Les robots conversationnels toujours plus convaincants

Un homme marche entre les robots humanoïdes "Pepper" du géant japonais des télécommunications Softbank, dans un hôtel de Tokyo, le 20 juillet 2016. (Photo de Kazuhiro Nogi / AFP)
Un homme marche entre les robots humanoïdes "Pepper" du géant japonais des télécommunications Softbank, dans un hôtel de Tokyo, le 20 juillet 2016. (Photo de Kazuhiro Nogi / AFP)
Short Url
Publié le Dimanche 04 décembre 2022

Les robots conversationnels toujours plus convaincants

  • Les conversations avec ChatGPT, postées notamment sur Twitter par des internautes fascinés, montrent une sorte de machine omnisciente
  • «Sa réponse à la question +que faire si quelqu'un a une crise cardiaque+ était d'une clarté et d'une pertinence assez incroyable», a raconté Claude de Loupy, dirigeant de Syllabs

SAN FRANCISCO : La start-up californienne OpenAI a mis en ligne un robot conversationnel (chatbot) capable de répondre à des questions variées, mais dont les performances impressionnantes relancent le débat sur les risques liés aux technologies d'intelligence artificielle (IA).

Les conversations avec ChatGPT, postées notamment sur Twitter par des internautes fascinés, montrent une sorte de machine omnisciente, capable d'expliquer des concepts scientifiques, d'écrire une scène de théâtre, de rédiger une dissertation universitaire… ou bien des lignes de code informatique parfaitement fonctionnelles.

«Sa réponse à la question +que faire si quelqu'un a une crise cardiaque+ était d'une clarté et d'une pertinence assez incroyable», a raconté à l'AFP Claude de Loupy, dirigeant de Syllabs, entreprise française spécialisée dans la génération automatique de texte.

«Quand on commence à poser des questions très précises, ChatGPT peut répondre à côté de la plaque», mais ses performances restent globalement «vraiment impressionnantes», avec un «niveau linguistique assez haut», estime-t-il.

La start-up OpenAI, cofondée en 2015 à San Francisco par Elon Musk - le patron de Tesla a quitté l'entreprise en 2018 - a reçu 1 milliard de dollars de Microsoft en 2019.

Elle est connue notamment pour deux logiciels de création automatisée, GPT-3 pour la génération de textes, et DALL- E pour la génération d'images.

ChatGPT est capable de demander des précisions à son interlocuteur, et «a moins d'hallucinations» que GPT-3, qui malgré ses prouesses est capable de sortir des résultats complètement aberrants, relate Claude de Loupy.

- Cicéron -

«Il y a quelques années, les chatbots avaient le vocabulaire d'un dictionnaire et la mémoire d'un poisson rouge. Aujourd'hui ils sont bien meilleurs à réagir de façon cohérente en fonction de l'historique des requêtes et réponses. Ce ne sont plus des poissons rouges», note Sean McGregor, un chercheur qui compile des incidents liés à l'IA sur une base de données.

Comme d'autres programmes reposant sur l'apprentissage profond (deep learning), ChatGPT conserve une faiblesse de taille : «elle n'a pas accès au sens», rappelle Claude de Loupy. Le logiciel ne peut pas justifier ses choix, c'est-à-dire expliquer pourquoi il a assemblé ainsi les mots qui forment ses réponses.

Les technologies à base d'IA capables de communiquer sont néanmoins de plus en plus capables de donner l'impression qu'elles réfléchissent vraiment.

Des chercheurs de Meta (Facebook) ont récemment mis au point un programme informatique baptisé Cicero, comme l'homme d'État romain Cicéron.

Le logiciel a fait ses preuves à Diplomacy, un jeu de société qui requiert des talents de négotiateur.

«S'il ne parle pas comme une personne réelle - faisant preuve d'empathie, construisant des relations et parlant correctement du jeu - il ne pourra pas nouer d'alliances avec les autres joueurs», détaille un communiqué du géant des réseaux sociaux.

Character.ai, une start-up fondée par d'anciens ingénieurs de Google, a mis en ligne en octobre un chatbot expérimental, qui peut adopter n'importe quelle personnalité. Les utilisateurs créent des personnages selon un bref descriptif, et peuvent ensuite «converser» avec de faux Sherlock Holmes, Socrate ou Donald Trump.

- «Simple machine» -

Ce degré de sophistication fascine mais inquiète aussi de nombreux observateurs, à l'idée que ces technologies ne soient détournées pour piéger les humains, en diffusant de fausses informations par exemple, ou en créant des arnaques de plus en plus crédibles.

Qu'en «pense» ChatGPT ? «ll existe des dangers potentiels à construire des chatbots ultra sophistiqués (...) Des gens pourraient croire qu'ils interagissent avec une vraie personne», reconnaît le chatbot interrogé sur ce sujet par l'AFP.

Les entreprises mettent donc en place des garde-fous pour éviter des abus.

Sur la page d'accueil, OpenAI précise que le chatbot peut générer des «informations incorrectes» ou «produire des instructions dangereuses ou des contenus biaisés».

Et ChatGPT refuse de prendre parti. «OpenAI a fait en sorte qu'il soit incroyablement difficile de lui faire exprimer des opinions», souligne Sean McGregor.

Le chercheur a demandé au chatbot d'écrire un poème sur une question éthique. «Je suis une simple machine, un outil à votre disposition / je n'ai pas le pouvoir de juger ou de prendre des décisions (...)», lui a répondu l'ordinateur.

«Intéressant de voir les gens se demander si les systèmes d'IA devraient se comporter comme les utilisateurs le souhaitent ou comme les créateurs l'ont prévu», a tweeté samedi Sam Altman, cofondateur et patron d'OpenAI.

«Le débat sur quelles valeurs donner à ces systèmes va être l'un des plus importants qu'une société puisse avoir», a-t-il ajouté.

 


La tapisserie de Bayeux n'a subi "aucune altération visible" pendant son transfert à Londres

La ministre française de la Culture, Catherine Pégard (au centre), observe la tapisserie de Bayeux lors de son dévoilement au British Museum, le 17 juillet 2026, une semaine après son arrivée de France. Cette œuvre du XIe siècle, qui retrace la conquête normande de l'Angleterre en 1066, sera exposée pour la première fois au Royaume-Uni à partir de septembre. (AFP)
La ministre française de la Culture, Catherine Pégard (au centre), observe la tapisserie de Bayeux lors de son dévoilement au British Museum, le 17 juillet 2026, une semaine après son arrivée de France. Cette œuvre du XIe siècle, qui retrace la conquête normande de l'Angleterre en 1066, sera exposée pour la première fois au Royaume-Uni à partir de septembre. (AFP)
Short Url
  • La tapisserie de Bayeux est arrivée au British Museum sans dommage visible après son transport exceptionnel depuis la France
  • Elle sera exposée à Londres du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027 avant son retour à Bayeux pour une rénovation

PARIS: 

La tapisserie de Bayeux a été extraite jeudi à Londres de son caisson dans lequel elle avait été acheminée la semaine dernière et n'a subi "aucune altération visible" pendant ce voyage, a affirmé à l'AFP une responsable du ministère de la Culture français.

"Je suis en mesure de vous confirmer qu'il n'y a eu aucune altération visible et que la tapisserie a bien voyagé", a déclaré Delphine Christophe, directrice générale des patrimoines et de l'architecture, depuis le British Museum de Londres.

A l'issue d'une opération à hauts risques pour sa conservation, cette broderie millénaire de près de 70 mètres de long avait été acheminée le 10 juillet au British Museum pour un prêt d'un an décidé en 2025 par le président français Emmanuel Macron.

Transportée à Londres sous haute surveillance et par camion depuis l'ouest de la France, la tapisserie du XIe siècle avait jusque-là été maintenue dans son double caisson spécialement conçu pour limiter les vibrations et maintenir une température et un taux d'humidité constants.

Elle en a été extraite jeudi pour être entièrement déployée, selon la responsable française. "L'extraction s'est très bien passée et mobilise plusieurs dizaines de personnes", a détaillé Mme Christophe, précisant que l'opération impliquait notamment des équipes française et britannique de conservateurs.

Un constat plus précis doit prochainement être fait par les conservateurs pour s'assurer de l'état de la tapisserie, mais Mme Christophe s'est montrée confiante. "S'il y avait eu un problème, on l'aurait constaté parce qu'on l'a vue en totalité, complètement déployée", a-t-elle affirmé.

Ce transfert historique vers Londres avait donné des sueurs froides à certains experts et défenseurs du patrimoine en France qui redoutaient la dégradation irréversible d'une œuvre déjà fragilisée par 30 déchirures non stabilisées et près de 10.000 trous.

La ministre de la Culture française Catherine Pégard est attendue vendredi au British Museum, où la tapisserie sera exposée au public, à plat, du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027.

A son retour en France courant 2027, cette œuvre, qui décrit la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant en 1066, regagnera son musée de Bayeux (ouest de la France) et devra faire l'objet en 2028 d'une rénovation plusieurs fois repoussée par le passé.


Un rare manuscrit du Coran exposé à La Mecque

Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
Short Url
  • Le manuscrit figure parmi les principales attractions de l’exposition, mettant en lumière le soin accordé par les musulmans au Saint Coran à travers les siècles

LA MECQUE : Un rare manuscrit du Saint Coran attire les visiteurs de l’exposition « Iqra », organisée par la Présidence des Affaires religieuses de la Grande Mosquée et de la Mosquée du Prophète, au complexe du King Abdulaziz Endowment.

Ce manuscrit constitue l’une des principales attractions de l’exposition, illustrant l’attention et le respect portés par les musulmans au Saint Coran à travers les âges.

L’exposition présente un exemplaire rare du Saint Coran réalisé il y a plus de 1 000 ans par le célèbre calligraphe Ali bin Hilal, connu sous le nom d’Ibn Al-Bawwab. 

--
Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA)

Le manuscrit est exposé aux côtés d’un index scientifique et d’une analyse de sa calligraphie et de ses enluminures, permettant aux visiteurs d’en découvrir la valeur historique et artistique, tout en retraçant l’évolution de la calligraphie arabe et de l’ornementation islamique au fil des siècles.

Le manuscrit est considéré comme l’un des plus rares manuscrits islamiques en raison de son exceptionnelle valeur scientifique, artistique et historique. Seuls deux exemplaires connus subsistent dans le monde, témoignant de la place éminente qu’occupe le Saint Coran à travers l’histoire islamique.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Musée national Zayed présélectionné pour le prix du World Architecture Festival 2026

Conçu par Foster + Partners, sous la direction de l’architecte lauréat du prix Pritzker Norman Foster, le musée se distingue par une architecture inspirée de la fauconnerie. (Fourni)
Conçu par Foster + Partners, sous la direction de l’architecte lauréat du prix Pritzker Norman Foster, le musée se distingue par une architecture inspirée de la fauconnerie. (Fourni)
Short Url
  • Le musée retrace l’histoire des Émirats arabes unis et les valeurs de leur fondateur disparu
  • L’architecture distinctive du bâtiment s’inspire de la fauconnerie

DUBAÏ : Le Musée national Zayed des Émirats arabes unis, situé à Abou Dhabi, a été présélectionné dans la catégorie Bâtiments achevés – Culture du World Architecture Festival 2026, aux côtés de 18 autres projets venus du monde entier.

Le festival, qui récompense les réalisations architecturales les plus remarquables à l’échelle internationale, se tiendra à Fort Lauderdale, en Floride, du 18 au 20 novembre.

Les finalistes présenteront leurs projets devant un jury composé d’architectes de renommée mondiale et d’experts du secteur dans le cadre du processus d’évaluation en direct du festival. 

--
Le musée retrace l’histoire des Émirats arabes unis. (Fourni)

La catégorie Bâtiments achevés – Culture récompense les lieux culturels achevés, notamment les musées, galeries, bibliothèques, théâtres, salles de concert et cinémas. Pour être éligibles, les projets doivent avoir été achevés entre le 1er janvier 2025 et le 1er juin 2026.

Situé sur l’île de Saadiyat à Abou Dhabi, au cœur du quartier culturel de Saadiyat, le musée national des Émirats arabes unis a ouvert ses portes en décembre 2025.

Il retrace l’histoire des Émirats arabes unis, depuis les premières traces de présence humaine jusqu’aux civilisations qui ont façonné leur culture et leur identité, profondément ancrées dans la vision et les valeurs du fondateur du pays, feu Sheikh Zayed bin Sultan Al-Nahyan.

Conçu par Foster + Partners, sous la direction de l’architecte lauréat du prix Pritzker Norman Foster, le musée présente une architecture singulière inspirée de la fauconnerie.

Ses cinq tours légères en acier fonctionnent comme des cheminées thermiques, aspirant l’air chaud vers le haut afin de favoriser la stratégie de ventilation naturelle du bâtiment, tandis que les surfaces vitrées permettent d’acheminer la lumière naturelle vers les galeries situées en contrebas. Chaque tour peut être ajustée individuellement afin d’optimiser les performances environnementales.

Les galeries du musée sont installées sous une butte paysagère conçue pour refléter le relief naturel des Émirats arabes unis. En son centre se trouve Al-Liwan, un vaste atrium lumineux qui sert d’espace de rassemblement pour des événements culturels, notamment des spectacles, conférences, danses traditionnelles et lectures de poésie. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com