La guerre en Ukraine montre que l'Europe n'est «pas assez forte», selon la Première ministre finlandaise

Le Premier ministre australien Anthony Albanese (à droite) accueille la Première ministre finlandaise Sanna Marin à Kirribilli House à Sydney le 2 décembre 2022. (Photo, AFP)
Le Premier ministre australien Anthony Albanese (à droite) accueille la Première ministre finlandaise Sanna Marin à Kirribilli House à Sydney le 2 décembre 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 02 décembre 2022

La guerre en Ukraine montre que l'Europe n'est «pas assez forte», selon la Première ministre finlandaise

  • «L'Europe n'est pas assez forte en ce moment, nous serions en difficulté sans les Etats-Unis», a déclaré a Première ministre finlandaise
  • Depuis leur adhésion à l'Union européenne en 2004, des nations comme l'Estonie et la Pologne ont exhorté les autres membres de l'UE à adopter une ligne plus dure à l'égard de M. Poutine

SYDNEY: La Première ministre finlandaise Sanna Marin a dressé vendredi un bilan "très honnête" des capacités de l'Europe à l'aune de la guerre menée par la Russie contre l'Ukraine, déclarant sans ambages qu'elle n'est "pas assez forte" pour tenir seule tête à Moscou.

En visite en Australie, la dirigeante du pays candidat à l'adhésion à l'Otan a souligné que l'invasion et l'occupation de l'Ukraine voisine par la Russie ont révélé les faiblesses et les erreurs stratégiques de l'Europe face Moscou.

"Je dois être très honnête (....) avec vous, l'Europe n'est pas assez forte en ce moment, nous serions en difficulté sans les Etats-Unis", a-t-elle pointé auprès du Lowy Institute, un groupe de réflexion basé à Sydney.

L'Italie va continuer de fournir des armes à l'Ukraine en 2023

Le nouveau gouvernement italien d'extrême droite a émis jeudi un décret qui entérine la poursuite de la fourniture d'armes à l'Ukraine en 2023, dans la continuité de la politique de la précédente administration.

Le décret prolonge jusqu'au 31 décembre 2023 l'autorisation de "transfert de moyens, matériels et équipements militaires aux autorités gouvernementales de l'Ukraine", selon un communiqué.

Depuis qu'elle a pris ses fonctions en octobre, la Première ministre Giorgia Meloni, dirigeante du parti post-fasciste Fratelli d'Italia, a réitéré son soutien à Kiev et l'importance de l'Alliance atlantique.

Dans son premier discours devant le Parlement, elle a promis de "continuer à être un partenaire fiable de l'Otan dans le soutien à l'Ukraine".

Son prédécesseur Mario Draghi était un soutien déterminé de l'Ukraine, mais la question des livraisons d'armes à Kiev a divisé le Mouvement 5 étoiles membre de la coalition au pouvoir, provoquant sa chute et de nouvelles élections qui ont amené Mme Meloni au gouvernement.

Le Parlement italien a désormais 60 jours pour transformer le décret en loi.

En dépit des efforts de Mme Meloni pour rassurer les alliés occidentaux sur le soutien de l'Italie à la politique de l'UE et de l'Otan sur l'Ukraine, notamment concernant les sanctions, les liens étroits de deux de ses partenaires de coalition avec Moscou ont suscité des interrogations.

Matteo Salvini, et son parti La Ligue, tout comme l'ancien Premier ministre Silvio Berlusconi, chef de Forza Italia, ont affiché de longue date de bonnes relations avec le Kremlin.

Mme Marin a insisté sur le fait que l'Ukraine devait être aidée par "tous les moyens", ajoutant que les Etats-Unis ont joué un rôle central dans l'approvisionnement de Kiev en armes, en moyens financiers et en aide humanitaire nécessaires pour freiner l'avancée de la Russie.

"Nous devons nous assurer que nous renforçons également ces capacités en matière de défense européenne, d'industrie de défense européenne et que nous pouvons faire face à différents types de situations", a-t-elle préconisé.

La Finlande a obtenu son indépendance de la Russie il y a près de 105 ans et, bien que largement sous-armée, a infligé de lourdes pertes à l'armée soviétique qui l'envahissait peu de temps après.

La cheffe du gouvernement finlandais a critiqué les politiques de l'Union européenne qui mettent l'accent sur l'importance de l'engagement avec Vladimir Poutine et a déclaré que le bloc aurait dû écouter les Etats membres qui faisaient partie de l'Union soviétique jusqu'à son effondrement.

Depuis leur adhésion à l'Union européenne en 2004, des nations comme l'Estonie et la Pologne ont exhorté les autres membres de l'UE à adopter une ligne plus dure à l'égard de M. Poutine, une position tempérée par la France, l'Allemagne, l'Italie et la Grèce, qui sont favorables à des liens économiques plus étroits avec Moscou.

"Pendant longtemps, l'Europe a construit une stratégie vis-à-vis de la Russie pour resserrer nos liens économiques, pour acheter de l'énergie à la Russie... nous pensions que cela empêcherait une guerre", mais cette approche s'est révélée "totalement mauvaise", a critiqué Mme Marin.

"Ils ne se soucient pas des liens économiques, ils ne se soucient pas des sanctions. Ils ne se soucient de rien de tout cela".


Le pétrole monte fasse à l'impasse diplomatique entre Washington et Téhéran

"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News. (Reuters)
"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News. (Reuters)
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  • "Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous"
  • "L'impasse diplomatique entre les États-Unis et l'Iran maintient au premier plan les inquiétudes concernant l'offre" de pétrole, affirme Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown

LONDRES: Les cours du pétrole grimpent vendredi à l'approche d'un nouveau week-end sans perspective de retour à la normale des flux pétroliers transitant via le détroit d'Ormuz, deux mois et demi après le début de la guerre au Moyen-Orient.

Vers 09H10 GMT (11H10 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juillet, gagnait 2,96% à 108,85 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en juin, montait de 3,44% à 104,65 dollars.

"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News.

"L'impasse diplomatique entre les États-Unis et l'Iran maintient au premier plan les inquiétudes concernant l'offre" de pétrole, affirme Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown.

Si l'Iran a annoncé que ses forces navales avaient autorisé depuis mercredi le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, "pour l'instant, les flux de pétrole passant par le détroit restent limités et les stocks de pétrole continuent de diminuer", explique à l'AFP Giovanni Staunovo, analyste chez UBS.

"Il est raisonnable de supposer qu'entre 10 à 13 millions de barils d'or noir par jour sont bloqués dans le Golfe", rappelle Tamas Varga, analyste chez PVM. En cumulé depuis le début de la guerre "ce chiffre s'approche du milliard de barils" perdus pour le marché.

Cette semaine, l'Agence internationale de l'énergie a averti que le monde puise dans ses réserves de pétrole à une vitesse record.

"On ne peut que conclure (...) que les prix du pétrole devraient être nettement plus élevés", juge M. Varga.

Et si les négociations entre les Etats-Unis et l'Iran n'avancent pas, "nous devrons peut‑être commencer à nous inquiéter d'une ré‑escalade, ce qui signifie un risque de dommages supplémentaires aux infrastructures énergétiques de la région", a souligné Warren Patterson, analyste chez ING dans une visioconférence dédiée aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient sur le pétrole.

Selon lui, le marché du gaz, dont les prix ont un peu moins flambé que ceux du pétrole depuis le début du conflit, est particulièrement exposé car ce dernier "n'a pas vraiment le luxe de réserves stratégiques dans lesquelles on pourrait puiser", a précisé M. Patterson.

Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, prenait 3,03%, à 49,10 euros le mégawattheure.


Cinq Italiens décédés dans un accident de plongée aux Maldives

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
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  • Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé
  • Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué

MALE: Cinq Italiens sont décédés dans un accident de plongée aux Maldives, sans que les circonstances précises soient connues, a annoncé jeudi le ministère italien des Affaires étrangères, les forces de sécurité sur place ayant retrouvé un corps.

L'archipel est une destination de vacances de luxe, avec ses plages de sable blanc et ses complexes hôteliers isolés, prisée des plongeurs.

Des responsables locaux ont déclaré qu'il s'agissait du plus grave accident de plongée survenu dans ce pays composé de 1.192 minuscules îles coralliennes dispersées sur quelque 800 kilomètres le long de l'équateur, dans l'océan Indien.

"A la suite d'un accident survenu lors d'une sortie de plongée sous-marine, cinq ressortissants italiens ont trouvé la mort (...) aux Maldives. Les plongeurs auraient perdu la vie alors qu'ils tentaient d'explorer des grottes situées à 50 mètres de profondeur", précise le ministère, en soulignant que les autorités locales menaient une enquête.

Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé.

Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué.

"Un corps a été retrouvé", annonce le communiqué. Il a "été découvert à l'intérieur d'une grotte en profondeur (...) On pense que les quatre autres plongeurs se trouvent également dans cette même grotte, qui descend jusqu'à environ 60 mètres", précise-t-il.

Les MNDF ont aussi précisé qu'un navire des garde-côtes se trouvait dans la zone pour coordonner les opérations de recherche tout au long de la nuit. D'autres plongeurs des garde-côtes ont été envoyés en renfort pour participer aux recherches.

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs.

Une touriste britannique est décédée en décembre lors d'une plongée, et son mari, bouleversé, est mort quelques jours plus tard après être tombé malade.

En juin, un touriste japonais de 26 ans a disparu après une expédition de plongée près de la capitale.

Selon les médias locaux, au moins 112 touristes sont morts dans des incidents liés à la mer dans l'archipel au cours des six dernières années, dont 42 victimes d'accidents de plongée ou de plongée avec tuba.

 


Détroit d'Ormuz: Téhéran annonce laisser passer des navires chinois depuis mercredi

L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran"
  • Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique"

TEHERAN: L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran", ont indiqué jeudi dans un communiqué les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran.

Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique", ont-ils spécifié.

Cette autorisation donnée à plusieurs navires chinois a également été annoncée par des médias officiels iraniens.

La télévision d’État iranienne a notamment précisé que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à franchir le détroit d'Ormuz, sans indiquer s'il s'agissait exclusivement de navires chinois.

Le blocage iranien de cette voie maritime par laquelle transite habituellement un cinquième de la production mondiale de pétrole perturbe les marchés mondiaux et confère à Téhéran un levier stratégique.

Les Etats-Unis ont quant à eux imposé leur propre blocus des ports iraniens malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump, en visite jeudi en Chine, a discuté du détroit d'Ormuz avec son homologue Xi Jinping.

Selon un extrait d'une interview à la chaîne Fox News, Donald Trump a déclaré que M. Xi lui avait assuré que Pékin n'enverrait pas d'équipement militaire à l'Iran et était prêt à aider à la réouverture du détroit d'Ormuz.

La Chine est le principal pays importateur du pétrole iranien.