Euronews contrainte une nouvelle fois de se réinventer, avec des départs à la clef

Le président du directoire Michael Peters a présenté mardi aux organisations syndicales un plan de redéploiement des effectifs (Photo, AFP)
Le président du directoire Michael Peters a présenté mardi aux organisations syndicales un plan de redéploiement des effectifs (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 18 novembre 2020

Euronews contrainte une nouvelle fois de se réinventer, avec des départs à la clef

  • Le nouveau plan ne prévoit « aucune économie » sur la rémunération des salariés, a assuré M. Peters
  • « On s'attendait à des annonces », notamment du fait de l'impact « catastrophique » de la crise sanitaire

LYON : Victime de la crise sanitaire, qui a accéléré le phénomène d'érosion des recettes publicitaires constaté par les chaînes internationales d'information, Euronews est une nouvelle fois contrainte de se réinventer, avec encore des suppressions d'emploi à la clef.

Le président du directoire Michael Peters a présenté mardi aux organisations syndicales un plan de redéploiement des effectifs, qui devrait déboucher sur la perte d'une cinquantaine d'emplois.

Quelques créations de postes devraient permettre de contenir le nombre de départs dans une fourchette de 30 à 40. Le groupe Euronews emploie actuellement quelque 900 personnes - dont 500 en CDI.

M. Peters a expliqué qu'il était difficile de chiffrer plus précisément le nombre de suppressions d'emplois car des salariés vont se voir proposer une modification de leur contrat de travail, qu'ils sont libres de refuser.

La chaîne internationale, dont le siège est à Lyon, était déjà passée par cet exercice en 2017, lorsqu’elle avait abandonné son traditionnel multiplex pour proposer douze chaînes linguistiques avec chacune sa logique rédactionnelle propre. Le groupe avait à cette occasion enregistré 90 départs.

Le nouveau plan ne prévoit « aucune économie » sur la rémunération des salariés, a assuré M. Peters.

« On s'attendait à des annonces », notamment du fait de l'impact « catastrophique » de la crise sanitaire, a relevé Pierre Assemat, secrétaire du CSE de l'entreprise.

« C'est un moment compliqué à vivre pour tout le monde, surtout dans les services les plus impactés, comme la régie et la vidéothèque, où il n'y a pas de possibilité de reclassement », a ajouté l'élu CGT (majoritaire). « Certains refusent ce plan mais il sera difficile d'inverser la tendance », a-t-il concédé.

Chute de la pub

Sur la base de ses contacts avec ses homologues des autres chaînes d'info internationales, le patron d'Euronews estime que la profession a dû faire face depuis le début de la crise sanitaire à une chute de 35% à 50% de ses recettes publicitaires.

Mais l'épidémie n'a fait qu'accélérer une tendance de fond, selon lui: « aujourd'hui, les marques n'ont plus envie d'associer leur nom à de l'information qui n'est +que du malheur+, qui parle de guerre, d'épidémies, de corruption... »

Or, si la chaîne a vu ses recettes publicitaires chuter, en dépit d'audiences « qui n'ont jamais été aussi bonnes », elle n'a pas pu réduire ses coûts en proportion et n'a pas bénéficié d'aides publiques.

« Il nous faut continuer à investir des dizaines de millions dans la production de +hard news+ qui ne sont plus rentables, tout en investissant dans de nouveaux contenus qui, eux, peuvent être monétisables », résume M. Peters.

Verticales

Vu la petite taille de la société, qui réalise 80 millions d'euros de chiffre d'affaires, la solution passe donc par des redéploiements, accompagnés d'un effort de réduction des coûts, et la poursuite de la création de déclinaisons de la chaîne en franchise, estime-t-il.

Euronews, qui avait perdu au printemps le soutien de son puissant partenaire et actionnaire américain NBC, a déjà rapatrié en France la production de sa déclinaison africaine Africanews pour faire des économies.

Les nouveaux moyens humains dégagés grâce à cette restructuration seront affectés à la création de « verticales », des mini-chaînes thématiques sur le modèle de CNN Money (finances personnelles) ou CNN Travel (voyages), auxquelles « les marques de nos annonceurs pourront plus facilement s'associer ».

Euronews a déjà lancé « Living » (enjeux écologiques) et « Travel ». Dans les tuyaux: des verticales sur la culture, l'économie, les technologies. M. Peters « croit aussi beaucoup » au projet « Hope » de diffusion d'informations « positives et inspirantes ».


Journée mondiale des réfugiés: le courage en ligne de mire

Une artiste réfugiée de Syrie a conçu une œuvre d'art unique qui illustre parfaitement le courage et l'esprit de ces gens qui fuient la guerre et la pauvreté. (@RESCUE_UK/Diala Brisly)
Une artiste réfugiée de Syrie a conçu une œuvre d'art unique qui illustre parfaitement le courage et l'esprit de ces gens qui fuient la guerre et la pauvreté. (@RESCUE_UK/Diala Brisly)
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  • «La solidarité entre les réfugiés est une chose très importante»
  • «Le courage, c'est de connaître la peur, toutes ces inquiétudes, tous ces traumatismes, et de continuer malgré tout à trouver l'énergie nécessaire pour persévérer»

LONDRES: Une artiste réfugiée de Syrie a conçu une œuvre d'art singulière qui illustre parfaitement le courage et l'esprit de ces gens qui fuient la guerre et la pauvreté.

À l'occasion de la Journée mondiale des réfugiés 2021, célébrée dimanche dernier, Diala Brisly a créé une peinture murale dont le thème est «le courage qu'il faut pour fuir son pays».

Cette œuvre, commandée par l'International Rescue Committee, représente plusieurs personnes avec, à l’arrière-plan, une ville bombardée.

Mme Brisly vit aujourd’hui en toute sécurité en France. Elle explique que son œuvre représente «l'énergie qu'il faut pour continuer à vivre au-delà de la peur, des traumatismes et des bouleversements». Elle précise que le message véhiculé par son œuvre – «Les réfugiés ont du courage» – vise à exprimer la substance même du déracinement forcé.

«Je suis très attachée à cette formule qui montre la force qui est la nôtre en dépit de tous les problèmes que nous rencontrons», confie-t-elle.

L'œuvre d'art représente des personnes issues de différentes ethnies, des enfants, un homme qui porte un gilet de sauvetage – objet indispensable aux réfugiés, notamment à ceux d’entre eux qui traversent la Méditerranée.

«La solidarité entre les réfugiés est une chose très importante. Je crois en la solidarité entre tous les peuples. Lorsque la lutte nous unit et que nous comprenons la douleur de l'autre, nous pouvons nous entraider, parce que nous vivons les mêmes choses», affirme Mme Brisly.

«Les médias mettent l’accent sur les réfugiés lorsqu'ils sont au milieu de la mer. Il est pourtant essentiel de comprendre que la crise n'a pas commencé en Méditerranée, mais bien avant», explique-t-elle. 

«Le courage, pour moi, c'est de connaître la peur, toutes ces inquiétudes, tous ces traumatismes, et de continuer malgré tout à trouver l'énergie nécessaire pour persévérer», poursuit-elle.

Au cours de la révolution contre le régime de Bachar al-Assad, les journalistes ont enrichi leurs reportages d’œuvres de Brisly.

Cependant, l’artiste explique que cette exposition l'a mise en danger: elle a dû fuir la Syrie pour gagner la France, en passant par la Turquie.

Elle met désormais son talent au service d'œuvres émouvantes qui défendent les causes auxquelles elle croit. Par ailleurs, elle anime des ateliers d'art-thérapie destinés aux enfants touchés par la guerre.

Selon l'agence des Nations unies pour les réfugiés, près de 82,4 millions de personnes ont été arrachées à leur pays en 2020 pour fuir la guerre, la violence, les persécutions et les violations des droits de l'homme.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.


Giorgio Armani, entre retour aux sources et légèreté

Des mannequins présentent des créations pour la collection de mode Homme Printemps-Été 2022 de Giorgio Armani le 21 juin 2022 lors de la Fashion Week de Milan. (Photo, AFP)
Des mannequins présentent des créations pour la collection de mode Homme Printemps-Été 2022 de Giorgio Armani le 21 juin 2022 lors de la Fashion Week de Milan. (Photo, AFP)
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  • La maison de luxe italienne avait été la première à annoncer le retour du public fin mai, après avoir été la première à y renoncer en février 2020,
  • Cette collection printemps-été 2022 intitulée «Retour où tout a commencé», donc via Borgonuovo 21, et présentée lors de deux défilés successifs, revendique le classicisme de la griffe

MILAN: Le maître de la mode italienne Giorgio Armani, 86 ans, a signé lundi son retour aux sources, avec une collection masculine très attendue, mêlant liberté de mouvement et extrême élégance, point culminant de la Fashion week de Milan.

Aux antipodes de la mode-spectacle que le styliste a toujours refusée, les mannequins ont défilé dans un cadre verdoyant et intimiste, au sein de son siège historique de la via Borgonuovo, tout près du quartier de la mode.

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(Photo, AFP)

Souriant, teint toujours hâlé, cheveux blancs et yeux bleus, le vétéran de la mode italienne, au bras de son collaborateur de longue date Leonardo dell'Orco, a été vivement applaudi à l'issue du défilé.

La maison de luxe italienne avait été la première à annoncer le retour du public fin mai, après avoir été la première à y renoncer en février 2020, au début de la pandémie qui a frappé de plein fouet le pays.

Cette collection printemps-été 2022 intitulée "Retour où tout a commencé", donc via Borgonuovo 21, et présentée lors de deux défilés successifs, revendique le classicisme de la griffe, tout en le revisitant en lui injectant une touche de légèreté.

"Ma nouvelle collection reflète mon état d'esprit après la pandémie: elle est très classique dans un sens, mais aussi informelle et décontractée", a commenté Giorgio Armani devant quelques journalistes à l'issue du défilé. "Et bien sûr, je voulais que la collection porte ma marque de fabrique, une certaine élégance sans effort".

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(Photo, AFP)

Costume revisité

Le traditionnel costume est dépoussiéré, parfois raffiné parfois nonchalant, avec des ensembles gilet-veste portés sur des bermudas ou pantalons à pinces amples, assortis de chemises col Mao ou de hauts à motifs géométriques.

La veste déconstruite et non doublée, l'emblème de la marque depuis sa fondation en 1975, a été également à l'honneur, style dandy ou sportif.

La silhouette de l'homme Armani est souple et sophistiquée, les coupes sont épurées et les matières fluides, comme en apesanteur.

La collection du maestro fait la part belle au coton, au lin, à la soie ou encore au satin. La palette des teintes va du bleu, omniprésent, au beige sableux en passant par le blanc cassé sans négliger le noir, couleur fétiche de Giorgio Armani.

Des touches de rouge et de vert rappellent les couleurs présentes dans la nature, une tendance récurrente pendant la Semaine de la mode milanaise.

Armani a été le dernier des trois poids lourds à organiser des défilés physiques à Milan, après le festival de lumière offert samedi par Dolce & Gabbana au Metropol, ancien cinéma devenu quartier général de la marque, et le show d'Etro, qui a transformé dimanche des voies ferrées désaffectées en passerelle.

La grande majorité des griffes présentes à Milan ont fait le choix de diffuser sur leurs propres canaux de communication ou les réseaux sociaux des présentations enregistrées ou des courts-métrages.

S'immerger dans la nature

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(Photo, AFP)

La maison Prada a ainsi opté dimanche pour un défilé virtuel qui voit les mannequins errer dans un tunnel oppressant avant de débarquer sur une plage ensoleillée de Sardaigne, symbole de la liberté retrouvée après des sombres périodes de confinement.

"S'immerger dans la nature, aller à la plage, est synonyme de liberté. C'est utopique. C'est vraiment un besoin primaire, mais c'est aussi un besoin intellectuel", commente la styliste Miuccia Prada.

Avec son co-directeur créatif Raf Simons, la styliste remet au goût du jour le port du short ultra-court, décliné à l'infini, uni, à rayures ou à imprimés, ample ou près du corps, parfois retroussé, comme base pour une accumulation de strates successives.

A combiner à volonté, avec des blazers à coupe sartoriale, des débardeurs colorés, des vestes en cuir de veau ou encore des imperméables classiques en ciré.

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(Photo, AFP)

L'accessoire indispensable, le bob avec mini-pochette intégrée, donne des touches de vert pistache, jaune moutarde ou bleu azur à une collection où dominent le noir et le blanc.

Les vêtements sont simples, les matières souples comme le mohair léger, la batiste et la popeline.

Pour Raf Simons, cette collection printemps-été 2022 est "très pure", "pratique", mais "toujours élégante".

La présentation des collections à Milan se termine mardi à midi avant que ce petit monde ne se déplace à Paris, pour la mode masculine puis les défilés de haute couture.


George Clooney ouvre les métiers du cinéma aux lycéens défavorisés

«Notre but est de mieux refléter la diversité de notre pays. Cela implique de commencer tôt». (Photo, AFP)
«Notre but est de mieux refléter la diversité de notre pays. Cela implique de commencer tôt». (Photo, AFP)
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  • Cette initiative suit de peu l'annonce d'un projet similaire par les producteurs de musique Dr Dre et Jimmy Iovine
  • Ce programme, qui sera parrainé par Clooney lui-même, Eva Longoria ainsi que Don Cheadle, débutera à la rentrée 2022

LOS ANGELES: George Clooney et d'autres stars d'Hollywood ont annoncé lundi le lancement d'un programme éducatif destiné à préparer des lycéens de Los Angeles, défavorisés ou issus de minorités, à intégrer les métiers du cinéma.

Ce programme, qui sera parrainé par Clooney lui-même, Eva Longoria ("Desperate Housewives") ainsi que Don Cheadle (le super-héros War Machine de la saga Marvel), débutera à la rentrée 2022 et s'adressera initialement à des adolescents de 14 à 16 ans, scolarisés dans un lycée du centre-ville de Los Angeles. Il a vocation à être étendu à d'autres établissements scolaires publics de la ville.

"Notre but est de mieux refléter la diversité de notre pays. Cela implique de commencer tôt", lance George Clooney dans un communiqué annonçant la création d'un établissement qui portera ce projet, l'école Roybal de production de cinéma et de télévision.

"Cela signifie la création de programmes au lycée pour enseigner aux jeunes gens les techniques de caméra, de montage, d'effets visuels, de son, et toutes les opportunités de carrière que cette industrie peut offrir", explique l'acteur.

Cette initiative suit de peu l'annonce d'un projet similaire par les producteurs de musique Dr Dre et Jimmy Iovine, en partenariat avec d'autres établissements de la mégapole californienne.

Le district scolaire de Los Angeles, deuxième plus important du pays, compte quelque 650 000 élèves, majoritairement issus de foyers à revenus modestes et souvent de familles afro-américaines ou hispaniques.

Le manque de diversité à Hollywood, tant devant que derrière la caméra, a été souvent critiqué ces dernières années, notamment via la campagne #OscarsSoWhite lancée en 2015 pour dénoncer la prédominance des artistes blancs dans la sélection des Oscars.

Signe d'une amélioration, une étude publiée au printemps relevait que les acteurs issus des minorités ethniques ou culturelles étaient pour la première fois représentés à un niveau comparable avec leur proportion au sein de la population américaine.

Les auteurs soulignaient toutefois que les films dirigés par des femmes ou des membres d'une minorité disposaient de budgets bien inférieurs aux autres, et que les artistes latino-américains restaient nettement sous-représentés à l'écran.

Le programme promu par George Clooney proposera aussi des "stages qui aboutiront à des carrières rémunératrices", insiste l'acteur, qui fera partie du conseil d'administration comme les autres stars participant au projet.

Ce dernier "associera des enseignants avec des auteurs réputés, ainsi que des professionnels et experts de l'industrie" pour favoriser le recrutement direct de talents reflétant la diversité dans le cinéma et la télévision, a déclaré de son côté le responsable du district scolaire de Los Angeles, Austin Beutner.