Ethiopie: Première visite gouvernementale dans la région rebelle du Tigré depuis deux ans

Des soldats de la Force de défense nationale éthiopienne (ENDF) se tiennent sur un camion à Wichale, en Éthiopie, le 13 décembre 2021 (Photo, AFP).
Des soldats de la Force de défense nationale éthiopienne (ENDF) se tiennent sur un camion à Wichale, en Éthiopie, le 13 décembre 2021 (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 27 décembre 2022

Ethiopie: Première visite gouvernementale dans la région rebelle du Tigré depuis deux ans

  • Ce groupe d'officiels de haut rang est venu «superviser l'application des principaux points de l'accord de paix» signé le 2 novembre à Pretoria
  • Cette visite est, selon le gouvernement fédéral, «une preuve que l'accord de paix est sur la bonne voie et progresse»

NAIROBI: Une délégation du gouvernement éthiopien s'est rendue lundi dans la capitale de la région rebelle du Tigré pour une première visite officielle depuis plus de deux ans, marquant une étape majeure dans le processus de paix lancé en novembre après un conflit meurtrier.

Ce groupe d'officiels de haut rang est venu "superviser l'application des principaux points de l'accord de paix" signé le 2 novembre à Pretoria entre les autorités dissidentes du Tigré et le gouvernement fédéral, a expliqué le service de communication gouvernemental.

Menée par le président de la Chambre des représentants Tagesse Chafo, la délégation comptait notamment le conseiller du Premier ministre à la sécurité nationale Redwan Hussein ainsi que plusieurs ministres (Justice, Transports et communications, Industrie, Travail).

Le directeur général de l'autorité en charge des routes et les PDG des entreprises Ethiopian Airlines, Ethio Telecom et Commercial Bank of Ethiopia, acteurs-clés de la restauration de services de base dont le Tigré est privé depuis plus d'un an, étaient également du voyage.

Cette visite est, selon le gouvernement fédéral, "une preuve que l'accord de paix est sur la bonne voie et progresse".

"C'est un grand chapitre", s'est félicité Tagesse Chafo: "Dans les discussions que nous avons eues, la réception que nous avons reçue et les moments que nous avons passés ensemble, il y a un grand espoir".

Le porte-parole des autorités tigréennes Getachew Reda a salué sur Twitter "une étape importante", avec des "discussions fructueuses" et "une compréhension importante".

Arrivés à Mekele lundi matin, les officiels gouvernementaux et les dirigeants d'entreprises sont repartis en fin d'après-midi, a indiqué à l'AFP Getachew Reda. "Mais des équipes techniques restent ici", a-t-il précisé.

«Pas de demi-paix»

Gouvernement et rebelles tigréens ont signé le 2 novembre un accord mettant fin à la guerre qui a ravagé durant deux ans le nord de l'Ethiopie.

Ce texte prévoit notamment un désarmement des forces rebelles, le rétablissement de l'autorité fédérale au Tigré et la réouverture des accès et communications à cette région coupée du monde depuis mi-2021.

Les combats ont débuté en novembre 2020, quand le Premier ministre Abiy Ahmed a envoyé l'armée arrêter les dirigeants du Tigré qui contestaient son autorité depuis des mois et qu'il accusait d'avoir attaqué des bases militaires fédérales.

Le bilan précis de ce conflit jalonné d'exactions, qui s'est déroulé largement à huis clos, est inconnu. Le centre de réflexion International Crisis Group et l'ONG Amnesty international l'ont décrit comme "un des plus meurtriers au monde".

Depuis l'accord de Pretoria, les combats se sont arrêtés. Les rebelles ont affirmé avoir "désengagé" 65% de leurs combattants des lignes de front.

Mais ils dénoncent des "atrocités" commises par l'armée érythréenne et les forces de la région éthiopienne de l'Amhara, qui ont épaulé l'armée fédérale dans le conflit. Les autorités tigréennes, ainsi que des habitants et des travailleurs humanitaires ayant témoigné auprès de l'AFP, les accusent de pillages, viols, exécutions et enlèvements de civils.

"Nous ne voulons pas d'une demi-paix, où une moitié (du Tigré) serait en paix et l'autre moitié tuée, massacrée et envahie", a déclaré lundi le chef du gouvernement tigréen Debretsion Gebremichael.

Les accès au Tigré étant restreints, il est impossible de vérifier de manière indépendante la situation sur le terrain.

«Siège» à lever

La ville de Mekele a été raccordée au réseau électrique national le 6 décembre, la principale banque du pays, la Commercial Bank of Ethiopia (CBE), a annoncé le 19 décembre la reprise de ses opérations dans certaines villes, et les communications téléphoniques avec la région ont commencé à être rétablies.

Mais Debretsion Gebremichael a estimé que "le siège (du Tigré) doit complètement être levé", évoquant un approvisionnement en médicaments encore "très limité" et un retour des télécommunications et des services bancaires largement incomplet.

Le président de la CBE, Abie Sano, a assuré que "des travaux de correction et d'audit du système doivent être terminés cette semaine afin que les services puissent reprendre".

Sur le plan humanitaire, malgré une amplification des opérations, l'aide alimentaire et médicale acheminée reste très inférieure aux énormes besoins.

La guerre a déplacé plus de deux millions d'Ethiopiens et plongé des centaines de milliers de personnes dans des conditions proches de la famine, selon l'ONU.

Selon l'ONU, les deux ans de guerre ont rendu plus de 13,6 millions de personnes dépendantes de l'aide humanitaire dans le nord de l'Ethiopie (5,4 millions au Tigré, 7 millions en Amhara et 1,2 million en Afar).


Trump affirme qu'Iran et Israël veulent «conclure un cessez-le-feu immédiat»

Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
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  • "Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite"
  • Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de tirer".

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé lundi que l'Iran et Israël "(cherchaient) à conclure un cessez-le-feu immédiat", alors que les deux pays ont repris leurs attaques directes pour la première fois depuis la trêve conclue il y a deux mois.

"Les négociations finales sur la +paix+ se poursuivent, sous réserve que l'ignorance ou la stupidité ne viennent pas s'y opposer", a ajouté sur son réseau Truth Social le président américain, qui ne cache pas ses désaccords avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite".

Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de +tirer+".

Donald Trump cherche une issue au conflit, très impopulaire aux Etats-Unis, à l'approche des élections législatives de mi-mandat en novembre prochain.

Si des escarmouches ont eu lieu ces derniers jours autour du détroit d'Ormuz entre Etats-Unis et Iran, c'est la première fois que Téhéran cible le territoire israélien depuis le cessez-le-feu du 8 avril et qu'Israël bombarde le sol iranien.

 


Des chasseurs français de l'Otan abattent un drone en Lettonie

Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
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  • L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone
  • Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT)

VILNIUS: Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze.

"Merci à nos alliés français d'avoir abattu le drone qui a pénétré dans l'espace aérien letton!", a‑t‑elle écrit sur X.

L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone.

Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT), a indiqué  pour sa part Gintautas Ciunis, porte-parole de l'armée lituanienne.

Le 19 mai, un chasseur de l'Otan avait abattu dans l'espace aérien de l'Estonie un drone ukrainien, première interception d'un drone étranger dans le ciel d'un Etat balte par la police de l'air de l'Otan depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en 2022.

Les Etats baltes, ex-républiques soviétiques partageant une longue frontière avec la Russie, enregistrent depuis plusieurs semaines un nombre croissant d'intrusions et de chutes de drones sur leurs territoires.

Selon les Européens, la Russie fait dévier délibérément de leur trajectoire des drones ukrainiens destinés à frapper des installations industrielles et des terminaux pétroliers dans la région de Saint-Pétersbourg, située sur le golfe de Finlande.

Ces incidents ont mis au jour les carences des défenses aériennes des pays baltes, impuissantes à neutraliser un drone errant avant sa chute sur leur territoire.


Trump dit qu'il va appeler Netanyahu pour lui demander de ne pas répliquer aux missiles iraniens 

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  • "Je vais appeler Bibi (le surnom de Netanyahu, ndlr) tout de suite pour lui dire de ne pas riposter. Israël a eu sa frappe et l'Iran a eu sa frappe. On n'a pas besoin d'une autre (frappe)"
  • "Nous sommes sur le point de conclure un accord définitif avec l'Iran. Ce sera un bon accord. Je ne veux pas qu'il tombe à l'eau à cause de ce qui se passe actuellement"

WASHINGTON: Le président américain Donald Trump dit qu'il va appeler le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour lui demander de ne pas répliquer aux missiles tirés dimanche par l'Iran vers Israël, rapporte dimanche le média Axios.

"Je vais appeler Bibi (le surnom de Netanyahu, ndlr) tout de suite pour lui dire de ne pas riposter. Israël a eu sa frappe et l'Iran a eu sa frappe. On n'a pas besoin d'une autre (frappe)", a déclaré le président américain selon le journaliste d'Axios Barak Ravid, qui dit l'avoir eu au téléphone.

"Nous sommes sur le point de conclure un accord définitif avec l'Iran. Ce sera un bon accord. Je ne veux pas qu'il tombe à l'eau à cause de ce qui se passe actuellement", a-t-il ajouté selon la même source qui a publié le message sur son compte X.

Dans une autre interview accordée à un journaliste de Fox News, Donald Trump affirme que les frappes iraniennes "ne vont pas aider les négociations".

"On est très proches. Je dirais qu'un accord peut être signé lundi, mardi ou mercredi de cette semaine. Et voilà qu'il se passe ceci", a-t-il dit selon le journaliste Trey Yingst, qui dit également l'avoir eu au téléphone.

Selon elle, M. Trump lui a dit être "pas très content" de la frappe israélienne ayant visé Beyrouth dimanche.

"Revenez à la table des négociations et concluez un accord", a-t-il lancé à l'adresse de l'Iran, selon Fox News.