Mondial: place aux quarts avec sept habitués... et le Maroc en invité

Un supporter du Maroc pose pour des photos avant le début du match de football des huitièmes de finale de la Coupe du monde Qatar 2022 entre le Maroc et l'Espagne au stade Education City à Al-Rayyan, à l'ouest de Doha, le 6 décembre 2022. (AFP).
Un supporter du Maroc pose pour des photos avant le début du match de football des huitièmes de finale de la Coupe du monde Qatar 2022 entre le Maroc et l'Espagne au stade Education City à Al-Rayyan, à l'ouest de Doha, le 6 décembre 2022. (AFP).
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Publié le Mercredi 07 décembre 2022

Mondial: place aux quarts avec sept habitués... et le Maroc en invité

  • La victoire historique aux tirs au but du Maroc mardi contre l'Espagne (0-0 a.p., 3 t.a.b. à 0) a bouleversé un tableau final
  • C'est un accomplissement historique pour le Maroc, qui égale la meilleure performance d'une nation africaine au Mondial et peut espérer désormais un dernier carré inédit

DOHA: Le Maroc s'invite au festin! Les grandes nations se sont taillé la part du lion en quarts de finale du Mondial-2022, avec des chocs alléchants vendredi et samedi, comme Angleterre-France ou Pays-Bas-Argentine, et un trouble-fête, les Lions de l'Atlas, qualifiés pour la première fois de leur histoire.

La victoire historique aux tirs au but du Maroc mardi contre l'Espagne (0-0 a.p., 3 t.a.b. à 0) a bouleversé un tableau final où, jusque-là, les grandes nations avaient tenu leur rang, du Brésil à l'Argentine en passant par la France ou le Portugal, qui a écrasé la Suisse (6-1).

Avec Cristiano Ronaldo sur le banc en début de rencontre, c'est le jeune attaquant du Benfica Gonçalo Ramos qui a brillé avec un triplé.

Dans la lignée des éliminations précoces de la Belgique (2e mondiale) ou l'Allemagne (11e) en phase de poules, la sortie de l'Espagne (7e) confirme que cette Coupe du monde atypique dans son calendrier, sa programmation et sa géographie réserve encore des surprises.

C'est un accomplissement historique pour le Maroc, qui égale la meilleure performance d'une nation africaine au Mondial et peut espérer désormais un dernier carré inédit.

"C'est historique pour le Maroc, c'est historique pour l'Afrique. On avait dit qu'on était venus pour représenter l'Afrique, on a vu que notre niveau avait augmenté", a savouré le sélectionneur marocain Walid Regragui au micro de beIN Sports.

«Briser la domination européenne»

En 2018, les quarts s'étaient résumés à un bras de fer entre l'Europe et l'Amérique du Sud. Quatre ans plus tard, le Maroc a rompu ce duopole, même si le nombre de nations européennes qualifiées (5 sur 8) alimente le risque de voir la mainmise du Vieux continent se poursuivre, comme à chaque édition depuis 2002.

Le Brésil et l'Argentine, bien sûr, ne sont pas d'accord.

Portées respectivement par Neymar et Lionel Messi, la Canarinha et l'Albiceleste croient en leurs chances dans ce tournoi qui est sans doute la dernière opportunité pour "Ney" ou pour "Leo" d'atteindre le Graal.

"La Coupe du monde au Qatar est une excellente occasion de briser la domination européenne", avait déclaré à l'AFP Cafu, ancien défenseur et capitaine des champions du monde brésiliens en 2002, avant le tournoi.

Après trois semaines de compétition, et un premier tour que le président de la Fifa Gianni Infantino a tout bonnement qualifié de "meilleure phase de groupe de l'histoire" mardi, le Brésil a impressionné par sa force offensive et sa rigueur défensive, malgré dix jours d'absence pour Neymar, touché à une cheville. L'Argentine, elle, monte en puissance après son revers initial et inattendu contre l'Arabie saoudite (2-1).

Mais gare à leurs adversaires en quarts: la Croatie, vice-championne du monde 2018 et toujours guidée par son maître à jouer Luka Modric, reste est un très gros morceau sur la route du Brésil vendredi (16h00).

Idem pour les Pays-Bas du sélectionneur Louis van Gaal, une équipe disciplinée et cohérente capable de faire déjouer l'équipe de Lionel Scaloni.

"Ça sera un très beau match entre deux sélections historiques. Malheureusement, une d'entre elles devra partir", a commenté le sélectionneur argentin.

«Obsession» pour Mbappé

Van Gaal, demi-finaliste sur le banc des Oranje en 2014, voit déjà plus loin: "Cela fait un an que je le dis: nous pouvons être champions du monde. Je ne dis pas que nous le serons, mais nous le pouvons."

Comble de malchance pour les nations sud-américaines: en cas de qualification pour le dernier carré, Brésil et Argentine se croiseront en demi-finale pour une revanche de la finale de Copa América 2021 remportée par l'Albiceleste (1-0).

Samedi, place à un "crunch" de haute volée entre la France, championne du monde en titre, et l'Angleterre, vice-championne d'Europe.

Les supporters y voient surtout un duel entre l'attaquant des Bleus Kylian Mbappé, meilleur buteur du tournoi (5 buts) et l'avant-centre des Three Lions Harry Kane, meilleur passeur (3 passes décisives).

"Bien sûr, cette Coupe du monde est une obsession, c'est la compétition de mes rêves", a réagi Mbappé après son doublé en huitièmes contre la Pologne (3-1), avouant avoir "bâti" sa saison pour cet objectif, "que ce soit physiquement ou mentalement".

Les Bleus peuvent-ils devenir la première nation à conserver son titre mondial depuis le Brésil de Pelé en 1962 ? Il faudra déjà dompter les Anglais en quarts, avant de penser à une éventuelle demi-finale contre le vainqueur du duel entre le Maroc et le Portugal.

Avant cela, les équipes de ce Top 8 se sont offert une pause bienvenue profitant qui des familles venues à Doha, qui des BBQ dans les résidences, qui des attractions locales.

Le Belge Eden Hazard, lui, a profité de cette période sans match pour annoncer sa retraite internationale consécutive à l'élimination des Diables Rouges au 1er tour.

"Une page se tourne aujourd'hui... Merci pour votre amour. Merci pour votre soutien inégalable. Merci pour tout ce bonheur partagé depuis 2008. J'ai décidé de mettre un terme à ma carrière internationale. La relève est prête. Vous me manquerez", a écrit sur Instagram l'attaquant du Real Madrid, âgé de 31 ans après 14 ans de bons et loyaux services.


Le Qatar affirme que les pays du Golfe sont «unis» dans leur appel à la désescalade

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  • "Il nous semble qu'il y a une position très unanime dans le Golfe appelant à une désescalade et une fin de la guerre", a déclaré le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari
  • Les riches états pétroliers de la région ont été visés par des centaines de missiles et de drones iraniens depuis le lancement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février

DOHA: Les pays du Golfe sont "unis" dans leur appel à une désescalade dans la guerre au Moyen-Orient, a affirmé mardi le Qatar, alors que l'Iran poursuit ses attaques de représailles contre ses voisins de la région.

"Il nous semble qu'il y a une position très unanime dans le Golfe appelant à une désescalade et une fin de la guerre", a déclaré le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari, lors d'une conférence de presse à Doha.

Les riches états pétroliers de la région ont été visés par des centaines de missiles et de drones iraniens depuis le lancement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février, tandis que leurs exportations d'hydrocarbures sont affectées par la fermeture de facto du détroit d'Ormuz.

Lundi, une commission parlementaire iranienne a approuvé un projet visant à imposer des droits de passage aux navires transitant par ce détroit stratégique par lequel passait environ un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux.

Le détroit a été "fermé en raison d'une opération militaire", et son avenir est "une question que l'ensemble de la région et les partenaires internationaux doivent décider collectivement", a déclaré le responsable qatari.

"Je pense que nous avons pris une décision collective, dans le Golfe, pour traiter cela comme une menace collective", a-t-il insisté.

Pays le plus visé par les attaques iraniennes, les Emirats arabes unis se sont démarqués ces derniers jours de leurs voisins en adoptant un ton plus offensif à l'égard de Téhéran.

"Un simple cessez-le-feu n'est pas suffisant. Nous avons besoin d'un résultat concluant qui réponde à l'ensemble des menaces iraniennes: capacités nucléaires, missiles, drones, mandataires terroristes et blocages des voies maritimes internationales", a écrit leur ambassadeur à Washington, Yousef Al Otaiba, la semaine dernière dans une tribune du Wall Street Journal.

Le diplomate émirati a affirmé que son pays était prêt "à rejoindre une initiative internationale pour rouvrir le détroit et le maintenir ouvert".


Plus de 200.000 personnes sont parties du Liban vers la Syrie depuis le début de la guerre 

Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR). (AFP)
Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR). (AFP)
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  • "Près d'un mois après l'intensification des hostilités au Liban, la Syrie a connu une forte augmentation du nombre de personnes traversant sa frontière avec le Liban. Entre le 2 et le 27 mars, plus de 200.000 personnes sont entrées en Syrie
  • "Plus de 28.000 Libanais ont également franchi la frontière syrienne. La plupart fuient les bombardements israéliens intensifs. Ils arrivent épuisés, traumatisés et avec très peu d’affaires", a poursuivi la responsable du HCR

GENEVE: Plus de 200.000 personnes, dont une grande majorité de Syriens, ont traversé la frontière entre le Liban et la Syrie depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah début mars, a indiqué mardi l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

"Près d'un mois après l'intensification des hostilités au Liban, la Syrie a connu une forte augmentation du nombre de personnes traversant sa frontière avec le Liban. Entre le 2 et le 27 mars, plus de 200.000 personnes sont entrées en Syrie par les trois points de passage officiels", a déclaré Aseer al-Madaien, représentante par intérim du HCR en Syrie, lors d'un point presse donné en visioconférence à Genève depuis Damas.

"Ces chiffres ont été fournis par les autorités et confirmés par nos collègues sur le terrain", a-t-elle ajouté, précisant que "la grande majorité" de ces personnes, soit "près de 180.000, sont des Syriens, notamment des réfugiés syriens qui avaient déjà fui la Syrie pour trouver refuge au Liban et qui sont aujourd'hui contraints de fuir à nouveau".

"Plus de 28.000 Libanais ont également franchi la frontière syrienne. La plupart fuient les bombardements israéliens intensifs. Ils arrivent épuisés, traumatisés et avec très peu d’affaires", a poursuivi la responsable du HCR.

Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en menant une attaque contre Israël en représailles aux frappes israélo-américaines ayant tué le guide suprême iranien Ali Khamenei.

Le Liban avait accueilli plus d'un million de réfugiés syriens qui ont fui leur pays pendant la guerre civile déclenchée par la répression d'un soulèvement populaire contre le pouvoir de Bachar al-Assad en 2011.

Plus d'un demi-million de ces réfugiés ont regagné leur pays depuis la chute d'Assad fin 2024.

Le HCR a indiqué que son plan d'urgence pour les personnes rejoignant précipitamment la Syrie depuis le Liban prévoyait "un nombre pouvant atteindre de 300 à 350.000 personnes".

"Ce nombre dépendra en grande partie d'éventuelles opérations terrestres supplémentaires. Parallèlement, le gouvernement syrien nous a informés qu'il mettait en place un plan d'urgence au cas où davantage de Libanais se dirigeraient vers la Syrie", a ajouté Mme al-Madaien.


Israël occupera une partie du sud du Liban après la guerre, déclare son ministre de la Défense

 Israël a l'intention d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée, a déclaré mardi son ministre de la Défense, Israël Katz. (AFP)
Israël a l'intention d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée, a déclaré mardi son ministre de la Défense, Israël Katz. (AFP)
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  • "Le retour au sud du Litani de plus de 600.000 habitants du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord sera totalement empêché tant que la sécurité et la sûreté des habitants du nord (d'Israël) ne seront pas garanties"
  • "Toutes les maisons des villages (libanais) adjacents à la frontière (avec Israël) seront démolies conformément au modèle de Rafah et de Beit Hanoun à Gaza"

JERUSALEM: Israël a l'intention d'occuper une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée, a déclaré mardi son ministre de la Défense, Israël Katz.

"A la fin de cette opération, Tsahal (l'armé israélienne, NDLR) s'installera dans une zone de sécurité à l'intérieur du Liban, sur une ligne défensive contre les missiles antichars, et maintiendra le contrôle sécuritaire de toute la zone jusqu'au Litani", fleuve qui s'écoule à une trentaine de kilomètres au nord de la ligne de démarcation entre Israël et le Liban, a déclaré M. Katz, dans une vidéo diffusée par son bureau.

"Le retour au sud du Litani de plus de 600.000 habitants du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord sera totalement empêché tant que la sécurité et la sûreté des habitants du nord (d'Israël) ne seront pas garanties", a ajouté M. Katz.

"Toutes les maisons des villages (libanais) adjacents à la frontière (avec Israël) seront démolies conformément au modèle de Rafah et de Beit Hanoun à Gaza, afin d'éliminer une fois pour toutes les menaces le long de la frontière qui pèsent sur les habitants du nord", a encore ajouté M. Katz en référence à deux villes de la bande de Gaza dévastées par les opérations militaires d'Israël dans sa guerre contre le Hamas après le 7 octobre 2023.

Le Liban a été entraîné dans la guerre entre Israël et les Etats-Unis d'une part et l'Iran d'autre part par une attaque le 2 mars du mouvement islamiste Hezbollah contre Israël en représailles à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué au premier jour du conflit.

Depuis lors, les frappes israéliennes massives sur le pays du Cèdre ont tué plus de 1.200 personnes et en ont blessé plus de 3.600, selon le dernier bilan du ministère de la Santé. L'armée israélienne affirme elle avoir éliminé "850 terroristes" au Liban.

M. Katz ne cesse de multiplier les déclarations martiales à l'encontre du Liban et des Libanais.

Dimanche, l'ONG Human Rights Watch (HRW) a indiqué lui avoir écrit pour exprimer ses "vives préoccupations concernant (des propos tenus récemment par des responsables israéliens) qui sapent le respect du droit international humanitaire" et dénotent selon elle une volonté de s'y soustraire.

Dans une copie de la lettre publiée par HRW, cette dernière lui reproche nommément ses propos du 16 mars, dans lesquels il menaçait déjà d'empêcher le retour des personnes ayant fui la région au sud du Litani.

"Utiliser le refus du retour des civils comme outil de négociation constitue un déplacement forcé, ce qui est interdit par les lois de la guerre et peut constituer un crime de guerre", écrit l'ONG.

Depuis le 2 mars, le Hezbollah a tiré "entre 4.000 et 5.000 roquettes, drones et missiles, ainsi que des mortiers (...) en direction d'Israël, certains en direction de nos troupes, d'autres vers des communautés civiles", a déclaré mardi le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, porte-parole international de l'armée israélienne.