Iran: des dizaines de manifestants risquent la peine de mort, selon une ONG

Des manifestants iraniens prennent les rues de la capitale Téhéran lors d'une manifestation pour Mahsa Amini, quelques jours après sa mort en garde à vue (Photo, AFP).
Des manifestants iraniens prennent les rues de la capitale Téhéran lors d'une manifestation pour Mahsa Amini, quelques jours après sa mort en garde à vue (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 28 décembre 2022

Iran: des dizaines de manifestants risquent la peine de mort, selon une ONG

  • L'Iran est secoué par des manifestations déclenchées par la mort le 16 septembre de Mahsa Amini
  • L'Iran a exécuté ce mois-ci deux hommes en lien avec ces manifestations, dans une escalade de la répression des autorités

PARIS: Au moins 100 Iraniens arrêtés en plus de 100 jours de manifestations dans leur pays font face à des accusations passibles de la peine de mort, a indiqué mardi Iran Human Rights (IHR) une ONG basée à Oslo.

L'Iran est secoué par des manifestations déclenchées par la mort le 16 septembre de Mahsa Amini, une Kurde iranienne de 22 ans, décédée après son arrestation par la police des moeurs pour infraction au code vestimentaire strict de la République islamique.

L'Iran a exécuté ce mois-ci deux hommes en lien avec ces manifestations, dans une escalade de la répression des autorités qui, selon les militants, vise à semer la peur au sein de la population.

Dans un rapport publié mardi, l'IHR a identifié 100 détenus susceptibles d'être condamnés à la peine capitale, dont 13 déjà condamnés à mort. Il a noté que nombre d'entre eux avaient un accès limité à un avocat.

"En prononçant des condamnations à mort et en exécutant certains manifestants, elles (les autorités) veulent que les gens rentrent chez eux", a déclaré le directeur de l'IHR, Mahmood Amiry-Moghaddam.

"Cela a eu un certain effet, (mais) ce que nous avons observé en général, c'est davantage de colère contre les autorités", a-t-il déclaré à l'AFP, ajoutant que "leur stratégie de semer la peur avec les exécutions a échoué".

Dans un bilan actualisé publié mardi, l'IHR a déclaré que 476 manifestants avaient été tués depuis mi-septembre.

Au moins 14 000 personnes ont été arrêtées depuis le début des protestations en Iran, avaient indiqué les Nations unies en novembre.

Majidreza Rahnavard, 23 ans, a été pendu en public le 12 décembre après avoir été condamné par un tribunal de Machhad (nord-est) pour avoir tué deux membres des forces de sécurité.

Quatre jours plus tôt, Mohsen Shekari, également âgé de 23 ans, avait été exécuté pour avoir blessé un membre des forces de sécurité.

Le pouvoir judiciaire a indiqué que neuf autres personnes avaient été condamnées à mort en lien avec les manifestations, dont deux ont été autorisées à être rejugées.

Le père d'un des condamnés à mort Mohammad Ghodablou a appelé à la libération de son fils sur les réseaux sociaux.

"Mohammad n'avait jusqu'à présent aucun casier judiciaire", a déclaré le père dans une vidéo diffusée cette semaine, affirmant qu'il souffrait d'un trouble mental.

Ghodablou, 22 ans, a été inculpé de "corruption sur terre" pour "avoir attaqué des policiers avec une voiture, ce qui a entraîné la mort d'un d'entre eux".

Le site d'information Mizan Online du pouvoir judiciaire a rapporté lundi que Ghodablou avait subi une évaluation psychiatrique concluant qu'il "avait conscience de la nature de son crime".


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.