Israël frappe des objectifs iraniens en Syrie

Des chars israéliens prenant part à des exercices militaires dans le Golan en août dernier. (Photo d'archives AFP).
Des chars israéliens prenant part à des exercices militaires dans le Golan en août dernier. (Photo d'archives AFP).
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Publié le Mercredi 18 novembre 2020

Israël frappe des objectifs iraniens en Syrie

  • Israël déclare avoir riposté suite aux explosifs syriens posés dans le Golan
  • Huit cibles ont été attaquées, selon l'armée israélienne, il y a au moins 10 morts selon l'OSDH

JERUSALEM:  Israël a déclaré avoir lancé mercredi des frappes aériennes contre un certain nombre de cibles de l'armée syrienne et de la force iranienne Al-Qods en Syrie après que des engins explosifs ont été placés sur le plateau du Golan, tenu par Israël.

L'agence officielle syrienne Sana a rapporté que trois militaires ont été tués et un autre blessé dans «l'agression israélienne». Selon une «source militaire» citée par Sana les batteries de la défense antiaérienne syrienne ont été activées pour contrer les frappes israéliennes, «abattant un certain nombre de missiles».

L’un des porte-parole de l'armée israélienne, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus, a déclaré pour sa part que ce sont huit cibles situées dans des zones qui s’étendent du côté syrien du plateau du Golan jusqu’à la périphérie de Damas qui ont été attaquées.

Ils comprenaient, entre autres, un quartier général iranien à l'aéroport international de Damas, un « site militaire secret » qui a servi de «centre d'accueil pour les délégations iraniennes de haut niveau lorsqu'elles viennent en Syrie pour opérer » et une base pour la 7e division des forces armées syriennes, a-t-il declaré.

Ces incidents sont intervenus par ailleurs quelques heures avant l'arrivée prévue en Israël du chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, et du ministre des Affaires étrangères de Bahreïn qui devraient discuter du dossier iranien avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu. 

«Ce que l'Iran et la Syrie ont fait: ils ont placé des engins explosifs improvisés près de la ligne Alpha pour frapper les troupes israéliennes. Ce que nous avons fait: nous venons de frapper des cibles de la Force iranienne Qods et des forces armées syriennes en Syrie», a écrit l'armée israélienne dans un communiqué.

La Force Qods est une unité d'élite des Gardiens de la révolution iraniens chargée des opérations extérieures.

Les forces israéliennes ont notamment ciblé le «quartier général iranien» en Syrie, un «site secret» qui accueille des «délégations de hauts responsables iraniens», la 7e division de l'armée syrienne et des batteries de missiles sol-air, a déclaré son porte-parole Jonathan Conricus lors d'une conférence téléphonique.

«Nous espérons que le message est bien clair et qu'il est inacceptable pour le régime syrien de permettre, de tolérer et de faciliter l'usage par les forces iraniennes de la Syrie comme rampe de lancement pour des attaques contre Israël», a ajouté M. Conricus, précisant que les frappes s'étendaient de la frontière à la périphérie de Damas.

Au moins dix combattants, dont trois officiers de la défense antiaérienne syrienne et des paramilitaires étrangers, ont été tués dans les frappes, selon un bilan fourni par une ONG.

Parmi ces dix morts figurent cinq paramilitaires «probablement de nationalité iranienne, qui appartiennent à la Force Qods», mais aussi deux combattants de milices pro-Iran, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

 «Une équipe syrienne» 

Selon Israël, les engins explosifs découverts du côté israélien de la frontière séparant de facto les deux pays qui se disputent le statut d'une portion du Golan, avaient été «placés par une équipe syrienne menée par des forces iraniennes».

Israël a effectué des centaines de frappes aériennes et de missiles sur la Syrie depuis le déclenchement de la guerre dans ce pays en 2011, ciblant les forces iraniennes et les troupes du Hezbollah libanais déployées en territoire syrien, ainsi que les troupes gouvernementales syriennes.

Déclenché par la répression de manifestations pro-démocratie, le conflit syrien s'est complexifié au fil des ans, impliquant une multitude de puissances étrangères et de groupes armés. La guerre a fait plus de 380 000 morts et des millions de déplacés.

L'Iran est un allié essentiel du président syrien, Bachar al-Assad, et l'a soutenu pendant toute la guerre en Syrie. Mais Israël voit d'un mauvais oeil la présence de forces de l'Iran, son ennemi no1, à ses portes, en Syrie. 

Israël et la Syrie, qui sont toujours techniquement en guerre, sont séparés par une frontière de facto au niveau du plateau du Golan, qu'Israël occupe depuis la fin de la Guerre des six jours en 1967.  

Pompeo à Jérusalem 

L'administration Trump avait d'ailleurs reconnu la souveraineté israélienne sur le Golan au grand bonheur de l'État hébreu.

Les frappes de mercredi sont intervenues quelques heures avant l'arrivée en Israël de M. Pompeo pour des entretiens qui devraient notamment porter sur le dossier iranien.

Selon le New York Times, Donald Trump avait sondé la semaine dernière plusieurs de ses principaux collaborateurs sur la possibilité de mener «dans les prochaines semaines» une action contre un site nucléaire iranien, mais ces collaborateurs l'ont «dissuadé d'aller de l'avant avec une frappe militaire».

Donald Trump, qui doit quitter la Maison-Blanche en janvier en raison de sa défaite face au démocrate Joe Biden lors de la présidentielle du 3 novembre, mène depuis des années une politique qu'il qualifie de «pression maximale» contre l'Iran.

M. Trump a retiré les États-Unis de l'Accord international sur le dossier nucléaire iranien conclu en 2015, l'estimant insuffisant, et a rétabli des sanctions contre Téhéran.


Le Liban oeuvre à «un retrait israélien global», dit son Premier ministre depuis le sud du pays

Le Liban oeuvre à un "retrait israélien global", a affirmé mercredi son Premier ministre Nawaf Salam, depuis la localité du sud où l'armée libanaise s'est déployée la veille, en application d'un accord avec Israël. (AFP)
Le Liban oeuvre à un "retrait israélien global", a affirmé mercredi son Premier ministre Nawaf Salam, depuis la localité du sud où l'armée libanaise s'est déployée la veille, en application d'un accord avec Israël. (AFP)
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  • "Nous continuerons à mobiliser les efforts politiques et diplomatiques pour parvenir à un retrait israélien global du sud", a dit le chef du gouvernement, après avoir planté un drapeau libanais à Zawtar al-Gharbiya
  • L'armée libanaise a entamé mardi son déploiement dans cette localité dont l'armée israélienne contrôlait les abords. Mais, signe de l'instabilité de la situation, elle a accusé les forces israéliennes d'avoir "ouvert le feu" à proximité de ses unités

ZAWTAR AL-GHARBIYAH: Le Liban oeuvre à un "retrait israélien global", a affirmé mercredi son Premier ministre Nawaf Salam, depuis la localité du sud où l'armée libanaise s'est déployée la veille, en application d'un accord avec Israël.

Cette déclaration intervient au lendemain de la rencontre du président libanais Joseph Aoun avec son homologue Donald Trump à la Maison Blanche, où il a insisté sur la nécessité d'un "retrait total" israélien pour avancer dans la mise en oeuvre de cet accord.

"Nous continuerons à mobiliser les efforts politiques et diplomatiques pour parvenir à un retrait israélien global du sud", a dit le chef du gouvernement, après avoir planté un drapeau libanais à Zawtar al-Gharbiya.

L'armée libanaise a entamé mardi son déploiement dans cette localité dont l'armée israélienne contrôlait les abords. Mais, signe de l'instabilité de la situation, elle a accusé les forces israéliennes d'avoir "ouvert le feu" à proximité de ses unités.

Israël a indiqué de son côté avoir tiré "des coups de semonce en l'air" après l'entrée de soldats libanais dans une zone qui "ne faisait pas partie de la zone pilote".

Malgré l'accalmie dans les combats entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, l'armée israélienne continue de mener des frappes intermittentes dans le sud, comme mercredi à Nabatiyé al-Fawqa, selon l'agence de presse officielle libanaise ANI.

"En sécurité et dignité" 

L'accord conclu en juin prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël -qui occupe toujours une partie du sud du pays- sous réserve d'un désarmement du Hezbollah.

La formation chiite, qui est opposée à l'accord et refuse d'être désarmée, a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, ayant fait plus d'un million de déplacés.

Il continue d'occuper des zones du sud et des responsables israéliens ont déclaré à plusieurs reprises leur intention de s'y maintenir, pour assurer la sécurité du nord d'Israël.

"En parallèle du déploiement en cours de l'armée, nous continuerons d'ouvrir les routes, retirer les décombres, assurer les services essentiels, pour permettre à notre peuple de retourner en toute sécurité et dignité" chez lui, a affirmé Nawaf Salam.

Plus de 700.000 déplacés sont rentrés chez eux depuis la dernière trêve en juin, selon l'ONU.

"La tête haute" 

Des dizaines d'habitants déplacés de Zawtar al-Gharbiya ont attendu en vain mercredi matin aux abords de la localité qu'on les laisse y entrer, a constaté un journaliste de l'AFP.

L'armée libanaise les avait appelés mardi à ne pas s'y rendre "en attendant que la situation se stabilise".

"Nous y entrerons la tête haute, grâce à la présence de l'armée libanaise dont nous sommes fiers", a déclaré Abbas Yaghi, 73 ans, à l'AFP.

Les troupes libanaises continuent de ratisser la localité, imbriquée géographiquement avec une autre du nom de Zawtar al-Charqiya, où des forces israéliennes sont toujours présentes, comme elles le sont aussi dans des localités environnantes.

Déplacé de Zawtar al-Charqiya, Moustafa Ammar dit espérer qu'Israël se retire d'autres localités comme la sienne.

"Nous marcherons derrière l'armée si elle nous donne l'autorisation d'entrer", lance le sexagénaire.

Pour Wafaa Ismaïl, 64 ans, déplacée de Zawtar al-Gharbiya, le Premier ministre "aurait dû faire entrer les gens derrière lui pour signaler une victoire".


Le ministre saoudien des Affaires étrangères et ses homologues européens discutent de la sécurité maritime en mer Rouge

Le prince Faisal ben Farhane s'est entretenu mardi avec ses homologues espagnol, italien et allemand. (Photo : X)
Le prince Faisal ben Farhane s'est entretenu mardi avec ses homologues espagnol, italien et allemand. (Photo : X)
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  • Les ministres soulignent la nécessité de préserver la sécurité maritime et rejettent toute action menaçant la liberté de navigation

RIYAD : Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s'est entretenu mardi avec ses homologues d'Espagne, d'Italie et d'Allemagne au sujet des menaces des Houthis contre la navigation en mer Rouge et des efforts visant à apaiser les tensions plus larges au Moyen-Orient.

Lors d'entretiens distincts, José Manuel Albares, ministre espagnol des Affaires étrangères, et Antonio Tajani, son homologue italien, ont condamné les menaces des rebelles houthis du Yémen contre le sud de l'Arabie saoudite, a rapporté l'Agence de presse saoudienne.

Les ministres ont souligné l'importance de préserver la sécurité maritime en mer Rouge et dans le Golfe, tout en rejetant toute action mettant en péril la liberté et la sécurité de la navigation.

Le prince Faisal s'est également entretenu avec le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, des conséquences sécuritaires et économiques du conflit en cours entre les États-Unis et l'Iran.

Lundi, le ministère saoudien des Affaires étrangères a dénoncé les déclarations d'un porte-parole militaire houthi affirmant que le groupe avait imposé un blocus maritime contre le Royaume, accusant les Houthis d'entraîner le Yémen dans un conflit régional plus large.

Selon le ministère, les attaques houthies contre les navires commerciaux internationaux en mer Rouge aggravent la situation humanitaire des Yéménites, en limitant leurs déplacements et en détériorant les conditions économiques dans les zones contrôlées par le groupe armé.

Le Royaume a appelé la communauté internationale à assumer ses responsabilités en appliquant les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, notamment les résolutions 2216 sur le Yémen et 2722 sur la protection de la liberté de navigation en mer Rouge. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Une rencontre saoudo-française vise à renforcer la coopération en matière de défense

Les délégations saoudienne et française se sont réunies lundi à Riyad. (Ministère saoudien de la Défense)
Les délégations saoudienne et française se sont réunies lundi à Riyad. (Ministère saoudien de la Défense)
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  • Rencontre à Riyad entre les chefs d’état-major saoudien et français
  • Renforcement de la coopération en matière de défense

Le chef d’état-major général des forces armées saoudiennes, le lieutenant-général Fayyad bin Hamed Al-Ruwaili, a tenu lundi à Riyad des discussions avec son homologue français, le général Fabien Mandon.

La rencontre a porté sur les moyens de développer la coopération bilatérale dans les domaines de la défense et des affaires militaires. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Asharqal-Awsat.