Mondial: le bourreau marocain du Portugal en 1986 prédit une nouvelle «surprise» samedi

L'entraîneur marocain # 00 Walid Regragui est projeté dans les airs alors que les joueurs marocains célèbrent leur victoire aux tirs au but lors du match de football des huitièmes de finale de la Coupe du monde Qatar 2022 entre le Maroc et l'Espagne au stade Education City d'Al-Rayyan, à l'ouest de Doha, en décembre. 6, 2022. (AFP)
L'entraîneur marocain # 00 Walid Regragui est projeté dans les airs alors que les joueurs marocains célèbrent leur victoire aux tirs au but lors du match de football des huitièmes de finale de la Coupe du monde Qatar 2022 entre le Maroc et l'Espagne au stade Education City d'Al-Rayyan, à l'ouest de Doha, en décembre. 6, 2022. (AFP)
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Publié le Vendredi 09 décembre 2022

Mondial: le bourreau marocain du Portugal en 1986 prédit une nouvelle «surprise» samedi

  • Abderrazak Khairi croit en un nouvel exploit des Lions de l'Atlas contre la bande à Cristiano Ronaldo, samedi en quart de finale du Mondial au Qatar
  • «Il n'y a pas d'impossible dans le football, c'est ça la magie de ce sport. Aujourd'hui, la sélection marocaine le prouve», avertit l'ex-attaquant marocain

RABAT: Son doublé contre le Portugal à la Coupe du Monde de 1986 au Mexique avait envoyé le Maroc au deuxième tour et la Seleçao à la maison: Abderrazak Khairi croit en un nouvel exploit des Lions de l'Atlas contre la bande à Cristiano Ronaldo, samedi en quart de finale du Mondial au Qatar.

"Face au Portugal, le Maroc est capable de créer la surprise", prédit l'ex-international marocain, principal artisan de la victoire surprise contre le Portugal (3-1) il y a 36 ans.

"La mission ne sera pas facile mais j'y crois", assure Khairi, 60 ans, dans un entretien téléphonique avec l'AFP à Rabat, depuis le Qatar, où il officie comme consultant auprès d'une chaîne arabe.

Le 11 juin 1986, il fut élevé au rang de héros après avoir crucifié les Portugais en inscrivant un doublé lors du dernier match de la phase de poules.

Un triomphe historique qui avait permis au Maroc de devenir la première équipe africaine et arabe à se hisser en huitièmes de finale d'une Coupe du monde. Si les hommes de Walid Regragui l'emportent samedi, les Lions de l'Atlas deviendront la première équipe africaine à atteindre la demi-finale d'un Mondial.

"Après les deux matches nuls contre la Pologne et l'Angleterre, la pression était à son comble", se remémore Khairi, qui jouait avec le numéro 17.

"Le Portugal était redoutable mais on portait les espoirs d'un peuple, d'un continent et de tout le monde arabe", témoigne l'ex-ailier gauche.

"Mentalement, ce n'était pas facile mais on voulait tout donner".

«Joie indescriptible»

Khairi, en état de grâce, avait ouvert le score à la 19e minute et doublé la marque huit minutes plus tard à peine, avant qu'Abdelkrim Merry, alias "Krimau", ne marque un troisième but à la 62e minute. La Seleçao avait sauvé l'honneur à la 80e par Diamantino Miranda.

Cet exploit, toujours vivace dans la légende du football marocain, est aujourd'hui évoqué par les fans qui rêvent d'une nouvelle victoire samedi, après avoir vu les Lions éliminer l'Espagne aux tirs au but en huitièmes de finale mardi.

"Quand j'ai marqué les deux buts, ma joie était indescriptible. Ces mêmes joueurs qu'on regardait à la télé, on a réussi à les battre", se souvient encore l'ancienne icône des FAR de Rabat, le club de l'armée marocaine dont il était devenu entraineur.

"Quand j'en parle, je suis instinctivement submergé d'un formidable flot d'émotions. Les souvenirs sont intacts, c'est comme si c'était hier", souffle-t-il.

Après la prouesse face aux Portugais, tout le Maroc avait jubilé comme il l'a fait après la victoire de mardi contre la Roja.

"Personne ne croyait en nous, mais on l'a fait !", exulte fièrement Khairi, tant d'années plus tard.

Le Maroc, dirigé alors par le brésilien José Faria, s'inclinera ensuite face à l'Allemagne au deuxième tour au Mexique, sur un coup franc de Lothar Matthäus à la 88e minute.

«Le plus loin possible»

Malgré la défaite, les Lions sont sortis de la compétition la tête haute.

"On a gagné l'amour du public et on a surtout ouvert la voie à une plus importante représentation des nations africaines en Coupe du monde", se félicite Abderrazak Khairi.

Au Mondial suivant, en Italie, le Cameroun est entré à son tour dans l'histoire en devenant la première équipe africaine à atteindre les quarts, avant le Sénégal en 2002.

En 2010, le Ghana a échoué à la porte des demi-finales lors d'un match épique, et controversé, contre l'Uruguay.

"Il n'y a pas d'impossible dans le football, c'est ça la magie de ce sport. Aujourd'hui, la sélection marocaine le prouve", avertit l'ex-attaquant marocain.

"Certes, cette équipe marocaine est différente (de la nôtre) car le football a beaucoup évolué en 36 ans, mais sa constante est la détermination et l'envie de représenter au mieux son pays", analyse-t-il, "et les joueurs le font à merveille".

Dernier facteur déterminant, les supporters: "Jouer dans un pays arabe avec une présence soutenue du public marocain est une bénédiction", reconnaît-il.

"J'espère qu'ils iront le plus loin possible !".


Avec l'ouverture de consulats, France et Canada marquent leur soutien au Groenland

Des passagers se préparent à embarquer à bord d’un avion d’Air Inuit alors qu’ils voyagent de Montréal à Nuuk, au Groenland, le 5 février 2026. (Christinne Muschi / The Canadian Press via AP)
Des passagers se préparent à embarquer à bord d’un avion d’Air Inuit alors qu’ils voyagent de Montréal à Nuuk, au Groenland, le 5 février 2026. (Christinne Muschi / The Canadian Press via AP)
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  • La France et le Canada ouvrent des consulats généraux à Nuuk, marquant leur soutien au Groenland face aux velléités américaines et renforçant la reconnaissance internationale de l’autonomie groenlandaise
  • Cette démarche s’inscrit dans une stratégie européenne et alliée visant à internationaliser la question du Groenland, tout en accompagnant le territoire dans sa montée en puissance diplomatique et politique

COPENHAGUE: La France et le Canada, qui s'opposent au projet de l'administration américaine de prendre le contrôle du Groenland, ouvrent chacun vendredi un consulat général à Nuuk, la capitale de ce territoire autonome danois, une reconnaissance pour le gouvernement local.

"C'est une victoire pour les Groenlandais de voir deux pays alliés ouvrir des représentations diplomatiques à Nuuk", estime Jeppe Strandsbjerg, politologue rattaché à l'Université du Groenland. "Les Groenlandais apprécient énormément le soutien face aux remarques de Trump".

La récente crise a débouché sur la conclusion entre le président américain et le secrétaire général de l'Otan d'un "cadre" en vue d'un accord sur l'avenir de l'île arctique, aux contours encore flous tandis qu'Américains, Groenlandais et Danois se retrouvent au sein d'un groupe de travail.

Le contenu de l'accord et la teneur des discussions n'ont pas été rendus publics.

Danemark et Groenland, qui partagent les préoccupations de Donald Trump sur la sécurité arctique, refusent tout transfert de souveraineté.

La décision française d'ouvrir un consulat est antérieure aux récentes tensions. Elle avait été annoncée en juin lors d'une visite du président Emmanuel Macron à Nuuk où il était venu exprimer la "solidarité européenne" pour l'île, critiquant déjà les velléités de Donald Trump de l'annexer.

Jean-Noël Poirier, ancien ambassadeur de France au Vietnam, a été nommé consul général.

Le Canada avait lui indiqué fin 2024 qu'il allait ouvrir un consulat général sur l'immense territoire arctique pour affermir la coopération avec les Groenlandais.

L'ouverture de ces représentations diplomatiques permet de dire "à Donald Trump que son agressivité envers le Groenland et le Danemark n'est pas seulement une question pour le Groenland et le Danemark, c'est aussi une affaire pour les alliés européens, mais également pour le Canada", souligne à l'AFP Ulrik Pram Gad, spécialiste de l'Arctique à l'Institut danois des études internationales.

"C'est un petit pas, cela fait partie de la stratégie de rendre le problème européen", insiste Christine Nissen, analyste du think-tank Europa, experte en questions de sécurité et de défense. "Ses conséquences ne sont évidemment pas seulement danoises, c'est un problème européen et global".

- Reconnaissance -

Pour la diplomatie groenlandaise, l'ouverture de consulats - qui dépendent formellement des ambassades de France et du Canada à Copenhague - c'est aussi "l'occasion de s'entraîner à l'indépendance en ayant des relations directes", note M. Strandsbjerg.

C'est une forme de reconnaissance pour leur autonomie grandissante, définie dans la loi-cadre de 2009.

"Les Groenlandais penseront, dans le cadre de leur propre quête de souveraineté, à avoir des contacts plus directs avec d'autres pays européens", dit Mme Nissen.

Cela permet de "réduire l'importance du rôle du Danemark en diversifiant la dépendance du Groenland vis-à-vis du monde extérieur, pour que tout ne vienne plus uniquement du Danemark, mais qu'il y ait davantage de relations sur les plans économique, commercial, des investissements, politique, etc.", abonde M. Pram Gad.

Le Groenland a des représentations diplomatiques auprès de l'Union européenne depuis 1992, à Washington depuis 2014 et à Reykjavik depuis 2017.

A Nuuk, l'Islande a ouvert son consulat général en 2013 et les Etats-Unis en 2020. Entre 1940 et 1953, les Américains avaient eu un premier consulat dans la paisible capitale groenlandaise.

La Commission européenne a elle ouvert un bureau en 2024.


Le président Trump déclare qu'il «travaille dur pour mettre fin» à la guerre au Soudan

Le président américain Donald Trump s'exprime lors du National Prayer Breakfast à Washington DC, jeudi. (Capture d'écran)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors du National Prayer Breakfast à Washington DC, jeudi. (Capture d'écran)
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  • M. Trump a déclaré pour la première fois qu'il commencerait à "travailler" sur la guerre au Soudan en novembre dernier, après que le prince héritier saoudien lui a demandé d'aider à mettre fin au conflit lors d'une visite aux États-Unis
  • "Sa majesté aimerait que je fasse quelque chose de très puissant en rapport avec le Soudan", a déclaré M. Trump lors du Forum d'investissement américano-saoudien

LONDRES : Le président américain Donald Trump a déclaré jeudi qu'il "travaillait dur" pour mettre fin à la guerre au Soudan.

"Je travaille dur pour mettre fin à cette guerre. Nous sommes très proches d'y parvenir. Ce sera le neuvième, si nous ne réglons pas d'abord la question de la Russie et de l'Ukraine. Mais nous travaillons dur pour mettre fin à toute cette guerre. Nous sommes très près d'y parvenir. Nous l'avons presque fait", a déclaré le président lors du National Prayer Breakfast à Washington DC.

M. Trump a déclaré pour la première fois qu'il commencerait à "travailler" sur la guerre au Soudan en novembre dernier, après que le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed bin Salman lui a demandé d'aider à mettre fin au conflit lors d'une visite aux États-Unis.

"Sa majesté aimerait que je fasse quelque chose de très puissant en rapport avec le Soudan", a déclaré M. Trump lors du Forum d'investissement américano-saoudien.

"Ce n'était pas dans mon programme, je pensais que c'était quelque chose de fou et d'incontrôlable", a-t-il ajouté.

"Mais je vois à quel point c'est important pour vous, et pour beaucoup de vos amis dans cette salle, le Soudan. Et nous allons commencer à travailler sur le Soudan".

Depuis son déclenchement en avril 2023, la guerre entre l'armée soudanaise et les forces paramilitaires de soutien rapide a tué des dizaines de milliers de personnes et en a déplacé près de 12 millions.


Pologne: l'ambassadeur américain rompt avec le président du Parlement à cause d'«insultes» envers Trump

Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix. (AFP)
Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix. (AFP)
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  • Le Premier ministre, Donald Tusk, a réagi aussitôt aux déclarations de l'ambassadeur, insistant sur le fait que "les alliés devraient se respecter et non pas se faire la morale"
  • Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix

VARSOVIE: L'ambassadeur des Etats-Unis à Varsovie a annoncé jeudi la rupture de "tout échange" avec le président de la chambre basse du Parlement polonais, qualifiant d'"insultes" ses propos sur son refus de soutenir Donald Trump pour le Prix Nobel de la Paix.

"Nous ne permettrons à personne de nuire aux relations américano-polonaises ni de manquer de respect à (Donald Trump) qui a tant fait pour la Pologne et le peuple polonais", a écrit l'ambassadeur Tom Rose sur X.

Le Premier ministre, Donald Tusk, a réagi aussitôt aux déclarations de l'ambassadeur, insistant sur le fait que "les alliés devraient se respecter et non pas se faire la morale".

Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix.

"Je ne soutiendrai pas la motion en faveur d'un prix Nobel de la paix pour le président Trump, parce qu'il ne le mérite pas", a alors déclaré M. Czarzasty.

Il a estimé que plutôt que se rapprocher davantage de la Maison-Blanche, la Pologne devrait "renforcer les alliances existantes" telles que l'OTAN, l'ONU et l'OMS.

Il a critiqué M. Trump, notamment pour l'imposition de tarifs douaniers aux pays européens, ses menaces d'annexer le Groenland ou ses affirmations selon lesquelles les alliés des Etats-Unis au sein de l'OTAN, dont la Pologne, seraient "restés un peu loin des lignes de front" pendant la guerre en Afghanistan.

"C'est une violation de la politique des principes et des valeurs, souvent une violation du droit international", a déclaré M. Czarzasty.

Fin janvier, avec plusieurs autres hauts responsables polonais, M. Czarzasty a dénoncé des propos du président Trump selon lesquels les États-Unis "n’avaient jamais besoin" des alliés de l'OTAN.

Il a qualifié ces affirmations de "scandaleuses".

Quarante-trois soldats polonais sont morts au sein de la coalition de l’OTAN dirigée par les Etats-Unis en Afghanistan.

Jeudi, le président de la Diète a soutenu ses propos.

"Conformément à mes valeurs, j'ai défendu les soldats polonais engagés dans des missions et je n'ai pas soutenu la candidature du président @realDonaldTrump au prix Nobel de la paix", a-t-il déclaré sur X, accueillant "avec regret" la déclaration de l'ambassadeur.

M. Czarzasty dirige le parti La Nouvelle Gauche, membre de la coalition gouvernementale pro-européenne du Premier ministre Donald Tusk, avec laquelle M. Rose a déclaré entretenir "d'excellentes relations".

Cette coalition est confrontée à une cohabitation difficile avec le président conservateur-nationaliste Karol Nawrocki, fervent soutien de M. Trump.