Le CGRI menace les familles des footballeurs iraniens avant le match contre les États-Unis

Les ennemis au niveau diplomatique, États-Unis/ Iran, s'affrontent sur le terrain de la Coupe du monde mardi, dans un match où certains Iraniens craignent de voir des affrontements avec des supporters pro gouvernementaux. (Photo, AFP)
Les ennemis au niveau diplomatique, États-Unis/ Iran, s'affrontent sur le terrain de la Coupe du monde mardi, dans un match où certains Iraniens craignent de voir des affrontements avec des supporters pro gouvernementaux. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 30 novembre 2022

Le CGRI menace les familles des footballeurs iraniens avant le match contre les États-Unis

  • Les joueurs ont averti que leurs proches risquent d'être arrêtés et torturés s'ils ne soutenaient pas le régime lors du dernier match de groupe
  • Une source a indiqué à CNN que le CGRI avait inondé le Qatar d'agents et d'officiels dans le but de surveiller les joueurs

LONDRES: Les footballeurs iraniens de la Coupe du monde au Qatar ont été avertis que leurs familles pourraient être emprisonnées et torturées s'ils montraient des signes de protestation ou de dissension lors du dernier match de groupe de l'équipe mardi.

Lors de leur match d'ouverture contre l'Angleterre, les joueurs iraniens ont refusé de chanter l'hymne national en signe de solidarité avec les manifestations qui ont lieu dans tout le pays, mais l’ont fait lors du deuxième match contre le Pays de Galles.

Une source a déclaré à CNN, avant le match contre les États-Unis, que les joueurs avaient été informés lors d'une réunion avec des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) que «la violence et la torture» attendaient leurs proches s'ils ne «se comportaient pas bien» cette fois-ci.

Un grave changement de ton, a ajouté la source, alors qu’avant la Coupe du monde, les membres de l'équipe s'étaient vu promettre de somptueux cadeaux s'ils obtenaient de bons résultats lors des compétitions.

L'entraîneur Carlos Queiroz a également eu une réunion séparée avec des responsables du CGRI, mais on ignore le sujet de cet entretien. Queiroz avait précédemment déclaré que ses joueurs pouvaient protester tant qu'ils respectaient les critères établis par la Fifa.

La source a indiqué que des «dizaines» de membres du CGRI se trouvaient au Qatar pour surveiller les joueurs, qui ne sont pas autorisés à rencontrer ou à parler à des étrangers pendant la durée des compétitions.

«Il y a un grand nombre d'agents de sécurité iraniens au Qatar qui collectent des informations et surveillent les joueurs», a déclaré cette même source à CNN.

«Lors du dernier match contre le Pays de Galles, le régime avait envoyé des centaines de ces prétendus supporters afin de créer un faux sentiment de soutien parmi les fans. «Pour le prochain match contre les États-Unis, le régime prévoit d'augmenter considérablement, et par milliers, le nombre de ces supporters acteurs.»

L’Iran a été submergé par les manifestations depuis septembre après la mort de la jeune femme kurde âgée de 22 ans, Mahsa Amini, aux mains de la police des mœurs du pays, pour avoir prétendument porté son hijab de manière incorrecte. Des centaines de personnes ont été tuées et des dizaines de milliers arrêtées, dont un grand nombre risquent d'être exécutées.

Le Haut-Commissaire des Nations unies pour les droits humains (OHCHR), Volker Türk, a qualifié la situation de «véritable crise des droits humains». Des milliers de supporters iraniens ont manifesté sur les sites de la Coupe du monde, brandissant des banderoles antirégime, appelant à la protection des droits des femmes, et huant l'hymne national.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


ONG interdites à Gaza: MSF pourrait mettre fin à ses activités en mars

L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny. (AFP)
L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny. (AFP)
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  • Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité"
  • MSF a qualifié d'"ingérence scandaleuse" cette exigence, visant, selon Israël, à "empêcher l'infiltration d'opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires"

PARIS: L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny.

Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité".

MSF a qualifié d'"ingérence scandaleuse" cette exigence, visant, selon Israël, à "empêcher l'infiltration d'opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires".

"Pour travailler en Palestine, dans les territoires palestiniens occupés, nous devons être enregistrés (...) Cet enregistrement a pris fin le 31 décembre 2025", a expliqué sur France Inter Isabelle Defourny, médecin et présidente de MSF France.

"Depuis le mois de juillet 2025, nous étions impliqués dans un processus de réenregistrement et à ce jour, nous n'avons pas reçu de réponse. (...) On a encore 60 jours pendant lesquels on pourrait travailler sans être réenregistrés, et donc nous devrions mettre fin à nos activités en mars", si Israël maintenait sa décision de sanction, a-t-elle ajouté.

L'ONG dispose d'une quarantaine de personnels internationaux dans la bande de Gaza et travaille avec 800 personnels palestiniens dans huit hôpitaux.

"On a encore du +staff+ international qui, très récemment, ces derniers jours, a pu rentrer dans Gaza", a néanmoins précisé Mme Defourny.

"On est le second distributeur d'eau (dans la bande de Gaza). L'année dernière, en 2025, on a pris en charge un peu plus de 100.000 personnes blessées, brûlées, victimes de différents traumatismes. On est les deuxièmes en nombre d'accouchements effectués", a encore souligné la présidente de MSF France.

S'appuyant notamment sur une note du Cogat, l'organisme du ministère israélien de la Défense chargé des affaires civiles palestiniennes, Isabelle Defourny a estimé que la décision de sanction israélienne s'expliquait par le fait que les ONG "témoignent sur les violences commises par l'armée israélienne" à Gaza.

"Les journalistes internationaux n'ont jamais été autorisés à Gaza, les journalistes nationaux sont (...) ciblés les uns après les autres, tués par l'armée israélienne", a-t-elle ajouté.

Et de rappeler que "plus de 500 humanitaires ont été tués, dont 15 membres de MSF" dans des bombardements de l'armée israélienne depuis octobre 2023.


Le Conseil de transition du Sud salue l'invitation saoudienne au dialogue sur le Yémen

Membres du Conseil de transition du Sud au Yémen. (Reuters/File Photo)
Membres du Conseil de transition du Sud au Yémen. (Reuters/File Photo)
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  • L'Arabie saoudite a annoncé cette invitation plus tôt dans la journée de samedi, à la demande de Rashad Al-Alimi, président du Conseil présidentiel yéménite
  • Le royaume a exhorté toutes les factions à participer "pour développer une vision globale"

RIYAD: Le Conseil de transition du Sud (CTS) au Yémen a salué samedi l'invitation de l'Arabie saoudite à participer à un dialogue inclusif entre les factions du sud du Yémen à Riyad.

Dans un communiqué, le groupe a déclaré que cette initiative reflétait l'engagement du Royaume à résoudre les questions politiques par le dialogue, notamment en ce qui concerne le droit du peuple du sud à restaurer son État.

Le STC a souligné que tout dialogue sérieux doit reconnaître la volonté du peuple du sud, inclure des garanties internationales complètes et envisager un référendum libre dans le cadre de toute proposition ou solution politique future.

Le Conseil a déclaré avoir pris part à toutes les étapes du dialogue parrainé par l'Arabie saoudite et le Conseil de coopération du Golfe, en commençant par l'accord de Riyad en 2019, suivi par les consultations de Riyad en 2022, et culminant dans le dialogue global avec le Sud qui a conduit à l'adoption de la Charte nationale du Sud en 2023 - soulignant son engagement constant en faveur du dialogue et de la responsabilité politique.

L'Arabie saoudite a annoncé cette invitation plus tôt dans la journée de samedi, à la demande de Rashad Al-Alimi, président du Conseil présidentiel de direction du Yémen.

Le Royaume a exhorté toutes les factions à participer "à l'élaboration d'une vision globale" qui répondrait aux aspirations du peuple du Sud.

L'initiative a reçu un large soutien régional et international.


L’Arabie saoudite accueillera un « dialogue » entre les factions du sud du Yémen

L'Arabie saoudite a réaffirmé que le dialogue était le seul moyen de résoudre la question du Sud. (AFP/Fichier)
L'Arabie saoudite a réaffirmé que le dialogue était le seul moyen de résoudre la question du Sud. (AFP/Fichier)
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  • La conférence vise à « élaborer une vision globale » afin de répondre aux aspirations des Yéménites

RIYAD : Le ministère saoudien des Affaires étrangères a invité les factions du sud du Yémen à tenir un dialogue à Riyad afin de « discuter de solutions justes à la question du Sud ».

Dans un communiqué, le ministère a précisé que la conférence, prévue dans la capitale saoudienne, avait été demandée par Rachad Al-Alimi, président du Conseil de direction présidentielle yéménite. Le Royaume a exhorté l’ensemble des factions à y participer « pour élaborer une vision globale » à même de répondre aux aspirations de la population du Sud.

Le Conseil de transition du Sud (STC), mouvement séparatiste, s’est récemment emparé de territoires dans les gouvernorats de l’Hadramaout et d’Al-Mahra.

L’Arabie saoudite a estimé que l’action du STC constituait une menace directe pour la sécurité nationale du Royaume et pour la stabilité régionale.

Plus tôt cette semaine, la coalition militaire soutenant le gouvernement yéménite a mené des frappes aériennes visant un chargement d’armes et de véhicules destiné aux forces séparatistes du Sud. Cette cargaison était arrivée au port d’al-Mukalla à bord de deux navires.

L’Arabie saoudite a réitéré que la seule voie permettant de résoudre la question du Sud passe par le dialogue.

Mardi, des pays du Golfe et d’autres pays arabes ont exprimé leur soutien au gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com