Les forces de sécurité iraniennes font des dizaines de victimes en tirant sur les manifestants

Des manifestants protestent lors du match de football entre le Pays de Galles et l'Iran. (AP)
Des manifestants protestent lors du match de football entre le Pays de Galles et l'Iran. (AP)
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Publié le Samedi 26 novembre 2022

Les forces de sécurité iraniennes font des dizaines de victimes en tirant sur les manifestants

  • Selon un groupe de défense des droits de l'homme : Les Corps des gardiens de la révolution utilisent des équipements militaires, notamment des machines lourdes
  • La protestation populaire a montré que les politiques des 43 dernières années sont dans une impasse

TÉHÉRAN : Les forces de sécurité iraniennes ont ouvert le feu sur des manifestations après la prière du vendredi dans la province rétive du Sistan-Baloutchistan, dans le sud-est du pays, faisant des dizaines de morts et de blessés, selon des militants.

L'Iran a intensifié la répression des manifestations déclenchées par la mort en détention, le 16 septembre, de Mahsa Amini, une Iranienne d'origine kurde de 22 ans.

Les militants avaient appelé à des manifestations nationales cette semaine en solidarité avec le Kurdistan, qui, avec le Sistan-Baloutchistan, a été le plus touché par la répression meurtrière des manifestations en Iran.

«Kurdistan, Kurdistan, nous vous soutiendrons», scandaient vendredi des manifestants dans une vidéo diffusée depuis Zahedan, la capitale du Sistan-Baloutchistan, l'une des rares villes à majorité sunnite d'Iran.

«Les Kurdes et les Baloutches sont des frères, assoiffés du sang du leader», ont-ils chanté dans d'autres images non vérifiées publiées sur les médias sociaux, en référence au guide suprême iranien Ali Khamenei.

Des militants ont déclaré plus tard que les forces de sécurité avaient ouvert le feu sur les manifestants dans la ville.

«Des dizaines de personnes ont été tuées ou blessées», a déclaré sur son canal Telegram la Baloch Activists Campaign, basée à Londres. L'AFP n'a pas été en mesure de confirmer ce bilan.

BAC a partagé une vidéo montrant un groupe d'hommes transportant un homme qui semble être blessé hors de la mosquée Makki de Zahedan, selon la formation.

Des manifestants sont également descendus dans les rues des villes d'Iranshahr, de Khash et de Saravan, dans le Sistan-Baloutchistan, selon le BAC et l'observateur 1500tasvir.

Le groupe Iran Human Rights, basé à Oslo, a déclaré que le Corps des gardiens de la révolution islamique avait utilisé des équipements militaires, notamment des mitrailleuses lourdes, pour réprimer la population.

Les gardiens de la révolution ont renforcé leur présence dans les régions kurdes rebelles.

Les provinces à population kurde de l'ouest et du nord-ouest de l'Iran sont des foyers de protestation depuis la mort d'Amini, après son arrestation à Téhéran pour avoir prétendument enfreint le code vestimentaire strict imposé aux femmes dans le pays. Mardi, l'IHR a déclaré que les forces de sécurité iraniennes avaient tué au moins 416 personnes, dont 51 enfants et 27 femmes, depuis le début des manifestations.

Ce bilan comprend au moins 126 personnes tuées au Sistan-Baloutchistan et 48 personnes tuées dans la province du Kurdistan.

Plus de 90 personnes ont été tuées lors d'une fusillade à Zahedan le 30 septembre. Les manifestations de vendredi sont survenues un jour après que le Conseil des droits de l'homme des Nations unies a voté en faveur de la création d'une enquête de haut niveau sur la répression sanglante en Iran.

L'Iran a condamné cette initiative, affirmant qu'elle était «inutile et représentait une violation de la souveraineté nationale du pays».

Un éminent religieux baloutche, Molavi Abdolhamid, a profité de ses prières du vendredi pour appeler à la fin de la répression des manifestations par des arrestations et des meurtres.

«La protestation du peuple a montré que les politiques des 43 dernières années sont dans une impasse», a-t-il déclaré selon son site internet.

Des unités blindées et des forces spéciales supplémentaires des Gardiens de la révolution se dirigent vers les régions frontalières de l'ouest et du nord-ouest, où vit la minorité kurde, ont rapporté plusieurs agences de presse d'État, après que des renforts aient été annoncés dimanche.

L'agence de presse Tasnim a montré une photo de commandants des Gardiens de la révolution souriants, debout sur un véhicule militaire et saluant une longue file de troupes.

L'Iran a accusé les pays occidentaux d'orchestrer les troubles et a accusé les manifestants des régions où vivent des minorités ethniques de travailler pour le compte de groupes séparatistes.

Molavi Abdolhamid a également profité de son sermon pour dénoncer les mauvais traitements infligés aux détenus.

«Des choses sont dites sur les mauvais traitements infligés aux femmes dans les médias qui sont lourdes et que je ne peux me résoudre à dire», a-t-il déclaré, faisant apparemment référence aux rapports sur les viols présumés de femmes détenues.

Le Conseil des droits de l'homme des Nations unies, qui a voté jeudi en faveur de l'ouverture d'une enquête sur la répression iranienne, a demandé aux autorités de mettre fin aux violences.


Le Canada en deuil après une rare tuerie qui a fait neuf morts

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  • L'attaque s'est déroulée à Tumbler Ridge, petite ville isolée de 2.300 habitants au pied des Montagnes Rocheuses, dans la province de Colombie-Britannique, à plusieurs heures de route de tout centre urbain
  • D'après la première "alerte" envoyée mardi par la police aux habitants, le suspect a été décrit "comme étant une femme brune portant une robe". Mais les autorités n'ont pas confirmé

MONTREAL: Le Canada est "en deuil", a déclaré mercredi le Premier ministre Mark Carney au lendemain d'une tuerie qui a fait neuf morts et une trentaine de blessés dans une petite ville isolée de l'ouest du pays, où une personne a ouvert le feu dans un collège-lycée.

"Nous surmonterons cette épreuve. Nous en tirerons des leçons", a également promis le Premier ministre, appelant les Canadiens au "rassemblement" dans un pays sous le choc, peu habitué aux tueries de ce type contrairement au voisin américain.

Les drapeaux des édifices gouvernementaux seront mis en berne pendant une semaine.

L'attaque s'est déroulée à Tumbler Ridge, petite ville isolée de 2.300 habitants au pied des Montagnes Rocheuses, dans la province de Colombie-Britannique, à plusieurs heures de route de tout centre urbain.

D'après la première "alerte" envoyée mardi par la police aux habitants, le suspect a été décrit "comme étant une femme brune portant une robe". Mais les autorités n'ont pas confirmé.

Le suspect, dont le genre fait l'objet de spéculations, serait mort après "une blessure qu'il se serait infligée", selon la police.

Ken Floyd, un responsable de la police canadienne, est resté prudent mais a indiqué que le tireur était bien la personne mentionnée dans l'alerte.

Vingt-sept personnes ont également été blessées, dont deux grièvement, a indiqué la Gendarmerie royale du Canada dans un communiqué.

"Horreur" 

Nina Krieger, ministre de le Sécurité publique de la province, a évoqué "l'une des pires tueries de masse de l'histoire" du Canada.

"Nous allons nous rassembler et faire en sorte d'être à l'écoute de ceux qui veulent parler" après cette "grande tragédie", a déclaré Darryl Krakowka, le maire de Tumbler Ridge, auprès de la chaîne publique CBC.

Mark Carney n'a pas prévu d'aller sur place mais le ministre canadien de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree, et le Premier ministre de la province David Eby se rendent mercredi au chevet de la ville.

La famille royale britannique s'est dite "profondément choquée et attristée" par ce drame, dans un communiqué du roi Charles III, également chef d'Etat du Canada.

"L'horreur a frappé (...). Pensées aux familles des victimes, aux blessés et à toute la communauté éducative. La France se tient aux côtés des Canadiens", a affirmé le président français Emmanuel Macron sur X.

C'est la seconde tuerie en Colombie-Britannique en moins d'un an. En avril 2025, un homme avait tué 11 personnes à Vancouver, en fonçant avec son camion sur une foule qui célébrait un festival culturel philippin.

Ce type d'attaque est exceptionnel dans les écoles canadiennes. Elle frappe une ville connue pour son tourisme de plein air, avec la proximité des montagnes et un parc géologique.

"Mon plus jeune enfant vient tout juste de sortir du lycée (...). Ma fille aînée travaille à 300 mètres de l'école. Il s'en est fallu de peu", a raconté mardi soir à l'AFP Trent Ernst, journaliste local et ancien enseignant suppléant au lycée de Tumbler Ridge.

"Des fusillades dans des écoles au Canada, c'était une toutes les quelques années (...). Mais quand ça se produit dans votre ville, les choses déraillent complètement", a-t-il ajouté.

"Scène épouvantable" 

Darian Quist, élève dans l'établissement, a expliqué à CBC qu'il se trouvait en cours de mécanique quand on leur a annoncé le confinement de l'école.

"Nous avons pris des tables et barricadé les portes pendant plus de deux heures" jusqu'à l'arrivée de la police, a-t-il raconté.

La première alerte en début d'après-midi concernait un tireur dans l'école. Arrivées sur place, les forces de l'ordre ont d'abord découvert six corps, sans compter le suspect.

Une septième personne blessée par balle est décédée durant son transport à l'hôpital.

Par la suite, la police "a identifié un second lieu (...) lié à l'assaut, où deux autres victimes ont été retrouvées mortes dans une résidence", selon un communiqué.

Ken Floyd a décrit une "scène épouvantable" à l'arrivée des forces de l'ordre.

Si les tueries sont moins fréquentes au Canada qu'aux États-Unis, les statistiques sur la dernière décennie témoignent d'une augmentation constante des crimes commis avec des armes à feu.

En 2020, le Canada avait interdit 1.500 modèles d'armes d'assaut en réaction à la tuerie la plus meurtrière de son histoire, qui avait fait 22 morts dans la province de Nouvelle-Écosse (est).


Israël avance «vers une annexion de facto» de la Cisjordanie, dénonce Berlin

L'aval donné par le cabinet de sécurité israélien à des mesures visant à renforcer le contrôle d'Israël sur la Cisjordanie constitue "une étape supplémentaire vers une annexion de facto", a dénoncé mercredi le ministère allemand des Affaires étrangères. (AFP)
L'aval donné par le cabinet de sécurité israélien à des mesures visant à renforcer le contrôle d'Israël sur la Cisjordanie constitue "une étape supplémentaire vers une annexion de facto", a dénoncé mercredi le ministère allemand des Affaires étrangères. (AFP)
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  • L'aval donné par le cabinet de sécurité israélien à des mesures visant à renforcer le contrôle d'Israël sur la Cisjordanie constitue "une étape supplémentaire vers une annexion de facto"
  • "Israël demeure puissance occupante en Cisjordanie, et en tant que puissance occupante, il est contraire au droit international d'y construire des colonies"

BERLIN: L'aval donné par le cabinet de sécurité israélien à des mesures visant à renforcer le contrôle d'Israël sur la Cisjordanie constitue "une étape supplémentaire vers une annexion de facto", a dénoncé mercredi le ministère allemand des Affaires étrangères.

"Israël demeure puissance occupante en Cisjordanie, et en tant que puissance occupante, il est contraire au droit international d'y construire des colonies", a déclaré lors d'un point presse régulier un porte-parole du ministère, alors que les nouvelles mesures rendent plus faciles les achats de terres pour les colons israéliens.


L'UE doit éliminer les entraves qui l'empêchent d'être un "géant mondial", dit von der Leyen

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, assiste à un débat sur les mesures urgentes nécessaires pour renforcer la compétitivité de l’UE, approfondir le marché unique et réduire le coût de la vie, au Parlement européen à Strasbourg, dans l’est de la France, le 11 février 2026. (AFP)
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, assiste à un débat sur les mesures urgentes nécessaires pour renforcer la compétitivité de l’UE, approfondir le marché unique et réduire le coût de la vie, au Parlement européen à Strasbourg, dans l’est de la France, le 11 février 2026. (AFP)
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  • Ursula von der Leyen appelle l’UE à éliminer les obstacles internes au marché unique, notamment la fragmentation du secteur financier, afin de renforcer la compétitivité, faciliter l’accès aux capitaux et faire de l’Europe un « vrai géant mondial »
  • Elle défend la simplification réglementaire, la poursuite des accords de libre-échange et propose un nouveau statut paneuropéen pour les entreprises (« EU Inc »), tout en ouvrant la voie à des coopérations renforcées et en relançant le débat sur une « pré

STRASBOURG: L'Europe doit "éliminer les entraves" internes à sa compétitivité, si elle veut devenir "un vrai géant mondial", a plaidé mercredi la présidente de la Commission Ursula von der Leyen devant le Parlement européen, à la veille d'un sommet de l'UE.

Citant l'exemple de la fragmentation "sous stéroïdes" du secteur financier européen, la dirigeante a appelé à parachever au plus vite l'intégration du marché unique, en éliminant "un par un" les obstacles qui nuisent à l'activité économique au sein de l'UE.

"Nos entreprises ont besoin de capitaux dès maintenant. Nous devons le faire cette année", a-t-elle lancé aux eurodéputés réunis à Strasbourg, appelant également à poursuivre la conclusion d'accords de libre-échange et la "simplification" réglementaire pour libérer le potentiel de croissance de l'économie.

Les dirigeants des 27 se réunissent jeudi au château d'Alden Biesen en Belgique pour un sommet consacré à la compétitivité de l'économie européenne.

Plusieurs d'entre eux, dont Ursula von der Leyen, le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz participeront en outre à un sommet mercredi à Anvers avec des responsables de l'industrie européenne.

Parmi les sujets qui seront au menu de de ces réunions figure l'instauration d'une "préférence européenne", une mesure de soutien au "Made in Europe" qui consiste à obliger les entreprises bénéficiant de fonds publics à se fournir majoritairement en composants fabriqués en Europe.

La présidente de la Commission, qui avait défendu lundi cette mesure chère à la France, mais critiquée par d'autres pays, a assuré qu'il n'était pas question d'imposer une solution "toute faite" à l'ensemble de l'UE.

La responsable a par ailleurs ouvert la porte à des "coopérations renforcées" en matière de compétitivité, c'est-à-dire des réformes qui seraient menées dans certains pays volontaires, plutôt qu'à l'échelle des 27, comme le permettent les traités européens dans certains domaines.

Enfin, elle a confirmé que la Commission présenterait en mars un projet de création d'un nouveau statut juridique paneuropéen pour les entreprises, baptisé "EU Inc".

Ce statut, également appelé le "28e régime", leur permettrait d'exercer leurs activités dans l'ensemble de l'UE sans formalités supplémentaires ni surcoûts administratifs.