Corse: nouvelles interpellations dans les milieux nationalistes

Les manifestants se rassemblent autour d'une statue du patriote corse, homme d'État et chef militaire Pascal Paoli alors qu'ils manifestent en soutien à Pierre Alessandri et Alain Ferrandi le 30 janvier 2021 à Corte, au centre de l'île méditerranéenne française de Corse. (Photo, AFP)
Les manifestants se rassemblent autour d'une statue du patriote corse, homme d'État et chef militaire Pascal Paoli alors qu'ils manifestent en soutien à Pierre Alessandri et Alain Ferrandi le 30 janvier 2021 à Corte, au centre de l'île méditerranéenne française de Corse. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 05 décembre 2022

Corse: nouvelles interpellations dans les milieux nationalistes

  • Huit personnes, dont Charles Pieri, 72 ans, figure nationaliste suspectée d'avoir dirigé un temps le FLNC, ont été arrêtées tôt dans la matinée
  • En 2018, il avait été condamné à 15 000 euros d'amende pour un message insultant la veuve du préfet Erignac, assassiné en 1998 à Ajaccio

AJACCIO: Au lendemain du report d'une visite du ministre de l'Intérieur en Corse, une nouvelle vague d'interpellations dans les milieux nationalistes de l'île a eu lieu lundi, dans le cadre de l'enquête sur une menace de retour à la lutte armée du FLNC.

Huit personnes, dont Charles Pieri, 72 ans, figure nationaliste suspectée d'avoir dirigé un temps le FLNC, ont été arrêtées tôt dans la matinée, selon des sources judiciaire et proches de l'enquête.

Sulidarita, association de défense des prisonniers dits "politiques", a indiqué à l'AFP que le fils et le petit-fils de Charles Pieri figuraient également au nombre des interpellés.

Tous étaient en cours de transfert vers Paris dans l'après-midi, pour être placés en garde à vue dans les locaux de la sous-direction antiterroriste (Sdat), selon une source proche de l'enquête.

Sulidarita a appelé sur les réseaux sociaux à un "rassemblement immédiat" à l'aéroport de Bastia et à 18h00 devant le commissariat de la ville.

"L'appareil d'Etat français poursuit sa politique répressive à l'encontre de Corsica Libera. Ce (lundi) matin, de nombreuses interpellations visant des militants et responsables de notre parti sont en cours. Nous exigeons leur libération immédiate", a dénoncé sur Twitter le parti indépendantiste.

"Que l'Etat français ne s'y trompe pas, le retour d'une répression aveugle ne nous détournera jamais de notre combat", a ajouté le parti de Jean-Guy Talamoni, ex-président de l'Assemblée de Corse, indiquant que ses locaux à Bastia avaient été perquisitionnés.

Ex-parti phare de la mouvance indépendantiste, Corsica Libera n'a plus qu'une seule élue depuis les élections territoriales de 2021, contre 13 auparavant.

Jeudi, trois hommes, dont Pierre Paoli, autre militant de Corsica Libera, lui aussi soupçonné d'avoir été à la tête du FLNC, avaient déjà été arrêtés en Corse, dans cette même enquête.

Deux d'entre eux, dont Pierre Paoli, ont été relâchés dimanche après trois jours de garde à vue. Le troisième devrait être présenté dans les prochains jours à un juge d'instruction du pôle antiterroriste du tribunal de Paris.

Climat «pas favorable»

Ces deux séries d'interpellations ont été effectuées dans le cadre d'une information judiciaire ouverte par le Parquet national antiterroriste (Pnat), notamment pour association de malfaiteurs terroriste, selon des sources judiciaire et proches de l'enquête.

Cette procédure porte notamment sur une conférence de presse clandestine du FLNC.

Dans un communiqué, transmis le 2 septembre 2021 à Corse-Matin, ce mouvement avait menacé d'un retour à la lutte armée sur l'île si l'Etat français poursuivait "sa politique de mépris". Sur une vidéo accompagnant ce texte, une cinquantaine d'hommes cagoulés, vêtus de noir et lourdement armés, entouraient un activiste qui lisait le texte signé du FLNC-Union des combattants (FLNC-UC) et du FLNC du 22 octobre.

La Corse connaît depuis un an une multiplication d'incendies criminels visant principalement des résidences secondaires de Français résidant dans l'Hexagone, mais sans revendication officielle.

Dans ce contexte, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a reporté à janvier son déplacement prévu jeudi et vendredi en Corse. Selon le ministère, il a été estimé, en accord avec les élus locaux, que le climat n'était "pas favorable": "Il vaut mieux laisser un peu de temps pour que la tension diminue".

Charles Pieri, figure controversée du nationalisme corse, ex-leader présumé du FLNC-UC, a été condamné à plusieurs reprises, notamment en 2001, avec une peine de cinq ans d'emprisonnement pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste.

En 2005, il avait été condamné à 10 ans pour notamment "extorsion de fonds" et "association de malfaiteurs", peine ramenée à huit ans en appel.

En 2018, il avait été condamné à 15 000 euros d'amende pour un message insultant la veuve du préfet Erignac, assassiné en 1998 à Ajaccio. Ce message avait été posté sur un compte Facebook qui lui était attribué.

Par ailleurs, selon une source judiciaire, deux restaurants ont été incendiés à Corte (centre de l'île) dans la nuit de dimanche à lundi, dont l'un cogéré par un fils du président du conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni.

En outre, huit véhicules ont été incendiés dans une concession automobile appartenant à Jean-André Miniconi, qui avait conduit une liste soutenue par Gilles Simeoni aux municipales de 2020 à Ajaccio.


Possible réintégration de la Russie aux JO-2024: Kiev menace d'un boycott, d'autres pays opposés

Le CIO a rappelé mercredi que c'est la fédération internationale de chaque sport concerné aux JO qui a «seule autorité» en la matière (Photo, AFP).
Le CIO a rappelé mercredi que c'est la fédération internationale de chaque sport concerné aux JO qui a «seule autorité» en la matière (Photo, AFP).
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  • Le Comité international olympique avait indiqué mercredi que les moyens d'autoriser les sportifs russes et bélarusses devaient être «davantage explorés»
  • «Aucun athlète ne devrait être interdit de compétition sur la seule base de son passeport», a estimé le Comité

PARIS: Kiev a menacé jeudi de boycotter les Jeux olympiques de 2024 à Paris si le Comité international olympique (CIO) décidait de permettre aux athlètes russes et bélarusses, bannis de la plupart des compétitions internationales sous leurs bannières depuis l'invasion russe de l'Ukraine, d'y participer.

"Une telle situation est inacceptable pour notre Etat", a réagi le ministre ukrainien des Sports Vadym Goutzeït.

"Notre position reste inchangée: tant que la guerre continue en Ukraine, les athlètes russes et bélarusses ne devraient pas participer aux compétitions internationales", a-t-il dit sur Facebook.

"Si nous ne sommes pas entendus, je n'exclus pas la possibilité que nous boycottions et refusions de participer aux Jeux olympiques" 2024, a-t-il affirmé, alors que le président ukrainien Volodymyr Zelensky est fermement opposé à toute tentative de réintégrer Moscou et Minsk.

Le CIO avait indiqué mercredi que les moyens d'autoriser les sportifs russes et bélarusses devaient être "davantage explorés".

"Aucun athlète ne devrait être interdit de compétition sur la seule base de son passeport", a estimé le Comité, s'attirant les foudres de l'Ukraine et d'autres pays européens.

Le Conseil olympique d'Asie (COA) a de son côté proposé jeudi d'intégrer ces athlètes à ses compétitions régionales comme les Jeux asiatiques en exprimant son soutien à la position du CIO.

La proposition du COA pourrait notamment permettre aux athlètes bannis de participer à ses épreuves régionales de qualifications, dont certaines ont déjà commencé, pour les JO-2024.

Michelle Donelan, La ministre britannique de la Culture également chargée des Sports, a de son côté estimé que l'initiative du CIO était "très éloignée des réalités de la guerre".


Le Canada nomme sa première conseillère chargée de la lutte contre l’islamophobie

Des personnes manifestent à Québec le 5 février 2017, une semaine après l'assaut du 29 janvier contre le Centre culturel islamique (Photo, AFP).
Des personnes manifestent à Québec le 5 février 2017, une semaine après l'assaut du 29 janvier contre le Centre culturel islamique (Photo, AFP).
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  • La nomination d’Amira Elghawaby «est une étape importante dans notre combat contre l’islamophobie et la haine sous toutes ses formes», a déclaré Justin Trudeau
  • «L’islamophobie est un phénomène que de nombreux musulmans ne connaissent que trop bien. Nous devons changer cela», a-t-il ajouté

MONTRÉAL: Le Canada a nommé jeudi sa toute première conseillère chargée de la lutte contre l'islamophobie, dans un pays marqué par une série d'attaques visant des communautés musulmanes ces dernières années.

La nomination d’Amira Elghawaby, une activiste et journaliste reconnue, "est une étape importante dans notre combat contre l’islamophobie et la haine sous toutes ses formes", a déclaré le Premier ministre Justin Trudeau dans un communiqué.

"L’islamophobie est un phénomène que de nombreux musulmans ne connaissent que trop bien. Nous devons changer cela", a-t-il ajouté.

Mme Elghawaby jouera le rôle de "porte-parole, conseillère, experte et représentante" auprès du gouvernement dans l'élaboration de politiques reflétant la réalité des communautés musulmanes, précise un communiqué.

"J'ai hâte de rencontrer les élus, les décideurs et les leaders communautaires de tout le pays afin d'amplifier la voix des musulmans canadiens", a déclaré sur Twitter celle qui dirige les communications de la Fondation canadienne des relations raciales.

"Aujourd'hui, nous marquons un moment historique pour les musulmans au Canada", a réagi dans un communiqué le Conseil national des musulmans canadiens (CNMC).

"Il y a des changements urgents à réaliser, qu'il s'agisse d'améliorer la supervision de nos agences de sécurité nationale ou d'empêcher nos organisations communautaires de faire l'objet de contrôles injustes", a souligné Stephen Brown, PDG du CNMC.

Dans une série de tweets, Amira Elghawaby a également rappelé le nom des membres de communautés musulmanes tués lors d'actes islamophobes ces dernières années.

En juin 2021, quatre membres d'une famille musulmane ont été tués lorsqu'un homme les a renversés avec son camion à London, en Ontario. Quatre ans plus tôt, six musulmans avaient péri et cinq avaient été blessés dans une attaque contre une mosquée de Québec.

Cette nomination fait suite aux recommandations formulées lors d'un sommet national sur l'islamophobie organisée par le gouvernement fédéral en juin 2021 en réponse à ces attaques.


Mystérieuse explosion au Nigeria: Le bilan le monte à 40 morts

'insécurité sera l'un des enjeux majeurs de l'élection présidentielle prévue fin février au Nigeria (Photo, AFP).
'insécurité sera l'un des enjeux majeurs de l'élection présidentielle prévue fin février au Nigeria (Photo, AFP).
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  • Un groupe représentant des éleveurs avait affirmé mercredi que l'explosion venait d'une frappe de l'armée nigériane
  • Dans le passé, il y a eu des frappes accidentelles de l'armée sur des civils dans le nord du pays où les militaires combattent des djihadistes

LAFIA: Le bilan de la mystérieuse explosion de bombe qui a frappé mercredi un groupe d'éleveurs dans le centre du Nigeria est monté à 40 morts, contre 27 précédemment, a annoncé jeudi le gouvernement local.

"Nous avons maintenant autour de 40 personnes qui ont été tuées" par cette explosion survenue à Rukubi, à la frontière entre les Etats de Nasarawa et Benue, dans une région en proie à des violences communautaires, a déclaré le gouverneur de Nasarawa, Abdullahi Sule.

Un groupe représentant des éleveurs avait affirmé mercredi que l'explosion venait d'une frappe de l'armée nigériane.

"Il y a eu un peu plus tôt une rumeur que l'aviation a mené ce bombardement, mais nous savons maintenant qu'il n'y a eu aucun survol de l'aviation" au-dessus de cette région, avait déclaré un peu plus tôt M. Sule à la chaîne de télévision Arise News.

"C'est un drone qui a survolé la zone et lâché la bombe", a-t-il affirmé, sans dire qui le commandait.

Le porte-parole de l'armée de l'Air nigériane n'a pas répondu aux sollicitations de l'AFP sur le sujet.

"C'était une frappe aérienne. Elle a tué 27 personnes" du groupe, avait déclaré mercredi Lawal Dano, membre de l'association des éleveurs de bétails du Nigeria, Miyetti Allah.

"Nous savons tous que seuls les militaires possèdent des avions pour effectuer des frappes aériennes, et nous appelons à une enquête approfondie et à des sanctions nécessaires pour ceux qui sont derrière cela", avait-il ajouté.

Dans le passé, il y a eu des frappes accidentelles de l'armée sur des civils dans le nord du pays où les militaires combattent des djihadistes et des bandes criminelles.

Les différends entre éleveurs de bétail et agriculteurs concernant les droits fonciers, de pâturage et d'eau sont courants dans les régions du centre et du nord-ouest du Nigeria.

La semaine dernière, neuf personnes ont ainsi été tuées par des hommes armés à proximité d'un camp de personnes déplacées, selon les autorités de l'Etat de Benue.

Les tensions, dont les racines remontent à plus d'un siècle, sont provoquées par les sécheresses, la croissance démographique, l'expansion de l'agriculture sédentaire et la mauvaise gouvernance.

Ces dernières années, ces conflits ont parfois pris une dimension ethnique et religieuse, les éleveurs peuls étant musulmans et les agriculteurs majoritairement chrétiens.

L'insécurité sera l'un des enjeux majeurs de l'élection présidentielle prévue fin février au Nigeria. Comme le veut la Constitution, le chef de l'Etat Muhammadu Buhari, ancien général élu en 2015 puis réélu en 2019, ne se représente pas.