Tunisie: retour de la sempiternelle controverse sur la privatisation des entreprises publiques

Le président Kaïs Saïed lors de l'ouverture du sommet arabe à Alger, le 1er novembre 2022. (Photo, AFP)
Le président Kaïs Saïed lors de l'ouverture du sommet arabe à Alger, le 1er novembre 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 02 décembre 2022

Tunisie: retour de la sempiternelle controverse sur la privatisation des entreprises publiques

Le président Kaïs Saïed lors de l'ouverture du sommet arabe à Alger, le 1er novembre 2022. (Photo, AFP)
  • Mercredi 9 novembre, le président Kaïs Saïed a pris position pour la première fois sur un dossier on ne peut plus controversé en Tunisie: le sort des entreprises publiques
  • De nombreuses voix s’élèvent, depuis longtemps, pour réclamer la privatisation – comme dans les années 1990 – d’au moins une partie d’entre elles

TUNIS: En déclarant que les autorités tunisiennes lui avaient fait part de leur intention de privatiser certaines entreprises publiques, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, a provoqué de profondes divisions sur cette question au sein du gouvernement tunisien, ce qui a obligé le président de la république à monter au créneau.

Ces mots auront peut-être de lourdes conséquences pour la Tunisie. Mercredi 9 novembre, le président Kaïs Saïed a pris position pour la première fois sur un dossier on ne peut plus controversé en Tunisie: le sort des entreprises publiques.

De nombreuses voix s’élèvent, depuis longtemps, pour réclamer la privatisation – comme dans les années 1990 – d’au moins une partie d’entre elles, pour arrêter l’hémorragie qu’elles occasionnent au budget de l’État. Ce dernier est obligé de les subventionner tous les ans à hauteur de 6 à 7 du produit intérieur brut annuel (un peu plus de 46 milliards de dollars en 2021; 1 dollar = 0,95 euro). Or, le chef de l’État tunisien s’est déclaré farouchement opposé à cette solution.

En présence du chef du gouvernement, Najla Bouden, Kaïs Saïed a clamé son souci d’appréhender le problème du déficit budgétaire «d’une manière nouvelle, basée sur la justice et l’équité et le non-renoncement de l’État à son rôle social».

Une semaine plus tard, le chef de l’État réaffirmait sa conviction selon laquelle la solution au problème des entreprises publiques consiste à les restructurer et «à demander des comptes à ceux qui œuvrent pour qu’elles fassent faillite afin qu’elles soient mises en vente».

Kaïs Saïed a même écarté d’un revers demain une récente proposition du directeur général de la Bourse des valeurs mobilières de Tunis (BMVT), Bilel Sahnoun, qui souhaitait introduire les entreprises publiques.

Pour se sortir d’une autre grande crise économique, caractérisée, comme aujourd’hui, par un important déficit budgétaire, la Tunisie avait sollicité et obtenu en 1986 son premier financement du FMI en contrepartie de la mise en œuvre d’un Plan d’ajustement structurel dont la composante principale était un programme de privatisation d’entreprises publiques.

Après avoir tergiversé, le gouvernement de l’époque avait fini par procéder à la privatisation de deux cent dix-neuf entreprises, soit près des deux tiers du total – il en reste aujourd’hui une centaine. Ce qui a fait rentrer près de 6 milliards de dinars (1 dinar tunisien = 0,29 euro) dans les caisses de l’État.

Le président Saïed a dû s’impliquer dans ce dossier afin de mettre un terme à la polémique qui a éclaté au sein du gouvernement entre les partisans et les détracteurs de la privatisation après la déclaration de la directrice générale du FMI. Kristalina Georgieva a affirmé le 20 octobre dernier à Sky News Arabia que les autorités tunisiennes lui avaient fait part de leur intention de privatiser certaines entreprises publiques.

Aucun responsable tunisien n’a osé démentir la patronne du grand argentier du monde, mais le gouvernement s’est montré divisé sur cette question.

Si le revirement de l’État tunisien à propos de la privatisation de certaines entreprises publiques et, surtout, d’une levée des subventions aux produits de base se confirme, la Tunisie risque fort de voir le conseil d’administration du FMI ne pas donner son aval à l’accord de principe annoncé le 15 octobre 2022, conformément auquel elle devrait obtenir un prêt d’1,9 milliard de dollars. En effet, les réformes structurelles en sont l’incontournable contrepartie.


L'Iran appelle les civils à quitter les zones situées à proximité des forces américaines dans la région

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont appelé vendredi les civils à se tenir à l'écart des lieux abritant des forces américaines au Moyen-Orient, près d'un mois après le début de la guerre. (AFP)
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont appelé vendredi les civils à se tenir à l'écart des lieux abritant des forces américaines au Moyen-Orient, près d'un mois après le début de la guerre. (AFP)
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  • Les "lâches" forces américano-israéliennes "tentent d'utiliser des sites civils et des innocents comme boucliers humains", ont affirmé les Gardiens sur leur site Sepah News, après que l'Iran a menacé de cibler les hôtels du Golfe
  • "Nous vous recommandons de quitter de toute urgence les lieux où sont stationnées les troupes américaines afin qu'aucun mal ne vous soit fait", ajoutent-ils

TEHERAN: Les Gardiens de la Révolution iraniens ont appelé vendredi les civils à se tenir à l'écart des lieux abritant des forces américaines au Moyen-Orient, près d'un mois après le début de la guerre.

Les "lâches" forces américano-israéliennes "tentent d'utiliser des sites civils et des innocents comme boucliers humains", ont affirmé les Gardiens sur leur site Sepah News, après que l'Iran a menacé de cibler les hôtels du Golfe.

"Nous vous recommandons de quitter de toute urgence les lieux où sont stationnées les troupes américaines afin qu'aucun mal ne vous soit fait", ajoutent-ils.

 


Attaque de drones sur le principal port de Koweït, des dégâts

Le principal port commercial de Koweït a été visé vendredi à l'aube par une attaque de drones "ennemis", ont annoncé les autorités portuaires. (AFP)
Le principal port commercial de Koweït a été visé vendredi à l'aube par une attaque de drones "ennemis", ont annoncé les autorités portuaires. (AFP)
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  • L'attaque sur le port de Shuwaikh a fait des dégâts matériels mais pas de victimes, ont-elles précisé dans un communiqué publié sur X
  • Une deuxième port, en construction et situé dans le nord de l'émirat a également été visé, a ensuite annoncé le ministère des travaux publics

KOWEIT: Le principal port commercial de Koweït a été visé vendredi à l'aube par une attaque de drones "ennemis", ont annoncé les autorités portuaires.

L'attaque sur le port de Shuwaikh a fait des dégâts matériels mais pas de victimes, ont-elles précisé dans un communiqué publié sur X.

Une deuxième port, en construction et situé dans le nord de l'émirat a également été visé, a ensuite annoncé le ministère des travaux publics.

Selon cette source, le port de Mubarak al-Kabeer a été touché tôt vendredi matin par des drones et des missiles qui ont causé, là aussi, des dégâts matériels mais n'ont pas fait de victimes.

Les pays du Golfe font l'objet d'une campagne de représailles iraniennes depuis le début de l'offensive américano-israélienne sur l'Iran il y a un mois et les tirs - pour la plupart interceptés - sont quasiment quotidiens.


L'armée israélienne dit avoir mené des frappes d'ampleur sur Téhéran

L'armée israélienne a dit tôt vendredi avoir mené des frappes d'ampleur dans la capitale iranienne Téhéran, presqu'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'armée israélienne a dit tôt vendredi avoir mené des frappes d'ampleur dans la capitale iranienne Téhéran, presqu'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Il y a peu, l'armée a terminé une série de frappes à grande échelle visant des infrastructures du régime terroriste iranien au coeur de Téhéran", a-t-elle indiqué dans un bref communiqué, sans plus de détails
  • Quelques heures plus tard, elle a précisé avoir "pris pour cible des sites et des infrastructures" utilisés par l'Iran "pour produire des armes, principalement des missiles balistiques"

JERUSALEM: L'armée israélienne a dit tôt vendredi avoir mené des frappes d'ampleur dans la capitale iranienne Téhéran, presqu'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Il y a peu, l'armée a terminé une série de frappes à grande échelle visant des infrastructures du régime terroriste iranien au coeur de Téhéran", a-t-elle indiqué dans un bref communiqué, sans plus de détails.

Quelques heures plus tard, elle a précisé avoir "pris pour cible des sites et des infrastructures" utilisés par l'Iran "pour produire des armes, principalement des missiles balistiques".

Elle a aussi annoncé avoir "frappé diverses cibles liées aux dispositifs de puissance de feu du régime" dans l'ouest de l'Iran, dont "des lanceurs de missiles et des sites de stockage de missiles, qui constituaient une menace" pour Israël.

Le Moyen-Orient est plongé depuis le 28 février dans une guerre déclenchée par des frappes conjointes des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran, auxquelles Téhéran a riposté par des tirs de missiles et de drones visant Israël et plusieurs pays de la région.