Les femmes afghanes dénoncent l'interdiction faite aux femmes par les talibans de travailler pour des ONG

Des femmes afghanes scandent des slogans lors d'une manifestation contre l'interdiction de l'enseignement universitaire pour les femmes, à Kaboul, en Afghanistan, le jeudi 22 décembre 2022. (AP)
Des femmes afghanes scandent des slogans lors d'une manifestation contre l'interdiction de l'enseignement universitaire pour les femmes, à Kaboul, en Afghanistan, le jeudi 22 décembre 2022. (AP)
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Publié le Lundi 26 décembre 2022

Les femmes afghanes dénoncent l'interdiction faite aux femmes par les talibans de travailler pour des ONG

  • Cette dernière restriction intervient quelques jours après que les autorités talibanes ont interdit l'accès des femmes aux universités
  • De nombreuses femmes afghanes travaillant pour des ONG sont les seuls soutiens de famille

KABOUL : Les femmes afghanes se sont élevées dimanche contre le dernier coup dur porté à leurs droits sous l'administration talibane, après que les autorités ont ordonné à toutes les organisations non gouvernementales d'empêcher leurs employées de travailler.

L'ordre a été émis par le ministre de l'Économie, Qari Din Mohammed Hanif, samedi soir. Toute organisation locale ou étrangère qui ne s'y conformerait pas se verrait retirer sa licence d'exploitation en Afghanistan, selon le décret.

Cette décision intervient moins d'une semaine après que les talibans ont interdit aux femmes de fréquenter les universités afghanes, faisant suite à une série de restrictions imposées aux femmes par les autorités depuis que le groupe a pris le contrôle du pays l'année dernière.

Cette dernière restriction a été largement condamnée par les organisations internationales et les gouvernements étrangers. L'Union européenne, l'un des principaux bailleurs de fonds des organisations humanitaires travaillant en Afghanistan, a notamment déclaré qu'elle évaluait l'impact de cette mesure sur l'aide fournie par l'Union européenne et a qualifié l'interdiction de « violation manifeste des principes humanitaires ».

Les femmes afghanes touchées par l'interdiction ont dénoncé cette mesure qui, selon elles, affectera les moyens de subsistance de nombreuses familles à travers le pays, tout en appelant la communauté internationale à agir.

« Je suis personnellement très déprimée car je suis le seul soutien de famille », a déclaré à Arab News Ramzia Sayedi, qui travaille dans une ONG étrangère à Kaboul.

Sayedi a dit qu'elle a été refoulée par son bureau dimanche matin.

« On nous a dit de quitter le bureau, et que nous ne pouvions plus travailler ici jusqu’à nouvel ordre, car en cas de violation de la mesure, nous serions battues et emmenées en prison. »

Sakina Hussaini, militante des droits des femmes et employée d'une organisation étrangère dans la capitale, a déclaré que l'ordre des talibans était « inhumain. »

« Je suis le seul pourvoyeur de ma famille et beaucoup d'autres femmes comme moi gagnent leur pain pour leur famille », a déclaré Hussaini à Arab News.

« Cette décision des talibans est inhumaine et contraire à la religion », a-t-elle ajouté. « Cela aura des conséquences, c'est pourquoi je demande instamment à la communauté internationale de se pencher sur ce problème. »

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken a déclaré que l'interdiction « perturbera l'aide vitale et indispensable à des millions de personnes », soulignant que les femmes sont au cœur des opérations humanitaires dans le monde.

Certaines femmes ont prévenu que l'Afghanistan se détériorerait davantage si les talibans empêchaient les femmes d'aller travailler et d’être éduquées.

« Au lieu de créer des opportunités de travail, les talibans suppriment les opportunités d'emploi actuelles. C'est une grande crise. Les femmes doivent être autorisées à aller travailler », a déclaré Shabana Niazai, employée dans une ONG de conseil financier, à Arab News.

Elle a appelé l'administration talibane à « accorder aux femmes leurs droits, et non pas à les leur retirer. »

Arzo Yoya, qui travaille sur des projets dans le cadre de la mission d'assistance des Nations unies en Afghanistan, a déclaré que les femmes doivent être autorisées à contribuer à la société.

« Si nous ne travaillons pas, nous serons encore plus désavantagées sur le plan économique. Nos problèmes économiques augmenteront encore plus », a déclaré Yoya à Arab News. « Ce sera un grand désastre si les femmes restent à la maison, n'étudient pas, ne travaillent pas, ne vont pas à l'université ».

« Nous voulons nos droits et faire entendre notre voix. Aucun pays n'a progressé sans la présence des femmes. » 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


L'armée américaine tire sur un pétrolier au large d'Oman, trois Indiens portés disparus

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  • "Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué
  • L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien

DUBAI: Trois membres d'équipage indiens sont portés disparus mercredi, après une attaque revendiquée par l'armée américaine contre un pétrolier au large d'Oman qui tentait, selon Washington, d'exporter du pétrole d'Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, a précisé sur X que l'un de ses avions de combat avait tiré sur "la salle des machines" du Settebello, qui bat pavillon des Palaos, "après que l'équipage a refusé d'obtempérer aux ordres des forces américaines"

"Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué.

L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien.

Il s'agit du huitième navire neutralisé depuis le début du blocus imposé par les Etats-Unis contre les ports iraniens, d'après le décompte de l'armée américaine.

Le sultanat d'Oman est situé à l'entrée du détroit d'Ormuz, où le trafic maritime est quasiment paralysé depuis le début fin février du conflit opposant les Etats-Unis et Israël à l'Iran. Près d'un cinquième des livraisons mondiales de pétrole et de gaz transitent par cette voie.

La compagnie de sécurité maritime britannique Vanguard a indiqué avoir été informée que le Settebello avait "transmis un appel de détresse indiquant que sa salle des machines avait été touchée par un missile" au large de Sohar, dans le golfe d'Oman et qu'un incendie s'était déclaré à bord.

L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a spécifié que les faits s'étaient produits à 20 miles nautiques au nord-est de la ville omanaise de Sohar.

"Les autorités locales ont indiqué qu'un pétrolier avait signalé un feu dans sa salle des machines, et qu'elles se trouvaient sur place pour aider à l'évacuation de l'équipage", selon le communiqué de l'UKMTO.

"Le navire a fait état d'une victime et de deux membres d'équipage portés disparus. Aucun impact sur l'environnement n'a été signalé", a-t-elle ajouté.

Lundi, les secours omanais avaient évacué par hélicoptère 24 marins indiens d'un pétrolier en feu au large des côtes du sultanat d'Oman, selon les autorités indiennes, qui n'avaient pas précisé les causes de l'incendie. Le sinistre était survenu sur le MT Marivex, un navire battant également pavillon des îles Palaos

Le tir américain contre le Settebello est intervenu alors que l'Iran a revendiqué mercredi matin des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par la destruction d'un hélicoptère américain lundi.


Trump affirme que les Etats-Unis vont «attaquer très durement» l'Iran

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  • "On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous"
  • L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé mercredi qu'il allait "attaquer très durement" l'Iran, y compris potentiellement en visant des centrales électriques ou des ponts, et dénoncé les "tergiversations" de Téhéran concernant un accord.

Il a aussi annoncé que les forces américaines avaient mené une "mission secrète" qui avait permis de faire transiter 100 millions de barils de pétrole par le détroit d'Ormuz.

"On va les attaquer, les attaquer très durement", a déclaré le président américain à la presse dans le Bureau ovale, ajoutant que ce serait dès "aujourd'hui" (mercredi).

"On verra bien ce qui va se passer, mais on les a frappés durement hier, et on va les frapper durement aujourd'hui, (...) au cas où vous n'allumeriez pas votre télé", a-t-il dit.

Il a précisé être en droit de le faire après la destruction lundi d'un hélicoptère américain attribuée à Téhéran.

L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère.

Ces frappes américaines en représailles à l'attaque de l'hélicoptère - qui survolait le détroit d'Ormuz, toujours verrouillé par l'Iran - ont notamment ciblé dans la nuit de mardi à mercredi les villes de Jask et Sirik et l'île de Qeshm, sur la côte sud de l'Iran.

"On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous", a poursuivi Donald Trump.

"Tout a été négocié. Nous avons un accord entièrement négocié, mais ils tergiversent sans cesse", a ajouté le dirigeant républicain.

Plus tôt, il avait estimé que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix".

"MORT!!!" 

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", avait écrit le président américain sur son réseau Truth Social. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"

Donald Trump a aussi affirmé à Fox News qu'il envisageait de plus en plus de mener des frappes contre des centrales électriques et des ponts iraniens.

Interrogé à ce sujet à la Maison Blanche par un journaliste de l'AFP, il a répondu: "Je ne vais pas vous le dire mais je peux le faire".

Sur son réseau Truth Social, il a par ailleurs écrit que l'armée américaine avait mené "une mission secrète en soutien des pétroliers et autres navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz".

"Ces efforts ont permis de faire passer 100 MILLIONS de barils de pétrole par le détroit", a-t-il ajouté, en précisant que "plus de 200 navires" avaient pu franchir le passage.

Cette "mission secrète" évoque le "Project Freedom", un projet d'escorte de navires annoncé début mai puis très rapidement suspendu par Donald Trump en raison, à l'époque, de "grands progrès" dans les discussions avec Téhéran.

Depuis l'entrée en vigueur de la trêve début avril, le dirigeant républicain multiplie les déclarations contradictoires, entre espoir d'un compromis tout proche et menace de reprise des hostilités.

Donald Trump affirmait encore mardi que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue d'un accord avec Téhéran, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour sa conclusion.

Il a par ailleurs affirmé, dans un autre message mercredi, que le blocus américain des ports iraniens était "le plus réussi" de l'histoire, allant selon lui jusqu'à empêcher Téhéran de payer la solde de ses militaires.

Peu après les propos de M. Trump à la Maison Blanche, l'armée américaine a annoncé qu'un de ses avions de combat avait mis hors service un pétrolier dans le Golfe d'Oman qui tentait d'apporter du pétrole en Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.


Trump juge que l'Iran a «pris trop de temps pour négocier» et va «en payer le prix»

Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
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  • Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux"
  • Ils vont "devoir en payer le prix"

WASHINGTON: Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix", dans un message sur son réseau Truth social.

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", a-t-il ajouté. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"