Rothschild & Co: quand la banque d'affaires innove hors des rangs familiaux

En 2021, Rothschild & Co a réalisé un chiffre d'affaires de 3 milliards d'euros, pour un bénéfice net de 766 millions d'euros, du jamais vu pour le groupe. (Photo, Rothschildandco.com)
En 2021, Rothschild & Co a réalisé un chiffre d'affaires de 3 milliards d'euros, pour un bénéfice net de 766 millions d'euros, du jamais vu pour le groupe. (Photo, Rothschildandco.com)
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Publié le Mardi 27 décembre 2022

Rothschild & Co: quand la banque d'affaires innove hors des rangs familiaux

En 2021, Rothschild & Co a réalisé un chiffre d'affaires de 3 milliards d'euros, pour un bénéfice net de 766 millions d'euros, du jamais vu pour le groupe. (Photo, Rothschildandco.com)
  • Marc-Olivier Laurent remplacera au 1er janvier David de Rothschild, 80 ans, dont 40 passés dans la banque
  • Arrivé en 1993, il a exercé de hautes fonctions auprès de plusieurs Rothschild

PARIS: Pour la première fois, un membre extérieur à la famille Rothschild présidera à partir de janvier la prestigieuse banque d'affaires Rothschild & Co. Un changement tout en douceur, tant Marc-Olivier Laurent est associé à l'histoire de la banque de ces dernières décennies.

C'est certes "une innovation importante", mais "indépendamment des appartenances, au sein de la banque, les dirigeants sont nommés en fonction du jugement qu'on porte sur leur capacité à remplir la mission", relativiseMarc-Olivier Laurent, futur président du conseil de surveillance.

Il remplacera au 1er janvier David de Rothschild, 80 ans, dont 40 passés dans la banque. Au sens élargi, la famille détient plus de la moitié du capital et deux tiers des droits de vote.

Après bientôt 30 ans à œuvrer dans le groupe, M. Laurent est presque un membre de la famille. Arrivé en 1993, il a exercé de hautes fonctions auprès de plusieurs Rothschild. C'est lui qui, à partir de 2008, crée et développe l'activité de capital-investissement et supervise notamment Alexandre de Rothschild, fils de David et actuel directeur général de la banque, dont il est très proche.

Héritière d'un groupe né à la fin du XVIIIe siècle et qui a participé au développement du chemin de fer, Rothschild & Co a du se réinventer en 1982 sous le premier septennat de François Mitterrand au moment où l'entreprise, avec d'autres établissements bancaires, est nationalisée.

"Refusant de s'avouer vaincus, les administrateurs créent une nouvelle entité bancaire avec l'aide des autres branches. En 1986, ils retrouvent le droit d'utiliser le nom de famille pour leur activité", détaille le site internet du groupe.

Le groupe n'a aucun lien capitalistique avec la banque privée suisse Edmond de Rothschild, du nom du baron qui l'a fondée, aux mains d'une autre branche de la famille, et avec qui les relations ont par le passé été quelque peu tendues à propos de l'utilisation du nom "Rothschild".

Relation à long terme

Rothschild & Co revendique une certaine discrétion. La rivale de la banque Lazard, autre établissement français aux près de 200 ans d'histoire, a à cœur de cultiver des relations de long terme avec ses clients les plus fidèles, parmi lesquels figurent notamment le géant du BTP Bouygues.

"Cette relation, vous la construisez non pas par la publicité ou la couverture de presse, vous la construisez par la relation quotidienne que vous établissez avec un chef de famille, un dirigeant d'entreprise ou grand gérant de fonds", explique M. Laurent.

Historiquement présente dans le conseil financier auprès de grandes entreprises - elle a notamment conseillé Suez lors de son rachat par Veolia ou Porsche pour son introduction en Bourse - Rothschild & Co a également une activité de banque privée réservée aux clients les plus fortunés.

Depuis la fin des années 2000, elle est également présente dans le capital-investissement. L'objectif? Équilibrer les revenus et les rendre moins dépendants de l'activité de conseil, plus volatile.

Aujourd'hui, le métier de banquier d'affaires reste largement dominant chez Rothschild & Co, apportant environ deux tiers des revenus, mais en termes de bénéfices générés, les trois métiers sont plus équilibrés.

En 2021, Rothschild & Co a réalisé un chiffre d'affaires de 3 milliards d'euros, pour un bénéfice net de 766 millions d'euros, du jamais vu pour le groupe.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


France: la production industrielle recule de 0,1% en mai

Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi. (AFP)
Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi. (AFP)
  • "Le moteur de l'économie française commence à perdre de sa vigueur", a souligné Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, dans une note
  • En revanche, la production des industries extractives, énergie, eau a rebondi (+3,2%)

PARIS: Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi.

En avril, la production industrielle avait augmenté de 0,3% et la production manufacturière de 0,6%, après révision à la hausse.

Dans l'industrie manufacturière, la production est en repli dans tous les principaux secteurs, a précisé l'Institut national de la statistique et des études économiques: les matériels de transport (-2,8%) dont l'automobile (-4,7%), les biens d'équipement électriques, électroniques et informatiques (-2,3%), la cokéfaction et le raffinage (-9,0%), les "autres produits industriels comme la métallurgie, chimie et pharmacie (-0,4%) ainsi que les industries agro-alimentaires (-0,3%).

"Le moteur de l'économie française commence à perdre de sa vigueur", a souligné Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, dans une note.

En revanche, la production des industries extractives, énergie, eau a rebondi (+3,2%). "La hausse qui concerne à la fois l'électricité et le gaz est due à une augmentation de la consommation liée aux températures fraîches en milieu de mois, puis à l'épisode caniculaire en fin de mois", a expliqué l'Insee.

Sur les trois derniers mois (mars à mai), par rapport à la même période en 2025, la production a augmenté de 2,4% dans l'industrie et de 2,2% dans l'industrie manufacturière.

Dans la construction, la production a progressé de 1,2% en mai sur un mois, mais elle s'inscrit en baisse de 2,3% sur les trois mois allant de mars à mai par rapport aux mêmes trois mois de l'an dernier.

Dans les prochains mois, "certains facteurs temporaires qui avaient bénéficié à l'industrie française, notamment la mise à l'arrêt de la production chez certains concurrents asiatiques, vont progressivement s'estomper avec l'apaisement de la situation au Moyen-Orient", a analysé Charlotte de Montpellier.

"D'autres facteurs continueront toutefois de soutenir l'activité, notamment la forte demande dans l'aéronautique et la hausse des dépenses de défense, qui bénéficie largement aux 5% de l'industrie française orientés vers l'armement", a-t-elle ajouté.

Selon elle, "l'industrie française devrait continuer à surperformer le secteur des services", affecté notamment par la faible confiance des ménages, "mais avec un peu moins d’élan qu’en début d’année", avec des répercussions sur la croissance.