Bolsonaro a quitté le Brésil pour les Etats-Unis avant la fin de son mandat

Le président brésilien sortant Jair Bolsonaro (Photo, AFP).
Le président brésilien sortant Jair Bolsonaro (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 31 décembre 2022

Bolsonaro a quitté le Brésil pour les Etats-Unis avant la fin de son mandat

  • Le président a pour la première fois condamné une tentative d'attentat de l'un de ses partisans qui avait placé un engin explosif dans un camion-citerne près de l'aéroport de Brasilia
  • M. Bolsonaro, qui n'a jamais félicité Luiz Inacio Lula da Silva de sa victoire, ne devrait donc pas être présent dimanche aux cérémonies d'investiture à Brasilia du nouveau président

BRASILIA: Le président d'extrême droite Jair Bolsonaro a quitté le Brésil vendredi pour les Etats-Unis, deux jours avant la fin de son mandat et l'intronisation de son successeur honni de gauche Lula à Brasilia, ont rapporté plusieurs médias.

M. Bolsonaro, qui n'a jamais félicité Luiz Inacio Lula da Silva de sa victoire, ne devrait donc pas être présent dimanche aux cérémonies d'investiture à Brasilia du nouveau président, qu'il devait ceindre de l'écharpe présidentielle selon le protocole.

Interrogée par l'AFP, la présidence n'a pas souhaité confirmer ces informations.

Le vice-président Hamilton Mourao assure l'intérim de la présidence et fera une allocution samedi soir, a annoncé la radio nationale RNR.

Après avoir fait ses adieux à ses sympathisants en direct sur les réseaux sociaux, mais sans mentionner un départ, Jair Bolsonaro a embarqué à bord d'un avion de la force aérienne vers 14H00 (17H00 GMT), ont rapporté les médias O Globo, CNN Brasil, Estadao et le site d'information UOL.

"Je suis en vol, je reviens bientôt", a dit le chef d'Etat d'extrême droite à la chaîne CNN Brasil.

Son avion militaire, identifié par le code BRS1, a atterri dans la ville floridienne d'Orlando peu après 02H00 GMT samedi, selon le site spécialisé Flightaware.

Le secrétariat général de la présidence a autorisé la sortie du territoire de membres du personnel chargé de la sécurité du "futur ex-président" pour un voyage à Miami "du 1er au 30 janvier 2023", selon le Journal officiel de vendredi.

Ce devrait être la première fois depuis 1985 qu'un président brésilien sortant décide de ne pas ceindre son successeur de l'écharpe présidentielle.

Cette année-là, le dernier président de la dictature militaire instaurée en 1964, le général João Figueiredo, avait refusé de participer à la cérémonie d'investiture de son successeur, José Sarney.

Depuis la courte victoire de Lula, son ennemi juré, le 30 octobre, Jair Bolsonaro a vécu quasiment reclus à Brasilia et s'est enfermé dans le mutisme, donnant divers signes de dépression.

Pour Créomar de Souza, fondateur du cabinet de consultants Dharma, le départ de Jair Bolsonaro aux Etats-Unis revêt les aspects "d'une fuite" mais aussi d'"un déni de réalité". Mais c'est aussi "une tentative pour délégitimer le résultat (de l'élection) et le prochain gouvernement", ajoute l'analyste.

«Le meilleur de moi-même»

Plus tôt dans la journée, le président brésilien a dit au revoir à ses sympathisants, s'exprimant pour la première fois depuis sa défaite électorale sur les réseaux sociaux -- où il avait été quatre ans durant omniprésent -- et essuyant quelques larmes.

"Le monde ne va pas s'arrêter de tourner le 1er janvier (...) Nous avons un grand avenir devant nous", a assuré M. Bolsonaro. "On perd des batailles, mais on ne perd pas la guerre".

Il s'est directement adressé à ses fidèles qui continuent de camper devant les casernes ou le QG de l'Armée à Brasilia et dans d'autres villes pour demander une intervention militaire afin d'empêcher Lula de prendre ses fonctions.

"Jamais je n'aurais pensé arriver jusqu'ici", a dit le président sortant en pleurant, avant de déclarer: "Au moins avons-nous retardé de quatre ans l'effondrement du Brésil avec cette idéologie néfaste de gauche".

"J'ai donné le meilleur de moi-même", a poursuivi Jair Bolsonaro dont la majeure partie des analystes considèrent le bilan du mandat comme très mauvais.

Devant sa résidence officielle du Palais de l'Alvorada, des manifestants qui suivaient la transmission en direct criaient "lâche!", "honte!".

Le président a pour la première fois condamné une tentative d'attentat de l'un de ses partisans qui avait placé un engin explosif dans un camion-citerne près de l'aéroport de Brasilia pour "créer le chaos" avant l'intronisation de Lula.

"Rien ne justifie cette tentative de terrorisme", a-t-il dit, sans toutefois condamner les campements de ses partisans devant des QG de l'armée, qui font planer une menace sur le déroulement de l'investiture pour laquelle la sécurité a été renforcée.


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
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  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.


Trump dit prolonger le cessez-le-feu avec l'Iran jusqu'à nouvel ordre

Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
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  • Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur
  • Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens.

S'exprimant sur sa plateforme Truth Social, le président américain a annoncé avoir décidé de "prolonger le cessez-le-feu jusqu'à ce que l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur.

Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz.

L'annonce du président américain intervient alors que Washington et Téhéran ont affiché leur désaccord sur l'expiration de la trêve, les premiers parlant de mercredi soir, heure de Washington, tandis que les seconds ont évoqué ce mardi, à minuit GMT.

Par ailleurs, la Maison Blanche a confirmé en fin de journée que le vice-président JD Vance, chargé de mener d'éventuelles nouvelles discussions avec l'Iran au Pakistan, ne quitterait pas Washington mardi, comme initialement prévu.

"A la lumière du message du président Trump sur Truth Social, confirmant que les Etats-Unis attendent une proposition unifiée des Iraniens, le voyage au Pakistan n'aura pas lieu aujourd'hui", a indiqué un haut responsable de l'exécutif américain, dans une déclaration transmise à la presse.

La Maison Blanche n'avait jamais confirmé le déplacement du vice-président, mais a entretenu le flou sur le fait de savoir s'il quittait ou pas la capitale dans la journée de mardi.

Bientôt deux mois après le début des hostilités déclenchées par Israël et les Etats-Unis, Téhéran a menacé de son côté de reprendre les frappes en direction des pays du Golfe, mettant en péril l'approvisionnement pétrolier mondial.