Acquitté par la justice internationale, Charles Blé Goudé est rentré en Côte d'Ivoire

Agé de 50 ans, Charles Blé Goudé est la dernière grande figure du camp Gbagbo lors de la crise de 2010-2011 à faire son retour en Côte d'Ivoire, un an et demi après son ancien mentor. (Photo, AFP)
Agé de 50 ans, Charles Blé Goudé est la dernière grande figure du camp Gbagbo lors de la crise de 2010-2011 à faire son retour en Côte d'Ivoire, un an et demi après son ancien mentor. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 26 novembre 2022

Acquitté par la justice internationale, Charles Blé Goudé est rentré en Côte d'Ivoire

  • M. Blé Goudé, en costume et cravate, est arrivé à l'aéroport d'Abidjan par un vol commercial en provenance d'Accra, au Ghana voisin
  • M. Blé Goudé avait été arrêté en 2013 au Ghana, puis transféré à La Haye en 2014 après plusieurs mois en résidence surveillée à Abidjan.

ABIDJAN: Charles Blé Goudé, pilier du régime de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo et acquitté par la justice internationale est rentré samedi dans son pays natal, sous les acclamations de milliers de sympathisants, et a déjà laissé entrevoir son ambition de peser sur la politique nationale.

"Je remercie les autorités de la Côte d'Ivoire pour avoir facilité mon retour. Si je vous vois aujourd’hui c’est grâce à eux", a déclaré Charles Blé Goudé, devant ses partisans réunis à Yopougon, une commune populaire de la capitale économique ivoirienne.

Dans un discours énergique d'une quarantaine de minutes où il a été régulièrement ovationné, il a ajouté que son "devoir" était "d'accompagner le processus de paix".

Huit ans après avoir quitté la Côte d'Ivoire, Charles Blé Goudé , en costume et cravate, est arrivé à l'aéroport d'Abidjan vers 12H30 (GMT et locales) par un vol commercial en provenance d'Accra, au Ghana voisin.

A sa descente de l'avion, il s'est agenouillé au sol et a été accueilli par une dizaine de personnes, dont l'ancienne Première dame Simone Gbagbo.

Puis, il est monté dans un véhicule et a rapidement quitté les lieux pour mettre le cap sur Yopougon, une commune populaire d'Abidjan.

Son arrivée sobre et discrète à l'aéroport contrastait avec la grande fête que des milliers de ses partisans avaient organisé à Yopougon.

«Il est là!»

Sous un orage diluvien détrempant sa chemise blanche, il a longuement salué ses sympathisants depuis le toit ouvrant de sa voiture, en remontant les rues sous les cris de "Blé Goudé, il est là" et les banderoles lui souhaitant la bienvenue.

Un important dispositif sécuritaire avait été déployé à l'aéroport et des dizaines de policiers à Yopougon.

Aux côtés de l'ancien président Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé avait été définitivement acquitté en mars 2021 par la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye de crimes présumés pendant la crise post-électorale de 2010-2011.

A l'époque, la victoire à la présidentielle d'Alassane Ouattara, contestée par Laurent Gbagbo, avait débouché sur une crise qui avait fait 3.000 morts et conduit à l'arrestation de M. Gbagbo en avril 2011.

M. Blé Goudé avait été arrêté en 2013 au Ghana, puis transféré à La Haye en 2014 après plusieurs mois en résidence surveillée à Abidjan.

Un peu plus d'un an après son acquittement, il a obtenu un passeport des autorités ivoiriennes en mai dernier puis un feu vert de celles-ci pour rentrer.

Agé de 50 ans, il est la dernière grande figure du camp Gbagbo lors de la crise de 2010-2011 à faire son retour en Côte d'Ivoire, un an et demi après son ancien mentor.

«Prési, Prési»

Samedi, Charles Blé Goudé a également esquissé les contours d'un retour dans l'arène politique.

"Je ne suis pas de passage, je suis venu ici pour de bon. On fera un meeting politique sur cette même place où j’aborderai tous les sujets", a-t-il lancé, tout sourire à l'écoute des "Prési, Prési" scandés par la foule.

"Votre chef est arrivé, il est là. Vous n’êtes plus des orphelins", a-t-il poursuivi.

Charles Blé Goudé a lancé en 2015 son propre parti politique, le Congrès panafricain pour la justice et l'égalité des peuples (Cojep).

Comme Simone Gbagbo, il n'a pas rejoint le Parti des peuples Africains - Côte d'Ivoire (PPA-CI), la formation lancée par Laurent Gbagbo en 2021.

"On est heureux, on est très heureux, on a attendu depuis très longtemps. Nous avons une nation à bâtir (...), avec ton énergie, je suis sûr que tu vas venir prendre ta part avec nous", a déclaré Simone Gbagbo, qui a pris la parole avant lui à Youpogon, samedi.

Une condamnation à 20 ans de prison plane par ailleurs toujours au-dessus de la tête de Charles Blé Goudé pour des faits liés à la crise post-électorale. Condamné dans la même affaire, Laurent Gbagbo avait obtenu en août une grâce présidentielle.

"Près de dix ans après son arrestation, le retour de Charles Blé Goudé est une page qui se tourne. Toutefois, cela ne signifie pas que le passif de la crise post-électorale est soldé : un nombre important de victimes des crimes commis pendant cette période continue d’attendre des réparations pour le préjudice qu’elles ont subi" a pour sa part déclaré Ibrahim Sorie Yillah, vice-président du Fonds au profit des victimes de la CPI.


Iran : l'UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
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  • Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont classé les Gardiens de la Révolution iraniens comme organisation terroriste suite à la répression sanglante des manifestations en Iran
  • L’UE a également sanctionné 21 responsables iraniens, avec interdiction d’entrée sur le territoire et gel de leurs avoirs

BRUXELLES: Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne sont tombés d'accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une "organisation terroriste", après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.

"+Terroriste+, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a aussitôt réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte", a assuré de son côté Mme Kallas, en marge d'une réunion ministérielle à Bruxelles.

Ces derniers ont donné leur feu vert à l'inscription des Gardiens iraniens dans la liste de l'UE recensant les organisations terroristes. Les Européens rejoignent ainsi d'autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie.

La France avait annoncé dès mercredi être prête à soutenir cette décision, en réponse à la répression "la plus violente" de l'histoire récente iranienne.

Les Européens ont aussi décidé jeudi de sanctionner plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l'Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution. La liste de ces responsables iraniens a été publiée jeudi au Journal officiel de l'UE.

Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d'entrer dans l'UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.


Trump dit qu'il "semble" que le Hamas va se désarmer

Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme que le Hamas « semble » prêt à se désarmer, une étape clé de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza
  • La deuxième phase de la trêve prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif israélien et le déploiement d’une force internationale

WASHINGTON : Donald Trump a dit jeudi qu'il "semblait" que le mouvement palestinien Hamas allait "se désarmer", ce qui est l'une des étapes cruciales prévues dans son plan de règlement du conflit à Gaza.

"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais. Il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré le président américain pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Il a également relevé que le Hamas "nous a aidé avec les corps, leur rapatriement et sa famille est très reconnaissante", faisant référence au rapatriement des restes du dernier otage israélien du 7-Octobre, Ran Gvili, à qui Israël a rendu hommage mercredi lors de funérailles nationales.

Pour sa part, l'émissaire spécial Steve Witkoff s'est félicité que "nous ayons chassé les terroristes de là-bas et ils vont se démilitariser".

"Ils le feront parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils vont abandonner. Ils vont abandonner les AK-47", a-t-il ajouté.

La veille, le Hamas s'était dit prêt à un "transfert complet de la gouvernance" de la bande de Gaza aussi vite que possible.

Aux termes du plan du président américain pour mettre fin à la guerre de Gaza, un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) doit administrer provisoirement le territoire palestinien sous la houlette du "Conseil de paix" présidé par M. Trump lui-même.

La deuxième phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre dernier prévoit entre autres le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
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  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.