L'Egypte cherche un soutien américain pour relancer les négociations sur le mégabarrage éthiopien

En visite à Washington pour un sommet Etats-Unis-Afrique, le président égyptien a soulevé cette question auprès du chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken (Photo, AFP).
En visite à Washington pour un sommet Etats-Unis-Afrique, le président égyptien a soulevé cette question auprès du chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 15 décembre 2022

L'Egypte cherche un soutien américain pour relancer les négociations sur le mégabarrage éthiopien

  • «C'est une question cruciale et existentielle pour nous. Et nous remercions les Etats-Unis pour leur soutien», a déclaré Abdel Fattah al-Sissi
  • Le chef de la diplomatie américaine a pour sa part «insisté sur l'importance d'un règlement diplomatique qui protégerait les intérêts de toutes les parties»

WASHINGTON: Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a requis mercredi l'aide américaine en vue d'accroître la pression sur l'Ethiopie afin de trouver un accord quant au mégabarrage sur le Nil-bleu, vu comme une menace existentielle pour l'Egypte.

En visite à Washington pour un sommet Etats-Unis-Afrique, le président égyptien a soulevé cette question auprès du chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, qui s'était entretenu la veille avec le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed.

"C'est une question cruciale et existentielle pour nous. Et nous remercions les Etats-Unis pour leur soutien", a déclaré Abdel Fattah al-Sissi.

"Trouver un accord juridiquement contraignant peut réaliser quelque chose de bon conformément au droit international. Nous ne demandons rien d'autre", a-t-il dit.

"Nous avons besoin de votre soutien sur cette question".

Le chef de la diplomatie américaine a pour sa part "insisté sur l'importance d'un règlement diplomatique qui protégerait les intérêts de toutes les parties", selon un communiqué du département d'Etat diffusé à l'issue de la réunion.

M. Blinken a également abordé lors de cet entretien, le respect des droits humains en Egypte, affirmant que "la relation bilatérale sort renforcée par des progrès tangibles" en la matière, selon la même source.

Le projet de mégabarrage, lancé en 2011 pour un coût de quatre milliards de dollars, doit permettre de doubler l'actuelle production éthiopienne d'électricité, à laquelle environ la moitié seulement des quelque 120 millions d'habitants ont accès.

L'Ethiopie estime que le barrage est essentiel à son développement, tandis que l'Egypte le considère comme une menace "existentielle" et que le Soudan a mis en garde contre des "grands risques" pour la vie de millions de personnes.

Abiy Ahmed a promis de poursuivre les négociations pour un accord tripartite, mais son pays a par ailleurs commencé à remplir le réservoir et démarré deux des 13 turbines.

Le gouvernement de l'ex-président Donald Trump avait adopté une posture de fermeté vis-à-vis d'Addis Abeba, mais l'administration Biden a choisi une approche plus souple.

Joe Biden a pris ses fonctions en souhaitant prendre ses distances avec le président al-Sissi, accusé de violations des droits humains, mais a salué son rôle dans l'obtention d'un cessez-le-feu dans la bande de Gaza l'an dernier et s'est rendu à la COP27 organisée en novembre à Charm el-Cheikh.


Trump et Netanyahu sur le Liban, un « petit différend »

Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
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  • "Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré
  • "Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend"

EVIAN: Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille.

"Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré.

"Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend".

Le président américain a indiqué que le protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "bientôt", "peut-être" jeudi ou vendredi.

La signature a été annoncée pour vendredi à Genève.

Interrogé sur son intention de rester en Europe pour la signature, il a répondu qu'il "pourrait" rester, tout en ajoutant: "Ce n'est pas le genre de document que je devrais signer".

Sur "la partie libanaise, c'est une chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu", a reconnu Donald Trump, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe armé pro-iranien Hezbollah au Liban.

"C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit", a également commenté Donald Trump, estimant que "le vrai sujet, c'est l'accord avec l'Iran".

Car "c'est là qu'est l'argent, là que se trouvait le pouvoir", a-t-il ajouté.

Il a en outre répété que les Etats-Unis "prendront" l'uranium hautement enrichi de l'Iran même s'il est "sans valeur".

Le président américain a par ailleurs promis une discussion "parallèle" avec les pays du Golfe portant sur les missiles balistiques.

Ces pays ont été la cible des frappes de Téhéran durant la guerre américano-israélienne contre la République islamique iranienne.

Donald Trump était depuis lundi à Evian, station thermale des Alpes, pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de sept des plus grandes puissances industrialisées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Il prolonge son séjour en France avec un dîner au château de Versailles avec Emmanuel Macron.


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
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  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon l'Iran

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.