Pakistan: meeting de l'ex-Premier ministre Imran Khan pour des élections anticipées

Des ouvriers installent une vitre pare-balles sur la scène principale du site avant le début d'un rassemblement anti-gouvernemental mené par l'ancien Premier ministre Imran Khan (sans photo) à Rawalpindi, le 26 novembre 2022. (AFP).
Des ouvriers installent une vitre pare-balles sur la scène principale du site avant le début d'un rassemblement anti-gouvernemental mené par l'ancien Premier ministre Imran Khan (sans photo) à Rawalpindi, le 26 novembre 2022. (AFP).
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Publié le Dimanche 27 novembre 2022

Pakistan: meeting de l'ex-Premier ministre Imran Khan pour des élections anticipées

  • L'attaque du 3 novembre, au cours duquel l'ex-Premier ministre a été blessé aux jambes, est le dernier rebondissement en date après des mois de tensions politiques
  • La crise a débuté lors de l'éviction d'Imran Khan du pouvoir après un vote de défiance à l'Assemblée nationale

RAWALPINDI: L'ancien Premier ministre pakistanais, Imran Khan, doit s'adresser samedi dans la soirée à ses partisans pour appeler à des élections anticipées, sa première sortie publique depuis une tentative de l'assassiner  dont il accuse son successeur.

Le rassemblement organisé à Rawalpindi, ville jouxtant Islamabad, et qui devrait réunir des milliers de personnes, intervient dans un contexte particulièrement tendu. Le 3 novembre, l'ex-Premier ministre avait été blessé par balle aux jambes lors d'un meeting. Cette agression survenait après des mois d'une crise politique provoquée par son éviction du pouvoir suite à un vote de défiance du parlement à son encontre en avril.

La journée de samedi est l'étape la plus importante d'une "longue marche" organisée par son parti, le Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI, Mouvement du Pakistan pour la justice) dans le but de faire pression sur le gouvernement afin d'obtenir des élections anticipées avant l'expiration du mandat du Parlement en octobre prochain.

"Ma vie est en danger et malgré mes blessures, je vais à Rawalpindi pour la nation", a tweeté le PTI samedi matin en citant M. Khan dont l’allocution est attendue en soirée. "Ma nation viendra à Pindi (diminutif de la ville) pour moi".

Rawalpindi, ville de garnison, abrite le quartier général de la puissante armée pakistanaise.

"Nous espérons que Khan introduira des réformes et que la situation s'améliorera", a témoigné auprès de l'AFP Saghir Ahmed qui a fermé sa boutique pour assister au discours.

Ce tailleur de 32 ans, déplore une situation économique désastreuse avec une inflation galopante et une roupie en chute libre qui a rendu la vie "insupportable".

Dès le matin, les partisans du PTI ont afflué de tout le pays arborant des fanions du parti verts et rouges et se sont dirigés en direction de la tribune protégée de panneaux pare-balle et installée à bonne distance de la foule.

Les autorités ont mis en place un vaste dispositif de sécurité autour de la capitale pour empêcher les partisans de l'ancienne star internationale du cricket, reconvertie dans la politique, de marcher sur les bâtiments gouvernementaux. Des milliers de membres du personnel de sécurité ont été déployés et les routes ont été bloquées par des conteneurs.

Alerte rouge

Les manifestations organisées en mai par Khan, 70 ans, avaient dégénéré en chaos : la capitale avait été bloquée et des affrontements avaient éclaté à travers le pays entre la police et les manifestants.

La police a déclaré que toute tentative des partisans du PTI d'entrer dans Islamabad serait, cette fois-ci, fermement réprimée.

Le ministre de l'Intérieur Rana Sanaullah, qui selon M. Khan est impliqué dans "le complot d'assassinat" au même titre que l'actuel Premier ministre Shehbaz Sharif et un haut responsable militaire, a émis une "alerte rouge" vendredi, mettant en garde contre les menaces à la sécurité provoquées par le rassemblement.

"Le PTI a encore le temps (d'annuler)", a-t-il déclaré, citant les talibans pakistanais et Al-Qaïda parmi les groupes extrémistes qui pourraient s'en prendre à M. Khan.

Le gouvernement affirme que la tentative d'assassinat de ce dernier était l'œuvre d'un seul homme actuellement en détention. La police a diffusé une vidéo de "confession" de ce propriétaire d'un magasin de ferrailles dans laquelle il dit avoir agi parce que Imran Khan était contre l'Islam.

Le rassemblement de samedi a lieu deux jours après que le gouvernement a nommé un ancien maître de l'espionnage comme prochain chef militaire.

La nomination du général Syed Asim Munir a mis fin à des mois de spéculation pour un poste longtemps considéré comme le véritable pouvoir dans cette nation islamique de 220 millions d'habitants, dotée de l'arme nucléaire.

Syed Asim Munir a occupé le poste de chef du tout puissant service de renseignement militaire (ISI) sous Khan, mais son mandat a pris fin au bout de huit mois seulement.

L'armée pakistanaise, la sixième plus grande dans le monde, a une influence considérable sur le pays. Elle a organisé au moins trois coups d'État depuis l'indépendance en 1947, restant au pouvoir pendant plus de trois décennies.


Nouvel acte d'accusation de la justice américaine contre Maduro et son épouse

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  • L'acte d'accusation révisé vise désormais six personnes, dont Nicolas Maduro, Cilia Flores et le ministre vénézuélien de l'Intérieur, Diosdado Cabello, considéré comme l'un des hommes les plus puissants du pays
  • Ils sont notamment accusés de s'être alliés avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), que Washington considère comme "terroriste", ainsi qu'à des cartels criminels pour "acheminer des tonnes de cocaïne vers les Etats-Unis"

WASHINGTON: Le président vénézuélien Nicolas Maduro et son épouse Cilia Flores, emmenés de force par des militaires américains, sont visés par un nouvel acte d'accusation publié samedi pour "narcoterrorisme" et importation de cocaïne aux Etats-Unis.

Quelques heures après l'annonce de l'opération par le président Donald Trump, la ministre américaine de la Justice, Pam Bondi affirmait que le couple était inculpé pour ces faits devant un tribunal fédéral de New York.

Si les poursuites contre Nicolas Maduro et d'autres hauts responsables vénézuéliens dans cette procédure étaient connues depuis 2020, le nom de son épouse n'y apparaissait pas jusqu'à présent.

L'acte d'accusation révisé vise désormais six personnes, dont Nicolas Maduro, Cilia Flores et le ministre vénézuélien de l'Intérieur, Diosdado Cabello, considéré comme l'un des hommes les plus puissants du pays.

Ils sont notamment accusés de s'être alliés avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), que Washington considère comme "terroriste", ainsi qu'à des cartels criminels pour "acheminer des tonnes de cocaïne vers les Etats-Unis".

Nicolas Maduro et son épouse sont à bord d'un navire à destination de New York pour y être présentés à la justice, a indiqué Donald Trump sur Fox News.

Ils feront face "à toute la rigueur de la justice américaine, sur le sol américain, devant des tribunaux américains", a assuré Mme Bondi.

En août, le ministère de la Justice et le département d'Etat avaient annoncé doubler à 50 millions de dollars la prime pour l'arrestation de Nicolas Maduro et son ministre de l'Intérieur.

Le gouvernement de Nicolas Maduro dénonce de longue date une ingérence des Etats-Unis dans les affaires vénézuéliennes.


Washington travaillera avec les reponsables vénézuéliens «s'ils prennent de bonnes décisions», dit Rubio

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  • Lors d'une opération spectaculaire, les troupes américaines ont capturé et exfiltré samedi le président vénézuélien qui attend désormais en prison à New York d'être traduit devant la justice américaine pour "narcoterrorisme"
  • Interrogé sur la vice-présidente Delcy Rodriguez - à qui la Cour suprême vénézuélienne a confié le pouvoir par interim - le chef de la diplomatie américaine a déclaré que Washington allait juger ses actions et celles des autres dirigeants encore en place

WASHINGTON: Les Etats-Unis travailleront avec les responsables vénézuéliens en place "s'ils prennent de bonnes décisions", a déclaré dimanche le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, assurant que Washington gardait des moyens de pression sur le pays, notamment l'embargo pétrolier.

"S'ils ne prennent pas de bonnes décisions, les Etats-Unis conserveront de nombreux leviers d'influence pour garantir la protection de nos intérêts, notamment l'embargo pétrolier. Nous allons donc juger, à l'avenir, nous allons juger tout ce qu'ils font", a-t-il dit à propos du gouvernement vénézuélien, lors d'une interview à la chaîne CBS.

Marco Rubio a également semblé nettement tempérer les déclarations faites samedi par le président américain Donald Trump, selon lesquelles les Etats-Unis allaient "diriger" le Venezuela et n'hésiteraient pas à déployer des troupes sur place "si besoin".

Si Donald Trump ne peut pas écarter publiquement toutes les options et notamment celle d'un déploiement de troupes, a-t-il déclaré, "ce n'est pas ce que vous voyez actuellement. Ce que vous voyez actuellement, c'est un embargo pétrolier qui nous permet d'exercer une influence considérable sur la suite des événements".

Lors d'une opération spectaculaire, les troupes américaines ont capturé et exfiltré samedi le président vénézuélien qui attend désormais en prison à New York d'être traduit devant la justice américaine pour "narcoterrorisme".

Interrogé sur la vice-présidente Delcy Rodriguez - à qui la Cour suprême vénézuélienne a confié le pouvoir par interim - le chef de la diplomatie américaine a déclaré que Washington allait juger ses actions et celles des autres dirigeants encore en place et "voir ce qui va se passer".

"La différence" avec Nicolas Maduro, est que "la personne qui était aux commandes (...) était quelqu'un avec qui on ne pouvait pas travailler", et qui ne "respectait pas ses accords", a ajouté Marco Rubio.

Comme on lui demandait si les Etats-Unis soutiendraient Maria Corina Machado, lauréate du prix Nobel de la paix et figure de l'opposition ou Edmundo Gonzalez Urrutia, candidat de l'opposition à la présidentielle de 2024, Marco Rubio a botté en touche.

Les Etats-Unis, a-t-il assuré, ne peuvent plus s'impliquer dans la gestion politique de pays tiers.

Le Venezuela n'est pas "la Libye", "l'Irak", ou "l'Afghanistan". "Notre mission ici est très différente", a affirmé Marco Rubio. "Nous nous attaquons à ce qui constitue une menace pour les intérêts américains".

 


En Floride, Trump et Netanyahu mettent en garde le Hamas

 Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont fait front commun lundi en Floride contre l'Iran et toute tentative de réarmement, ainsi que face au Hamas, menacé par le président américain en cas de non-respect de la deuxième phase de la trêve à Gaza. (AFP)
Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont fait front commun lundi en Floride contre l'Iran et toute tentative de réarmement, ainsi que face au Hamas, menacé par le président américain en cas de non-respect de la deuxième phase de la trêve à Gaza. (AFP)
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  • Le président américain a minimisé les bruits faisant état de tensions avec le Premier ministre israélien
  • Israël a "respecté le plan" pour Gaza, a-t-il estimé, ajoutant n'être "préoccupé par rien de ce que fait Israël"

PALM BEACH: Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont fait front commun lundi en Floride contre l'Iran et toute tentative de réarmement, ainsi que face au Hamas, menacé par le président américain en cas de non-respect de la deuxième phase de la trêve à Gaza.

Depuis les pupitres d'une conférence de presse commune organisée dans la résidence Mar-à-Lago du milliardaire, ce dernier a fermement mis en garde Téhéran, ennemi juré d'Israël, six mois après les frappes américaines contre son programme nucléaire.

"J'espère qu'ils ne sont pas encore en train d'essayer de se réarmer, parce que s'ils le font, nous n'aurons pas d'autre choix que d'éliminer très rapidement ce réarmement", qu'il s'agisse d'installations nucléaires ou de missiles balistiques, a-t-il averti.

Un proche conseiller du guide suprême iranien a réagi dans la foulée, déclarant que "toute agression" envers son pays serait "immédiatement suivie d'une réponse très sévère".

"La capacité balistique et de défense de l'Iran ne peut être contenue" et ne nécessite "aucune autorisation", a écrit sur X Ali Shamkhani.

Le président américain a également minimisé les bruits faisant état de tensions avec le Premier ministre israélien.

Israël a "respecté le plan" pour Gaza, a-t-il estimé, ajoutant n'être "préoccupé par rien de ce que fait Israël".

Donald Trump a en revanche pointé du doigt le mouvement islamiste palestinien Hamas et répété que son désarmement - un des points de la deuxième phase du plan pour Gaza - était nécessaire.

"Prix fort" 

"S'ils ne se désarment pas comme ils s'y sont engagés" et "dans un délai relativement court", "ils paieront le prix fort", a-t-il menacé.

La branche armée du Hamas a toutefois réaffirmé lundi qu'elle "ne renoncerait pas" aux armes "tant que l'occupation perdurera".

Benjamin Netanyahu, qui a qualifié son entrevue avec le républicain de "très productive", a profité de sa visite pour remettre à Donald Trump la plus haute distinction civile du pays.

"Nous n'avons jamais eu d'ami comme le président Trump à la Maison Blanche", a-t-il apprécié.

"Il peut être très difficile" mais Israël "n'existerait peut-être pas" sans le leadership dont Benjamin Netanyahu a fait preuve après les attaques sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023, a salué le président américain.

La rencontre entre les deux hommes était la cinquième aux Etats-Unis depuis le retour à la Maison Blanche de Donald Trump il y a près d'un an.

Washington souhaite accélérer la cadence du plan de cessez-le-feu, fragile, en vigueur depuis octobre dans la bande de Gaza entre Israël et le Hamas - qui s'accusent mutuellement de fréquentes violations.

Avertissement envers l'Iran 

Le passage vers sa deuxième phase, qui prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif de l'armée israélienne de Gaza, la mise en place d'une autorité de transition et le déploiement d'une force internationale de stabilisation dans le territoire palestinien, piétine.

Le média américain Axios rapporte que Washington veut faire des annonces concernant un gouvernement palestinien de technocrates comme autorité de transition pour Gaza dès janvier.

Donald Trump s'est borné lundi à espérer que la "reconstruction" puisse commencer bientôt dans le territoire palestinien, dévasté par deux années d'une guerre déclenchée par l'attaque du 7 octobre 2023.

Un des objectifs du déplacement de Benjamin Netanyahu visait à insister sur le "danger que posent l'Iran" et son programme balistique, "non seulement pour le Moyen-Orient mais aussi pour les Etats-Unis", selon une porte-parole de son gouvernement.

Il s'agit d'une "tentative de fabriquer un nouveau casus belli" contre l'Iran après "l'argument du nucléaire", analyse Sina Toossi, chercheur au Centre pour la politique internationale (CIP) à Washington.

L'Iran "se comporte peut-être mal" en cherchant à se réarmer mais reste intéressé par un accord avec Washington sur ses programmes nucléaires et balistiques, a estimé Donald Trump.

Donald Trump a également espéré que Benjamin Netanyahu pourrait "s'entendre" avec le nouveau président syrien et ancien jihadiste, Ahmad al-Chareh, après des frappes d'Israël à la frontière syrienne et contre le Hezbollah libanais.