Avec l'Ukraine, l'étoile pâlie d'Angela Merkel

Mme Merkel estime aussi que les sanctions imposées à Moscou après 2014 ont permis à Kiev de «se préparer» à une agression éventuelle. (AFP)
Mme Merkel estime aussi que les sanctions imposées à Moscou après 2014 ont permis à Kiev de «se préparer» à une agression éventuelle. (AFP)
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Publié le Dimanche 04 décembre 2022

Avec l'Ukraine, l'étoile pâlie d'Angela Merkel

  • Pour l'ex-dirigeante de 68 ans, il y a un avant et après 24 février, date de l'invasion russe de l'Ukraine
  • L'offensive des troupes de Vladimir Poutine a en effet fait voler en éclat le bilan de l'ex-dirigeante conservatrice, jamais dupe de la vraie nature du régime russe mais convaincue qu'un «changement par le commerce» était possible

BERLIN: Le 8 décembre 2021, Angela Merkel quittait le pouvoir, sa popularité au zénith. Un an plus tard, l'étoile de l'ex-chancelière allemande, jugée trop accommodante avec la Russie de Poutine, a pâli.

"Il y a votre politique russe, (le gazoduc germano-russe) Nord Stream II, les routes défoncées, la politique climatique. Quel genre d'Allemagne nous avez-vous laissé ?", fustige Bild, le quotidien le plus lu d'Allemagne.

Ils sont ainsi près de trois Allemands sur quatre (71%) à ne pas souhaiter le retour de Mme Merkel aux manettes.

Et au jeu de la comparaison avec son successeur social-démocrate, Olaf Scholz, elle ne se démarque pas, 43% estimant qu'elle ferait mieux, contre 41% pour l'actuel chancelier, selon un sondage Civey.

«Seul le pouvoir compte»

Pour l'ex-dirigeante de 68 ans, il y a un avant et après 24 février, date de l'invasion russe de l'Ukraine.

L'offensive des troupes de Vladimir Poutine a en effet fait voler en éclat le bilan de l'ex-dirigeante conservatrice, jamais dupe de la vraie nature du régime russe mais convaincue qu'un "changement par le commerce" était possible.

Mme Merkel n'est pas la seule responsable de cette politique, en partie engagée après les chocs pétroliers des années 70 par les prédécesseurs de Mme Merkel.

Mais celle-ci porte la responsabilité de "l'approbation et du soutien" aux gazoducs Nord Stream, explique à l'AFP la politologue Ursula Münch.

"Nous ne pouvons plus admettre aujourd'hui que Merkel et le gouvernement de l'époque n'aient pas compris que ces gazoducs se feraient au détriment" de Kiev.

En Ukraine justement, l'ex-chancelière est devenue une des incarnations de la complaisance occidentale à l'égard de Moscou pendant des années.

Des étiquettes de bouteilles de bière sur lesquelles Mme Merkel est comparée à Joachim von Ribbentrop, le chef de la diplomatie nazie signataire du Pacte germano-soviétique en 1939, ont ainsi essaimé.

Scholz, an 1: le chancelier résiste mais peine à imposer sa marque

En tout juste un an de pouvoir en Allemagne, Olaf Scholz a résisté au choc de la guerre en Ukraine qui a bouleversé la première économie européenne. Mais il peine à s'imposer comme leader au plan international.

"Compte tenu des événements dramatiques survenus cette année, il s'en sort très bien", estime Nils Diederich, professeur à l'Université libre de Berlin.

Le social-démocrate a été élu par les députés allemands le 8 décembre 2021, fermant ainsi les 16 ans de l'ère Angela Merkel.

A peine arrivé en fonction, son programme gouvernemental qui prônait rigueur budgétaire et politique climatique ambitieuse a été chamboulé par l'invasion russe et ses conséquences: arrivée des réfugiés, pénurie d'énergie, inflation.

Son discours au Bundestag, le 27 février, trois jours après le début de l'offensive de Poutine, dans lequel il annonçait une nette augmentation des dépenses militaires allemandes, a fait entrer le pays dans une nouvelle ère.

Un tournant 

Le pays est resté largement pacifique depuis la chute du IIIème Reich et s'en remettait aux Etats-Unis pour assurer sa sécurité.

En outre, "le gouvernement de Scholz est formé de trois partis aux objectifs très différents. Cela ne lui facilite pas la tâche", constate Ursula Münch, directrice de l’Académie pour l'éducation politique à Tutzing.

Jamais jusqu'ici, les sociaux-démocrates n'avaient en effet dirigé ensemble l'Allemagne avec les Verts et les Libéraux (FDP), deux formations que presque tout oppose.

"Gouverner est devenu d'autant plus difficile que le système politique est davantage fragmenté que sous la chrétienne-démocrate Angela Merkel", relève Mme Münch.

Malgré tout, le gouvernement Scholz est parvenu à mettre en oeuvre certains points du programme qu'il s'était fixé, telle que la hausse du salaire minimum horaire à 12 euros, contre 9,6 euros auparavant, et la réforme de l'indemnisation-chômage. Deux thèmes chers aux sociaux-démocrates.

Deux autres dossiers, la légalisation du cannabis et la modernisation du droit de la citoyenneté allemande, sont actuellement sur le métier.

En revanche, la politique climatique ambitieuse, grand objectif des Verts, est pour l'instant mise en veilleuse.

Dans un contexte de pénurie d'énergie orchestrée par la Russie après l'invasion de l'Ukraine, Scholz a tordu le bras aux écologistes, viscéralement opposés à l'atome, en prolongeant le fonctionnement des trois dernières centrales nucléaires allemandes.

Et si le retour à la rigueur budgétaire défendue par l'autre partenaire de la coalition, le FDP, est prévu l'an prochain, c'est en réalité grâce à un numéro d'équilibriste, avec la multiplication de fonds spéciaux, non comptabilisés dans le budget officiel.

«Pas l'Obama de l'Allemagne»

Sur la scène internationale, l'ancien ministre des Finances de Merkel prend encore ses marques.

"C'est difficile de succéder à un leader qui a été en place pendant 16 ans", relève Rachel Rizzo, experte du centre européen du think tank américain the Atlantic Council.

En outre, Scholz a fait campagne aux élections en adoptant la même attitude, les mêmes manières que la chancelière. "Il ne voulait pas paraître comme un candidat de la transformation, ce n'était pas l'Obama de l'Allemagne", constate Mme Rizzo.

A l'échelle européenne, "on a du mal à le saisir politiquement", juge Eric Maurice du bureau de Bruxelles de la fondation Robert Schuman.

Fin août, Scholz avait plaidé pour un élargissement de l'UE et la fin du droit de veto qui rime avec paralysie des institutions, lors d'un discours à Prague, sorte de réponse à celui d'Emmanuel Macron tenu cinq ans plus tôt à la Sorbonne. Mais selon M. Maurice, "on n'y voit pas une vision englobante sur l'avenir de l'Europe".

En outre, le plan de 200 milliards d’euros pour aider les ménages et les entreprises à faire face à la cherté de l’énergie, présenté par Olaf Scholz le 29 septembre, est mal passé auprès de nombre de pays de l'Union, qui n'ont pas les mêmes moyens que l'Allemagne et craignent une distorsion de la concurrence.

Les désaccords entre Paris et Berlin ont également récemment été étalés au grand jour, le président français Emmanuel Macron envoyant cette pique au chancelier en plein sommet européen en octobre: "ce n'est pas bon, ni pour l'Allemagne, ni pour l'Europe qu'elle s'isole".

Face aux critiques, Mme Merkel a dû se résoudre à sortir du silence pour se justifier dans plusieurs entretiens accordés ces dernières semaines à des journalistes de confiance.

Entre deux descriptions de sa nouvelle vie, occupée à regarder des séries, en particulier The Crown, et à écrire ses mémoires, négociées à prix d'or, Mme Merkel explique ainsi dans le Spiegel qu'elle n'avait plus le poids politique nécessaire en 2021, année de son retrait annoncé de longue date, pour freiner les préparatifs de guerre.

"Je n'avais plus la force de m'imposer" par exemple pour organiser l'an dernier une rencontre entre le président russe et des dirigeants de l'UE, confie Mme Merkel.

Lors de sa dernière entrevue avec M. Poutine, à Moscou en août 2021, elle a une impression "très claire" dans son face-à-face, celle d'être "finie" en termes "de politique, de pouvoir" aux yeux du chef de l'Etat russe. "Et pour Poutine, seul le pouvoir compte", dit-elle.

Mme Merkel estime aussi que les sanctions imposées à Moscou après 2014 ont permis à Kiev de "se préparer" à une agression éventuelle.

Mais plus que ses accommodements avec Moscou, c'est l'absence de regrets exprimés par Mme Merkel qui nourrit les critiques.

Son ancien ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, a ainsi fustigé mi-novembre le refus de tout mea culpa de Mme Merkel au sujet des "erreurs" commises par l'Allemagne.

Une «grande chancelière» ?

"Nous ne voulions pas voir" la vraie nature du régime russe, regrette ce rival historique de l'ex-dirigeante, qui dit ne pas la placer dans sa liste de "grands chanceliers" au côté de Konrad Adenauer, Willy Brandt et Helmut Kohl.

"Il est vrai qu'on ne parle plus guère de l'ancienne chancelière", confirme Mme Münch, rendant en partie responsables "la rapidité des médias et notre attention limitée".

La longue ère Merkel s'est soldée par "beaucoup d'auto-satisfaction, peu de débats (...) trop d'annonces politiques et trop peu d'attention portée à leur mise en œuvre effective", relève cependant cette professeure de sciences politiques à Munich.

Mme Merkel restera toutefois selon Mme Münch, malgré "un retard dans les réformes", dans l'histoire allemande en tant que première femme et ex-citoyenne de RDA à avoir dirigé le gouvernement.


Nombre d'exécutions record dans le monde en 2025, l'Iran en tête, selon Amnesty

Le nombre d'exécutions recensées dans le monde a grimpé en 2025 et atteint son plus haut niveau depuis 1981, un bond principalement dû à l'Iran où elles ont plus que doublé l'an passé, selon le rapport annuel d'Amnesty International publié lundi. (AFP)
Le nombre d'exécutions recensées dans le monde a grimpé en 2025 et atteint son plus haut niveau depuis 1981, un bond principalement dû à l'Iran où elles ont plus que doublé l'an passé, selon le rapport annuel d'Amnesty International publié lundi. (AFP)
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  • A elle seule, l'Iran représente 80% des exécutions recensées en 2025 par Amnesty. Quelque 2.159 personnes y ont été exécutées par pendaison, contre 972 en 2024
  • "Les autorités iraniennes ont intensifié leur recours à la peine de mort comme outil de répression et de contrôle politiques, alimentant une hausse sans précédent du nombre d'exécutions", note l'ONG dans son rapport

PARIS: Le nombre d'exécutions recensées dans le monde a grimpé en 2025 et atteint son plus haut niveau depuis 1981, un bond principalement dû à l'Iran où elles ont plus que doublé l'an passé, selon le rapport annuel d'Amnesty International publié lundi.

L'organisation de défense des droits humains basée à Londres a dénombré au moins 2.707 exécutions dans le monde en 2025, mais "n'inclut pas les milliers d'exécutions qui (...) ont eu lieu en Chine – pays ayant procédé cette année encore au plus grand nombre d'exécutions au monde", précise-t-elle.

Le nombre de personnes exécutées dans le monde est en hausse de 78% par rapport à 2024 et atteint un niveau record depuis 1981, année au cours de laquelle 3.191 exécutions -hors Chine- avaient été comptabilisées par l'ONG.

A elle seule, l'Iran représente 80% des exécutions recensées en 2025 par Amnesty. Quelque 2.159 personnes y ont été exécutées par pendaison, contre 972 en 2024.

"Les autorités iraniennes ont intensifié leur recours à la peine de mort comme outil de répression et de contrôle politiques, alimentant une hausse sans précédent du nombre d'exécutions", note l'ONG dans son rapport.

Le recours aux exécutions a été particulièrement marqué après la guerre des 12 Jours qui a opposé l'Iran à Israël et aux Etats-Unis en juin: 654 exécutions avaient été comptabilisées avant ce conflit, contre 1.505 entre juillet et décembre.

Les condamnations à mort et exécutions en Iran à la suite du mouvement de protestation dans le pays en janvier et le début du conflit au Moyen-Orient le 28 février ne sont pas comptabilisés dans le rapport d'Amnesty.

Selon l'ONU, au moins 21 personnes ont été exécutées en Iran depuis fin février pour des motifs politiques ou liés à la sécurité nationale.

Près de la moitié (998) des exécutions en Iran en 2025 sont liées à des infractions à la législation sur les stupéfiants, note par ailleurs Amnesty. Elles ont elles aussi doublé par rapport à l'année précédente.

Au total, 17 pays ont procédé à des exécutions.

"Cette minorité éhontée (d'Etats, ndlr) se sert de la peine capitale pour instiller la peur, écraser la contestation et montrer la force qu’exercent les institutions sur les personnes défavorisées et les populations marginalisées" dénonce la secrétaire générale d’Amnesty International Agnès Callamard, citée dans un communiqué.


Iran: nouvelles menaces de Trump, frappe près d'un site nucléaire émirati

 Donald Trump a proféré de nouvelles menaces d'anéantissement de l'Iran, deux mois et demi après le début du conflit avec Téhéran, tandis qu'un drone s'est abattu près d'un site nucléaire aux Emirats, générant lundi une nouvelle hausse des prix du pétrole. (AFP)
Donald Trump a proféré de nouvelles menaces d'anéantissement de l'Iran, deux mois et demi après le début du conflit avec Téhéran, tandis qu'un drone s'est abattu près d'un site nucléaire aux Emirats, générant lundi une nouvelle hausse des prix du pétrole. (AFP)
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  • "Il ne restera rien" de l'Iran si ce pays n'arrive pas rapidement à un accord avec les Etats-Unis, a averti dimanche le président américain sur sa plateforme Truth Social
  • "Pour l'Iran, le temps presse", a prévenu Donald Trump. Les Iraniens "feraient mieux d'agir rapidement, sinon il ne restera plus rien d'eux"

WASHINGTON: Donald Trump a proféré de nouvelles menaces d'anéantissement de l'Iran, deux mois et demi après le début du conflit avec Téhéran, tandis qu'un drone s'est abattu près d'un site nucléaire aux Emirats, générant lundi une nouvelle hausse des prix du pétrole.

"Il ne restera rien" de l'Iran si ce pays n'arrive pas rapidement à un accord avec les Etats-Unis, a averti dimanche le président américain sur sa plateforme Truth Social, alors que les deux pays ne se sont plus parlé directement depuis des entretiens au Pakistan mi-avril.

"Pour l'Iran, le temps presse", a prévenu Donald Trump. Les Iraniens "feraient mieux d'agir rapidement, sinon il ne restera plus rien d'eux", a ajouté le milliardaire républicain, qui avait déjà menacé début avril d'anéantir "une civilisation entière", avant de conclure un cessez-le-feu avec Téhéran.

Après plus d'un mois de trêve, la perspective d'un règlement du conflit, qui a débuté le 28 février, reste lointaine, et le président américain a qualifié le 10 mai de "totalement inacceptable" la dernière proposition iranienne pour régler le conflit.

Alors que les ministres des Finances du G7 se réunissent lundi et mardi à Paris pour tenter de rapprocher leurs positions face aux répercussions économiques du conflit, les prix du pétrole sont repartis à la hausse lundi à l'ouverture des marchés asiatiques, le baril de Brent prenant 1,28% à 110,26 dollars.

Avant même le message de Donald Trump, Téhéran avait lancé dimanche un avertissement à Washington.

"Le président américain devrait savoir que si (...) l'Iran est de nouveau agressé, les ressources et l'armée de son pays seront confrontées à des scénarios inédits, offensifs, surprenants et tumultueux", a averti le porte-parole des forces armées, Abolfazl Shekarchi.

Le vice-président du Parlement, Hamidreza Haji-Babaï, a déclaré que si les installations pétrolières iraniennes étaient visées, l'Iran frapperait des sites pétroliers dans la région.

Attaque "terroriste" 

Sur l'autre rive du Golfe, un incendie s'est déclaré dimanche après une frappe de drone près de la centrale nucléaire de Barakah, aux Emirats arabes unis.

La frappe n'a pas fait de blessés ni provoqué de hausse de la radioactivité, mais les autorités ont dénoncé une "escalade dangereuse" et l'Arabie saoudite une "menace pour la sécurité et la stabilité de la région".

Deux autres drones ont été interceptés, selon le ministère émirati de la Défense.

Un conseiller du président émirati a dénoncé une attaque "terroriste", semblant suggérer une implication de l'Iran, qui a frappé des pays de la région à plusieurs reprises depuis le début du conflit, sans l'accuser nommément.

L'Agence internationale de l'énergie atomique a exprimé sa "profonde préoccupation".

L'Arabie saoudite a par ailleurs annoncé dimanche soir avoir intercepté trois drones en provenance d'Irak.

"Source d'insécurité" 

Malgré ces tensions, la diplomatie n'est pas totalement éteinte et le ministre pakistanais de l'Intérieur, Mohsin Naqvi, dont le pays tente de jouer un rôle de médiateur, a rencontré à Téhéran le principal négociateur iranien et président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Dans un message sur les réseaux sociaux à l'issue de cet entretien, ce dernier n'a pas prononcé de paroles d'apaisement.

"Certains Etats de la région pensaient que la présence des Etats-Unis leur apporterait la sécurité, mais les événements récents montrent que cette présence est non seulement incapable d'apporter la sécurité mais est en plus source d'insécurité", a dénoncé M. Ghalibaf.

Les médias iraniens ont fait savoir dimanche que les Etats-Unis n'avaient accordé "aucune concession concrète" dans leur réponse à des propositions iraniennes.

"Washington a également exigé des restrictions très strictes et de longue durée sur le secteur nucléaire iranien", selon l'agence iranienne Mehr.

Selon l'agence iranienne Fars, Washington a présenté une liste en cinq points exigeant notamment que l'Iran ne maintienne qu'un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d'uranium hautement enrichi aux Etats-Unis.

Sur le front libanais, en dépit de la prolongation vendredi d'une trêve théorique pour un mois et demi supplémentaire, de nouvelles frappes israéliennes ont tué sept personnes, dont deux enfants, dans le sud du pays.

Parmi les victimes: un chef du Jihad islamique palestinien et sa fille de 17 ans.

Un responsable militaire israélien a déclaré que le Hezbollah pro-iranien avait tiré environ 200 projectiles sur Israël et sur les troupes israéliennes au Liban au cours du week-end.


Le pétrole monte fasse à l'impasse diplomatique entre Washington et Téhéran

"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News. (Reuters)
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  • "Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous"
  • "L'impasse diplomatique entre les États-Unis et l'Iran maintient au premier plan les inquiétudes concernant l'offre" de pétrole, affirme Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown

LONDRES: Les cours du pétrole grimpent vendredi à l'approche d'un nouveau week-end sans perspective de retour à la normale des flux pétroliers transitant via le détroit d'Ormuz, deux mois et demi après le début de la guerre au Moyen-Orient.

Vers 09H10 GMT (11H10 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juillet, gagnait 2,96% à 108,85 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en juin, montait de 3,44% à 104,65 dollars.

"Je ne vais pas faire preuve de beaucoup plus de patience (...) Ils devraient conclure un accord. N'importe quelle personne sensée conclurait un accord mais ils sont peut-être fous", a déclaré Donald Trump dans un entretien diffusé jeudi par la chaîne Fox News.

"L'impasse diplomatique entre les États-Unis et l'Iran maintient au premier plan les inquiétudes concernant l'offre" de pétrole, affirme Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown.

Si l'Iran a annoncé que ses forces navales avaient autorisé depuis mercredi le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, "pour l'instant, les flux de pétrole passant par le détroit restent limités et les stocks de pétrole continuent de diminuer", explique à l'AFP Giovanni Staunovo, analyste chez UBS.

"Il est raisonnable de supposer qu'entre 10 à 13 millions de barils d'or noir par jour sont bloqués dans le Golfe", rappelle Tamas Varga, analyste chez PVM. En cumulé depuis le début de la guerre "ce chiffre s'approche du milliard de barils" perdus pour le marché.

Cette semaine, l'Agence internationale de l'énergie a averti que le monde puise dans ses réserves de pétrole à une vitesse record.

"On ne peut que conclure (...) que les prix du pétrole devraient être nettement plus élevés", juge M. Varga.

Et si les négociations entre les Etats-Unis et l'Iran n'avancent pas, "nous devrons peut‑être commencer à nous inquiéter d'une ré‑escalade, ce qui signifie un risque de dommages supplémentaires aux infrastructures énergétiques de la région", a souligné Warren Patterson, analyste chez ING dans une visioconférence dédiée aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient sur le pétrole.

Selon lui, le marché du gaz, dont les prix ont un peu moins flambé que ceux du pétrole depuis le début du conflit, est particulièrement exposé car ce dernier "n'a pas vraiment le luxe de réserves stratégiques dans lesquelles on pourrait puiser", a précisé M. Patterson.

Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, prenait 3,03%, à 49,10 euros le mégawattheure.