CNR: Macron plaide à nouveau pour la «liberté pédagogique», veut une «feuille de route» au printemps

Le président français Emmanuel Macron s'exprime lors du Conseil national de la Refondation au lycée Jas de Bouffan, à Aix-en-Provence, dans le sud-est de la France, le 5 décembre 2022 (Photo, AFP).
Le président français Emmanuel Macron s'exprime lors du Conseil national de la Refondation au lycée Jas de Bouffan, à Aix-en-Provence, dans le sud-est de la France, le 5 décembre 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 05 décembre 2022

CNR: Macron plaide à nouveau pour la «liberté pédagogique», veut une «feuille de route» au printemps

  • Partis, syndicats et acteurs de la société civile sont conviés à une nouvelle réunion du Conseil national de la refondation, le 12 décembre à l'Élysée
  • Il y a trois mois, la session fondatrice du CNR à Marcoussis avait été boycottée par tous les partis d'opposition

AIX-EN-PROVENCE: Emmanuel Macron a de nouveau plaidé pour la "liberté pédagogique" dans l'enseignement, lundi lors d'une réunion dans un collège d'Aix-en-Provence dans le cadre du Conseil national de la refondation (CNR) consacrée aux questions d'éducation, dont il a dit attendre "une feuille de route" au printemps.

Ce "CNR territorialisé" répond "à l'idée que beaucoup de choses peuvent se faire de manière beaucoup plus efficace si on laisse la liberté au terrain", a déclaré le président de la République en ouverture d'une réunion à laquelle participaient enseignants, membres d'équipes pédagogiques, éducateurs, élèves, parents d'élèves et élus de la région.

"Enseigner, c'est à la fois répondre à une volonté d'unité de la République - des programmes, des mêmes examens nationaux, des principes et des valeurs qui nous font un - et une pluralité de situation qui font qu'enseigner ici, c'est pas la même chose qu'au fin fond de la ruralité", a développé le chef de l’État, en défendant une "liberté pédagogique" qui permet selon lui "de donner plus d'efficacité à l'ensemble des acteurs, dans l'école et en dehors de l'école".

En juin, le président avait déjà annoncé vouloir généraliser à tout le territoire l'approche de "l'école du futur", expérimentation pédagogique menée à Marseille.

Soixante-trois écoles, dont une partie ne sont pas en zone d'éducation prioritaire, ont été sélectionnées pour mener à bien un projet spécifique avec la possibilité pour le directeur de participer au choix de son équipe.

"L'idée, c'est vraiment de bâtir des projets d'établissement, qu'on se dise: quels sont nos problèmes à nous, au-delà de ce qu'on nous demande au plan national, et de quoi on a besoin pour y répondre?", a résumé M. Macron.

Quelque 11 000 établissements scolaires se sont engagés dans les discussions ou le feront au premier trimestre 2023 dans le cadre du CNR, selon l'Elysée.

"L'objectif est que d'ici au printemps prochain, il y ait une feuille de route", a indiqué le président de la République.

Partis, syndicats et acteurs de la société civile sont conviés à une nouvelle réunion du Conseil national de la refondation, le 12 décembre à l'Élysée pour faire un "point d'étape" sur les moyens de réformer les services publics.

Il y a trois mois, la session fondatrice du CNR à Marcoussis (Essonne) avait été boycottée par tous les partis d'opposition et une bonne partie des syndicats qui avaient vu dans cet outil un moyen pour le président de reprendre la main dans le débat public et contourner le Parlement, où son camp n'a plus de majorité absolue.


Du salaire au logement, le gouvernement tente de réenchanter les métiers de la fonction publique

Le ministre français de la Transformation et des Services publics Stanislas Guerini quitte le palais présidentiel de l'Elysée après avoir assisté à la réunion hebdomadaire du cabinet à Paris le 1er février 2023. (Photo, AFP)
Le ministre français de la Transformation et des Services publics Stanislas Guerini quitte le palais présidentiel de l'Elysée après avoir assisté à la réunion hebdomadaire du cabinet à Paris le 1er février 2023. (Photo, AFP)
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  • Avec une inflation à 6%, l'augmentation générale de 3,5% consentie à l'été 2022 est dénoncée comme insuffisante par les huit syndicats de fonctionnaires représentatifs
  • Le gouvernement veut aussi assouplir les quotas annuels de promotions, en donnant «plus de marges de manœuvre» aux employeurs publics pour reconnaître l'engagement de leurs agents

PARIS: Salaires, accès au logement, promotions: en pleine crise d'attractivité de la fonction publique, le gouvernement a lancé mardi à Nantes une série de "chantiers" pour tenter de rendre leur attrait au millier de métiers de la sphère publique.

Depuis des mois, le ministre de la Fonction publique le répète: "il y a deux fois moins de candidats aux concours aujourd'hui qu’il y a dix ans". Métiers du soin, du numérique ou de la petite enfance: plus de 50.000 postes seraient vacants parmi les employeurs publics, selon une estimation publiée mardi dans le journal Ouest-France.

Pour les syndicats, avec qui le gouvernement va mener les différents chantiers de discussions tout au long du premier semestre 2023, c'est d'abord la faiblesse des salaires qui explique ces difficultés.

Avec une inflation à 6%, l'augmentation générale de 3,5% consentie à l'été 2022 est dénoncée comme insuffisante par les huit syndicats de fonctionnaires représentatifs.

"Une négociation salariale et une véritable revalorisation du point d’indice sont indispensables de toute urgence", a encore réclamé Solidaires-FP dans un communiqué publié lundi.

La dernière grande concertation sur les salaires des agents publics, une "Conférence sur les perspectives salariales" qui a eu lieu fin 2021-2022, a laissé un goût amer aux syndicats. Plusieurs avaient d'ailleurs quitté la table des négociations avant leur terme.

Si le levier des rémunérations est "majeur" pour recruter, selon les propos de Stanislas Guerini dans Ouest-France, le gouvernement entend aussi travailler sur les conditions de vie et de travail des 5,7 millions d'agents publics.

"Je veux que nous aidions les agents publics aux plus faibles revenus et qui travaillent sur les métiers les plus en tension à se loger", doit déclarer mercredi à Nantes Stanislas Guerini, selon une copie de son discours envoyée à l'AFP. En pratique, le ministre veut faire construire plus de logements réservés aux fonctionnaires sur les terrains détenus par l'Etat et les collectivités locales.

"Récompenser l'engagement" 

Le gouvernement veut aussi assouplir les quotas annuels de promotions, en donnant "plus de marges de manœuvre" aux employeurs publics pour reconnaître l'engagement de leurs agents.

Sur le volet salarial, M. Guerini ouvre une nouvelle fois la porte à des "mécanismes" individuels et collectifs "qui permettent de récompenser l'engagement et la performance" - c'est-à-dire l'introduction d'une forme d'intéressement dans la fonction publique.

Cette rémunération à la performance, décriée par les syndicats, a déjà été introduite début 2023 par le gouvernement pour quelque 6.000 hauts fonctionnaires.

Parmi les mesures égrenées mercredi, M. Guerini veut aussi que les apprentis formés dans la fonction publique puissent y être recrutés dès la fin de leur alternance.

Enfin, le gouvernement va lancer une campagne d'information et de valorisation des métiers publics en mars, en plus d'un salon national de l'emploi public le 16 mars à Paris.

Les travaux sur l'attractivité, une des trois priorités affichées par le ministre depuis sa nomination avec l'accessibilité des services publics et l'adaptation aux grandes transitions (écologique notamment), démarrent au lendemain de la deuxième journée de mobilisation contre la réforme des retraites.

Un timing tout sauf innocent pour Nathalie Makarski. Pour la présidente du syndicat CFE-CGC des Services publics, le gouvernement a tout intérêt à discuter de mesures favorables aux agents publics (amélioration des conditions de travail, promotions...) face à des syndicats unanimement opposés par ailleurs au report de 62 à 64 ans de l'âge de départ à la retraite.

Dans la fonction publique d'Etat, 21% des agents étaient en grève mardi selon les chiffres du ministère, contre 10,25% dans le versant territorial et 15,7% dans le versant hospitalier.

Une mobilisation en baisse par rapport à la première journée de mobilisation contre la réforme des retraites le 19 janvier, mais nettement supérieure à celle observée lors des derniers mouvements sociaux dans la fonction publique, centrés sur des revendications salariales.


Le régime iranien s'«enfonce dans le déni et la rhétorique complotiste», selon Laurence Boone

La ministre française des Affaires européennes Laurence Boone après la réunion hebdomadaire du cabinet à l'Élysée, le 26 octobre 2022. (Photo, AFP)
La ministre française des Affaires européennes Laurence Boone après la réunion hebdomadaire du cabinet à l'Élysée, le 26 octobre 2022. (Photo, AFP)
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  • «Les sanctions prises par les Iraniens n'ont évidemment aucune comparaison possible avec les sanctions prises par l'UE», a lancé Laurence Boone
  • L'Iran a adopté mercredi dernier des sanctions contre 25 individus et entités de l'Union européenne, dont la maire de Paris, et neuf du Royaume-Uni

PARIS: La ministre française des Affaires européennes Laurence Boone a estimé mercredi que le régime iranien s'enfonçait "dans le déni, la rhétorique complotiste" après les sanctions prises par Téhéran contre des Européens. 

Ces sanctions "participent du même aveuglement que celui avec lequel le régime iranien s'enferme dans le déni, dans la rhétorique complotiste, et mène une politique scandaleuse d'otages de l'Etat", a déclaré Mme Boone devant les sénateurs. 

L'Iran a adopté mercredi dernier des sanctions contre 25 individus et entités de l'Union européenne, dont la maire de Paris, et neuf du Royaume-Uni, en guise de représailles aux mesures de rétorsion imposées par ces derniers. 

"Les sanctions prises par les Iraniens n'ont évidemment aucune comparaison possible avec les sanctions prises par l'UE", a lancé Mme Boone. 

L'Union européenne a adopté quatre trains de sanctions contre la République islamique, visant "78 individus et 27 entités", a rappelé Mme Boone. 

Ces mesures visent notamment les responsables de la répression en Iran, où un mouvement de contestation ayant éclaté après la mort en septembre d'une jeune Kurde iranienne arrêtée par la police des moeurs est réprimé dans le sang. 


Le ministre du Logement défend la loi anti-squatteurs, «équilibrée»

Le ministre délégué à la Ville et au Logement, Olivier Klein, à Paris le 30 janvier 2023. (Photo, AFP)
Le ministre délégué à la Ville et au Logement, Olivier Klein, à Paris le 30 janvier 2023. (Photo, AFP)
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  • Mardi, les sénateurs ont entamé l'examen de la proposition de loi du député Renaissance Guillaume Kasbarian, déjà adoptée à l'Assemblée, qui prévoit de porter jusqu'à trois ans de prison les sanctions contre les squatteurs
  • Ce texte, qui entend mieux protéger les propriétaires contre l'occupation illégale, suscite un fort rejet du monde associatif, qui craint une «criminalisation» du mal-logement

PARIS: La proposition de loi durcissant les sanctions contre les squatteurs, en discussion au Parlement, est "équilibrée", a défendu mercredi le ministre délégué à la Ville et au Logement, Olivier Klein, devant la Fondation Abbé Pierre. 

"Elle sera équilibrée, parce que le pouvoir du juge est renforcé, parce que les délais entre l'assignation et les impayés seront rallongés ; elle sera équilibrée parce que nous aurons mis un certain nombre d'outils qui ne sont pas là aujourd'hui pour lutter contre les marchands de sommeil", a promis Olivier Klein. 

"Moi, je crois à l'équilibre entre les propriétaires et les locataires. Si aujourd'hui les propriétaires n'ont pas confiance et se retirent, (...) ce n'est pas dans l'intérêt de ceux qui cherchent un logement", a-t-il ajouté. 

Mardi, les sénateurs ont entamé l'examen de la proposition de loi du député Renaissance Guillaume Kasbarian, déjà adoptée à l'Assemblée, qui prévoit de porter jusqu'à trois ans de prison les sanctions contre les squatteurs. 

Ce texte, qui entend mieux protéger les propriétaires contre l'occupation illégale, suscite un fort rejet du monde associatif, qui craint une "criminalisation" du mal-logement. 

Dans la salle de la Maison de la Mutualité, des militants du collectif Droit au Logement (DAL) ont déployé une banderole sur laquelle était écrit "Se loger n'est pas un crime". 

Le délégué général de la Fondation Abbé Pierre, Christophe Robert, s'est inquiété de "voir une proposition de loi de la majorité co-adoptée avec Les Républicains, avec des députés du Rassemblement national, qui criminalise les plus pauvres et les mal-logés, qui constitue la première loi (sur le logement, NDLR) de ce nouveau Parlement". 

"Il faut absolument qu'il y ait un message hyper clair du gouvernement qui dise : ça n'est pas possible de s'attaquer aux pauvres", a-t-il réclamé. 

"Bien évidemment, cette loi, elle ne met pas un signal égal entre le squat et les personnes en impayés de loyer. Personne n'ira en prison parce qu'on est en impayés de loyer, bien évidemment !", a assuré Olivier Klein. 

"La priorité, c'est la prévention des expulsions locatives", a ajouté le ministre, après avoir esquissé les contours du nouveau plan quinquennal pour le "Logement d'abord", qui vise à faciliter le retour au logement des personnes sans domicile.