De l’énergie et l’innovation à la culture et au tourisme, les liens entre l'Italie et l'Arabie saoudite plus forts que jamais

De l’énergie et l’innovation à la culture et au tourisme, les liens entre l'Italie et l'Arabie saoudite sont plus forts que jamais (Photo, Shutterstock)
De l’énergie et l’innovation à la culture et au tourisme, les liens entre l'Italie et l'Arabie saoudite sont plus forts que jamais (Photo, Shutterstock)
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Publié le Samedi 17 décembre 2022

De l’énergie et l’innovation à la culture et au tourisme, les liens entre l'Italie et l'Arabie saoudite plus forts que jamais

  • Les échanges commerciaux entre l'Arabie saoudite et l'Italie ont dépassé 8 milliards de dollars en 2021
  • Des entreprises saoudiennes de logistique, de pétrochimie et de télécommunications s'implantent en Italie

RIYAD: En février 1932, l'Arabie saoudite et l'Italie signaient un traité d'amitié qui a marqué le début des relations bilatérales entre les deux pays. 90 ans plus tard, ce partenariat est plus riche que jamais.

En 2021, les échanges commerciaux entre l'Arabie saoudite et l'Italie ont dépassé 8 milliards de dollars, un chiffre supérieur à la période antérieure à la pandémie, ce qui témoigne d'une intensification des relations économiques entre les deux pays. 

L'Italie est actuellement le septième plus gros exportateur vers l'Arabie saoudite et le deuxième au sein de l'Union européenne. Quant au Royaume, il se positionne au 21e rang des exportateurs de l'Italie, fournissant environ 9 % des importations de pétrole de l'Arabie saoudite.

L'avancée de l'Arabie saoudite dans le secteur des affaires grâce à la diversification économique pourrait également profiter à un partenaire stratégique fort comme l'Italie. 

Le pavillon italien au salon SaudiBuild comprend plus de 25 entreprises exposant des matériaux et des technologies avancés et durables pour la construction (Photo, Twitter @ItalyinKSA).
Le pavillon italien au salon SaudiBuild comprend plus de 25 entreprises exposant des matériaux et des technologies avancés et durables pour la construction (Photo, Twitter @ItalyinKSA).

Fidèle aux objectifs de la Vision 2030, l'Arabie saoudite diversifie progressivement son économie qui dépend du pétrole depuis plusieurs décennies. Le Royaume envisage désormais de devenir l'une des principales destinations touristiques du monde d'ici à 2030, tout en accélérant le flux d'investissements directs étrangers qu’il accueille.

Grâce à plusieurs réformes réglementaires et à la création d'un environnement favorable aux affaires, l'Arabie saoudite parvient à attirer en son sein des entreprises étrangères.

Ces entreprises bénéficient de tous les avantages, garanties et aides offerts aux entités saoudiennes, et le gouvernement autorise même la propriété étrangère à part entière dans la plupart des secteurs.

Jusqu'à présent, les dépenses d'investissement de l'Italie en Arabie saoudite se concentraient principalement sur l'industrie manufacturière et le commerce de gros et de détail, mais ces réformes réglementaires pourraient permettre aux entrepreneurs italiens de se lancer dans d'autres secteurs dans le Royaume.

Parallèlement, des entreprises saoudiennes s'implantent également en Italie, la plus importante étant SABIC.

en bref

Environ 160 entreprises italiennes opèrent en Arabie saoudite dans les secteurs suivants: services de gestion et de conseil, projets d'ingénierie et de construction, télécommunications, soins de santé, intelligence artificielle, nouvelles technologies, art et culture, énergies renouvelables et autres.

D'autres grandes entreprises saoudiennes opèrent en Italie, notamment Saudi Arabian Airlines dans les secteurs de la logistique et du stockage, et Gulf Infonet dans le secteur des télécommunications.

En juin dernier, dans une interview exclusive accordée à Arab News en marge de la Commission conjointe italo-saoudienne, Luigi Di Maio, ministre italien des Affaires étrangères de l’époque, a souligné l'importance de consolider les relations historiques de son pays avec le Royaume.

« L'Italie a été l'un des premiers pays à établir des relations diplomatiques avec le Royaume d'Arabie saoudite au début des années 1930 et 2022. Cet anniversaire marque une étape importante dans notre amitié de longue date », avait-il déclaré.

décryptage en chiffres:

* 4,5 milliards de dollars d'investissements directs étrangers de l'Italie vers l'Arabie saoudite en 2020.

Di Maio a en outre noté que les entreprises italiennes de haute technologie pourraient contribuer à la diversification économique de l'Arabie saoudite, en particulier dans les domaines du développement durable et de la transition énergétique. 

En marge de l'événement, la Commission spatiale saoudienne (CSS) a signé un protocole d'accord avec l'Agence spatiale italienne (ASI) afin de collaborer sur des projets d'intérêt commun en matière d'observation de la Terre, de technologie et de communication dans l'espace lointain, de missions scientifiques et de programmes d'exploration humaine, ainsi que sur des efforts conjoints en matière de satellites et de formation. 

« L'ASI et la CSS s'accordent pour coopérer à travers l'échange d'informations et de données scientifiques, l'organisation conjointe de séminaires et d'ateliers et l'élaboration de projets et d'activités de recherche communs», a déclaré un porte-parole de l'ASI à Arab News.

L'Arabie saoudite et l'Italie bénéficient déjà d'échanges bilatéraux importants dans les domaines de l'énergie, de l'innovation, des machines et de l'espace. À l'heure où les deux pays célèbrent le 90e anniversaire de leurs relations diplomatiques, ces liens pourraient également s'étendre à d'autres secteurs comme la culture et le tourisme.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Retrait prochain des soldats américains de Syrie, selon la presse

Retrait prochain des soldats américains de Syrie, selon la presse
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  • Les États-Unis prévoient de retirer leurs 1.000 soldats de Syrie dans les deux prochains mois, selon le Wall Street Journal et CBS, après l’extension du contrôle du gouvernement syrien sur le territoire
  • Washington recentre son attention militaire sur l’Iran, avec des porte-avions déployés dans le Golfe et des frappes envisagées si aucun accord n’est trouvé sur le nucléaire iranien

WASHINGTON: Les Etats-Unis prévoient de retirer l'ensemble de leurs 1.000 soldats de Syrie au cours des deux prochains mois, selon la presse américaine.

Washington mettra fin à sa présence dans le pays, a indiqué le Wall Street Journal, après que le gouvernement syrien a étendu son contrôle sur le territoire et a annoncé fin janvier être parvenu à un accord pour intégrer à l'Etat syrien les Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes, qui jouaient un rôle clé dans la lutte contre l'Etat islamique (EI).

Le média CBS a également fait état de ce projet, citant des responsables américains sous couverts d'anonymat.

Les forces américaines présentes en Syrie ont récemment amorcé leur retrait, notamment la semaine dernière des bases d'al-Tanf et d'al-Chaddadi, utilisées dans le cadre de la lutte menée par la coalition internationale contre le groupe Etat islamique (EI).

Les Etats-Unis avaient soutenu les forces kurdes dans leur lutte contre les jihadistes de l'EI à partir de 2014.

Mais après le renversement de Bachar al-Assad fin 2024 et l'arrivée au pouvoir de l'islamiste Ahmad al-Chareh, ils ont soutenu le nouveau président dans sa détermination à imposer son autorité sur l'ensemble du territoire.

Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio s'est félicité dimanche de "la trajectoire" suivie par la Syrie, malgré "des jours difficiles".

Dernièrement, les Etats-Unis rassemblent aussi leur attention et leurs capacités militaires autour de l'Iran, qu'ils menacent de frapper si les deux ennemis ne parvenaient pas à conclure un accord au sujet du programme nucléaire iranien.

CNN et CBS ont rapporté mercredi que l'armée américaine était prête à mener des frappes sur l'Iran dès ce week-end, même si Donald Trump n'a selon eux pas encore pris de décision finale.

Washington a dépêché deux porte-avions dans le Golfe et dispose aussi de dizaines de milliers de soldats dans des bases à travers la région.

Sollicité, le Pentagone n'a pas donné de réponse dans l'immédiat à une demande de commentaires.


La médiation saoudienne permet la libération de détenus pakistanais en Afghanistan

Les trois Pakistanais ont été remis à la délégation saoudienne en visite. (X/@Zabehulah_M33)
Les trois Pakistanais ont été remis à la délégation saoudienne en visite. (X/@Zabehulah_M33)
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  • Le porte-parole du gouvernement afghan a indiqué que les détenus ont été libérés en signe de bonne volonté

DUBAÏ : L’Arabie saoudite a facilité la libération de trois détenus pakistanais retenus en Afghanistan, suite à une demande du Royaume et à la visite d’une délégation saoudienne à Kaboul avant le mois sacré du Ramadan.

Le porte-parole du gouvernement afghan, Zabihullah Mujahid, a déclaré mardi que les détenus avaient été libérés en signe de bonne volonté, reflétant la politique de l’Afghanistan de maintenir des relations positives avec les autres pays et en reconnaissance des efforts de médiation saoudiens.

Les trois Pakistanais avaient été capturés lors d’affrontements frontaliers entre les forces afghanes et pakistanaises le 12 octobre 2025, et ont été remis à la délégation saoudienne en visite.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Israël accusé de vouloir étendre Jérusalem vers la Cisjordanie

Des ONG israéliennes ont dénoncé mardi un projet gouvernemental prévoyant la construction d'une nouvelle colonie en bordure de Jérusalem, qui reviendrait selon elles à étendre la ville en empiétant sur la Cisjordanie, occupée depuis 1967. (AFP)
Des ONG israéliennes ont dénoncé mardi un projet gouvernemental prévoyant la construction d'une nouvelle colonie en bordure de Jérusalem, qui reviendrait selon elles à étendre la ville en empiétant sur la Cisjordanie, occupée depuis 1967. (AFP)
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  • Ces mesures ont été qualifiées d'"illégales" par l'ONU et nombre de capitales arabes et occidentales, alors que la croissance des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée atteint un niveau record
  • Le ministère de la Construction et du Logement a annoncé le 3 février un projet d'extension vers l'ouest de la colonie de Geva Binyamin, ou Adam, située en Cisjordanie occupée, qui aboutirait à la création d'un nouveau quartier en bordure de Jérusalem-Est

JERUSALEM: Des ONG israéliennes ont dénoncé mardi un projet gouvernemental prévoyant la construction d'une nouvelle colonie en bordure de Jérusalem, qui reviendrait selon elles à étendre la ville en empiétant sur la Cisjordanie, occupée depuis 1967, à l'heure où les critiques se multiplient face à une annexion rampante du territoire.

Ce projet, encore au stade initial, a été publié début février alors que différentes mesures gouvernementales visant à renforcer le contrôle israélien sur la Cisjordanie font redouter une annexion par Israël de ce territoire palestinien.

Ces mesures ont été qualifiées d'"illégales" par l'ONU et nombre de capitales arabes et occidentales, alors que la croissance des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée atteint un niveau record.

Le ministère de la Construction et du Logement a annoncé le 3 février un projet d'extension vers l'ouest de la colonie de Geva Binyamin, ou Adam, située en Cisjordanie occupée, qui aboutirait à la création d'un nouveau quartier en bordure de Jérusalem-Est, la partie de la ville sainte occupée et annexée par Israël en 1967 après la conquête de la Cisjordanie.

Les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est, dont l'annexion n'est pas reconnue par la communauté internationale, la capitale du futur Etat auquel ils aspirent.

Un projet "symbolique" 

Le nouveau projet, selon le ministère, prévoit la construction de "2.780 unités de logement et une vaste modernisation des infrastructures" dans le cadre de l'extension de Geva Binyamin, pour un montant d'environ 120 millions de shekels (33 millions d'euros).

Mais selon l'ONG La Paix maintenant, opposée à la colonisation, ce projet reviendrait à "une extension" pure et simple de Jérusalem en Cisjordanie, sans précédent depuis 1967.

"Le nouveau quartier sera partie intégrante de la ville de Jérusalem et en particulier de la colonie de Neve Yaakov, construite dans le nord de Jérusalem", a expliqué mardi à l'AFP Lior Amihai, directeur exécutif de La Paix maintenant.

"Ce qui est unique dans ce cas, c'est que le quartier sera relié directement à Jérusalem (...) mais se trouvera intégralement sur le territoire de la Cisjordanie, adjacent à Jérusalem", a-t-il ajouté, en voyant dans ce projet une dimension "symbolique".

"Tout changement touchant à Jérusalem est sensible, pour l'opinion israélienne mais aussi pour les Palestiniens", souligne-t-il.

"Comme des habitants de Jérusalem" 

Aviv Tatarsky, un chercheur de l'ONG Ir Amim, qui travaille sur la place de Jérusalem dans le conflit israélo-palestinien, affirme lui aussi que ce projet équivaut dans les faits à une expansion de la ville.

"Si des gens y vivent, ils vivront là comme des habitants de Jérusalem", a-t-il déclaré à l'AFP. "Dans la pratique, ce n'est pas la colonie qui sera étendue, mais Jérusalem".

A l'heure où une annexion formelle reste difficilement réalisable, "il est beaucoup plus facile de créer une situation de fait sur le terrain", ajoute le chercheur.

La Paix maintenant a souligné, dans un communiqué illustré par une carte, que le nouveau quartier serait séparé de la colonie d'Adam par le mur érigé par Israël dans les années 2000, qui longe la quasi-totalité de la frontière avec la Cisjordanie mais dont le tracé à cet endroit ne suit pas exactement la limite administrative et dévie vers l'est en contournant une colline.

Il n'existera donc "aucune connexion territoriale" entre la nouvelle colonie et celle d'Adam, ajoute l'ONG.

Hormis Jérusalem-Est, plus de 500.000 Israéliens vivent aujourd'hui en Cisjordanie dans des colonies que l'ONU juge illégales au regard du droit international, au milieu de quelque trois millions de Palestiniens.

La colonisation s'est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens, de gauche comme de droite depuis 1967. Elle s'est nettement intensifiée sous l'actuel gouvernement dirigé par Benjamin Netanyahu, l'un des plus à droite de l'histoire d'Israël, en particulier depuis le début de la guerre à Gaza le 7 octobre 2023.

L'expansion de la colonisation juive en Cisjordanie est considérée par l'ONU, avec la poursuite des violences entre populations locales palestiniennes, colons juifs et armée israélienne, comme l'un des principaux obstacles à la résolution du conflit israélo-palestinien.

La croissance des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée a atteint en 2025 un niveau record depuis le début du suivi de l'ONU en 2017, selon un rapport de l'ONU.