Arabie saoudite: Ouverture du premier cinéma indépendant à Djeddah

Développé en collaboration avec le Festival international du film de la mer Rouge (RSIFF), le cinéma comprend une salle de 168 places (Photo fournie).
Développé en collaboration avec le Festival international du film de la mer Rouge (RSIFF), le cinéma comprend une salle de 168 places (Photo fournie).
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Publié le Jeudi 01 décembre 2022

Arabie saoudite: Ouverture du premier cinéma indépendant à Djeddah

  • Le cinéma Hayy comprend une salle de 168 places, une salle de projection communautaire de 30 places, une bibliothèque multimédia et un espace d'expositions éducatives
  • Il vise à élargir l'expérience cinématographique en servant de point de rencontre

DJEDDAH: Le centre Art Jameel a annoncé que le premier cinéma indépendant saoudien ouvrira ses portes le 6 décembre, coïncidant avec le deuxième Festival international du film de la mer Rouge. Le cinéma Hayy, situé dans le quartier Hayy Jameel de Djeddah, a pour objectif d'élargir l'expérience cinématographique, en servant de point de rencontre où s’échangent les connaissances.

Développé en collaboration avec le Festival international du film de la mer Rouge (RSIFF), le cinéma comprend un théâtre principal de 168 places, une salle de projection communautaire de 30 places, une bibliothèque multimédia et un espace d'expositions éducatives.

Les fondateurs du cinéma ont affirmé qu'il célèbrera les légendes de l'âge d'or du cinéma arabe. Les premières projections comprendront une rétrospective de cinq versions nouvellement restaurées de films révolutionnaires du maître égyptien Youssef Chahine, l'un des cinéastes de la région les plus reconnus internationalement.

Le cinéma présentera également une exposition soulignant la contribution du célèbre photographe Gamal Fahmy à la force révolutionnaire du cinéma dans la région.

«Il s'agit de la première maison de cinéma indépendante sur mesure en Arabie saoudite, conçue pour soutenir la scène cinématographique locale – non seulement les réalisateurs mais aussi le public qui les apprécie», a déclaré Antonia Carver, directrice du centre Art Jameel.

«Grâce à un programme annuel de films saoudiens, régionaux et internationaux, ainsi qu'à des conférences, des expositions et des festivals de cinéma organisés dans ses différents espaces communautaires, le cinéma devient un lieu de rencontre convivial, ouvrant un tout nouveau monde de narration et d'imagination.

«Nous croyons que l'accent mis par Hayy Cinema sur la présentation et la documentation de la grande largeur du cinéma mondial, et sur le fait de retracer l'histoire des cinémas et des films du Golfe, complète les blockbusters de la scène commerciale saoudienne en pleine croissance et les initiatives industrielles menées par le gouvernement.»

Les fondateurs ont indiqué qu'à travers des rétrospectives et des expositions d'archives soigneusement sélectionnées, le cinéma invite le public à découvrir des films importants et à en savoir plus sur l'influence historique que l'industrie cinématographique indépendante a eue sur les tendances sociales et politiques.

Son programme d'ouverture comprend cinq films de Chahine: «Alexandrie...pourquoi?» («Iskandariya... Leh», 1978); «Alexandrie encore et toujours» («Iskandariya Kaman we Kaman», 1989); «Adieu Bonaparte» («Al-Wadaa Ya Bonaparte», 1985); «Le sixième jour» («Al-Yom el-Sadis», 1986); et «Le retour de l’enfant prodigue» («Awdet El-Ibn El-Dal», 1976).

Zohra Ait el-Jamar, directrice générale de Hayy Cinema, a souligné que «l'ouverture du Hayy Cinema à Djeddah marque un moment de passion et de soutien croissants pour le cinéma local et mondial en Arabie Saoudite.

«La collaboration avec le RSIFF pour le programme d'ouverture du cinéma Hayy reflète l'éthique du centre Art Jameel : notre modèle a longtemps été dynamique et adaptable, travaillant avec de nombreuses institutions partenaires de manière à établir des collaborations de programmation ancrées dans le contexte spécifique des besoins et des aspirations de notre communauté créative.

«Je remercie l'équipe du RSIFF et me réjouis de continuer à travailler avec le festival et la communauté cinématographique saoudienne afin de susciter une appréciation toujours plus grande du cinéma à travers le Royaume.»

Le jour de l'ouverture du cinéma marque également le premier anniversaire de Hayy Jameel, un complexe dédié aux arts et à la créativité à Djeddah, qui est l'une des deux institutions d’Art Jameel.

Art Jameel s'efforce de soutenir les artistes et d'encourager les communautés créatives. Fondé et soutenu par les philanthropies de la famille Jameel, il décrit ses programmes, ses comités, ses recherches, ses initiatives d'apprentissage et ses bâtiments communautaires comme étant fondés sur une compréhension dynamique des arts comme étant fondamentaux à la vie et accessibles à tous.

Le programme d'ouverture du cinéma marque la deuxième collaboration entre Art Jameel et le RSIFF; en décembre de l'année dernière, Hayy Jameel a accueilli «Red Sea: Immersive», une sélection de ce qu'elle a décrit comme des projets de réalité virtuelle importants et marquants, organisée par Liz Rosenthal.

La deuxième édition du RSIFF débute aujourd'hui à Djeddah et se poursuit jusqu'au 10 décembre. Son programme comprend 131 longs et courts métrages en provenance de 61 pays, en 41 langues, dont 7 longs métrages et 24 courts métrages d'Arabie saoudite.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Mort à 79 ans de l'artiste palestinien Sliman Mansour

L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches. (AFP)
L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches. (AFP)
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  • Sliman Mansour était né à Birzeit, au nord de Ramallah, en 1947. Il avait étudié l'art et le design à Jérusalem, dont il est sorti diplômé en 1970
  • Le ministère palestinien de la culture a rendu hommage à l'artiste, "l'un des plus importants piliers de l'art visuel palestinien contemporain, dont la carrière, sur plusieurs décennies, fait partie de la mémoire visuelle et nationale palestinienne"

RAMALLAH: Le peintre et sculpteur Sliman Mansour, l'un des artistes palestiniens les plus renommés, est mort lundi à l'âge de 79 ans, a annoncé sa famille.

L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches.

"Le dernier chapitre a été écrit. Le cœur serré par un chagrin indicible, nous annonçons que notre cher père a quitté ce monde", a déclaré sa famille dans un communiqué.

"Pour le monde, il laisse derrière lui une vie emplie de beauté et de mémoire, ainsi qu'un héritage qui se perpétuera à travers toutes les personnes dont il a marqué l'existence. Quant à nous, nous avons perdu un père qui était notre source d'amour, de force et notre refuge", ajoute la famille.

Sliman Mansour était né à Birzeit, au nord de Ramallah, en 1947. Il avait étudié l'art et le design à Jérusalem, dont il est sorti diplômé en 1970.

Le ministère palestinien de la culture a rendu hommage à l'artiste, "l'un des plus importants piliers de l'art visuel palestinien contemporain, dont la carrière, sur plusieurs décennies, fait partie de la mémoire visuelle et nationale palestinienne".

Le ministère a salué sa toile la plus connue, "Camel of Hardships" ("Le Chameau des fardeaux", 1973) - qui représente un vieil homme palestinien portant la ville de Jérusalem sur son dos - la qualifiant d'"icône nationale et artistique". L'oeuvre de Sliman Mansour faisait office "de témoin de l'histoire palestinienne et de gardien de l'identité", a-t-il ajouté.

Pleurant une "immense perte", la galerie Zawyeh de Ramallah a salué une "figure artistique majeure", qui, "à travers son œuvre, a exploré les thèmes du déplacement, de la résilience, de la résistance et du lien indéfectible unissant les Palestiniens à leur terre natale".

Sliman Mansour a reçu de nombreuses récompenses, parmi lesquelles le prix Unesco-Sharjah pour la culture arabe en 2019.


Canicule: un réfrigérateur pour humains soulage les travailleurs japonais

Canicule: un réfrigérateur pour humains soulage les travailleurs japonais
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  • Des terrains de golf ou des stades de baseball pourraient aussi être intéressés à l'avenir, selon China Yamamoto, une responsable commerciale
  • Le distributeur d'équipements industriels Trusco Nakayama affirme avoir vendu plus de 300 exemplaires du "Do Hiemon Box" depuis avril, au prix de 1,5 million de yens (environ 8.000 euros)

HIGASHIOSAKA: Pris de vertiges après être arrivé au travail à vélo sous la chaleur écrasante de l'été japonais, Isao Tabuchi, 51 ans, se dirige vers la dernière acquisition de son entreprise: un réfrigérateur pour humains.

"J'ai vraiment pu récupérer grâce à ça. Une fois qu'on l'utilise, c'est vraiment très frais", explique-t-il à l'AFP à la sortie de la machine, dans la ville industrielle de Higashiosaka (ouest du Japon), écrasée par le soleil d'août.

L'engin de la taille d'une cabine téléphonique, où des jets d'air à 5°C maintiennent une température froide, n'a été commercialisé que cette année mais rencontre déjà un vif succès dans un pays confronté à une hausse constante des températures.

Le distributeur d'équipements industriels Trusco Nakayama affirme avoir vendu plus de 300 exemplaires du "Do Hiemon Box" depuis avril, au prix de 1,5 million de yens (environ 8.000 euros). Ses clients les installent notamment sur des chantiers, des usines et des entrepôts.

Des terrains de golf ou des stades de baseball pourraient aussi être intéressés à l'avenir, selon China Yamamoto, une responsable commerciale.

"Il est grand, cher, et ce n'est pas le genre de produit que l'on peut expliquer simplement avec des mots" pour convaincre les clients. "Il y avait donc beaucoup d'incertitudes", explique-t-elle.

Selon les scientifiques, le changement climatique causé par l'activité humaine accroît la fréquence et l'intensité des épisodes de chaleur extrême. En 2025, le Japon a connu l'été le plus chaud de son histoire.

Cette année, l'Agence météorologique japonaise a même introduit un nouveau terme, "kokushobi" ("jour de chaleur cruelle"), lorsque la température atteint 40°C, appelant la population à considérer la chaleur extrême comme une catastrophe naturelle.

Deux minutes pour sécher 

A Tokyo, près de 120 décès liés à la chaleur ont été enregistrés entre mi-juillet et mi-août. À l'échelle nationale, près de 63.000 personnes ont nécessité des soins d'urgence cet été.

Depuis l'an dernier, les entreprises japonaises sont soumises à des obligations renforcées pour protéger les salariés travaillant dans la chaleur. Les chantiers doivent notamment fournir des vêtements adaptés, comme des vestes ventilées, ainsi que des espaces de repos climatisés et des zones ombragées.

L'impact économique est déjà tangible. Selon une enquête de Teikoku Databank publiée en juillet, 50% des entreprises estiment que la chaleur intense perturbe leurs activités, tandis que près de 88% ont renforcé leurs mesures de protection des salariés.

Le réfrigérateur humain, branché sur une prise électrique classique, consomme environ 16 yens d'électricité par heure selon son fabricant. Afin d'éviter tout usage excessif, il s'arrête automatiquement au bout de 20 minutes.

Pour Yutaka Kono, de l'entreprise Konoe, où travaille Isao Tabuchi, investir dans la lutte contre la chaleur est devenu indispensable pour conserver les effectifs et attirer de nouveaux employés.

"J'ai été vraiment surpris par ce concept consistant à faire entrer les gens dans une sorte de réfrigérateur. J'ai trouvé très séduisante l'idée qu'une personne puisse y faire baisser instantanément sa température corporelle à un niveau sûr", explique-t-il.

Taichi Konishi, 24 ans, l'utilise environ trois fois par jour. Après avoir déplacé à la main de lourdes caisses d'outils et de pièces métalliques, il entre dans la cabine et s'assoit.

"C'est vraiment agréable", confie-t-il à l'AFP. "Je n'y suis resté qu'environ deux minutes, mais cela a suffi pour faire sécher toute ma transpiration."


Philippe Bouvard est mort, «Les Grosses Têtes» sont orphelines

Il était un monument de la radio et de la télévision françaises, créateur des "Grosses Têtes" sur RTL en 1977 et découvreur de toute une génération d’humoristes avec "Le Petit Théâtre de Bouvard" dans les années 80. Philippe Bouvard est mort lundi à l’âge de 96 ans. (AFP)
Il était un monument de la radio et de la télévision françaises, créateur des "Grosses Têtes" sur RTL en 1977 et découvreur de toute une génération d’humoristes avec "Le Petit Théâtre de Bouvard" dans les années 80. Philippe Bouvard est mort lundi à l’âge de 96 ans. (AFP)
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  • "Il a créé l'impertinence à la radio et à la télévision. (...) Thierry Ardisson, Marc-Olivier Fogiel, moi peut-être, nous sommes les enfants et petits-enfants de Philippe Bouvard", a déclaré Laurent Ruquier
  • Le principe est simple: les "sociétaires" des "Grosses Têtes", des personnalités, doivent trouver les réponses aux "colles" des auditeurs, sur un ton volontiers grivois et irrévérencieux

PARIS: Il était un monument de la radio et de la télévision françaises, créateur des "Grosses Têtes" sur RTL en 1977 et découvreur de toute une génération d’humoristes avec "Le Petit Théâtre de Bouvard" dans les années 80. Philippe Bouvard est mort lundi à l’âge de 96 ans.

C'est sa radio de toujours qui a annoncé son décès, après en avoir été informée par son épouse. "Il s'est éteint ce matin aux alentours de huit heures, en douceur", a déclaré à l'antenne la présentatrice de la matinale de RTL, Céline Landreau.

Les hommages ont aussitôt afflué sur la station pour saluer celui que beaucoup considéraient comme un précurseur, à la frontière du journalisme et du divertissement.

"Il a créé l'impertinence à la radio et à la télévision. (...) Thierry Ardisson, Marc-Olivier Fogiel, moi peut-être, nous sommes les enfants et petits-enfants de Philippe Bouvard", a déclaré Laurent Ruquier, qui lui avait succédé aux commandes des "Grosses Têtes" en 2014 pour rajeunir l'émission.

Un épisode que l'intéressé avait d'ailleurs mal vécu, parlant lui-même d'"un déchirement". Il était resté 37 ans aux commandes de cette émission culte, qu'il avait lancée en 1977, et dont le succès ne s'est jamais démenti.

Le principe est simple: les "sociétaires" des "Grosses Têtes", des personnalités, doivent trouver les réponses aux "colles" des auditeurs, sur un ton volontiers grivois et irrévérencieux.

Avec cette émission, "Philippe a su mettre à la portée de tous la culture générale", a estimé Jean-Pierre Foucault, en saluant "notre maître à tous".

Philippe Bouvard "a plus fait pour la langue française que la moitié des 40 momies de l'Académie française" mais "n'a jamais été récompensé de cet effort populaire", a regretté le navigateur Olivier de Kersauson, pilier historique des "Grosses Têtes", que Bouvard avait coutume de saluer par une apostrophe qui a marqué le programme: "Bonne réponse de l'Amiral!"

"Français moyen" 

"C'était quelqu'un de curieusement très attachant. Je n'ai jamais su s'il nous aimait ou pas", a réagi l'humoriste Bernard Mabille, autre figure de l'émission.

Pour le journaliste Marc-Olivier Fogiel, le principal atout de Philippe Bouvard était "de ne pas avoir de frontières": "C'était un journaliste qui pouvait passer du divertissement au sérieux".

Après avoir entamé sa carrière de journaliste au Figaro dans les années 50, Bouvard avait rejoint France Soir en 1973, parallèlement à son parcours sur RTL.

A la télévision, il avait présenté de 1982 à 1987 "Le petit théâtre de Bouvard" sur Antenne 2, une émission de sketchs où il donnait leur chance à des comédiens débutants dont plusieurs allaient devenir des vedettes : Muriel Robin, Les Inconnus, Mimie Mathy Michèle Bernier ou encore le duo Chevallier et Laspalès.

Hyperactif, Philippe Bouvard tenait encore à 94 ans une page dans le magazine VSD, ainsi qu'une chronique dominicale sur RTL. Il avait tout arrêté le 1er janvier 2025 après avoir atteint son "double record": "60 ans de radio et 60 ans de RTL".

Physique rond et jovial, passionné de jeux d'argent et de belles voitures, ce fils d'un couple de petits commerçants se revendiquait comme "un Français moyen, râleur, chauvin, un rien xénophobe", comme il le disait au journal Le Parisien en 2022. Pour autant, il avouait regretter parfois de "s'être laissé engluer dans ce personnage".