Amnesty International critique des députés britanniques demandant l’expulsion d’Albanais victimes de traite

Des migrants sont assis dans un bus dans le port de Douvres après avoir été secourus lors de la traversée de la Manche, Douvres, Grande-Bretagne, le 3 mai 2022. (Reuters)
Des migrants sont assis dans un bus dans le port de Douvres après avoir été secourus lors de la traversée de la Manche, Douvres, Grande-Bretagne, le 3 mai 2022. (Reuters)
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Publié le Lundi 28 novembre 2022

Amnesty International critique des députés britanniques demandant l’expulsion d’Albanais victimes de traite

Des migrants sont assis dans un bus dans le port de Douvres après avoir été secourus lors de la traversée de la Manche, Douvres, Grande-Bretagne, le 3 mai 2022. (Reuters)
  • Un groupe de cinquante conservateurs demande au Premier ministre de supprimer les «failles» de la loi sur l’asile
  • Pour Amnesty international, renvoyer une personne victime de la traite risque de la «livrer à nouveau à une exploitation cruelle»

LONDRES: Un conflit se prépare au Royaume-Uni après qu’Amnesty International a condamné un groupe de députés conservateurs qui ont demandé au Premier ministre Rishi Sunak de renvoyer les demandeurs d’asile albanais dans leur pays d’origine, y compris ceux qui affirment être victimes de la traite des êtres humains.

Le Royaume-Uni a connu une augmentation marquée du nombre d’Albanais arrivant dans le pays au cours des douze derniers mois. Nombre d’entre eux, qui traversent la Manche sur de petites embarcations, affirment avoir été victimes de traite des êtres humains et d’esclavage moderne.

Le groupe de plus de 50 politiciens a déclaré que les mesures visant à accélérer le processus d’expulsion des Albanais étaient nécessaires afin de dissuader les migrants de faire le voyage depuis ce qui est, selon eux, un pays sûr, et afin de réduire les retards importants dans la procédure d’asile au Royaume-Uni.

Dans une lettre adressée à Sunak, les députés indiquent: «S’ils (les demandeurs d’asile) ont réellement été emmenés (au Royaume-Uni) contre leur gré, ils ne pourraient raisonnablement pas s’opposer à être renvoyés chez eux.»

«Les particularités de nos lois sur l’esclavage moderne qui empêchent cela vont clairement à l’encontre des objectifs de cette loi et devraient être supprimées.»

«Le Bureau de l’Intérieur n’interprète pas correctement les lois sur l’asile. L’objectif est de faire passer le délai de traitement des demandes des Albanais de plusieurs années à quelques jours ou semaines», a déclaré le député David Davis, l’un des signataires, à Sky News.

«C’est l’objectif et nous pensons que c’est possible. Si nous ne le faisons pas, le Bureau de l’Intérieur ne sera jamais en mesure de faire face au nombre de demandes. Il faut déjà quatre-cent jours pour obtenir une décision. Le processus sera de plus en plus long.»

Il a ajouté que la crainte d’être persécuté par des passeurs et des bandes criminelles ne devrait pas permettre aux personnes de demander l’asile. «Je ne fais pas des Albanais des boucs émissaires. Ce que je veux faire, c’est combler ces lacunes», a-t-il assuré.

Steve Valdez-Symonds, directeur du programme britannique Droits des réfugiés et des migrants d’Amnesty international, a critiqué David Davis, déclarant au Guardian: «Il semble y avoir beaucoup d’absurdités ici.»

«Il faut commencer par savoir si le gouvernement ne veut pas ou ne peut pas vous protéger contre la persécution. Il ne détermine pas qui doivent être vos persécuteurs», a-t-il expliqué. «Il pourrait s’agir d’un crime organisé, ou d’une vendetta. Il pourrait également s’agir de femmes  persécutées par leur propre famille. La question est de savoir si l’État est à la fois capable et désireux de fournir les protections qu’il est censé fournir en vertu du droit international.»

«Toutes les victimes de la traite des êtres humains ne sont pas nécessairement en danger lorsqu’elles sont renvoyées dans leur pays, mais renvoyer une personne dans le pays où elle a été victime de la traite risque de la livrer à nouveau à une exploitation cruelle, à moins que sa situation ne s’améliore de manière considérable dans ce pays», a-t-il poursuivi.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

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  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

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  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".


Les Etats-Unis et l'Iran s'attaquent mutuellement malgré le cessez-le-feu

Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
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  • Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même
  • Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine

TEHERAN: Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent.

Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même.

Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dimanche soir sur X.

Ces opérations ont été menées "en réponse à des actions agressives de l'Iran, dont la destruction d'un drone américain MQ-1 qui opérait au-dessus des eaux internationales", a ajouté la même source.

Les Gardiens de la Révolution iraniens, peu après, ont affirmé avoir attaqué une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire.

La localisation de cette base n'a pas été précisée dans le communiqué des Gardiens diffusé par les médias d'Etat.

L'armée du Koweït a annoncé de son côté faire face à une attaque de drones et missiles.

Washington et Téhéran s'étaient déjà accusés mutuellement jeudi de violer le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, après des frappes américaines sur le sud de l'Iran suivies d'une attaque contre le Koweït.

Plus de fermeté 

La guerre a été déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine, alors que Téhéran et Washington avaient repris des négociations sur le nucléaire. Le conflit, qui a fait des milliers de morts, ébranle l'économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole.

Alors que les deux pays semblaient ces derniers jours se rapprocher d'un accord, le New York Times a rapporté samedi, sans plus de détails, que le président américain avait durci sa proposition et envoyé une nouvelle version d'un possible protocole d'accord à Téhéran.

Selon le site américain Axios, M. Trump, dont la priorité déclarée est de mettre fin au programme nucléaire iranien et de rétablir le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, souhaite plus de fermeté des négociateurs de Washington.

La chaîne CBS a rapporté dimanche soir que la nouvelle proposition américaine prévoit une prolongation du cessez-le-feu de 60 jours avec des clauses prévoyant la réouverture d'Ormuz et un cadre pour une reprise des négociations sur le nucléaire.

"Nous n'approuverons aucun accord tant que nous n'aurons pas la certitude que les droits du peuple iranien ont été pleinement garantis", a averti dimanche le principal négociateur iranien, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.

L'Iran, qui revendique son droit à mener un programme nucléaire civil, a toujours démenti vouloir se doter de l'arme atomique, malgré les soupçons en ce sens des Etats-Unis et de nombreux pays.

Il souhaite aborder ce dossier dans un second temps en cas d'accord avec Washington et exige une levée immédiate des sanctions le frappant.

Site stratégique 

Donald Trump a insisté dimanche sur Truth Social que le projet d'accord "stipule très clairement que l'Iran n'aura pas d'arme nucléaire", et ce "en des termes très fermes".

Téhéran insiste aussi pour que tout accord inclue la fin des hostilités au Liban, où Israël veut "éliminer" le Hezbollah pro-iranien.

Mais sur ce front, l'armée israélienne continue à avancer dans le sud du pays où elle a mené de nouvelles frappes, et le Hezbollah poursuit ses attaques notamment dans le nord israélien, malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril, mais non respectée.

L'armée israélienne s'est emparée dimanche de la forteresse médiévale de Beaufort, un site stratégique où elle avait établi une base pendant les deux décennies de l'occupation israélienne, achevée en 2000.

Pour les Etats-Unis, c'est au Hezbollah de cesser les tirs en premier, en contrepartie de quoi Israël "s'abstiendrait de toute escalade à Beyrouth", selon un plan rapporté par un responsable américain à la suite d'entretiens menés dimanche par le chef de la diplomatie Marco Rubio avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

La France a demandé une réunion d'urgence au Conseil de sécurité, qui se tiendra lundi, selon des sources diplomatiques à l'AFP.