Le Premier ministre palestinien dénonce le meurtre par Israël de deux jeunes Palestiniens

Des personnes examinent les décombres d’une maison démolie par des soldats israéliens dans le village de Kafr Dan, à Jénine, en Cisjordanie occupée, le 2 janvier 2023. (AFP)
Des personnes examinent les décombres d’une maison démolie par des soldats israéliens dans le village de Kafr Dan, à Jénine, en Cisjordanie occupée, le 2 janvier 2023. (AFP)
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Publié le Mardi 03 janvier 2023

Le Premier ministre palestinien dénonce le meurtre par Israël de deux jeunes Palestiniens

Des personnes examinent les décombres d’une maison démolie par des soldats israéliens dans le village de Kafr Dan, à Jénine, en Cisjordanie occupée, le 2 janvier 2023. (AFP)
  • L’année dernière a été la plus meurtrière dans le cadre du conflit palestino-israélien en Cisjordanie occupée et en Israël depuis le début des années 2000
  • Les Palestiniens sont profondément touchés par le message du prisonnier palestinien Karim Younis, qui sera libéré le 5 janvier après avoir purgé une peine de quarante ans

RAMALLAH: Les Palestiniens ont accueilli la nouvelle année avec deux morts et la démolition de deux maisons dans le village de Kafr Dan, près de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, selon des sources officielles palestiniennes.

Le ministère palestinien de la Santé a confirmé la mort de deux jeunes hommes, Mohammed Hoshieh et Fouad Abed.

M. Hoshieh, 22 ans, a reçu une balle dans la poitrine alors que M. Abed, 25 ans, a été touché au niveau de l’abdomen et de la cuisse lors de l’invasion israélienne de Kafr Dan, dans le gouvernorat de Jénine.

Ces deux meurtres à Jénine sont les premiers qui ont été signalés par le ministère palestinien de la Santé en 2023.

Trois autres citoyens blessés se trouvent dans un état critique.

Le drame s’est produit lors d’une opération israélienne dans le village de Kafr Dan destinée à démolir les maisons de deux Palestiniens impliqués dans le meurtre, à la mi-septembre 2022, d’un officier israélien près du point de passage de Jalame. Les deux hommes ont également trouvé la mort dans l’échange de feu.

L’année dernière a été la plus meurtrière dans le cadre du conflit palestino-israélien en Cisjordanie occupée et en Israël depuis le début des années 2000; plus de cent soixante-dix Palestiniens ont été tués en Cisjordanie, rapporte le ministère palestinien de la Santé.

Le Premier ministre palestinien, Mohammed Shtayyeh, a condamné lundi dernier le meurtre des deux jeunes Palestiniens, qui, selon lui, reflète l’état d’esprit de leurs auteurs: ces derniers commettent leurs crimes sans craindre d’en être tenus responsables.

Par ailleurs, il tient les autorités d’occupation israéliennes pleinement responsables de toutes les répercussions qui pourraient résulter de leurs incursions et de leurs meurtres quotidiens.

Il appelle à prendre des mesures immédiates pour protéger les Palestiniens, demandant l’aide des pays qui ont voté en faveur d’un avis consultatif juridique de la Cour internationale de justice sur le droit du peuple palestinien à l’autodétermination.

Les forces israéliennes ont arrêté, lundi dernier à l’aube, dix-huit citoyens des villes cisjordaniennes de Hébron, Bethléem, Naplouse, Ramallah et Salfit.

Le ministère des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne a qualifié l’acte de terrorisme d’État organisé et met en lumière les tentatives continues d’Israël pour aggraver le conflit afin de rendre impossible une solution politique et d’imposer une approche militaire dans le traitement du peuple palestinien.

Le ministère confirme qu’il suit de près les crimes de l’occupation auprès des tribunaux internationaux spécialisés, y compris la Cour pénale internationale.

Le général de division Akram Rajoub, gouverneur de Jénine, déclare à Arab News que l’armée israélienne prévoit de poursuivre ses attaques contre le gouvernorat de Jénine en 2023 en recourant à la violence et à la démolition de maisons.

Il décrit la situation à Jénine comme très tendue, alors que la tristesse et la colère se sont emparées des citoyens.

La ville de Jénine, en Cisjordanie, est la plus ciblée par les forces israéliennes depuis plus d’un an, poursuit le général Rajoub.

Coïncidant avec le projet du politicien israélien Itamar ben Gvir de visiter le complexe de la mosquée Al-Aqsa cette semaine, les autorités de sécurité israéliennes ont convoqué le chef de l’Autorité islamique suprême et prédicateur de la mosquée Al-Aqsa, cheikh Ekrima Sabri, pour un interrogatoire lundi.

Le secrétaire général du comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine, Hussein al-Cheikh, décrit la menace posée par la visite du politicien sur le site en tant que ministre de la Sécurité comme la première étape de ce gouvernement et de sa politique d’occupation. Il ajoute que cette décision «éhontée» nécessite une réponse palestinienne, arabe et internationale à sa mesure.

Le Hamas a informé les médiateurs égyptiens qu’il ne resterait pas passif face à l’action provocatrice et agressive d’Itamar ben Gvir et qu’une telle mesure aggraverait les tensions.

Les Palestiniens, quant à eux, sont profondément touchés par le message du prisonnier palestinien Karim Younis, qui sera libéré le 5 janvier après avoir purgé une peine de quarante ans dans les geôles israéliennes.

Dans sa lettre, M. Younis fait ses adieux à la cellule dans laquelle il a vécu la majeure partie de son incarcération ainsi qu’à ses camarades qui resteront sur place et il évoque ses incertitudes au sujet de sa transition vers la liberté après quarante ans de détention.

M. Younis est né dans le village d’Ara et a été arrêté le 6 janvier 1983.

Khaled al-Azraq, de Bethléem, qui a passé cinq ans avec M. Younis de 2008 à 2013, déclare à Arab News que le message touchant de M. Younis témoigne de ses convictions dans la lutte du peuple palestinien et de sa tristesse d’avoir passé des décennies en prison.

M. Al-Azraq décrit son ami comme un homme modeste et éduqué qui entretient de bonnes relations avec tous ses collègues des différentes organisations palestiniennes et qui est respecté de tous.

M. Younis a perdu ses parents alors qu’il était en prison.

Il fait partie des vingt-cinq prisonniers palestiniens détenus par Israël avant la signature des accords d’Oslo, en 1993.

Israël avait refusé pendant des décennies de libérer ces prisonniers malgré plusieurs accords d’échange et des libérations massives.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Des milliers de personnes manifestent en faveur de Gaza à Istanbul

Des dizaines de milliers de personnes ont participé jeudi à un rassemblement en soutien à Gaza à Istanbul, brandissant des drapeaux palestiniens et turcs et appelant à la fin des violences dans ce territoire ravagé par la guerre. (AFP)
Des dizaines de milliers de personnes ont participé jeudi à un rassemblement en soutien à Gaza à Istanbul, brandissant des drapeaux palestiniens et turcs et appelant à la fin des violences dans ce territoire ravagé par la guerre. (AFP)
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  • Plus de 400 organisations de la société civile étaient présentes lors de cette mobilisation, dont l'un des organisateurs était Bilal Erdogan, le plus jeune fils du président turc Recep Tayyip Erdogan
  • Selon des sources policières et l'agence de presse officielle Anadolou, quelque 500.000 personnes ont pris part à la manifestation, au cours de laquelle plusieurs discours ont été prononcés

ISTANBUL: Des dizaines de milliers de personnes ont participé jeudi à un rassemblement en soutien à Gaza à Istanbul, brandissant des drapeaux palestiniens et turcs et appelant à la fin des violences dans ce territoire ravagé par la guerre.

Les manifestants se sont rassemblés sous un ciel bleu et par des températures glaciales pour marcher jusqu'au pont de Galata, où ils ont organisé un rassemblement sous le slogan "Nous ne resterons pas silencieux, nous n'oublierons pas la Palestine", a constaté un journaliste de l'AFP.

Plus de 400 organisations de la société civile étaient présentes lors de cette mobilisation, dont l'un des organisateurs était Bilal Erdogan, le plus jeune fils du président turc Recep Tayyip Erdogan.

Selon des sources policières et l'agence de presse officielle Anadolou, quelque 500.000 personnes ont pris part à la manifestation, au cours de laquelle plusieurs discours ont été prononcés et le chanteur d'origine libanaise Maher Zain a interprété sa chanson "Free Palestine".

"Nous prions pour que 2026 apporte le bonheur à toute notre Nation et aux Palestiniens opprimés", a déclaré Bilal Erdogan.

La Turquie, l'un des pays les plus critiques de la guerre lancée à Gaza, a joué un rôle actif dans les négociations pour un cessez-le-feu dans l'enclave palestinienne, qui a mis fin à la guerre meurtrière menée par Israël en réponse à l'attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023.

Mais la trêve, entrée en vigueur le 10 octobre, demeure précaire, les deux camps s'accusant mutuellement d'en violer les termes, tandis que la situation humanitaire dans le territoire reste critique.


Londres analysera la boîte noire après le crash d'un avion libyen, selon Tripoli

Les autorités turques ont indiqué qu'une panne électrique était à l'origine du crash intervenu peu après le décollage. (AFP)
Les autorités turques ont indiqué qu'une panne électrique était à l'origine du crash intervenu peu après le décollage. (AFP)
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  • "Nous avons coordonné directement avec la Grande-Bretagne pour l'analyse" de la boîte noire de l'appareil qui transportait le général Mohamed al-Haddad, a indiqué Mohamed al-Chahoubi, ministre des Transports du gouvernement d'unité nationale
  • Le général al-Haddad, très populaire dans son pays où il faisait l'unanimité en dépit de profondes divisions entre l'ouest et l'est, et quatre de ses assistants ainsi que trois membres d'équipage ont perdu la vie dans ce vol après une visite à Ankara

TRIPOLI: Le Royaume-Uni a accepté d'analyser la boîte noire de l'avion qui s'est écrasé en Turquie le 23 décembre avec à son bord une délégation militaire libyenne, faisant huit morts dont le chef d'état-major libyen, a annoncé jeudi le gouvernement de Tripoli.

"Nous avons coordonné directement avec la Grande-Bretagne pour l'analyse" de la boîte noire de l'appareil qui transportait le général Mohamed al-Haddad, a indiqué Mohamed al-Chahoubi, ministre des Transports du gouvernement d'unité nationale, lors d'une conférence de presse à Tripoli.

Le général al-Haddad, très populaire dans son pays où il faisait l'unanimité en dépit de profondes divisions entre l'ouest et l'est, et quatre de ses assistants ainsi que trois membres d'équipage ont perdu la vie dans ce vol après une visite à Ankara.

Les autorités turques ont indiqué qu'une panne électrique était à l'origine du crash intervenu peu après le décollage.

Une demande d'analyse a été "faite à l'Allemagne qui a exigé l'assistance de la France" pour examiner les enregistreurs de l'avion, a précisé M. al-Chahoubi à l'AFP.

"Cependant, la Convention de Chicago stipule que le pays analysant la boîte noire doit être neutre. La France étant un pays constructeur de l'appareil dont l'équipage était français, elle n'est pas habilitée à participer. En revanche, le Royaume-Uni a été accepté par la Libye et la Turquie", a-t-il précisé à l'AFP.

Deux Français faisaient partie des membres d'équipage de l'avion, un Falcon 50.

Après un entretien mardi avec l'ambassadeur britannique à Tripoli, le ministre libyen des Affaires étrangères, Taher al-Baour, avait évoqué une "demande conjointe, soumise par l'Etat libyen et la République de Turquie au Royaume-Uni, pour obtenir un soutien technique et juridique en vue de l'analyse de la boîte noire".

"Le Royaume-Uni a annoncé son accord, en coordination entre le ministère libyen des Transports et les autorités turques", a ajouté le ministre lors du point presse.

"Il n'est pas possible à ce stade de prévoir le temps nécessaire à la lecture des données de la boîte noire" car cela dépendra de son état, a-t-il souligné.

L'enquête "se poursuit dans le cadre d'une coopération libyo-turque et avec une participation technique internationale", a précisé le ministre, en ajoutant que les conclusions seraient publiées "dès qu'elles seront connues".

 


Israël confirme interdire d'accès à Gaza 37 ONG étrangères dont MSF et Oxfam

Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité". (AFP)
Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité". (AFP)
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  • Cette mesure fait craindre de nouveaux ralentissements dans la fourniture d'aide à Gaza, dévastée par deux ans de guerre et dont une majorité des habitants a urgemment besoin de logements, soins et nourriture
  • Elle suggère aussi une volonté de surveillance des employés palestiniens par Israël, jugée illégale par certaines ONG

JERUSALEM: Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité".

Cette mesure fait craindre de nouveaux ralentissements dans la fourniture d'aide à Gaza, dévastée par deux ans de guerre et dont une majorité des habitants a urgemment besoin de logements, soins et nourriture. Elle suggère aussi une volonté de surveillance des employés palestiniens par Israël, jugée illégale par certaines ONG.

"Les licences des organisations ont expiré et il leur est interdit d'acheminer de l'aide. Elles ont deux mois pour retirer leurs équipes", a expliqué à l'AFP le porte-parole du ministère de la Diaspora et de la lutte contre l'antisémitisme.

D'ici le 1er mars, "si elles daignent nous soumettre les documents qu'elles ont refusé de nous fournir au cours des dix derniers mois, nous examinerons leur demande", a ajouté Gilad Zwick.

Dans un communiqué, le ministère a affirmé que cette "exigence" visait à "empêcher l'infiltration d'opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires" étrangères.

"L'assistance humanitaire est la bienvenue — l'exploitation des cadres humanitaires à des fins de terrorisme ne l'est pas", a martelé le ministre, Amichai Chikli, cité dans le texte.

Israël a été vivement critiqué par la communauté internationale à l'approche de l'échéance - mercredi minuit heure locale - imposée aux ONG pour se soumettre à leurs nouvelles obligations.

Parmi ces organisations figurent de grands acteurs du secteur, dont Médecins sans frontières (MSF), le Norwegian Refugee Council (NRC), Care, World Vision ou Oxfam.

"Marginaliser les acteurs humanitaires" 

Mercredi, MSF a expliqué ne pas avoir obtenu d'Israël "des garanties et des clarifications" concernant cette demande "préoccupante". Shaina Low, porte-parole du NRC, a de son côté dénoncé auprès de l'AFP les "actions prises depuis deux ans pour entraver et marginaliser les acteurs humanitaires".

A Gaza, les employés locaux sont "épuisés" et leurs collègues étrangers "leur apportent un degré additionnel d'aide et de sécurité. Leur présence est une protection", a-t-elle fait valoir, confirmant le refus de l'ONG norvégienne de fournir les identités aux autorités. "On a proposé des alternatives, elles ont refusé".

Mercredi, l'Union européenne a exigé la levée des "obstacles" à l'aide humanitaire.

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Volker Turk, a lui estimé que "de telles suspensions arbitraires (aggravaient) encore une situation déjà intolérable pour la population de Gaza", où un fragile cessez-le-feu est en vigueur depuis le 10 octobre entre Israël et le Hamas.

La question de l'aide et de son utilisation est extrêmement sensible depuis le début de la guerre, déclenchée par l'attaque du Hamas en Israël du 7 octobre 2023.

En 2024, Israël avait déjà interdit à l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) d'opérer sur son sol, accusant certains de ses employés d'avoir participé à l'attaque du 7-Octobre.

"Alignement politique" de l'aide 

Le patron de l'Unrwa, Philippe Lazzarini, a qualifié la réglementation israélienne de "dangereux précédent", dénonçant un "mépris du droit international humanitaire" et une "multiplication des obstacles" à l'aide.

Jeudi, un groupement de 17 organisations israéliennes marquées à gauche a lui jugé que la radiation des ONG "sape l'action humanitaire (...), met en danger le personnel et les communautés et compromet l'efficacité de la distribution de l'aide".

"Subordonner l'aide à un alignement politique (...) exiger la divulgation de données personnelles sensibles (...) constituent une violation du devoir de protection et exposent les travailleurs à la surveillance et aux atteintes" à leurs droits, ajoutent ces signataires d'un communiqué commun.

Selon le Cogat, l'organisme du ministère israélien de la Défense chargé des affaires civiles palestiniennes, 4.200 camions d'aide entrent en moyenne à Gaza chaque semaine, soit environ 600 par jour, conformément à l'accord de cessez-le-feu.

Mais seuls 100 à 300 transportent de l'aide humanitaire, selon des ONG et les Nations unies.