Etats-Unis: l'auteur de la tuerie raciste de Buffalo plaide coupable

Le jeune suprémaciste blanc accusé d'avoir perpétré le 14 mai une tuerie raciste en assassinant dix personnes noires à Buffalo, dans le nord de l'Etat de New York, comparaît brièvement devant un tribunal qui a fixé au 9 juin une nouvelle audience de procédure. (Photo, AFP)
Le jeune suprémaciste blanc accusé d'avoir perpétré le 14 mai une tuerie raciste en assassinant dix personnes noires à Buffalo, dans le nord de l'Etat de New York, comparaît brièvement devant un tribunal qui a fixé au 9 juin une nouvelle audience de procédure. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 29 novembre 2022

Etats-Unis: l'auteur de la tuerie raciste de Buffalo plaide coupable

Le jeune suprémaciste blanc accusé d'avoir perpétré le 14 mai une tuerie raciste en assassinant dix personnes noires à Buffalo, dans le nord de l'Etat de New York, comparaît brièvement devant un tribunal qui a fixé au 9 juin une nouvelle audience de procédure. (Photo, AFP)
  • Après cette étape judiciaire, Payton Gendron, 18 ans au moment du massacre, le 14 mai, «encourt une peine de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle lorsqu'il sera condamné le mercredi 15 février 2023»
  • Après le bain de sang de Buffalo, l'Etat de New York, le quatrième plus peuplé des Etats-Unis (près de 20 millions d'habitants), gouverné par la démocrate Kathy Hochul, a relevé l'âge pour pouvoir se procurer un fusil semi-automatique, de 18 à 21 ans

NEW YORK: Le jeune suprémaciste blanc accusé d'avoir perpétré en mai une tuerie raciste en assassinant dix personnes noires dans un supermarché de Buffalo, au nord de New York, a plaidé coupable lundi de meurtres racistes et acte de terrorisme devant la justice de l'Etat de New York. 

Il "a plaidé coupable des charges" contenues "dans l'acte d'inculpation", a annoncé, peu après l'audience devant un tribunal du comté d'Erié, le procureur John Flynn, en rappelant le caractère "raciste" de ces crimes, "nourris par l'idéologie suprémaciste blanche et visant délibérément des personnes noires". 

Après cette étape judiciaire, Payton Gendron, 18 ans au moment du massacre, le 14 mai, "encourt une peine de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle lorsqu'il sera condamné le mercredi 15 février 2023", devant la justice de l'Etat de New York, a ajouté le procureur dans un communiqué. Mais il est aussi inculpé devant un tribunal fédéral, où il risque théoriquement la peine de mort. 

Durant sa conférence de presse, le procureur a rappelé que le jeune homme, en détention depuis mai, avait méticuleusement préparé ses actes, et qu'il était muni, en plus d'un fusil semi-automatique de type AR-15, d'une caméra portable pour filmer sa tuerie et la diffuser sur le réseau social Twitch. 

Débat récurrent 

"Même si justice a été rendue, rien ne ramènera jamais les dix belles personnes qui ont perdu la vie ce jour-là", a déclaré John Flynn. "Espérons que le terme judiciaire (de l'affaire) apportera aux familles et aux victimes un certain soulagement", a-t-il ajouté. Les victimes étaient âgées de 20 à 86 ans. 

Dans ses messages et un manifeste raciste, suprémaciste et complotiste qui lui a été attribué, Payton Gendron avait écrit plusieurs mois avant le massacre qu'il voulait tuer des personnes noires et qu'il visait un quartier pauvre et isolé de Buffalo en raison de sa forte proportion d'Afro-Américains. Il avait aussi effectué un voyage de reconnaissance avant la tuerie à Buffalo, à 300 km au nord de son domicile. 

Le carnage avait été un nouveau choc pour les Etats-Unis, doublé seulement dix jours plus tard par un autre massacre au fusil semi-automatique perpétré par un jeune homme de 18 ans, qui avait tué 19 enfants et deux enseignantes dans une école d'Uvalde, au Texas. 

Ces tueries, dont la liste s'est allongée depuis, ont relancé le débat récurrent sur un manque de régulation des armes à feu aux Etats-Unis, mais le président démocrate Joe Biden n'est pour l'instant pas parvenu à faire passer au Congrès l'interdiction des fusils d'assaut comme les AR-15, en raison de l'opposition républicaine. 

Après le bain de sang de Buffalo, l'Etat de New York, le quatrième plus peuplé des Etats-Unis (près de 20 millions d'habitants), gouverné par la démocrate Kathy Hochul, a relevé l'âge pour pouvoir se procurer un fusil semi-automatique, de 18 à 21 ans. 

Selon le site Gun Violence Archive, plus de 600 fusillades ayant fait plusieurs victimes (au moins quatre personnes tuées ou blessées), ont eu lieu aux Etats-Unis depuis le début de l'année en cours. 

Environ 49 000 personnes sont mortes par balle aux Etats-Unis en 2021, contre 45 000 en 2020, qui était déjà une année record. Cela représente plus de 130 décès par jour, dont plus de la moitié sont des suicides. 


Nouvel acte d'accusation de la justice américaine contre Maduro et son épouse

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  • L'acte d'accusation révisé vise désormais six personnes, dont Nicolas Maduro, Cilia Flores et le ministre vénézuélien de l'Intérieur, Diosdado Cabello, considéré comme l'un des hommes les plus puissants du pays
  • Ils sont notamment accusés de s'être alliés avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), que Washington considère comme "terroriste", ainsi qu'à des cartels criminels pour "acheminer des tonnes de cocaïne vers les Etats-Unis"

WASHINGTON: Le président vénézuélien Nicolas Maduro et son épouse Cilia Flores, emmenés de force par des militaires américains, sont visés par un nouvel acte d'accusation publié samedi pour "narcoterrorisme" et importation de cocaïne aux Etats-Unis.

Quelques heures après l'annonce de l'opération par le président Donald Trump, la ministre américaine de la Justice, Pam Bondi affirmait que le couple était inculpé pour ces faits devant un tribunal fédéral de New York.

Si les poursuites contre Nicolas Maduro et d'autres hauts responsables vénézuéliens dans cette procédure étaient connues depuis 2020, le nom de son épouse n'y apparaissait pas jusqu'à présent.

L'acte d'accusation révisé vise désormais six personnes, dont Nicolas Maduro, Cilia Flores et le ministre vénézuélien de l'Intérieur, Diosdado Cabello, considéré comme l'un des hommes les plus puissants du pays.

Ils sont notamment accusés de s'être alliés avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), que Washington considère comme "terroriste", ainsi qu'à des cartels criminels pour "acheminer des tonnes de cocaïne vers les Etats-Unis".

Nicolas Maduro et son épouse sont à bord d'un navire à destination de New York pour y être présentés à la justice, a indiqué Donald Trump sur Fox News.

Ils feront face "à toute la rigueur de la justice américaine, sur le sol américain, devant des tribunaux américains", a assuré Mme Bondi.

En août, le ministère de la Justice et le département d'Etat avaient annoncé doubler à 50 millions de dollars la prime pour l'arrestation de Nicolas Maduro et son ministre de l'Intérieur.

Le gouvernement de Nicolas Maduro dénonce de longue date une ingérence des Etats-Unis dans les affaires vénézuéliennes.


Washington travaillera avec les reponsables vénézuéliens «s'ils prennent de bonnes décisions», dit Rubio

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  • Lors d'une opération spectaculaire, les troupes américaines ont capturé et exfiltré samedi le président vénézuélien qui attend désormais en prison à New York d'être traduit devant la justice américaine pour "narcoterrorisme"
  • Interrogé sur la vice-présidente Delcy Rodriguez - à qui la Cour suprême vénézuélienne a confié le pouvoir par interim - le chef de la diplomatie américaine a déclaré que Washington allait juger ses actions et celles des autres dirigeants encore en place

WASHINGTON: Les Etats-Unis travailleront avec les responsables vénézuéliens en place "s'ils prennent de bonnes décisions", a déclaré dimanche le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, assurant que Washington gardait des moyens de pression sur le pays, notamment l'embargo pétrolier.

"S'ils ne prennent pas de bonnes décisions, les Etats-Unis conserveront de nombreux leviers d'influence pour garantir la protection de nos intérêts, notamment l'embargo pétrolier. Nous allons donc juger, à l'avenir, nous allons juger tout ce qu'ils font", a-t-il dit à propos du gouvernement vénézuélien, lors d'une interview à la chaîne CBS.

Marco Rubio a également semblé nettement tempérer les déclarations faites samedi par le président américain Donald Trump, selon lesquelles les Etats-Unis allaient "diriger" le Venezuela et n'hésiteraient pas à déployer des troupes sur place "si besoin".

Si Donald Trump ne peut pas écarter publiquement toutes les options et notamment celle d'un déploiement de troupes, a-t-il déclaré, "ce n'est pas ce que vous voyez actuellement. Ce que vous voyez actuellement, c'est un embargo pétrolier qui nous permet d'exercer une influence considérable sur la suite des événements".

Lors d'une opération spectaculaire, les troupes américaines ont capturé et exfiltré samedi le président vénézuélien qui attend désormais en prison à New York d'être traduit devant la justice américaine pour "narcoterrorisme".

Interrogé sur la vice-présidente Delcy Rodriguez - à qui la Cour suprême vénézuélienne a confié le pouvoir par interim - le chef de la diplomatie américaine a déclaré que Washington allait juger ses actions et celles des autres dirigeants encore en place et "voir ce qui va se passer".

"La différence" avec Nicolas Maduro, est que "la personne qui était aux commandes (...) était quelqu'un avec qui on ne pouvait pas travailler", et qui ne "respectait pas ses accords", a ajouté Marco Rubio.

Comme on lui demandait si les Etats-Unis soutiendraient Maria Corina Machado, lauréate du prix Nobel de la paix et figure de l'opposition ou Edmundo Gonzalez Urrutia, candidat de l'opposition à la présidentielle de 2024, Marco Rubio a botté en touche.

Les Etats-Unis, a-t-il assuré, ne peuvent plus s'impliquer dans la gestion politique de pays tiers.

Le Venezuela n'est pas "la Libye", "l'Irak", ou "l'Afghanistan". "Notre mission ici est très différente", a affirmé Marco Rubio. "Nous nous attaquons à ce qui constitue une menace pour les intérêts américains".

 


En Floride, Trump et Netanyahu mettent en garde le Hamas

 Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont fait front commun lundi en Floride contre l'Iran et toute tentative de réarmement, ainsi que face au Hamas, menacé par le président américain en cas de non-respect de la deuxième phase de la trêve à Gaza. (AFP)
Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont fait front commun lundi en Floride contre l'Iran et toute tentative de réarmement, ainsi que face au Hamas, menacé par le président américain en cas de non-respect de la deuxième phase de la trêve à Gaza. (AFP)
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  • Le président américain a minimisé les bruits faisant état de tensions avec le Premier ministre israélien
  • Israël a "respecté le plan" pour Gaza, a-t-il estimé, ajoutant n'être "préoccupé par rien de ce que fait Israël"

PALM BEACH: Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont fait front commun lundi en Floride contre l'Iran et toute tentative de réarmement, ainsi que face au Hamas, menacé par le président américain en cas de non-respect de la deuxième phase de la trêve à Gaza.

Depuis les pupitres d'une conférence de presse commune organisée dans la résidence Mar-à-Lago du milliardaire, ce dernier a fermement mis en garde Téhéran, ennemi juré d'Israël, six mois après les frappes américaines contre son programme nucléaire.

"J'espère qu'ils ne sont pas encore en train d'essayer de se réarmer, parce que s'ils le font, nous n'aurons pas d'autre choix que d'éliminer très rapidement ce réarmement", qu'il s'agisse d'installations nucléaires ou de missiles balistiques, a-t-il averti.

Un proche conseiller du guide suprême iranien a réagi dans la foulée, déclarant que "toute agression" envers son pays serait "immédiatement suivie d'une réponse très sévère".

"La capacité balistique et de défense de l'Iran ne peut être contenue" et ne nécessite "aucune autorisation", a écrit sur X Ali Shamkhani.

Le président américain a également minimisé les bruits faisant état de tensions avec le Premier ministre israélien.

Israël a "respecté le plan" pour Gaza, a-t-il estimé, ajoutant n'être "préoccupé par rien de ce que fait Israël".

Donald Trump a en revanche pointé du doigt le mouvement islamiste palestinien Hamas et répété que son désarmement - un des points de la deuxième phase du plan pour Gaza - était nécessaire.

"Prix fort" 

"S'ils ne se désarment pas comme ils s'y sont engagés" et "dans un délai relativement court", "ils paieront le prix fort", a-t-il menacé.

La branche armée du Hamas a toutefois réaffirmé lundi qu'elle "ne renoncerait pas" aux armes "tant que l'occupation perdurera".

Benjamin Netanyahu, qui a qualifié son entrevue avec le républicain de "très productive", a profité de sa visite pour remettre à Donald Trump la plus haute distinction civile du pays.

"Nous n'avons jamais eu d'ami comme le président Trump à la Maison Blanche", a-t-il apprécié.

"Il peut être très difficile" mais Israël "n'existerait peut-être pas" sans le leadership dont Benjamin Netanyahu a fait preuve après les attaques sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023, a salué le président américain.

La rencontre entre les deux hommes était la cinquième aux Etats-Unis depuis le retour à la Maison Blanche de Donald Trump il y a près d'un an.

Washington souhaite accélérer la cadence du plan de cessez-le-feu, fragile, en vigueur depuis octobre dans la bande de Gaza entre Israël et le Hamas - qui s'accusent mutuellement de fréquentes violations.

Avertissement envers l'Iran 

Le passage vers sa deuxième phase, qui prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif de l'armée israélienne de Gaza, la mise en place d'une autorité de transition et le déploiement d'une force internationale de stabilisation dans le territoire palestinien, piétine.

Le média américain Axios rapporte que Washington veut faire des annonces concernant un gouvernement palestinien de technocrates comme autorité de transition pour Gaza dès janvier.

Donald Trump s'est borné lundi à espérer que la "reconstruction" puisse commencer bientôt dans le territoire palestinien, dévasté par deux années d'une guerre déclenchée par l'attaque du 7 octobre 2023.

Un des objectifs du déplacement de Benjamin Netanyahu visait à insister sur le "danger que posent l'Iran" et son programme balistique, "non seulement pour le Moyen-Orient mais aussi pour les Etats-Unis", selon une porte-parole de son gouvernement.

Il s'agit d'une "tentative de fabriquer un nouveau casus belli" contre l'Iran après "l'argument du nucléaire", analyse Sina Toossi, chercheur au Centre pour la politique internationale (CIP) à Washington.

L'Iran "se comporte peut-être mal" en cherchant à se réarmer mais reste intéressé par un accord avec Washington sur ses programmes nucléaires et balistiques, a estimé Donald Trump.

Donald Trump a également espéré que Benjamin Netanyahu pourrait "s'entendre" avec le nouveau président syrien et ancien jihadiste, Ahmad al-Chareh, après des frappes d'Israël à la frontière syrienne et contre le Hezbollah libanais.