Première année difficile pour Olaf Scholz en Allemagne

Le chancelier allemand Olaf Scholz à la chancellerie de Berlin, le 14 septembre 2022 (Photo, AFP).
Le chancelier allemand Olaf Scholz à la chancellerie de Berlin, le 14 septembre 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 04 décembre 2022

Première année difficile pour Olaf Scholz en Allemagne

  • Le chancelier social-démocrate a été élu par les députés allemands le 8 décembre 2021, fermant ainsi les 16 ans de l'ère Angela Merkel
  • Dans un contexte de pénurie d'énergie orchestrée par la Russie après l'invasion de l'Ukraine, Scholz a tordu le bras aux écologistes

BERLIN: En tout juste un an de pouvoir en Allemagne, Olaf Scholz a résisté au choc de la guerre en Ukraine qui a bouleversé la première économie européenne. Mais sa popularité décline et il peine à s'imposer au plan international.

Le chancelier social-démocrate a été élu par les députés allemands le 8 décembre 2021, fermant ainsi les 16 ans de l'ère Angela Merkel.

Le bilan dans l'opinion nationale douze mois plus tard sonne comme une sanction. 64% des Allemands se disent insatisfaits du gouvernement de coalition qu'il conduit avec les écologistes et les Libéraux (contre 36% il y a un an), 58% sont mécontents d'Olaf Scholz (contre 22%), selon un sondage Insa publié dimanche dans le quotidien Bild.

En cas d'élections aujourd'hui la coalition serait loin d'obtenir une majorité.

Néanmoins, "compte tenu des événements dramatiques survenus cette année, il s'en sort très bien", estime Nils Diederich, professeur à l'Université libre de Berlin.

A peine arrivé en fonction, son programme gouvernemental qui prônait rigueur budgétaire et politique climatique ambitieuse a été chamboulé par l'invasion russe et ses conséquences: arrivée des réfugiés, pénurie d'énergie, inflation.

Son discours au Bundestag, le 27 février, trois jours après le début de l'offensive de Poutine, dans lequel il annonçait une nette augmentation des dépenses militaires allemandes, a fait entrer le pays dans une nouvelle ère.

Un tournant

En outre, "le gouvernement de Scholz est formé de trois partis aux objectifs très différents. Cela ne lui facilite pas la tâche", constate Ursula Münch, directrice de l’Académie pour l'éducation politique à Tutzing.

"Gouverner est devenu d'autant plus difficile que le système politique est davantage fragmenté que sous la chrétienne-démocrate Angela Merkel", relève Mme Münch.

Malgré tout, le gouvernement Scholz est parvenu à mettre en oeuvre certains points du programme qu'il s'était fixé, telle que la hausse du salaire minimum horaire à 12 euros, contre 9,6 euros auparavant, et la réforme de l'indemnisation-chômage. Deux thèmes chers aux sociaux-démocrates.

En revanche, la politique climatique, grand objectif des Verts, est pour l'instant mise en veilleuse.

Dans un contexte de pénurie d'énergie orchestrée par la Russie après l'invasion de l'Ukraine, Scholz a tordu le bras aux écologistes, viscéralement opposés à l'atome, en prolongeant le fonctionnement des trois dernières centrales nucléaires allemandes.

Et si le retour à la rigueur budgétaire défendue par l'autre partenaire de la coalition, le FDP, est prévu l'an prochain, c'est en réalité grâce à un numéro d'équilibriste, avec la multiplication de fonds spéciaux, non comptabilisés dans le budget officiel.

«Pas l'Obama de l'Allemagne»

Sur la scène internationale, l'ancien ministre des Finances de Merkel prend encore ses marques.

"C'est difficile de succéder à un leader qui a été en place pendant 16 ans", relève Rachel Rizzo, experte du centre européen du think tank américain the Atlantic Council.

En outre, Scholz a fait campagne aux élections en  s'inscrivant dans la lignée de la chancelière. "Il ne voulait pas paraître comme un candidat de la transformation, ce n'était pas l'Obama de l'Allemagne", constate Mme Rizzo.

A l'échelle européenne, "on a du mal à le saisir politiquement", juge Eric Maurice du bureau de Bruxelles de la fondation Robert Schuman.

Fin août, Scholz avait plaidé pour un élargissement de l'UE et la fin du droit de veto qui rime avec paralysie des institutions, lors d'un discours à Prague, sorte de réponse à celui d'Emmanuel Macron tenu cinq ans plus tôt à la Sorbonne. Mais selon M. Maurice, "on n'y voit pas une vision englobante sur l'avenir de l'Europe".

En outre, le plan national de 200 milliards d’euros d'aides face à la hausse des prix de l'énergie présenté par Olaf Scholz fin septembre, est mal passé auprès de nombre de pays de l'Union, qui n'ont pas les mêmes moyens que l'Allemagne et craignent une distorsion de la concurrence.

Les désaccords entre Paris et Berlin ont également récemment été étalés au grand jour, le président français Emmanuel Macron envoyant cette pique au chancelier: "ce n'est pas bon, ni pour l'Allemagne, ni pour l'Europe qu'elle s'isole".


Les Etats-Unis et le Venezuela annoncent un accord pétrolier "historique"

Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
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  • Washington et Caracas annoncent un accord pétrolier présenté comme historique, portant sur 17 champs vénézuéliens, avec 65 milliards de barils de potentiel et plus de 100 milliards de dollars d’investissements
  • L’accord vise à relancer la production pétrolière du Venezuela et à réduire les prix de l’énergie aux États-Unis, mais des incertitudes persistent sur les investissements, la sécurité et la stabilité politique

WASHINGTON: Washington et Caracas ont annoncé vendredi avoir conclu un accord pétrolier "historique", qui verra les Etats-Unis prendre le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils des réserves du Venezuela.

Dans un message publié sur Truth Social, le président américain Donald Trump l'a qualifié de "plus grand accord pétrolier de l'histoire mondiale" qui doublerait, selon lui, les réserves pétrolières des Etats-Unis.

Il précise que l'accord a été établi "en étroite collaboration avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez" et "au travers d'un partenariat avec des entreprises privées".

Caracas a confirmé avoir signé un accord pétrolier "historique" avec les Etats-Unis, Mme Rodriguez remerciant "chaleureusement" Donald Trump dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Selon elle, l'accord prévoit "de développer 17 champs stratégiques, avec un potentiel avéré de 65 milliards de barils de pétrole, un investissement de plus de 100 milliards de dollars et plus de 209 milliards de dollars de recettes fiscales pour l'État" vénézuélien.

"Pour le peuple vénézuélien, cet accord (...) soutiendra des milliers d'emplois bien rémunérés et favorisera la reconstruction de l'économie vénézuélienne", a également déclaré le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio sur X, confirmant "près de 100 milliards de dollars d'investissements privés" dans le pays.

Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, avec plus de 303 milliards de barils. Mais sa production reste limitée.

En parallèle, les stocks stratégiques américains ("strategic petroleum reserve", ou SPR) sont à leur plus bas niveau depuis novembre 1982, selon les données de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA).

Washington s'est engagé à libérer progressivement 172 millions de barils sur les 415 millions qui composaient la SPR fin février pour pallier les perturbations d'approvisionnement et la hausse des cours du brut liées à la guerre en cours au Moyen-Orient.

Selon Donald Trump, "cette transaction historique" entre les Etats-Unis et le Venezuela permettra "de réduire considérablement le prix de l'essence pour tous les Américains, et ce pendant de nombreuses années".

Le président américain assure par ailleurs que cet accord "ne coûtera rien aux contribuables américains".

 

- Mainmise américaine -

 

Depuis le raid militaire américain qui a permis début janvier la capture de Nicolas Maduro, Donald Trump veut relancer l'exploitation des ressources pétrolières et gazières vénézuéliennes sous son propre patronage.

Le gouvernement américain essaye de pousser les entreprises américaines à s'engager dans le pays, suscitant toutefois des réactions mitigées face aux lourds investissements nécessaires pour remettre en état les infrastructures pétrolières du pays et y extraire de l'or noir.

Une réticence suscitée aussi par les expropriations menées par le régime vénézuélien dans le passé. Le géant américain ExxonMobil l'a notamment été à deux reprises.

"Le principal problème au Venezuela concernait la sûreté et la sécurité", a commenté auprès de l'AFP John Kilduff, analyste d'Again Capital.

Selon lui, les Etats-Unis pourraient chercher avec cet accord à "créer une sorte de zone d'État où les entreprises américaines peuvent s'implanter, exercer leurs activités sans subir de répercussions, et (...) éliminer le risque politique qui accompagne habituellement les investissements au Venezuela".

Pour Jorge R. Pinon, chercheur à l'Energy Institute de l'Université du Texas à Austin, de nombreuses "zones d'ombre" subsistent toutefois, notamment le risque qu'un futur gouvernement vénézuélien change brutalement "les règles du jeu", remettant en cause tout accord actuel.

"Ce sont des projets qui mettront très certainement de nombreuses années avant de voir le jour et de porter leurs fruits", estime par ailleurs l'expert pétrolier Oswaldo Felizzola.

Pour Elias Ferrer, fondateur du Think tank Orinoco Research, cette annonce relève d'"un jeu de récits autour d'accords qui étaient déjà en cours de négociation", l'achat par les Etats-Unis de brut vénézuélien étant dans tous les cas "garanti".

D'après l'expert, Donald Trump présente ces arrangements comme une victoire politique, en les inscrivant dans le contexte plus large du conflit au Moyen-Orient et de la flambée des prix de l'énergie.


Washington prévoit d'envoyer un nouveau porte-avions au Moyen-Orient dans les prochaines semaines 

Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
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  • L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine
  • Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage

WASHINGTON: Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain.

L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine.

Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage.

Selon un haut responsable de la marine américaine cité par l'Institut naval américain, le déploiement du Theodore Roosevelt durera "plus de sept mois". "Leur commandement leur fait tabler sur huit mois", a-t-il encore déclaré.

Contacté par l'AFP, le Pentagone n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

Le porte-avions Abraham Lincoln et ses quelque 5.000 marins s'apprêtent enfin à toucher terre, en Thaïlande, a indiqué la marine thaïlandaise à l'AFP jeudi. Cette escale est attendue du 2 au 6 septembre, selon des médias locaux.

Le bâtiment avait quitté San Diego le 21 novembre 2025 pour une mission en mer de Chine méridionale et avait été redirigé vers le Moyen-Orient avant que les Etats-Unis et Israël lancent leur offensive conjointe contre l'Iran le 28 février.


Emmanuel Macron rencontrera Andy Burnham à Londres la semaine prochaine

Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine et sera reçu à Downing Street par le Premier ministre britannique Andy Burnham
  • Cette visite intervient avant l’exposition de la tapisserie de Bayeux au British Museum et dans un contexte de rapprochement entre Londres et l’UE sur l’Ukraine

LONDRES: Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine pour une visite au cours de laquelle le président français sera reçu à Downing Street par le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham, a indiqué jeudi à l'AFP une source gouvernementale britannique.

Cette visite intervient à quelques jours de l'ouverture de l'exposition exceptionnelle de la tapisserie de Bayeux, prêtée au British Museum à Londres, projet dans lequel Emmanuel Macron s'est beaucoup investi.

Le président français est le deuxième dirigeant étranger, et le premier d'un pays de l'Union européenne (UE), à être reçu par le chef du gouvernement travailliste depuis son accession au pouvoir le 20 juillet, après son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky fin juillet.

MM. Macron et Burnham ont co-présidé cette semaine, avec le chancelier allemand Friedrich Merz, une réunion de la coalition des volontaires pour l'Ukraine.

Le chef de l'Etat français y a participé en visioconférence, tandis que le Premier ministre britannique s'est rendu à Kiev, pour son premier déplacement à l'étranger.

A cette occasion, il a notamment rencontré le président du Conseil européen, Antonio Costa, à qui il a affirmé que le Royaume-Uni devait faire preuve de "plus d'audace" pour se rapprocher de l'UE, selon un compte-rendu de leur entretien publié par Downing Street.