le ministère de l'Intérieur ne veut plus d'une "situation où un même Etat (la France) est appelé à accueillir des navires sur son territoire et également à effectuer des relocalisations depuis d'autres Etats membres".

«Cadrer» l'action des ONG

Pour tenter de relancer ce mécanisme, la Commission a présenté lundi un plan d'action sur la Méditerranée centrale.

Il vise notamment à renforcer la coopération avec les pays d'origine et de transit, notamment la Tunisie, la Libye, l'Egypte, pour prévenir les départs et augmenter les renvois des migrants en situation irrégulière.

Ce plan veut aussi améliorer la coopération sur les secours en mer entre Etats membres, ainsi qu'avec les ONG opérant les navires humanitaires, et "promouvoir des discussions au sein de l'Organisation maritime internationale" (OMI) sur des "lignes directrices pour ces bateaux effectuant des opérations de sauvetage en mer".

Pour Paris, il s'agit de "mieux cadrer l'action des ONG". "L'idée c'est de ne pas tout interdire ni de tout permettre" mais "actuellement il y a un flou sur ces droits et obligations" des ONG, indique-t-on au ministère de l'Intérieur.

L'Italie, comme la Grèce, Malte et Chypre, pointent du doigt les organisations humanitaires dont les "navires privés agissent en totale autonomie par rapport aux autorités d'Etat compétentes".

L'Allemagne, elle, refuse que soient imposées des limites à l'action de ces navires effectuant des sauvetages en mer. Le Haut-commissaire aux réfugiés, Filippo Grandi, a quant à lui rappelé que "près de 2.000 personnes étaient mortes ou portées disparues" en Méditerranée depuis le début de l'année. Ce responsable italien a souligné "l'importance vitale du secours en mer par tous les acteurs".

Mais une partie des Etats membres, dont la République tchèque qui assure la présidence tournante de l'UE, sont davantage préoccupés par une autre route migratoire: celle des Balkans occidentaux, à l'origine de près de 130.000 entrées irrégulières dans l'Union depuis le début de l'année, selon l'agence Frontex, soit une hausse de quelque 160%.

Cette route est à l'origine "de plus de la moitié des arrivées illégales de migrants sur le territoire de l'UE", a souligné le ministre tchèque Vit Rakusan à l'issue d'une réunion jeudi à Prague avec ses homologues autrichien, hongrois et slovaque, à la veille de la réunion à Bruxelles.


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Attaques de drones sur des infrastructures pétrolières en Russie, une raffinerie en feu

Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
  • Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes
  • Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine

MOSCOU: Des attaques de drones ont visé plusieurs infrastructures pétrolières dans le sud de la Russie vendredi, déclenchant un incendie dans une raffinerie de la région de Krasnodar, ont indiqué les autorités, faisant état de la destruction de 376 drones ukrainiens dans la nuit.

"A la suite de la chute de débris de drones, un incendie s’est déclaré à la raffinerie d'Ilskiï", a indiqué le quartier général opérationnel de la région de Krasnodar sur Telegram, précisant qu'il n'y a pas eu de victimes.

Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes.

Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine.

Entre 20H00 locales jeudi et vendredi 7H00, les forces russes ont détruit 376 drones ukrainiens, a précisé le ministère russe de la Défense sur la messagerie Max.

La Russie continue de frapper presque quotidiennement l'Ukraine, plus de quatre ans après le début de la guerre, pire conflit en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, jusqu'à présent sans issue diplomatique.

L'Ukraine a également intensifié ses frappes sur le territoire russe, parfois très loin de la frontière, visant particulièrement des infrastructures de transport et de stockage d'hydrocarbures pour tenter d'assécher la capacité de Moscou à financer son effort de guerre.