Des centaines de migrants continuent d'arriver sur les côtes anglaises, malgré l'hiver qui approche

Des migrants récupérés en mer alors qu'ils tentaient de traverser la Manche, sur un bateau des forces frontalières britanniques, le 18 avril 2022, à Douvres, sur la côte sud-est de l'Angleterre. (Photo, AFP)
Des migrants récupérés en mer alors qu'ils tentaient de traverser la Manche, sur un bateau des forces frontalières britanniques, le 18 avril 2022, à Douvres, sur la côte sud-est de l'Angleterre. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 01 décembre 2022

Des centaines de migrants continuent d'arriver sur les côtes anglaises, malgré l'hiver qui approche

Des migrants récupérés en mer alors qu'ils tentaient de traverser la Manche, sur un bateau des forces frontalières britanniques, le 18 avril 2022, à Douvres, sur la côte sud-est de l'Angleterre. (Photo, AFP)
  • Plus de 43 000 migrants ont traversé la Manche cette année, un record
  • Le 24 novembre 2021, un naufrage a fait 27 morts, des migrants âgés de 7 à 46 ans. C'est le pire drame jamais enregistré dans la Manche

DOUVRES: C'est une journée assez douce pour une fin d'automne. La mer est froide mais calme, le vent ne s'est pas levé. Les conditions semblent optimales pour traverser la Manche en bateau pneumatique: mercredi encore, des centaines de migrants sont arrivés sur les côtes anglaises.

Plus de 43 000 migrants ont traversé la Manche cette année, un record. Lundi, ils étaient 426, selon les chiffres du gouvernement britannique. Mardi, 884 dans 17 bateaux et mercredi, 426 dans huit embarcations.

"Nous n'avons pas réussi à contrôler nos frontières", a admis la ministre de l'Intérieur Suella Braverman au parlement en novembre. C'était pourtant une des promesses du Brexit et une des priorités affichées des conservateurs.

Au port de Douvres (côte sud-est) on peut assister de loin au va-et-vient. Les bateaux des autorités maritimes reviennent d'abord du large avec des canots pneumatiques vides. Un bateau tire quatre embarcations à lui tout seul. Et puis vers 14H00, des dizaines de migrants, interceptés en mer, arrivent à bord de deux navires des "border forces", responsables des contrôles frontaliers.

Après quelques heures, ils sont acheminés en bus vers un centre de transit où leur dossier va commencer à être étudié. Celui de Manston (sud-est), saturé, a été au coeur d'une polémique en octobre: plus de 4 000 personnes y étaient hébergées pour une capacité de 1 600 places.

Un migrant atteint de diphtérie y est mort mi-novembre. Depuis, plusieurs dizaines de cas ont été recensés chez des migrants.

Dans des hôtels 

Abas, un Afghan de 30 ans, a suivi le parcours classique. "J'ai traversé en septembre. Le bateau prenait l'eau, on a appelé à l'aide les autorités maritimes anglaises quand on est arrivé dans les eaux britanniques. J'ai été arrêté en mer", raconte-t-il sous couvert d'anonymat.

Ensuite, il a été examiné à Manston puis hébergé dans des hôtels. Il dort maintenant dans un hôtel à Londres, à quelques centaines de mètres des tours modernes du quartier d'affaire de la City. L'hôtel désormais fermé aux touristes est payé par le gouvernement pour héberger les demandeurs d'asile.

Abas a demandé le statut de réfugié. Originaire de Kaboul, il explique avoir quitté son pays à cause du retour au pouvoir des talibans, en août 2021. "Je travaillais dans la sécurité pour l'Otan", assure-t-il. Il a fui en passant par l'Iran, puis la Turquie et a traversé l'Europe. Il est venu au Royaume-Uni car il parle anglais.

Il y a, selon Abas, 300 personnes comme lui, des demandeurs d'asile, dans son hôtel. Des hommes et des femmes entrent et sortent sans cesse. Beaucoup sont arrivés par bateau. D'autres, au Royaume-Uni depuis plus longtemps, sont venus cachés dans des camions.

Naufrage 

"Maintenant il est très difficile d'arriver en camion pour les migrants car cette route est très contrôlée", explique Peter William Walsh chercheur à l'Observatoire des migrations de l'université d'Oxford. "Cela a contribué à l'essor" des traversées de la Manche en bateau pour les migrants depuis 2018.

"Désormais, c'est une route établie, avec des réseaux de passeurs. Dans l'esprit de ceux qui font la traversée, la Manche n'est plus cette grande barrière qu'elle représentait autrefois", ajoute le chercheur.

Le 24 novembre 2021, un naufrage a cependant fait 27 morts, des migrants âgés de 7 à 46 ans. C'est le pire drame jamais enregistré dans la Manche, mais comme les naufrages en Méditerranée, cela n'a pas dissuadé les migrants de tenter leur chance.

Pas plus que l'accord du Royaume-Uni avec le Rwanda. Annoncé sous Boris Johnson, ce projet prévoit d'envoyer des demandeurs d'asile au Rwanda mais il est au point mort, bloqué en justice.

Paris et Londres ont signé un accord mi-novembre qui prévoit notamment une enveloppe de 72,2 millions d'euros que devront verser les Britanniques en 2022-2023 à la France pour augmenter de 800 à 900 le nombre de policiers et gendarmes sur les plages françaises, d'où partent les migrants.

Le système de demandes d'asile est plus que jamais débordé au Royaume-Uni. Plus de 140 000 demandeurs d'asile attendaient une réponse fin septembre, soit trois fois plus qu'en 2019.

Près de 86 000 personnes ont demandé l'asile entre septembre 2021 et septembre 2022, un chiffre au plus haut depuis 2003, quand il y avait eu plus de 87 000 demandes.


L'Iran annonce avoir saisi deux navires dans le détroit d'Ormuz malgré la prolongation de la trêve

Cette photo fournie par la Marine américaine et publiée le 21 avril 2026 par le service des relations publiques du Commandement central américain montre des forces américaines en patrouille dans la mer d'Oman, près du Touska, un cargo battant pavillon iranien, le 20 avril 2026. (AFP)
Cette photo fournie par la Marine américaine et publiée le 21 avril 2026 par le service des relations publiques du Commandement central américain montre des forces américaines en patrouille dans la mer d'Oman, près du Touska, un cargo battant pavillon iranien, le 20 avril 2026. (AFP)
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  • Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, ont annoncé avoir intercepté deux navires qui tentaient de franchir le stratégique détroit, soumis à un double blocus américain et iranien
  • "Les deux navires en infraction ont été saisis par les forces navales des Gardiens de la Révolution et dirigés vers la côte iranienne", ont-ils indiqué dans un communiqué

TEHERAN: L'Iran a annoncé mercredi avoir saisi deux navires dans le détroit d'Ormuz, au coeur du bras de fer avec Washington, quelques heures après la prolongation de la trêve décidée unilatéralement par Donald Trump.

Le pouvoir iranien ne s'est toujours pas exprimé sur cette prolongation. Mais Téhéran en "étudie différents aspects", selon la télévision d'Etat iranienne.

Côté américain, le président a jugé "possible" une reprise des discussions entre les belligérants dans les prochains jours. "C'est possible! Président DJT", a-t-il écrit en réponse à un texto d'une journaliste du New York Post, qui l'interrogeait sur la probabilité que des discussions se tiennent dans les prochaines "36 à 72 heures", soit d'ici vendredi.

En attendant, la tension reste forte dans le détroit d'Ormuz, passage crucial pour le transport mondial d'hydrocarbures et enjeu majeur du conflit déclenché le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran.

Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, ont annoncé avoir intercepté deux navires qui tentaient de franchir le stratégique détroit, soumis à un double blocus américain et iranien.

"Les deux navires en infraction ont été saisis par les forces navales des Gardiens de la Révolution et dirigés vers la côte iranienne", ont-ils indiqué dans un communiqué.

Selon Téhéran, les navires doivent obtenir une autorisation pour quitter ou entrer dans le Golfe via le détroit d'Ormuz.

Un troisième bateau a essuyé des tirs alors qu'il se trouvait à 8 milles nautiques à l'ouest de l'Iran, selon l'agence de sécurité maritime britannique UKTMO, mais il a pu quitter le détroit en direction du port saoudien de Jeddah, selon le site Marinetraffic.

Ces incidents illustrent la précarité de la trêve entrée en vigueur le 8 avril, d'autant que les discussions entre Washington et Téhéran n'ont toujours pas repris.

Islamabad en attente 

Les pourparlers, qui étaient censés se tenir en début de semaine après une première session le 11 avril, visent à trouver une fin durable à une guerre régionale qui a fait des milliers de morts -essentiellement en Iran et au Liban- et ébranlé l'économie mondiale.

Donald Trump a prolongé sine die le cessez-le-feu avec l'Iran mardi soir, à quelques heures de l'expiration annoncée, afin, a-t-il dit, de laisser davantage de temps aux Iraniens pour joindre les négociations de paix sous l'égide des médiateurs pakistanais.

Il a parlé d'une extension jusqu'à ce que "l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

En attendant, aucune délégation ne s'est encore envolée pour Islamabad, bouclée et sous haute surveillance depuis le début de la semaine, provoquant la lassitude d'habitants privés d'écoles et limités dans leur déplacements.

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a dit espérer que les deux parties parviendraient "à conclure un +accord de paix+ lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad". Il a reçu mercredi matin l'ambassadeur iranien à Islamabad.

Trois morts au Liban 

Sur l'autre front principal de la guerre, trois personnes ont été tuées mercredi dans des frappes israéliennes au Liban malgré la trêve, qui expire dimanche, et dont Beyrouth va demander l'extension lors de pourparlers prévus jeudi entre les deux pays à Washington.

"Le Liban demandera l'extension pour un mois de la trêve, le strict respect du cessez-le-feu et l'arrêt par Israël des opérations de dynamitage et de destruction dans les zones où il est présent", a indiqué une source libanaise officielle à l'AFP.

Israël a affirmé avant ces discussions ne pas avoir de "désaccords sérieux" avec le Liban, l'appelant à "travailler ensemble" contre le Hezbollah pro-iranien.

Selon le dernier bilan officiel, au moins 2.454 personnes ont été tuées au Liban en six semaines de guerre.

Par ailleurs, le président français Emmanuel Macron a annoncé mercredi la mort d'un 2e militaire français de la force de paix de l'ONU au Liban, Finul, blessé dans une embuscade samedi au cours de laquelle un premier Casque Bleu français avait été tué. Paris a attribué l'attaque au Hezbollah, ce que le groupe islamiste chiite a nié.


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
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  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.