Les républicains s'écharpent au Congrès avant de lancer les hostilités contre Biden

Le président américain Joe Biden revient à la Maison Blanche le 02 janvier 2023 à Washington, DC. (AFP).
Le président américain Joe Biden revient à la Maison Blanche le 02 janvier 2023 à Washington, DC. (AFP).
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Publié le Mardi 03 janvier 2023

Les républicains s'écharpent au Congrès avant de lancer les hostilités contre Biden

  • Les nouveaux membres du Congrès, élus lors des «midterms» de novembre, se réunissent afin de prêter serment pour deux ans
  • Joe Biden devra composer avec un Parlement divisé: son parti démocrate a conservé le contrôle du Sénat, mais l'opposition républicaine a décroché une très mince majorité à la Chambre des représentants

WASHINGTON : Les républicains prennent mardi le contrôle de la Chambre américaine des représentants, prêts à en découdre avec le président Joe Biden, mais doivent d'abord surmonter des dissensions dans leurs rangs autour de l'élection de leur chef.

Les nouveaux membres du Congrès, élus lors des "midterms" de novembre, se réunissent à 12H00 (17H00 GMT) afin de prêter serment pour deux ans.

Pour la première fois depuis son investiture, Joe Biden devra composer avec un Parlement divisé: son parti démocrate a conservé le contrôle du Sénat, mais l'opposition républicaine a décroché une très mince majorité à la Chambre des représentants.

"Les Américains sont prêts pour un tournant après deux années calamiteuses sous la direction du parti unique démocrate", estiment les élus républicains, qui ont promis d'ouvrir une kyrielle d'investigations sur la gestion par Joe Biden de la pandémie ou le retrait américain d'Afghanistan.

Mais avant de lancer de telles hostilités, ils doivent s'accorder pour élire le président de la Chambre des représentants, ce qui n'a rien d'évident, tant les divisions au sein du parti sont fortes.

McCarthy fragilisé

L'élection du "Speaker", le troisième personnage le plus important de la politique américaine après le président et le vice-président, aura lieu mardi dans l'hémicycle, par un vote à la majorité simple.

Sept ans après sa première tentative, Kevin McCarthy, qui dirige depuis 2014 le groupe républicain à la chambre basse du Congrès, espère tenir sa revanche.

Mais l'élu de Californie est fragilisé par la contre-performance des républicains aux élections de mi-mandat, la "vague géante" prédite par les conservateurs ne s'étant pas matérialisée.

Le parti ne dispose que de 222 sièges et il faudra 218 voix pour qu'il soit élu.

Or un petit groupe d'élus très proches de Donald Trump a fait savoir qu'il poserait ses conditions avant de le soutenir. Ils lui reprochent de ne pas défendre suffisamment l'ancien président.

Trois ont même publiquement dit qu'ils voteraient contre lui. "Kevin ne croit en rien, il n'a pas d'idéologie", a ainsi taclé Matt Gaetz, turbulent élu de Floride.

Kevin McCarthy semble vouloir leur donner des gages pour éviter que l'histoire ne bégaie: en 2015, il avait déjà échoué de peu à devenir président de la Chambre des représentants face à une fronde de l'aile droite du parti.

Mais il ne peut pas non plus se permettre d'aller trop loin et de s'aliéner les républicains modérés.

Bien que sa marge de manoeuvre soit réduite, il ne dispose pas pour le moment de concurrent crédible. Seul le nom du chef de groupe Steve Scalise circule comme possible alternative sans que ses chances semblent sérieuses.

Aubaine?

Avec les républicains majoritaires à la Chambre, Joe Biden et les démocrates ne pourront donc pas faire passer de nouveaux grands projets.

Mais avec un Sénat aux mains des démocrates, leurs rivaux non plus.

Se retrancheront-ils dans une opposition systématique ? Il faudrait pour cela qu'ils arrivent à faire bloc, alors que certains de leurs élus ont - comme lors du vote du budget avant Noël - voté avec les démocrates.

L'élection du "speaker" servira donc aussi à mesurer leur capacité de nuisance pour le président.

Etre face à une Chambre hostile pourrait se révéler être une aubaine politique pour Joe Biden, s'il confirme son intention de se représenter en 2024 -- décision qu'il doit annoncer en début d'année.

En cas de paralysie législative, il rejettera sans aucun doute la faute du blocage sur des républicains fragilisés, espérant ainsi tourner la situation à son avantage.

Les nouveaux visages du Congrès américain

Un colosse à capuche, une latina pro-Trump, un militant de 25 ans: voici quelques-uns des nouveaux visages du Congrès américain qui prêtent serment mardi.

Maxwell Frost

Il a 25 ans et sera le premier élu à la Chambre des représentants issu de la "génération Z", dont il compte bien défendre les intérêts.

Maxwell Frost martèle des messages de justice sociale ou de lutte contre le changement climatique, et compte mettre à profit son mandat pour combattre la violence par arme à feu.

Le jeune démocrate s'est engagé en politique dès 15 ans, horrifié comme tant de ses compatriotes par une fusillade dans l'école primaire Sandy Hook, dans le Connecticut, en 2012.

"Il est important d'avoir une gouvernance qui ressemble au pays", disait-il à l'AFP en octobre, s'agaçant de certains clichés accolés à sa génération, jugée impatiente.

John Fetterman

C'est un colosse chauve de 2,05 mètres, militant pour la légalisation du cannabis et le développement des syndicats. John Fetterman, 53 ans, a remporté en novembre l'un des duels les plus scrutés des élections de mi-mandat: un siège de sénateur en Pennsylvanie.

Ce poste a été décisif pour que les démocrates gardent le contrôle de la chambre haute et donc pour le reste du mandat de Joe Biden, qui y conserve la majorité.

J.D. Vance

Il est l'un des seuls poulains de Donald Trump à avoir remporté son élection, un siège au Sénat dans l'Ohio.

Nouveau venu en politique, J.D. Vance, 38 ans, s'était fait un nom en publiant en 2016 "Hillbilly Elegy", récit à succès de son enfance modeste et chaotique dans une ville ouvrière de cet Etat, symbole du déclassement de l'Amérique blanche.

Devenu investisseur financier en Californie, il s'est lancé en politique l'an passé avant de remporter la primaire de son parti en se rapprochant fortement de l'ancien président républicain.

Monica De La Cruz

Elle incarne le nouveau visage décomplexé du parti républicain au Texas: Monica De La Cruz, élue à la Chambre a fait campagne sur la promesse de terminer le mur de Donald Trump à la frontière Sud avec le Mexique.

"Il est important d'avoir des personnes qui vivent à la frontière, qui comprennent la frontière et qui la représentent", argue cette femme de 48 ans.

Cette année, un nombre record de femmes hispaniques occuperont un poste d'élue au Congrès.


Israël: les militants d'une nouvelle flottille en détention après leur interception en mer

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  • Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël
  • Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus

ASHDOD: Les autorités israéliennes ont entamé mercredi le transfert et le placement en détention à Ashdod, dans le sud d'Israël, de centaines de militants propalestiniens arrêtés à bord d'une flottille à destination de Gaza, selon une ONG.

Les forces israéliennes avaient intercepté lundi au large de Chypre des bateaux participant à une nouvelle "flottille pour Gaza".

Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël.

Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus.

"Ayant mis le cap sur Gaza pour y apporter de l'aide humanitaire et contester le blocus illégal, ces participants civils ont été enlevés de force dans les eaux internationales et conduits en territoire israélien entièrement contre leur volonté" a déclaré Adalah.

Une cinquante de navires avaient quitté la Turquie la semaine dernière avec pour objectif une nouvelle tentative de briser le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, ravagée par deux ans de guerre.

Un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré dans la nuit de mardi à mercredi que les 430 militants pourraient rencontrer leurs représentants consulaires.

"Cette flottille s'est une fois de plus révélée n'être rien de plus qu'un coup de communication au service du Hamas", a ajouté le porte-parole, en référence au mouvement islamiste palestinien qui a mené l'attaque sans précédent contre Israël en octobre 2023, déclenchant la guerre à Gaza.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait dénoncé plus tôt "un plan malveillant destiné à briser le blocus (...) imposé aux terroristes du Hamas".

Neuf ressortissants indonésiens, membres de la flottille, "ont été signalés comme ayant été arrêtés par Israël", a déclaré une porte-parole du ministère indonésien des Affaires étrangères, citant des informations datées de mercredi.

L'Indonésie a appelé Israël à libérer immédiatement tous les navires et membres d'équipage. Le journal indonésien Republika avait indiqué plus tôt que deux de ses journalistes figuraient parmi les personnes interpellées.

La Turquie et l'Espagne ont condamné l'interception. Les organisateurs ont indiqué que la flottille comptait également 15 citoyens irlandais, dont Margaret Connolly, la sœur de la présidente Catherine Connolly.

Israël contrôle tous les points d'entrée vers la bande de Gaza, sous blocus israélien depuis 2007.

Pendant la guerre à Gaza, où une trêve fragile est en vigueur depuis octobre 2025, le territoire a connu de graves pénuries de nourriture, de médicaments et d'autres biens essentiels, Israël ayant parfois complètement interrompu les livraisons d'aide humanitaire.

Une précédente flottille avait été interceptée en avril dans les eaux internationales au large de la Grèce et la plupart des militants expulsés vers l'Europe. Deux d'entre eux ont été amenés en Israël, détenus pendant plusieurs jours puis expulsés.

 


Négociations Etats-Unis-Iran: nouvelle visite d'un ministre pakistanais à Téhéran

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  • Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine
  • "Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran"

TEHERAN: Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine, a rapporté mercredi l'agence officielle Irna, en pleine impasse dans les négociations de paix.

"Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran", a précisé l'agence, citant "des sources diplomatiques à Islamabad".

 

 


L'armée iranienne prévient qu'elle «ouvrira de nouveaux fronts» en cas de nouvelle attaque américaine

Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
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  • Téhéran continue de contrôler le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que l'armée américaine poursuit le blocus des ports iraniens
  • La quasi-paralysie du détroit a secoué l'économie mondiale, faisant flamber les cours du pétrole

TEHERAN: L'armée iranienne a averti mardi dans un communiqué qu'elle "ouvrira de nouveaux fronts" si les Etats-Unis reprennent leurs attaques contre l'Iran, interrompues depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 8 avril.

"Si l'ennemi commet la bêtise de tomber à nouveau dans le piège des sionistes et de commettre une nouvelle agression contre notre Iran bien-aimé, nous ouvrirons de nouveaux fronts contre lui", a déclaré le porte-parole de l'armée Mohammad Akraminia, cité par l'agence de presse iranienne Isna.

Lundi, le président américain Donald Trump avait annoncé avoir annulé au dernier moment une nouvelle attaque contre l'Iran qui aurait dû avoir lieu mardi selon lui, tout en assurant qu'il existait de "très bonnes chances" de parvenir à un accord avec Téhéran.

Il n'avait jamais parlé de ce projet d'attaque avant ce lundi et un message sur sa plateforme Truth Social dans lequel il a expliqué avoir renoncé à une nouvelle offensive à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, qui, selon lui, jugent possible la conclusion d'un accord.

Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril, après quasiment 40 jours de frappes, des tractations sont en cours pour tenter de trouver un accord mais les positions des deux parties restent très éloignées, notamment sur le volet nucléaire.

Une seule session de discussions entre représentants américains et iraniens a eu lieu, le 11 avril à Islamabad, se soldant par un échec.

Lundi matin, la diplomatie iranienne avait déclaré avoir répondu à une nouvelle proposition des Etats-Unis visant à sortir de l'impasse diplomatique et à mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

Elle a réitéré ses exigences, réclamant en particulier le déblocage des avoirs iraniens gelés à l'étranger et la levée des sanctions internationales asphyxiant son économie.

Lundi, M. Trump avait estimé devant la presse qu'il avait "de très bonnes chances" de s'entendre avec l'Iran, disant observer une évolution "très positive" des tractations avec Téhéran, mais sans fournir aucun détail sur leur contenu.

Il avait toutefois assuré que les Etats-Unis se tenaient prêts à lancer une "attaque totale et à grande échelle contre l'Iran à tout moment, si un accord acceptable n'était pas trouvé" avec Téhéran.

Le chef du commandement des forces armées iraniennes, Ali Abdollahi, avait répondu en mettant en garde "les Etats-Unis et leurs alliés" contre toute nouvelle "erreur stratégique et de calcul".

L'accord en question doit assurer que l'Iran ne se dote pas de l'arme nucléaire, a écrit Donald Trump sur son réseau.

Des médias iraniens avaient déjà dénoncé les "conditions excessives" imposées par les Etats-Unis dans leur dernière offre.

Selon l'agence Fars, Washington exige que l'Iran ne maintienne qu'un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d'uranium hautement enrichi aux Etats-Unis.

Washington a également refusé de débloquer "ne serait-ce que 25%" des avoirs ou de verser des compensations pour les dommages subis par l'Iran pendant la guerre, selon la même source.