Pakistan: les talibans locaux mettent fin à leur cessez-le-feu

Cette photo aérienne prise le 25 octobre 2022 montre une vue générale de Mingora, dans le district de Swat de Khyber Pakhtunkhwa (Photo, AFP).
Cette photo aérienne prise le 25 octobre 2022 montre une vue générale de Mingora, dans le district de Swat de Khyber Pakhtunkhwa (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 28 novembre 2022

Pakistan: les talibans locaux mettent fin à leur cessez-le-feu

  • Depuis vendredi, l'armée a intensifié sa présence dans la même zone pour en déloger les combattants du TTP, allant jusqu'à bombarder leurs caches avec des hélicoptères de combat
  • Le TTP a été créé par des djihadistes pakistanais alliés à Al-Qaïda, qui avaient combattu aux côtés des talibans en Afghanistan dans les années 1990

ISLAMABAD : Les talibans pakistanais ont annoncé lundi la fin du cessez-le-feu qu'ils avaient déclaré en juin, qui n'était que très partiellement respecté, et ordonné à leurs combattants de mener des attaques dans tout le Pakistan.

Le Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), un groupe distinct des talibans afghans mais mû par une même idéologie, a tué en moins d'une décennie, après sa naissance en 2007, des dizaines de milliers de civils pakistanais et de membres des forces de sécurité.

Affaibli à partir de 2014 par d'intenses opérations de l'armée pakistanaise, il est revenu en force depuis le retour au pouvoir des talibans en Afghanistan en août 2021, avec le retrait des forces américaines après deux décennies de guerre.

Le TTP a justifié la fin du cessez-le-feu, qui avait été prolongé indéfiniment en juin pour faciliter des négociations de paix avec des représentants de l'Etat pakistanais, par le non respect de cette trêve de la part d'Islamabad.

"Nous (...) avons fait montre d'une grande patience, pour que le processus de paix ne soit pas saboté", a indiqué le TTP dans un communiqué.

"Mais l'armée et les services de renseignements n'arrêtent pas leurs attaques, donc maintenant des attaques de représailles vont commencer dans tout le pays", a-t-il ajouté.

Les pourparlers de paix ont commencé en mai dans la capitale afghane, Kaboul, sous la médiation des talibans afghans, mais n'ont pas connu de progrès substantiels depuis.

Le cessez-le-feu lui-même n'a jamais été vraiment respecté, ni par le TTP qui a multiplié les attaques ciblées, dirigées non plus contre les civils comme dans le passé mais essentiellement contre les forces de sécurité, ni par l'armée pakistanaise qui a continué à pourchasser ses combattants.

A la mi-novembre, six policiers ont ainsi été tués dans une embuscade dans le village de Shahab Khel (nord-ouest), à une centaine de kilomètres de la frontière avec l'Afghanistan.

Tensions croissantes

Depuis vendredi, l'armée a intensifié sa présence dans la même zone pour en déloger les combattants du TTP, allant jusqu'à bombarder leurs caches avec des hélicoptères de combat.

Le TTP a été créé par des djihadistes pakistanais alliés à Al-Qaïda, qui avaient combattu aux côtés des talibans en Afghanistan dans les années 1990, avant de s'opposer au soutien apporté par Islamabad aux Américains après l'invasion de ce pays en 2001.

Il a été au faîte de son pouvoir entre 2007 et 2009, quand il contrôlait la vallée de Swat, à peine 140 km au nord d'Islamabad, y imposant une version ultra-radicale de la loi islamique.

Le groupe est notamment responsable de l'attentat le plus meurtrier de l'histoire du Pakistan, quand environ 150 personnes, essentiellement des élèves, avaient été massacrées en décembre 2014 dans une école militaire de Peshawar.

Amoindri par les tirs de drones américains, les divisions internes et les ralliements au groupe djihadiste Etat islamique, il a finalement été chassé des zones tribales du nord-ouest du Pakistan vers l'Afghanistan lors d'une vaste opération lancée par l'armée en 2014.

Il a commencé à se redresser à l'été 2020 en ralliant à lui des factions dissidentes. Mais sa fortune a véritablement changé avec l'arrivée au pouvoir des talibans à Kaboul.

Ses attaques ont ainsi augmenté de 50% depuis août 2021 et ont fait 433 morts, selon l'Institut pakistanais PIPS. Le TTP a aussi systématisé le recours à l'extorsion d'hommes d'affaires ou de politiciens pour se financer, selon des témoignages recueillis par l'AFP.

La zone frontalière entre le Pakistan et l'Afghanistan est une source de tensions croissantes depuis un an. Le Pakistan reproche aux talibans afghans de laisser le TTP planifier à partir de leur sol ses attaques, ce que ceux-ci n'ont cessé de nier.

"Il est important d'engager de sérieuses négociations avec les talibans afghans sur cette question et de leur faire prendre conscience de la gravité du problème", a déclaré à l'AFP l'analyste pakistanais Saad Khan, après l'annonce du TTP.


Cinq Italiens décédés dans un accident de plongée aux Maldives

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
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  • Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé
  • Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué

MALE: Cinq Italiens sont décédés dans un accident de plongée aux Maldives, sans que les circonstances précises soient connues, a annoncé jeudi le ministère italien des Affaires étrangères, les forces de sécurité sur place ayant retrouvé un corps.

L'archipel est une destination de vacances de luxe, avec ses plages de sable blanc et ses complexes hôteliers isolés, prisée des plongeurs.

Des responsables locaux ont déclaré qu'il s'agissait du plus grave accident de plongée survenu dans ce pays composé de 1.192 minuscules îles coralliennes dispersées sur quelque 800 kilomètres le long de l'équateur, dans l'océan Indien.

"A la suite d'un accident survenu lors d'une sortie de plongée sous-marine, cinq ressortissants italiens ont trouvé la mort (...) aux Maldives. Les plongeurs auraient perdu la vie alors qu'ils tentaient d'explorer des grottes situées à 50 mètres de profondeur", précise le ministère, en soulignant que les autorités locales menaient une enquête.

Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé.

Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué.

"Un corps a été retrouvé", annonce le communiqué. Il a "été découvert à l'intérieur d'une grotte en profondeur (...) On pense que les quatre autres plongeurs se trouvent également dans cette même grotte, qui descend jusqu'à environ 60 mètres", précise-t-il.

Les MNDF ont aussi précisé qu'un navire des garde-côtes se trouvait dans la zone pour coordonner les opérations de recherche tout au long de la nuit. D'autres plongeurs des garde-côtes ont été envoyés en renfort pour participer aux recherches.

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs.

Une touriste britannique est décédée en décembre lors d'une plongée, et son mari, bouleversé, est mort quelques jours plus tard après être tombé malade.

En juin, un touriste japonais de 26 ans a disparu après une expédition de plongée près de la capitale.

Selon les médias locaux, au moins 112 touristes sont morts dans des incidents liés à la mer dans l'archipel au cours des six dernières années, dont 42 victimes d'accidents de plongée ou de plongée avec tuba.

 


Détroit d'Ormuz: Téhéran annonce laisser passer des navires chinois depuis mercredi

L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran"
  • Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique"

TEHERAN: L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran", ont indiqué jeudi dans un communiqué les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran.

Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique", ont-ils spécifié.

Cette autorisation donnée à plusieurs navires chinois a également été annoncée par des médias officiels iraniens.

La télévision d’État iranienne a notamment précisé que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à franchir le détroit d'Ormuz, sans indiquer s'il s'agissait exclusivement de navires chinois.

Le blocage iranien de cette voie maritime par laquelle transite habituellement un cinquième de la production mondiale de pétrole perturbe les marchés mondiaux et confère à Téhéran un levier stratégique.

Les Etats-Unis ont quant à eux imposé leur propre blocus des ports iraniens malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump, en visite jeudi en Chine, a discuté du détroit d'Ormuz avec son homologue Xi Jinping.

Selon un extrait d'une interview à la chaîne Fox News, Donald Trump a déclaré que M. Xi lui avait assuré que Pékin n'enverrait pas d'équipement militaire à l'Iran et était prêt à aider à la réouverture du détroit d'Ormuz.

La Chine est le principal pays importateur du pétrole iranien.


De nouvelles négociations entre Israël et le Liban s'ouvrent à Washington 

Israël et le Liban ont lancé jeudi à Washington une nouvelle session de discussions pour parvenir à un rapprochement, selon des diplomates, au moment où un cessez-le-feu arrive à expiration. (AFP)
Israël et le Liban ont lancé jeudi à Washington une nouvelle session de discussions pour parvenir à un rapprochement, selon des diplomates, au moment où un cessez-le-feu arrive à expiration. (AFP)
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  • A trois jours de la fin théorique, dimanche, de la trêve au Liban, représentants israéliens et libanais ont repris au département d'Etat des discussions qui doivent durer deux jours
  • Malgré l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 17 avril, Israël a continué à frapper des cibles du Hezbollah pro-iranien au Liban, tuant plus de 400 personnes, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels

WASHINGTON: Israël et le Liban ont lancé jeudi à Washington une nouvelle session de discussions pour parvenir à un rapprochement, selon des diplomates, au moment où un cessez-le-feu arrive à expiration.

Ce troisième cycle de discussions, qui doit durer deux jours, a débuté peu après 09H00 locales (13H00 GMT) au département d'Etat, d'après un diplomate proche du dossier.

A trois jours de la fin théorique, dimanche, de la trêve au Liban, représentants israéliens et libanais ont repris au département d'Etat des discussions qui doivent durer deux jours.

Malgré l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 17 avril, Israël a continué à frapper des cibles du Hezbollah pro-iranien au Liban, tuant plus de 400 personnes, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.

L'armée israélienne a encore annoncé jeudi de nouvelles frappes visant le Hezbollah pro-iranien dans le sud du pays, après avoir ordonné l'évacuation de huit villages. Selon l'agence de presse libanaise ANI, des bombardements se sont produits dans le sud du pays, au lendemain de raids meurtriers qui ont fait 22 morts.

Dans le nord d'Israël, une attaque de drone du Hezbollah a blessé plusieurs civils, selon l'armée israélienne.

En dépit de la trêve, Israël continue de viser le Hezbollah, le mouvement chiite qui a entraîné le Liban dans la guerre régionale à la suite du déclenchement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février.

Le conflit a tué des milliers de personnes, principalement en Iran et au Liban, où les autorités dénombrent plus de 2.800 morts, dont au moins 200 enfants.

Lors de la dernière réunion le 23 avril à Washington entre Israéliens et Libanais, Donald Trump avait annoncé une prolongation de trois semaines de la trêve, et exprimé l'espoir d'un rapprochement historique entre les deux voisins du Proche-Orient.

Le président des Etats-Unis avait conjecturé qu'il accueillerait dans l'intervalle à la Maison Blanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun.

Mais cette rencontre ne s'est pas concrétisée, le chef d'Etat libanais exigeant au préalable un accord sur les questions de sécurité et la fin des attaques israéliennes.