Mondial: les Bleus, vaisseau-amiral de Nike dans le football

L'attaquant français Kylian Mbappe assiste à une séance d'entraînement au centre d'entraînement Al Sadd SC à Doha le 16 décembre 2022, lors de la Coupe du monde de football Qatar 2022. (AFP)
L'attaquant français Kylian Mbappe assiste à une séance d'entraînement au centre d'entraînement Al Sadd SC à Doha le 16 décembre 2022, lors de la Coupe du monde de football Qatar 2022. (AFP)
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Publié le Samedi 17 décembre 2022

Mondial: les Bleus, vaisseau-amiral de Nike dans le football

  • Annoncé en 2016, ce partenariat était le plus élevé au monde pour une sélection nationale, peu ou prou à égalité avec celui qui lie Adidas à l'Allemagne pour la même période
  • Cette fois encore, il est peu probable que Nike produise massivement des articles qu'il ne pourra peut-être jamais vendre en cas de défaite des Bleus

LONDRES: Avec un titre mondial remporté en 2018 et peut-être un deuxième dimanche, l'équipe de France de football et son méga-contrat de plus de 50 millions d'euros par an est devenue le joyau de l'équipementier américain Nike dans le football international.

Annoncé en 2016, pour couvrir la période de 2018 à 2026, ce partenariat était le plus élevé au monde pour une sélection nationale, peu ou prou à égalité avec celui qui lie Adidas à l'Allemagne pour la même période, mais avec beaucoup moins de succès.

Fidèle depuis 60 ans à la marque aux trois bandes, l'Allemagne avait été éliminée au premier tour en Russie et elle a connu la même mésaventure au Qatar en finissant troisième de sa poule, derrière le Japon et l'Espagne.

Adidas sera toutefois représenté en finale, mais par l'Argentine et Lionel Messi (sous contrat personnellement avec la marque aux trois bandes), et la rivalité sportive se doublera d'une rivalité financière entre les deux géants: on estime à 30% la hausse des ventes de maillots de football en année de Coupe du monde, mais un titre mondial doperait encore ce chiffre.

Nike a mis le paquet 

L'enjeu est de taille pour Nike qui n'a fait son entrée dans le cercle des équipementiers au Mondial de football qu'en 1998 et entend bien ajouter un troisième trophée mondial à son palmarès après le Brésil en 2002 et la France il y a quatre ans, alors qu'Adidas en a déjà six.

Nike avait d'ailleurs mis le paquet pour devenir le fournisseur officiel des Tricolores.

Le contrat signé en 2008, qui a pris effet en 2011, s'élevait à l'époque à 42,6 millions d'euros par an, un montant déjà record et plus de quatre fois supérieur à ce que la FFF percevait jusqu'alors d'Adidas.

Il a été renégocié par le président Noël Le Graët pour le porter à un peu plus de 50 millions d'euros par an, en augmentant non pas la part financière mais la dotation en matériel, environ 12 millions d'euros par saison, pour les 18 sélections nationales mais aussi les clubs amateurs pour la Coupe de France, qui bénéficient désormais de tarifs préférentiels pour s'équiper avec la marque américaine.

Depuis ce premier "gros coup", Nike s'est taillée la part du lion puisqu'elle était la mieux représentée au coup d'envoi du Mondial au Qatar, avec 13 équipes sur 32 sous contrat. C'est-à-dire autant qu'Adidas (sept) et Puma (six), respectivement deuxième et troisième, réunis.

«Partenariat emblématique»

"Nous avons fièrement sponsorisé la FFF depuis 2011 et cela reste un de nos partenariats les plus emblématiques", a expliqué Nike dans un communiqué à l'AFP.

"Nous leur souhaitons bonne chance pour la finale ce week-end", a ajouté l'entreprise, qui s'est en revanche montrée bien moins loquace sur les chiffres de vente de maillots réalisées ou espérées, ni sur l'éventuelle anticipation de la fabrication d'un maillot à trois étoiles, en cas de victoire.

Le sacre des Bleus en Russie avait pourtant donné lieu à -si ce n'est un couac- un retard à l'allumage dans la mise à disposition de la version deux étoiles.

Quelques dizaines de milliers de maillots avaient été écoulés dans les semaines qui avaient immédiatement suivi la victoire contre la Croatie (4-2) en finale.

Par la suite, les versions "replica", moins onéreuses (80 euros) que les versions "match" (130 euros), étaient arrivées au compte-goutte et à partir de l'automne seulement, en raison des délais de fabrication et de livraison depuis la Thaïlande où se trouvaient les usines.

Cette fois encore, il est peu probable que Nike produise massivement des articles qu'il ne pourra peut-être jamais vendre en cas de défaite des Bleus et, dans un premier temps du moins, les éventuels maillots trois étoiles risquent d'être réservés à quelques "happy few".

Signe de fébrilité face à ce précédent de 2018? La marque à la virgule a en tout cas mis en ligne vendredi une annonce sur la vente d'un maillot "trois étoiles" des Bleus, avant de la retirer aussi vite, selon plusieurs médias.


Dans le quartier de Belleville à Paris, un ramadan entre ferveur et inquiétude

Pendant tout le ramadan, Belleville vit au rythme des préparatifs de l’iftar : les plateaux croulent sous les victuailles, les files s’allongent devant les boucheries halal et les pâtisseries. (AFP)
Pendant tout le ramadan, Belleville vit au rythme des préparatifs de l’iftar : les plateaux croulent sous les victuailles, les files s’allongent devant les boucheries halal et les pâtisseries. (AFP)
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  • Les commerçants installent leurs tables devant les boutiques, les passants déambulent sacs à la main et la foule compacte se presse pour préparer la rupture du jeûne
  • L’atmosphère est festive, vibrante, presque irréelle. Pourtant, derrière l’abondance et les odeurs alléchantes, une gravité inhabituelle imprègne ce mois sacré

PARIS: Des étals chargés de pâtisseries, d’épices et d’olives, des pains encore tièdes, des galettes dorées, des montagnes de dattes et des rangées de sodas. Comme chaque année, le traditionnel marché du ramadan a investi les trottoirs du boulevard de Belleville (dans le XIe arrondissement de Paris), transformant le lieu en un vaste théâtre gourmand à ciel ouvert.

Les commerçants installent leurs tables devant les boutiques, les passants déambulent sacs à la main et la foule compacte se presse pour préparer la rupture du jeûne. L’atmosphère est festive, vibrante, presque irréelle. Pourtant, derrière l’abondance et les odeurs alléchantes, une gravité inhabituelle imprègne ce mois sacré.

belleville

Pendant tout le ramadan, Belleville vit au rythme des préparatifs de l’iftar : les plateaux croulent sous les victuailles, les files s’allongent devant les boucheries halal et les pâtisseries. Certains restaurants ont même fermé leur salle pour la transformer en cuisine de production, où l’on pétrit du pain à la chaîne, nature ou farci.

Pour les commerçants, c’est le moment le plus intense de l’année : les odeurs de pain grillé et de pâtisseries au miel attirent les passants, souvent sans idée précise de ce qu’ils vont acheter. « On ne sait jamais vraiment ce qu’on vient chercher, mais on trouve toujours ce qui nous plaît », sourit Nahel, venu faire ses courses avec sa fille, dans ses sacs : des feuilles de brick, de la crème et du pain arabe.

À Belleville, la fête déborde largement du cadre culinaire

Le marché est devenu bien plus qu’un lieu d’approvisionnement : c’est un rendez-vous collectif, un moment attendu, une tradition solidement ancrée dans la vie du quartier. À Belleville, la fête déborde largement du cadre culinaire ; même les commerces qui ne vendent habituellement pas de nourriture participent.

Monsef, gérant d’une boutique de téléphonie, a installé devant sa vitrine des cageots de menthe et de fruits. « Ça ne rapporte pas grand-chose, mais on veut faire partie de la fête », explique-t-il.

Pour beaucoup, le ramadan est avant tout un temps de lien social et de générosité : les repas partagés se multiplient, les dons aussi. « On distribue des repas, on aide les plus démunis, on se rend davantage à la mosquée ; le mois sacré reste un moment de spiritualité et de solidarité », indique un restaurateur.

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Mais cette année, la ferveur est traversée par une inquiétude persistante : les conversations glissent régulièrement vers l’actualité internationale marquée, depuis quelques jours, par la guerre au Proche-Orient. Impossible pour certains de ne pas penser à ce qui se passe à Gaza ou, plus largement, dans l’ensemble de la région. « Quand on voit qu’ici on profite du ramadan et qu’ailleurs certains vivent sous les bombes, ça met mal à l’aise », confie Majid, commerçant.

Les télévisions allumées au moment de la rupture du jeûne en témoignent : certains préfèrent les séries traditionnelles du mois sacré, d’autres suivent en continu les chaînes d’information. La fête existe, mais elle est plus grave, plus retenue, comme si la joie devait désormais cohabiter avec l’inquiétude.

À cela s’ajoute une autre préoccupation : le budget. Car le ramadan reste un mois de générosité et d’abondance, mais cette abondance a un prix. Les commerçants constatent que les habitudes changent : les clients comparent davantage, achètent plus prudemment ; l’inflation est dans tous les esprits. « Les prix ont augmenté comme tout le reste, observe un épicier. Même si les gens ne le disent pas toujours, on sent qu’ils sont touchés. »

Pour beaucoup de familles modestes, le mois sacré exige une véritable préparation financière : certains mettent de l’argent de côté toute l’année pour pouvoir garnir la table plus généreusement qu’à l’ordinaire. Car le ramadan est aussi une fête domestique, rythmée par les invitations, les repas partagés et l’abondance symbolique, mais cette générosité pèse.

« On dépense beaucoup. On est obligés de prévoir, sinon on ne s’en sort pas », reconnaît une habituée du quartier, venue acheter des pâtisseries qui lui rappellent son pays d’origine, la Tunisie, et plus précisément Tunis.

belleville

Pour les habitants issus de l’immigration, le ramadan à Belleville est aussi une manière de recréer un peu du pays quitté : les saveurs, les odeurs, les produits traditionnels permettent de maintenir un lien affectif avec les racines. Certains viennent même de loin pour retrouver cette ambiance. Salma, franco-libanaise, a fait le déplacement simplement pour ressentir cette atmosphère familière, qui la rapproche de ses souvenirs malgré la distance et les inquiétudes liées à l’actualité de sa région d’origine.

Entre abondance et retenue, joie et gravité, le ramadan 2026 s’inscrit dans une époque troublée. À Belleville, on continue de célébrer, de partager, mais cela n’atténue pas le ressentiment face aux souffrances du monde et aux difficultés du quotidien.


Frappes iraniennes: la France prête à «participer» à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie

 La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
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  • "Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté
  • "Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé

PARIS: La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères.

"Aux pays amis qui ont été ciblés délibérément par les missiles et les drones des Gardiens de la révolution et entraînés dans une guerre qu'ils n'avaient pas choisie -Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Irak, Bahreïn, Koweït, Oman et Jordanie- la France exprime son soutien entier et sa pleine solidarité. Elle se tient prête (...) à participer à leur défense", a affirmé Jean-Noël Barrot lors d'une conférence de presse.

"Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté.

"Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé.

Le ministre a appelé à la "désescalade". "L'escalade militaire doit cesser au plus vite", a-t-il répété. "La prolongation indéfinie des opérations militaires sans but précis emporte le risque d'un engrenage qui entraînerait l'Iran et la région dans une longue période d'instabilité".

"Au Liban, le Hezbollah a commis une lourde faute, dont la population a payé ce matin le prix avec des dizaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés, en rejoignant un conflit dans lequel les autorités, comme le peuple libanais, refusent d'être entraînées", a-t-il poursuivi, appelant le Hezbollah à "mettre immédiatement un terme à ces opérations".

 


France - Liban: Report de la conférence de soutien aux forces libanaises

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  • À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises
  • Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté

PARIS: Le président du Liban, Joseph Aoun, et son homologue de la France, Emmanuel Macron, se sont entretenus le 1er mars afin d’examiner les derniers développements affectant la sécurité régionale, y compris celle de pays alliés, selon un communiqué conjoint.

À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises, initialement prévue le 5 mars à Paris. Les conditions actuelles, marquées par une conjoncture régionale tendue, n’étaient pas réunies pour maintenir l’événement à la date prévue.

Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté.

Ils ont également affirmé que Beyrouth, Paris et leurs partenaires internationaux continueront à coordonner leurs efforts afin de soutenir ces objectifs dans un contexte régional jugé particulièrement sensible.