Mondial: pour Cavani, Suarez et l'Uruguay, l'histoire ne se répètera pas

L'attaquant uruguayen  Luis Suarez réagit à la fin du match de football du groupe H de la Coupe du monde Qatar 2022 entre le Ghana et l'Uruguay au stade Al-Janoub d'Al-Wakrah, au sud de Doha, le 2 décembre 2022. (Photo, AFP)
L'attaquant uruguayen Luis Suarez réagit à la fin du match de football du groupe H de la Coupe du monde Qatar 2022 entre le Ghana et l'Uruguay au stade Al-Janoub d'Al-Wakrah, au sud de Doha, le 2 décembre 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 02 décembre 2022

Mondial: pour Cavani, Suarez et l'Uruguay, l'histoire ne se répètera pas

L'attaquant uruguayen #09 Luis Suarez réagit à la fin du match de football du groupe H de la Coupe du monde Qatar 2022 entre le Ghana et l'Uruguay au stade Al-Janoub d'Al-Wakrah, au sud de Doha, le 2 décembre 2022. (Photo, AFP)
  • Alors que tout portait à croire que l'histoire du Mondial-2010 allait se répéter, la génération dorée de la Celeste a fait ses adieux à la Coupe du monde, en pleurs, sur la plus amère des victoires
  • Le cœur des Uruguayens a fait les montagnes russes vendredi soir, allant de la peur à la tristesse, en passant par un bref instant de joie

DOHA: Douze ans après la main de Luis Suarez et le pénalty manqué par Asamoah Gyan, le Ghana a encore raté un pénalty par André Ayew vendredi, mais cela n'a pas suffi à l'Uruguay, pourtant vainqueur 2-0, pour se hisser en huitièmes de finale du Mondial-2022. 

Cruelle fin de cycle pour Suarez, Cavani et consorts! Alors que tout portait à croire que l'histoire du Mondial-2010 allait se répéter, la génération dorée de la Celeste a fait ses adieux à la Coupe du monde, en pleurs, sur la plus amère des victoires. 

Le cœur des Uruguayens a fait les montagnes russes vendredi soir, allant de la peur à la tristesse, en passant par un bref instant de joie. 

Quand l'arbitre a quitté des yeux l'écran vidéo pour se retourner vers le terrain et tendre le bras vers le point de pénalty, suivi par un Luis Suarez rugissant tout près, à la 19e minute, tout le stade s'est cru douze ans en arrière, en quart de finale du Mondial-2010, en Afrique du Sud. 

Mais cette fois, pas de main, pas de rouge, pas de revanche: le portier uruguayen Sergio Rochet, qui a concédé le pénalty en fauchant Mohammed Kudus dans la surface, s'est vite rattrapé en détournant la tentative d'André Ayew. 

C'est le début d'une nuit de folie pour l'Uruguay et le Ghana, qui ressuscitent involontairement les fantômes du Mondial-2010. 

De Arrascaeta, un chef-d'œuvre  

Dans la foulée du pénalty raté, le Ghana s'est encore effondré vendredi, et la Celeste a enchaîné deux buts signés Giorgian De Arrascaeta. 

Sur son premier but, il n'a eu qu'à pousser le ballon de la tête (27e) après un tir de Suarez dévié par le portier ghanéen Ati Zigi. 

Mais son deuxième but (32e) est un chef-d'œuvre collectif: après une percée de Facundo Pellistri, Darwin Nunez remet le ballon de la tête pour Suarez, qui décale sur sa gauche vers De Arrascaeta. Une sublime reprise du droit, et ça fait 2-0. L'un des buts du tournoi. 

Pourtant, à huit minutes du terme, la clameur des supporters uruguayens retombe. Sur l'écran géant, on apprend que dans le match simultané, la Corée du Sud vient de passer devant le Portugal (2-1). 

"Oui, on a vu ça sur l'écran. J'ai dit à mon équipe : ‘Si on ne passe pas, eux non plus’. Pour moi, c'était important", a glissé le milieu ghanéen Daniel Amartey en zone mixte après le match. 

« Tristesse », « désillusion » 

Cette fois, pas d'effusion de joie dans le tunnel menant aux vestiaires pour le "Pistolero" Suarez, remplacé par Edinson Cavani à la 66e sous une ovation. Plutôt de chaudes larmes dissimulées sous son maillot. 

"De la tristesse, de la désillusion", a balbutié Suarez au coup de sifflet final. "Je pense à mon fils de quatre ans qui va garder cette image de tristesse... Pour un père, c'est ça le plus difficile", a glissé Suarez, entre deux sanglots. 

En fin de match, la Celeste s'élance à corps perdu vers les cages adverses, mais rien ne change: l'Uruguay est éliminé, et le Ghana aussi. 

C'est toute la génération dorée de la Celeste qui quitte le Mondial par la petite porte dès la phase de groupes: Cavani, Suarez, Godin et d'autres cadres ont sans doute disputé vendredi leur dernier match de Coupe du monde. 


Iran et Etats-Unis s'accordent sur une feuille de route pour un accord définitif sous 60 jours

Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint. (AFP)
Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint. (AFP)
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  • Les Etats-Unis et l'Iran se sont entendus sur une "feuille de route" pour conclure dans les 60 jours un accord définitif pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient
  • "La médiation pakistanaise et qatarie a permis des progrès majeurs afin de mettre un terme à la guerre au Liban"

BURGENSTOCK: Les Etats-Unis et l'Iran se sont entendus sur une "feuille de route" pour conclure dans les 60 jours un accord définitif pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, lors de leur première séance de négociations en Suisse, ont annoncé lundi les médiateurs pakistanais et qatari.

Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint.


Les négociations entre l'Iran et les Etats-Unis vont démarrer en Suisse

Le vice-président américain JD Vance est arrivé en Suisse dimanche, atterrissant à la base aérienne d’Emmen à 5 h 59 (03 h 59 GMT), selon son porte-parole. (AFP)
Le vice-président américain JD Vance est arrivé en Suisse dimanche, atterrissant à la base aérienne d’Emmen à 5 h 59 (03 h 59 GMT), selon son porte-parole. (AFP)
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  • Les négociations américano-iraniennes s’ouvrent en Suisse dans un contexte tendu, marqué par la poursuite des violences au Liban et des divergences sur l’application du protocole d’accord, notamment sur le nucléaire et un cessez-le-feu
  • L’escalade régionale s’intensifie avec la fermeture annoncée du détroit d’Ormuz par l’Iran, tandis que les États-Unis appellent à la retenue et poursuivent les discussions diplomatiques

BURGENSTOCK: Les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran pour trouver une paix durable au Moyen-Orient doivent débuter dimanche matin dans un hôtel de luxe des Alpes suisses, quatre jours après la signature d'un protocole d'accord, déjà malmené, pour mettre fin aux hostilités.

Ces pourparlers, centrés sur le programme nucléaire iranien, sont prévus pour une durée renouvelable de 60 jours. Avant même qu'ils ne commencent, les écueils se sont accumulés, avec la poursuite des combats au Liban malgré une clause de l'accord-cadre prévoyant la fin des hostilités sur tous les fronts, et l'annonce par Téhéran d'une nouvelle fermeture du détroit d'Ormuz en représailles.

Sur le front libanais, des frappes israéliennes ont fait au moins 30 morts samedi dans l'est et le sud du Liban, avant une accalmie constatée par un correspondant de l'AFP en fin de journée, lorsque l'armée israélienne a reçu l'ordre de cesser les affrontements avec le Hezbollah pro-iranien.

Les pourparlers débuteront dans le courant de la matinée, a annoncé la diplomatie suisse, précisant que la délégation américaine, dirigée par le vice-président américain JD Vance, et la délégation iranienne, menée par le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf, étaient arrivées à l'hôtel de luxe de Bürgenstock, surplombant le lac de Lucerne, site des discussions. Les pays médiateurs, le Pakistan et le Qatar, sont également sur place.

Arrivée samedi soir, la délégation iranienne compte aussi, selon la télévision d'Etat iranienne, le chef de la diplomatie Abbas Araghchi et le gouverneur de la Banque centrale Abdolnaser Hemmati.

Les discussions devraient durer "quelques jours", a affirmé JD Vance à la presse samedi soir, ajoutant qu'il ne pourrait rester en Suisse "qu'un jour ou deux".

"J'espère qu'on va faire des progrès sur la question nucléaire et sur la question du cessez-le-feu au Liban. Ce sont les deux points principaux sur lesquels je pense que nous allons nous concentrer", a-t-il déclaré.

L'émissaire Steve Witkoff et le gendre du président Donald Trump, Jared Kushner, se trouvent également en Suisse, selon JD Vance.

Les pourparlers sont censés mener à un accord final pour mettre un terme au conflit au Moyen-Orient, déclenché par des frappes israélo-américaines sur l'Iran le 28 février. Les hostilités ont causé des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

- Protocole "en danger" -

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a toutefois prévenu samedi les Etats-Unis que le protocole d'accord serait "en danger" si ses clauses n'étaient pas appliquées rapidement, en référence à la situation au Liban.

Le conseiller militaire du guide suprême iranien, Mohsen Rezaei, a lui appelé à la prudence face à tout "optimisme", affirmant sur X que "l'ennemi a montré qu'il ne tenait pas ses promesses".

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient par des tirs de roquettes sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien, tué au début de la guerre.

Depuis, les opérations israéliennes au Liban ont fait 4.057 morts, selon le dernier bilan, samedi, du ministère libanais de la Santé.

L'armée israélienne a annoncé pour sa part qu'un de ses soldats avait été tué samedi dans le sud du Liban, portant à 36 le nombre de ses pertes depuis le début du conflit. Elle a précisé samedi que ses troupes ne mèneraient "pas de frappes proactives", mais qu'elles opéreraient "de manière défensive" au sein de la bande territoriale du sud du Liban occupée par Israël.

Avant son départ pour la Suisse, le vice-président américain a assuré que la situation "s'améliore" au Liban.

"Le gros problème, c'est que vous allez avoir quelqu'un qui va commencer à tirer et ensuite quelqu'un va répondre, et donc vous avez en quelque sorte ce problème de l'oeuf et de la poule où il faut réussir à arrêter les tirs suffisamment longtemps pour que le cessez-le-feu tienne, c'est ce qu'on essaie de faire", a-t-il dit.

- Ormuz fermé -

Après les nouveaux affrontements au Liban, le commandement central de l'armée iranienne a annoncé que "le détroit d'Ormuz serait fermé au trafic maritime", une "première mesure en réponse à la violation des engagements par l'ennemi". Il a menacé "d'autres mesures" si nécessaire "pour contraindre l'ennemi à respecter ses obligations".

La réouverture du détroit a constitué l'un des points clés du protocole d'accord américano-iranien. L'Iran avait verrouillé au début de la guerre cette voie maritime stratégique par laquelle transitaient auparavant quelque 20% des hydrocarbures mondiaux, provoquant une flambée des cours du pétrole.

Après l'annonce par l'Iran de sa nouvelle fermeture, le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué que ses forces demeuraient "vigilantes". Selon lui, 55 navires marchands ont franchi le détroit de manière sûre samedi.

Téhéran a également évoqué la possible mise en place de "frais" de service maritime pour les navires voulant y transiter. Le président américain Donald Trump a lui aussi menacé d'appliquer un péage dans le détroit en cas d'échec des discussions avec l'Iran.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.