Des emballages comestibles aux algues comme alternative au plastique

Un employé tient une bulle comestible "Ooho" chez Notpla à Hackney, dans l'est de Londres, le 24 novembre 2022. Une start-up britannique fondée par deux ex-étudiants français et espagnols, fabriquant des emballages biodégradables à partir de plantes marines, veut obtenir l'approbation royale cette semaine lorsque le prince William dévoilera ses derniers prix Earthshot. (AFP).
Un employé tient une bulle comestible "Ooho" chez Notpla à Hackney, dans l'est de Londres, le 24 novembre 2022. Une start-up britannique fondée par deux ex-étudiants français et espagnols, fabriquant des emballages biodégradables à partir de plantes marines, veut obtenir l'approbation royale cette semaine lorsque le prince William dévoilera ses derniers prix Earthshot. (AFP).
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Publié le Lundi 28 novembre 2022

Des emballages comestibles aux algues comme alternative au plastique

  • Les deux étudiants cherchent à concevoir des emballages à partir de matières naturelles et biodégradables, contrairement aux plastiques issus de l'industrie pétrochimique
  • Après avoir testé différentes plantes, «on a trouvé des extraits d'algues, et on s'est rendu compte qu'on pouvait créer des solutions qui étaient très proches de ce qu'on pouvait trouver dans la nature, et même éventuellement mangeables»

LONDRES : Comment éviter d'emballer boissons et aliments dans du plastique et réduire ainsi la pollution des sols et des océans? A Londres, une startup cofondée par un Français a trouvé une solution: des emballages comestibles ou naturellement biodégradables, fabriqués à partir d'algues.

Une idée qui vaut à la startup Notpla d'être sélectionnée cette année parmi les quinze finalistes du prix Earthshot, créé par le prince William pour récompenser des innovations bonnes pour l'environnement ou la lutte contre le changement climatique.

L'aventure de Notpla a commencé dans une petite cuisine londonienne. Le Français Pierre Paslier et l'Espagnol Rodrigo Garcia Gonzalez, tous deux étudiants au Royal College of Art de Londres pour se former à la conception de produits innovants, cherchaient à créer des emballages non nocifs pour l'environnement.

"Ingénieur packaging chez L'Oréal, je développais des solutions packaging en plastique, des bouteilles de shampoing, des pots de crème, et rapidement je me suis rendu compte que je voulais travailler plutôt sur des solutions, que créer plus de plastiques qui finissent dans l'environnement", raconte à l'AFP le Français de 35 ans.

Les deux étudiants cherchent à concevoir des emballages à partir de matières naturelles et biodégradables, contrairement aux plastiques issus de l'industrie pétrochimique.

Après avoir testé différentes plantes, "on a trouvé des extraits d'algues, et on s'est rendu compte qu'on pouvait créer des solutions qui étaient très proches de ce qu'on pouvait trouver dans la nature, et même éventuellement mangeables", se souvient Pierre Paslier.

Texture gélatineuse

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Les algues "ont des atouts incroyables", explique Pierre Paslier. Elles "poussent très vite, certaines des algues qu'on utilise dans nos labos poussent de près d'un mètre par jour. (...) En plus de ça, il n'y a besoin d'aucune activité humaine pour les faire pousser, pas besoin de rajouter de l'eau potable ou des engrais", précise-t-il. (AFP).

La vidéo où ils présentent leur concept d'emballage en forme de bulle comestible, baptisée Ooho, devient virale sur internet, suscitant l'intérêt d'investisseurs. En 2014, les deux étudiants fondent Notpla, désormais en pleine expansion avec plus de 60 salariés et sur le point de fabriquer ses produits à l'échelle industrielle.

Leur emballage bulle, de la taille d'une grosse tomate cerise, créé à partir d'extraits d'algues selon un processus gardé secret, peut encapsuler toute sorte de liquides: de l'eau, des cocktails utilisables durant des festivals, ou des boissons énergétiques distribuées par exemple en 2019 aux coureurs du marathon de Londres.

Dans la bouche, sa texture s'apparente à un bonbon gélatineux.

C'est dans leurs bureaux situés dans un grand hangar à deux pas du parc olympique Queen Elizabeth de Londres, que se fait la production des bulles, celle des autres produits étant sous-traitées à des fabricants en Europe. La jeune équipe y a aussi ses laboratoires pour mettre au point de nouveaux produits, toujours à base d'algues.

Elle a, par exemple, développé un revêtement biodégradable naturellement pour les boîtes de repas à emporter, qui sert à protéger l'emballage de la graisse ou des aliments liquides.

Notpla fournit ainsi le géant du secteur Just Eat au Royaume-Uni et dans cinq autres pays européens. Les aliments vendus durant la finale de la Coupe d'Europe féminine de football au stade de Wembley à Londres en juillet étaient emballés par Notpla.

«Atouts incroyables»

Une de ses dernières innovations est un emballage transparent pour les produits secs, comme les pâtes.

Les algues "ont des atouts incroyables", explique Pierre Paslier. Elles "poussent très vite, certaines des algues qu'on utilise dans nos labos poussent de près d'un mètre par jour. (...) En plus de ça, il n'y a besoin d'aucune activité humaine pour les faire pousser, pas besoin de rajouter de l'eau potable ou des engrais", précise-t-il.

Et "les algues sont là depuis des milliards d'années, donc où que notre packaging finisse, la nature sait très bien comment déconstruire et réutiliser ces matériaux sans créer de pollution", vante l'ingénieur.

Pour l'instant, les produits de Notpla restent plus chers que ceux en plastique, mais en commençant à produire à grande échelle leur boîte pour les repas à emporter, le surcoût a été ramené à 5 à 10%.

L'entreprise se veut une alternative parmi d'autres pour réduire la consommation de plastique, au moment où de nombreux pays durcissent leur réglementation.

Selon un récent rapport de l'OCDE, au rythme actuel, la quantité de déchets plastiques triplerait d'ici 2060, à un milliard de tonnes par an, dont une grande partie pollue les océans, menaçant de nombreuses espèces.

Cette année, outre Notpla, quatorze autres entreprises sont finalistes du prix Earthshot. Cinq d'entre elles seront distinguées, remportant 1 million de livres chacune.

Les prix seront décernés le 4 décembre à Boston aux Etats-Unis, lors d'une cérémonie retransmise en direct.


Liban: 39 sites culturels placés sous protection renforcée de l'Unesco en raison de la guerre

Un homme inspecte les destructions sur le site d'une frappe aérienne israélienne ayant visé Baalbek, dans la vallée de la Bekaa à l'est du Liban, avec le temple romain de la cité antique en arrière-plan, le 7 novembre 2024, dans le cadre de la guerre en cours entre Israël et le Hezbollah. (AFP)
Un homme inspecte les destructions sur le site d'une frappe aérienne israélienne ayant visé Baalbek, dans la vallée de la Bekaa à l'est du Liban, avec le temple romain de la cité antique en arrière-plan, le 7 novembre 2024, dans le cadre de la guerre en cours entre Israël et le Hezbollah. (AFP)
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  • L’UNESCO place 39 sites culturels au Liban sous protection renforcée face aux risques liés au conflit
  • Des sites majeurs comme Baalbeck, Tyr et Byblos bénéficieront d’un soutien technique et financier

PARIS: L'Unesco a placé mercredi sous protection renforcée 39 sites culturels au Liban par crainte de dégâts causés par les bombardements auxquels fait face le pays après un mois de guerre.

"Ces 39 biens culturels bénéficient désormais du niveau de protection juridique le plus élevé contre les attaques et les usages à des fins militaires", écrit l'Unesco dans un communiqué.

Parmi ces biens figurent les sites archéologiques de Baalbeck et de Tyr, le musée national de Beyrouth ou encore le site de Byblos.

La convention de la Haye de 1954 oblige à préserver les biens culturels en cas de conflit armé.

Les 39 sites "recevront une assistance technique et financière de l'Unesco pour renforcer leur protection juridique, améliorer les mesures d'anticipation et de gestion des risques ainsi que fournir une formation supplémentaire aux professionnels de la culture et au personnel militaire de la zone", détaille l'Unesco.

"La protection renforcée permet également d'envoyer un signal à l'ensemble de la communauté internationale quant à l'urgence de protéger ces sites", ajoute l'organisation qui explique avoir convoqué mercredi une "réunion extraordinaire (...) à la suite d'une demande" du Liban.

Ces sites bénéficieront également d'une "aide financière internationale de plus de 100.000 dollars américains pour les opérations d'urgence sur le terrain", ajoute l'Unesco.

Située à une vingtaine de kilomètres de la frontière avec Israël, Tyr, ville inscrite sur la liste du patrimoine mondial en 1984, a été la cible de plusieurs frappes israéliennes depuis le début de la guerre avec le Hezbollah pro-iranien le 2 mars.

Encore en construction, un musée sur le site a subi quelques dommages. Mais ni la nécropole des IIe et IIIe siècles ni l'arc de triomphe monumental, les aqueducs ou encore l'hippodrome qui s'élèvent sur le site, n'ont été atteints.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran, "d'autres biens dans des pays voisins" ont subi des dégâts, écrit l'Unesco, sans détails.


Découverte : Blossom Space à Djeddah

(Photo: Arab News)
(Photo: Arab News)
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  • Blossom Space excelle dans les articles de papeterie, proposant carnets, encres et autres objets soigneusement sélectionnés

DJEDDAH : À Djeddah, Blossom Space combine charme, convivialité et créativité dans un seul et magnifique lieu. Dès que vous franchissez la porte, on a l’impression d’entrer dans les pages d’un livre d’histoires — un monde doux et rêveur, à mi-chemin entre une bibliothèque confortable et une boutique-cadeaux fantaisiste.

Le personnel est exceptionnellement gentil et accueillant, ajoutant une touche personnelle qui élève toute l’expérience.

L’extérieur est déjà séduisant, avec une façade en verre élégante et une enseigne lumineuse qui suggèrent un espace moderne et légèrement haut de gamme — discret mais intrigant, plutôt « trésor caché » qu’une boutique clinquante.

Une fois à l’intérieur, l’atmosphère se transforme en chaleur et charme. Des étagères en bois et un éclairage doux créent une ambiance apaisante, rappelant un coin lecture tranquille.

Les détails décoratifs — mini-carrousels, accents vintage, papeterie délicate — évoquent un sentiment nostalgique, presque de livre d’histoires. Les plantes suspendues apportent vie et fraîcheur, tandis que les présentoirs pastel offrent un rendu visuel plaisant, féminin et digne d’un tableau Pinterest.

Blossom Space brille dans la papeterie, proposant carnets, encres et autres objets soigneusement sélectionnés. Pour ceux qui cherchent une expérience plus interactive, l’espace coloriage à l’étage est parfait pour se détendre et se ressourcer, offrant une échappée thérapeutique pour adultes et enfants.

Les activités de coloriage coûtent SR35 (9 $), et les expériences de décoration à la main SR65.

J’y suis allé deux fois. La première visite était agréable, même si certaines peintures étaient sèches et le café gratuit pouvait être meilleur. La deuxième fois, je suis venu avec un ami mais je ne voulais pas peindre, et on m’a demandé de payer l’entrée. Je comprends la politique, mais cela a été un peu décevant, surtout que l’endroit était vide.

Que vous soyez amateur de livres, passionné de papeterie ou simplement en quête d’une sortie différente et mémorable, Blossom Space ne déçoit pas.

Organisé, propre et débordant de charme, j’y retournerai sans hésiter. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Ahmad Kaabour : la voix de Beyrouth s’éteint à 71 ans

Le chanteur libanais Ahmad Kaabour en concert au festival « Angham min al-Sharq » (Les Sons de l’Arabie) à Abou Dhabi, le 7 mai 2010. Organisé par l’Autorité pour la Culture et le Patrimoine d’Abou Dhabi (ADACH), l’événement célèbre la richesse musicale du monde arabe. (AFP)
Le chanteur libanais Ahmad Kaabour en concert au festival « Angham min al-Sharq » (Les Sons de l’Arabie) à Abou Dhabi, le 7 mai 2010. Organisé par l’Autorité pour la Culture et le Patrimoine d’Abou Dhabi (ADACH), l’événement célèbre la richesse musicale du monde arabe. (AFP)
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  • Ahmad Kaabour est décédé à 71 ans à Beyrouth, après une longue lutte contre le cancer, laissant un héritage musical engagé et profondément lié à la mémoire de la ville
  • Son répertoire transforme Beyrouth en protagoniste, célébrant sa résilience, sa culture et ses traditions à travers plus de quatre décennies de carrière

​​​​​DUBAÏ: La disparition d’Ahmad Kaabour marque un chapitre essentiel de la mémoire musicale de Beyrouth. Figure emblématique de la chanson engagée et du patrimoine musical libanais, Kaabour aura traversé les décennies comme un témoin sonore des douleurs et des renaissances de sa ville natale. 

L’artiste s’est éteint à Beyrouth à l’âge de 71 ans, après une longue lutte contre le cancer. Né dans la capitale libanaise en 1955, il laisse derrière lui un héritage musical profondément ancré dans l’histoire et l’identité de la ville. Sa disparition marque la fin d’une voix qui a su chanter à la fois la douleur, l’espoir et la résilience de Beyrouth et du Liban.

Né dans une famille d’artistes, Kaabour commence à composer dès l’adolescence. En 1975, alors que le Liban s’enfonce dans la guerre civile, il compose la musique de « Ounadikom », sur des paroles du poète palestinien Tawfiq Ziad. La chanson devient un hymne de protestation et de solidarité, traversant générations et frontières.

Au fil des années, Kaabour travaille aux côtés de figures majeures de la scène libanaise, devenant partenaire artistique de Ziad Rahbani et Marcel Khalifé, tout en naviguant entre engagement politique et sensibilité populaire. 

Cette ouverture à des influences internationales se manifeste également dans son adaptation de « Baddi Ghanni Lannas », version arabe de « Chanter pour ceux qui sont loin de chez eux » de Michel Berger, parue en 1985 sur l’album Différences. Dans cette relecture, Ahmad Kaabour conserve la mélodie poignante et épurée de l’original, tout en y insufflant des paroles arabes ancrées dans les réalités libanaises et, plus largement, arabes.

Là où Berger chantait l’exil et la marginalité, Kaabour en élargit la portée pour en faire un hymne à la dignité et à la présence des peuples, fidèle à son engagement artistique. Cette collaboration indirecte — où Berger est crédité pour la musique et Kaabour pour l’adaptation — illustre sa capacité à faire dialoguer les cultures tout en restant profondément enraciné dans son identité.

Le lien avec Beyrouth reste central dans son œuvre. « La3younak » (1993) est une véritable déclaration d’amour à la ville, diffusée largement dans les années 1990, notamment sur Future TV, et incarnant l’esprit d’une capitale en reconstruction  derrière sa mélodie douce et nostalgique, c’est une ville-personne qui se dessine : aimée, fragilisée, mais toujours debout. 

Cette fibre beyrouthine traverse aussi d’autres titres. Dans ses reprises, comme « Shu Beddak » après l’explosion du port de 2020, Kaabour transforme une chanson populaire en élégie contemporaine, appelant à la mémoire et à la responsabilité collective. Dans des registres plus festifs, comme « Allou Al Bayarek », associé aux traditions du Ramadan à Beyrouth, il célèbre les rituels et la vie quotidienne de la ville, inscrivant son œuvre au cœur de la culture et des traditions locales.

Au-delà de ses succès pour adultes, Kaabour n’a jamais négligé le jeune public. Ses spectacles pour enfants, souvent avec la troupe Firkat al-Sanabel et le Théâtre libanais de marionnettes, évitaient la simplification, mêlant rythme, histoire et réflexion sur le monde. Pour lui, la musique était un pont entre générations et un moyen de transmettre mémoire et émotion.

Avec plus de quatre décennies de carrière, Ahmad Kaabour laisse un héritage unique : Beyrouth, avec toutes ses blessures et ses espoirs, comme protagoniste de sa musique. Sa voix restera à jamais l'écho de la ville qu’il a tant aimée.