Corse: Trois arrestations dans le milieu nationaliste

Les manifestants se rassemblent autour d'une statue du patriote corse, homme d'État et chef militaire Pascal Paoli alors qu'ils manifestent en soutien à Pierre Alessandri et Alain Ferrandi le 30 janvier 2021 à Corte, au centre de l'île méditerranéenne française de Corse. (Photo, AFP)
Les manifestants se rassemblent autour d'une statue du patriote corse, homme d'État et chef militaire Pascal Paoli alors qu'ils manifestent en soutien à Pierre Alessandri et Alain Ferrandi le 30 janvier 2021 à Corte, au centre de l'île méditerranéenne française de Corse. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 02 décembre 2022

Corse: Trois arrestations dans le milieu nationaliste

Les manifestants se rassemblent autour d'une statue du patriote corse, homme d'État et chef militaire Pascal Paoli alors qu'ils manifestent en soutien à Pierre Alessandri et Alain Ferrandi le 30 janvier 2021 à Corte, au centre de l'île méditerranéenne française de Corse. (Photo, AFP)
  • La sous-direction antiterroriste (Sdat) de la police judiciaire a effectué ces trois interpellations, en lien avec l'enquête sur une conférence de presse clandestine de 2021
  • En mai 2021, la création d'un nouveau groupe armé baptisé «FLNC Maghju 21» (mai 2021) avait été annoncée lors d'une conférence de presse clandestine

AJACCIO: Trois personnes, dont Pierre Paoli, militant de Corsica Libera soupçonné d'avoir été le chef du Front de libération nationale corse (FLNC), ont été arrêtées jeudi en Corse dans le cadre de l'enquête sur une conférence de presse clandestine en 2021.

"Trois personnes ont été interpellées ce matin en Corse dans le cadre d'une information judiciaire ouverte par le parquet national antiterroriste (Pnat), notamment du chef d'association de malfaiteurs terroriste", a indiqué une source judiciaire.

La sous-direction antiterroriste (Sdat) de la police judiciaire a effectué ces trois interpellations, en lien avec l'enquête sur une conférence de presse clandestine de 2021, a précisé une source proche du dossier.

En mai 2021, la création d'un nouveau groupe armé baptisé "FLNC Maghju 21" (mai 2021) avait été annoncée lors d'une conférence de presse clandestine.

Puis en septembre 2021, le FLNC avait menacé d'un retour à la lutte armée sur l'île si l'Etat français poursuivait "sa politique de mépris", dans un communiqué transmis à Corse-Matin.

Ce communiqué non daté était accompagné d’une vidéo dans laquelle une cinquantaine d'hommes, cagoulés, vêtus de noirs et lourdement armés entouraient un activiste qui lisait, dans la nuit, ce texte signé du FLNC Union des combattants (FLNC-UC) et du FLNC du 22 octobre.

Les arrestations de jeudi sont liées à cette affaire, a précisé une source proche du dossier.

Sulidarita, association de défense des prisonniers dits politiques, et le parti indépendantiste Corsica Libera ont annoncé ces arrestations sur les réseaux sociaux.

Ils ont précisé que Pierre Paoli, l'un des leaders du parti indépendantiste, qui avait été acquitté en juin 2018 par la cour d'assises de Paris pour des attentats en 2012, et "plusieurs autres personnes" avaient été interpellées jeudi matin.

Le collectif Patriotti représentant d'anciens prisonniers dit politiques a également indiqué sur sa page Facebook que "des militants" du collectif étaient "actuellement en garde à vue au commissariat d'Ajaccio".

Pour Sulidarita, ces arrestations "mettent en lumière la volonté de l'appareil d'Etat français d'engager en Corse un processus historique de soumission et non de négociations comme certains aimeraient le laisser croire".

Rassemblement dans le calme

Exigeant "la libération immédiate de tous les gardés à vue", l'association, tout comme Corsica Libera, avait appelé à un rassemblement devant le commissariat d'Ajaccio jeudi soir à 19h00.

A l'heure dite, quelque 200 personnes, dont plusieurs élus indépendantistes et autonomistes, se sont rassemblées dans le calme, en brandissant un grand drapeau corse, à proximité du poste de police où des barrières anti-émeutes avaient été installées et des CRS déployés.

Ces arrestations interviennent alors que la Corse connaît une multiplication d'incendies criminels depuis un an, qui ont surtout visé des résidences secondaires de Français résidant dans l'Hexagone, mais sans revendication officielle.

Le 11 juillet, 16 "actions" visant deux véhicules de police, deux entreprises du bâtiment et douze résidences privées, dont l'incendie de 36 mobile-homes dans un camping d'Aleria (Haute-Corse), avaient été revendiquées par le groupe clandestin FLNC. Le Pnat s'était saisi des enquêtes sur ces faits.

Ces arrestations interviennent aussi sur fond de tensions entre les élus nationalistes corses et l'Etat concernant la situation des prisonniers dit politiques.

L'agression mortelle en mars à la prison d'Arles d'Yvan Colonna, condamné à la perpétuité pour l'assassinat du préfet Erignac, avait donné lieu à des semaines de manifestations et de heurts en Corse.

Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, s'était rendu dans l'île en mars et s'était engagé à discuter de l'avenir de l'île, jusqu'à une possible autonomie, dans un cycle de réunions prévues toutes les six semaines.

Mais, le 29 septembre, un énième refus de la justice d'accorder une libération conditionnelle à Pierre Alessandri, également condamné à la perpétuité pour l'assassinat du préfet Erignac mais libérable depuis 2017, avait grippé ce cycle.

Le 4 octobre, M. Darmanin avait annulé une visite dans l'île, estimant que "les conditions d'un débat serein" n'étaient "pas réunies".

Le ministre est désormais attendu en Corse les 8 et 9 décembre prochains, a précisé son entourage.

"Alors que nous devons tous travailler à l'apaisement, je déplore ces signaux contre-productifs eu égard au processus en cours", a regretté sur Twitter Marie-Antoinette Maupertuis, la présidente autonomiste de l'Assemblée de Corse, en référence à ces arrestations.


Retraites: Mélenchon appelle Macron à devenir «raisonnable»

Le leader du parti de gauche français La France Insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, s'adresse aux médias lorsqu'il participe à une assemblée générale des travailleurs ferroviaires avant le début du troisième jour des manifestations contre une réforme des retraites largement impopulaire à la gare de Lyon à Paris, le 7 février 2023. (Photo, AFP)
Le leader du parti de gauche français La France Insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, s'adresse aux médias lorsqu'il participe à une assemblée générale des travailleurs ferroviaires avant le début du troisième jour des manifestations contre une réforme des retraites largement impopulaire à la gare de Lyon à Paris, le 7 février 2023. (Photo, AFP)
Short Url
  • Emmanuel Macron «essaie de commencer son nouveau quinquennat par un coup de force en montrant que c'est lui le patron», a assuré Mélenchon
  • Le débat sur le projet de réforme des retraites a débuté lundi à l'Assemblée nationale, où le gouvernement ne dispose pas d'une majorité absolue

PARIS: Les macronistes "sont de plus en plus seuls et nous sommes des millions", ont clamé les dirigeants de la Nupes mardi au départ de la manifestation parisienne contre la réforme des retraites, tandis que le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a appelé Emmanuel Macron à devenir "raisonnable".

"Sauf s'il est devenu totalement autoritaire, dans une démocratie, à un moment donné, il faut bien que quelqu'un soit raisonnable et c'est forcément lui qui doit le devenir puisque c'est lui qui a la responsabilité d'avoir créé de toutes pièces ce conflit", a déclaré M. Mélenchon à la presse sur un piquet de grève à la gare de Lyon, à Paris.

Emmanuel Macron "essaie de commencer son nouveau quinquennat par un coup de force en montrant que c'est lui le patron", a-t-il assuré, accusant le président d'entreprendre la réforme des retraites pour des "raisons totalement artificielles".

Pour M. Mélenchon, cette semaine sera "la grande semaine", "puisque se combinent la mobilisation de rue (...) avec la bataille parlementaire".

Le débat sur le projet de réforme des retraites a débuté lundi à l'Assemblée nationale, où le gouvernement ne dispose pas d'une majorité absolue.

Les dirigeants de la coalition de gauche Nupes se sont retrouvés en début d'après-midi au départ de la manifestation parisienne, place de l'Opéra. Les macronistes "sont de plus en plus seuls et nous, nous sommes des millions, ça se voit aujourd’hui", a jugé la cheffe d'EELV Marine Tondelier.

"Ce qu’ils veulent faire, c’est nous faire payer à tous les économies et les cadeaux aux grandes entreprises", a abondé la présidente des députés écologistes Cyrielle Chatelain.

"On va continuer de se battre jusqu’à la victoire parce que l’on a le sentiment que la victoire est à portée de main", a déclaré le secrétaire national du PCF Fabien Roussel.

Pour le président du groupe PS à l'Assemblée nationale Boris Vallaud, "les Français en ont ras-le-bol de passer à la caisse, que ce soit toujours dans les poches vides que l’on cherche l’argent qui manque et jamais dans les poches pleines".

Le député LFI de la Somme François Ruffin a prévenu: "Nous utiliserons tous les moyens possibles pour que cette réforme ne passe pas."


En images: Le 3e round dans la rue contre la réforme des retraites

Lors de manifestation le troisième jour de rassemblements nationaux organisés depuis le début de l'année, contre une refonte profondément impopulaire des retraites à Marseille, dans le sud de la France, le 7 février 2023. (Photo de CHRISTOPHE SIMON / AFP)
Lors de manifestation le troisième jour de rassemblements nationaux organisés depuis le début de l'année, contre une refonte profondément impopulaire des retraites à Marseille, dans le sud de la France, le 7 février 2023. (Photo de CHRISTOPHE SIMON / AFP)
Short Url
  • Grèves, manifestations, acte 3: les opposants à la réforme des retraites se remobilisent mardi pour maintenir la pression sur l'exécutif mais aussi sur les députés qui viennent d'ouvrir les hostilités dans l'Hémicycle
  • De nombreuses manifestations se sont tenues dans la matinée, en attendant le départ en début d'après-midi de celle de Paris, entre la place de l'Opéra et celle de la Bastille

PARIS: Grèves, manifestations, acte 3: les opposants à la réforme des retraites se remobilisent mardi pour maintenir la pression sur l'exécutif mais aussi sur les députés qui viennent d'ouvrir les hostilités dans l'Hémicycle, tandis que les syndicats se montrent déterminés à poursuivre l'épreuve de force.

De nombreuses manifestations se sont tenues dans la matinée, en attendant le départ en début d'après-midi de celle de Paris, entre la place de l'Opéra et celle de la Bastille.

retraites
Avant le départ, le leader de la CGT, Philippe Martinez, a appelé à durcir le mouvement par des grèves "plus dures, plus massives, plus nombreuses", car "si le gouvernement persiste à ne pas écouter, forcément il faudra monter d'un cran". (Photo Sameer Al-Doumy / AFP)

 

greve
Un graffiti réclamant l'âge de la retraite à 60 ans est pulvérisé sur une statue à l'extérieur de la place du Palais Bourbon, devant l'Assemblée nationale lors de manifestations de militants de l'association ATTAC. (Photo Ludovic MARIN / AFP)
greve
Les manifestants se rassemblent place de l'Opéra avant le début de la manifestation, à Paris. (Photo Sameer Al-Doumy / AFP)
greve
Le cortège à Montpellier, dans le sud de la France. (Photo Pascal GUYOT / AFP)
greve
Un manifestant lance un projectile de gaz lacrymogène lors de la manifestation à Nantes, dans l'ouest de la France, le 7 février 2023. (Photo LOIC VENANCE / AFP)
greve
Dans le cortège à Bordeaux. (Photo by THIBAUD MORITZ / AFP)
greve
Le cortège au Vieux Port de Marseille, dans le sud de la France. (Photo CHRISTOPHE SIMON / AFP)

 

nantes
Le cortège à Nantes. (Photo LOIC VENANCE / AFP)

 

 


Passage à tabac mortel diffusé sur TikTok: deux interpellations à Lyon

Des policiers municipaux patrouillent dans le quartier de La Duchère, le 15 juin 2022, à Lyon, dans le centre-est de la France. (Photo d'illustration/AFP).
Des policiers municipaux patrouillent dans le quartier de La Duchère, le 15 juin 2022, à Lyon, dans le centre-est de la France. (Photo d'illustration/AFP).
Short Url
  • Les enquêteurs ont trouvé «le corps sans vie d'un homme de 54 ans tandis que deux individus étaient interpellés alors qu'ils étaient en train de dormir dans la chambre attenante»
  • Selon les premières constatations, le corps présentait de nombreuses traces de violences. Une autopsie est prévue mardi

LYON : La police lyonnaise a arrêté deux hommes suspectés d'avoir passé à tabac un homme de 54 ans retrouvé mort dans un appartement, des violences filmées et diffusées sur le réseau social TikTok, a-t-on appris mardi auprès du parquet de Lyon.

Vendredi dernier, la plateforme Pharos, sur laquelle le grand public peut signaler les comportements et contenus illicites, a alerté sur la diffusion d'une vidéo "représentant une scène de violence impliquant un homme gisant au sol, partiellement dénudé et victime de coups", a expliqué le parquet .

La vidéo, prise dans l'après-midi de vendredi, laisse apparaître deux agresseurs.

Une enquête de flagrance a été immédiatement ouverte et confiée à la police judiciaire pour "actes de torture et de barbarie en bande organisée et séquestration en bande organisée".

Dans la nuit de samedi à dimanche, l'enquête a permis de localiser un appartement situé dans le centre de Lyon, "susceptible d'être le lieu de commission des faits", comme l'écrit le parquet.

Dans le salon du logement, les enquêteurs ont trouvé "le corps sans vie d'un homme de 54 ans tandis que deux individus étaient interpellés alors qu'ils étaient en train de dormir dans la chambre attenante".

Selon les premières constatations, le corps présentait de nombreuses traces de violences. Une autopsie est prévue mardi.

L'enquête se poursuit "du chef de meurtre en bande organisée" afin de déterminer les circonstances et le mobile des faits.