Energie: les boulangers crient à la «catastrophe», l'Etat promeut ses aides

Le gouvernement a mis la pression mardi sur les énergéticiens pour aider les petites entreprises qui voient leur facture d'énergie flamber, notamment des boulangers qui crient à la "catastrophe" et appellent à manifester le 23 janvier à Paris (Photo d'illustration, AFP)
Le gouvernement a mis la pression mardi sur les énergéticiens pour aider les petites entreprises qui voient leur facture d'énergie flamber, notamment des boulangers qui crient à la "catastrophe" et appellent à manifester le 23 janvier à Paris (Photo d'illustration, AFP)
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Publié le Mardi 03 janvier 2023

Energie: les boulangers crient à la «catastrophe», l'Etat promeut ses aides

  • Le gouvernement reproche notamment aux énergéticiens de mettre le couteau sous la gorge des petits entrepreneurs, contraints d'accepter des offres dans des délais très courts
  • La grande majorité des boulangers (80%) ne sont pas éligibles au bouclier tarifaire et doivent demander des aides ciblées sur les très petites entreprises

PARIS: Le gouvernement a mis la pression mardi sur les énergéticiens pour aider les petites entreprises qui voient leur facture d'énergie flamber, notamment des boulangers qui crient à la "catastrophe" et appellent à manifester le 23 janvier à Paris.

Côté impôts, les PME et en particulier les 33.000 boulangers de France pourront "demander le report du paiement de leurs impôts et cotisations sociales" pour soulager leur trésorerie, a annoncé sur Franceinfo la Première ministre Elisabeth Borne.

La cheffe du gouvernement souhaite aussi que les petits commerçants, confrontés à l'envolée des tarifs d'énergie, puissent étaler la paiement de leurs factures.

Le gouvernement, qui subit les attaques du Rassemblement national, auteur d'une "Lettre aux boulangers de France", a multiplié les interventions et réunions mardi sur le sujet, en particulier avec les fournisseurs d'électricité et de gaz.

"Aujourd'hui, les fournisseurs n'aident pas suffisamment les boulangers et les PME. Je leur demande de faire plus, mieux, et tout de suite", a affirmé le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, avant de les recevoir avec trois autres ministres.

Les boulangers pourront résilier leur contrat sans frais en cas de hausse "prohibitive", a ensuite annoncé M. Le Maire, menaçant également de donner les noms des entreprises qui ne respecteraient pas une charte signée durant l'automne.

Le gouvernement reproche notamment aux énergéticiens de mettre le couteau sous la gorge des petits entrepreneurs, contraints d'accepter des offres dans des délais très courts.

L'exécutif va envoyer dans les prochains jours un courrier "personnalisé" aux boulangers de France pour les inciter à se saisir des aides déjà existantes, appelées l'amortisseur électricité et le guichet d'aide au paiement des factures de gaz et d'électricité.

La grande majorité des boulangers (80%) ne sont en effet pas éligibles au bouclier tarifaire et doivent demander des aides ciblées sur les très petites entreprises.

Si les énergéticiens ne rentrent pas dans le rang, "on peut toujours prélever davantage sur les fournisseurs d'énergie que ce que nous faisons aujourd’hui", a aussi prévenu M. Le Maire, après des mois de débats enflammés autour de la taxation des "superprofits".

"Pas le choix!" 

"Il y a des aides très importantes qui ont été mises en place", a reconnu en sortant de Bercy Dominique Anract, le président de la Confédération Nationale de la Boulangerie-Pâtisserie Française. "Maintenant, pour une facture (d'énergie) qui va être multipliée par dix ou douze, rien ne sera suffisant", a-t-il nuancé.

"On n'a pas une grande espérance de vie si l'Etat ne se bouge pas pour réglementer ces tarifs", témoigne Nadège Amaté, 34 ans, qui tient avec son mari Nicolas une boulangerie-pâtisserie à Lons-le-Saulnier.

Son four est électrique, comme dans la plupart des boulangeries de France. Là où elle payait environ 1.500 euros par trimestre, Engie lui facture depuis septembre 2.700 euros tous les deux mois.

"Notre abonnement prenait fin en mai 2022, Engie nous a donné le tarif, pas négociable", dit-elle, redoutant une fermeture inéluctable si ça continue: "Pas le choix! 70 heures de travail par semaine pendant huit ans, et j'aurai juste de grosses dettes, c'est catastrophique!"

Mobilisée dans le collectif "La boulangerie à poil", elle montera à Paris pour une manifestation organisée le 23 janvier par un autre collectif lancé par le médiatique boulanger niçois Frédéric Roy avec trois confrères de Vendée, des Pyrénées et d'Auvergne dont un a fermé et un autre a licencié du personnel.

L'appel est lancé "à tous les artisans, les pressings, les bouchers, les restaurateurs mais aussi les traiteurs, les pâtissiers", indique M. Roy, en bisbille avec sa fédération.

La hausse des tarifs d'énergie est "une bombe à retardement", prévient-il, en répétant qu'outre l'énergie, le beurre, la farine et les autres ingrédients ont aussi augmenté. "On ne peut pas tout reporter sur les prix, les clients ne suivent pas".

"Aujourd'hui, nous avons à peine une cinquantaine de PME par jour qui viennent solliciter une aide à laquelle ils ont droit sur ce guichet", pourtant déjà simplifié, a regretté M. Le Maire.

D'où l'idée d'un "point d'accueil" qui sera mis en place dans chaque préfecture.

Illustrant la dimension de plus en plus politique du sujet, deux régions, Paca et Auvergne-Rhône Alpes, ont annoncé mardi des aides pour les boulangers ou les artisans de leurs régions.


Canicule: 784 écoles et collèges en France concernés par des aménagements horaires

Un total de 784 écoles et collèges, sur 60.000 établissements scolaires en France, sont concernés par des aménagements horaires ou des fermetures temporaires alors qu'une vague de chaleur submerge la France, a annoncé vendredi le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray. (AFP)
Un total de 784 écoles et collèges, sur 60.000 établissements scolaires en France, sont concernés par des aménagements horaires ou des fermetures temporaires alors qu'une vague de chaleur submerge la France, a annoncé vendredi le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray. (AFP)
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  • Un total de 784 écoles et collèges, sur 60.000 établissements scolaires en France, sont concernés par des aménagements horaires ou des fermetures temporaires
  • Le ministre a également annoncé que les oraux du baccalauréat de 4.000 candidats prévus lundi et mardi après-midi ont été "décalés de quelques jours"

LUCE: Un total de 784 écoles et collèges, sur 60.000 établissements scolaires en France, sont concernés par des aménagements horaires ou des fermetures temporaires alors qu'une vague de chaleur submerge la France, a annoncé vendredi le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray.

Ce chiffre comprend les quelque 150 établissements qui ferment complètement, a précisé le ministère à l'AFP.

Le ministre a également annoncé que les oraux du baccalauréat de 4.000 candidats prévus lundi et mardi après-midi ont été "décalés de quelques jours".

"On a 57 centres d'examen", sur les 2.300 présents en France, "pour lesquels les autorités académiques ont décidé de décaler les épreuves de lundi après-midi et de mardi après-midi pour certaines d'entre elles à la semaine suivante", a précisé M. Geffray.

Cinq académies sont concernées par des reports d'examens, selon le ministère: Bordeaux, Lyon, Montpellier, Normandie, Poitiers.

Edouard Geffray a fait ces annonces lors de la visite d'un collège à Lucé (Eure-et-Loir), près de Chartres, alors que 53 départements sont en vigilance orange canicule.

L'épisode de chaleur s'annonce "durable et intense", avertit Météo-France. L'organisme prévoit dans son bulletin de 06H00 que la vigilance sera "très probablement encore étendue dans les prochains jours".

Les aménagements horaires des établissements scolaires, ou leur fermeture complète, sont décidés "au niveau local" par les "maires et les préfets", a rappelé le ministre.

Lors de la vague de chaleur de l'année dernière, "2.200 entités scolaires avaient été fermées. On n'est pas sur une situation nouvelle et celle-ci se reproduira pour des années à venir".

"Il faut adapter nos pratiques: c'est pour ça qu'il n'y aura à l'avenir au baccalauréat ou au brevet plus d'épreuves les après-midi", a-t-il souligné.


La canicule s'installe dans la durée, Macron appelle à une «grande vigilance»

Quarante degrés atteints dans le centre-ouest: Emmanuel Macron a appelé jeudi les Français à une "grande vigilance" face à la canicule qui doit encore s'étendre avec une cinquantaine de départements en vigilance orange vendredi, des horaires adaptés dans des établissements scolaires et des festivités annulées. (AFP)
Quarante degrés atteints dans le centre-ouest: Emmanuel Macron a appelé jeudi les Français à une "grande vigilance" face à la canicule qui doit encore s'étendre avec une cinquantaine de départements en vigilance orange vendredi, des horaires adaptés dans des établissements scolaires et des festivités annulées. (AFP)
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  • À Paris, une "dizaine" de collèges ont pris des "aménagements" pour la fin de semaine, en suspendant les cours après une certaine heure. L'accueil des élèves reste néanmoins maintenu
  • Alors que l'été ne commence que dimanche, Météo-France, étend à 53 départements la vigilance orange "canicule" à partir de vendredi midi, contre 26 jusqu'ici, "le long d'un axe allant du Sud-Ouest au Nord-Est"

DIJON: Quarante degrés atteints dans le centre-ouest: Emmanuel Macron a appelé jeudi les Français à une "grande vigilance" face à la canicule qui doit encore s'étendre avec une cinquantaine de départements en vigilance orange vendredi, des horaires adaptés dans des établissements scolaires et des festivités annulées.

Invité sur France 2, le président de la République a incité les Français "à la précaution, à prendre soin des plus âgés, des plus vulnérables comme des enfants et à bien suivre toutes les préconisations du gouvernement".

Les 40°C ont été atteint à Montmorillon (Vienne), un record pour cette station de MétéoFrance ouverte en 1990. Il a fait plus de 39°C à Tortezais (Allier), Issoudun (Indre) ou Châteaumeillant (Cher).

Alors que l'été ne commence que dimanche, Météo-France, étend à 53 départements la vigilance orange "canicule" à partir de vendredi midi, contre 26 jusqu'ici, "le long d'un axe allant du Sud-Ouest au Nord-Est".

L'épisode de chaleur s'annonce "étendu, durable et intense", avertit l'organisme. Le "pic caniculaire remarquable" est attendu entre dimanche et mardi, avec des "pointes à 40°C en particulier sur l'Ouest et le Centre".

Jeudi matin, un homme de 30 ans est décédé sur une piste d'athlétisme dans le Val-d'Oise, retrouvé en arrêt cardio-respiratoire.

La préfecture de police a recommandé l'interdiction des événements sportifs en plein air à Paris et petite couronne, citant la chaleur mais aussi l'épisode de pollution à l'ozone qui touche l'Ile-de-France. Pour lutter contre les émissions de polluants, la circulation différenciée est mise en place à partir de vendredi dans une partie de l'agglomération parisienne.

De nombreux pans de la vie courante sont affectés.

La SNCF a supprimé 71 trains Intercités qui devaient circuler de jeudi à lundi, pour "prévenir les pannes potentielles de climatisation", sur les lignes Paris-Orléans-Limoges-Toulouse, Paris-Clermont-Ferrand et Bordeaux-Marseille.

Suspension des cours 

La fournaise met à rude épreuve les élèves planchant dans des salles surchauffées pour les épreuves écrites de spécialités du bac, qui se terminent jeudi.

Plusieurs établissements scolaires ont annoncé que les cours seraient aménagés dès jeudi après-midi, a-t-on appris auprès des autorités académiques, de syndicats et de courriers consultés par l'AFP.

Dans l'académie de Poitiers les épreuves de grand oral des élèves de terminales prévues l'après-midi lundi et mardi sont reportées d'une semaine. Deux demi-journées où les écoles resteront fermées à Tours, une décision que la plupart des parents ont découverte en venant chercher leurs enfants.

"C'est une bonne chose. Ma fille était indisposée par la chaleur. Il faisait 36°C dans la classe à 16H00", a déclaré à l'AFP Caroline, dont la fille est en CP. Une autre mère de famille, Ruth, est plus partagée. "Nous sommes au onzième étage d'un ancien bâtiment. Il fait encore plus chaud qu'à l'école".

À Paris, une "dizaine" de collèges ont pris des "aménagements" pour la fin de semaine, en suspendant les cours après une certaine heure. L'accueil des élèves reste néanmoins maintenu.

La chaleur met également en péril la populaire Fête de la musique, prévue dimanche. Animations annulées à Brive-la-Gaillarde (Corrèze), Nanterre ou encore Claye-Souilly (Seine-et-Marne), "dans un souci de sécurité pour les artistes, les bénévoles, les agents mobilisés et l'ensemble du public".

Dans un rapport publié jeudi, la Fondation pour le logement des défavorisés rappelle que les quartiers populaires sont surexposés à la précarité énergétique d'été et au phénomène des "logements bouilloires".

"On étouffe", explique Léria, 32 ans, femme au foyer dans les tours Nuage de Nanterre (Hauts-de-Seine). "Avant, c'était l'hiver qui était pourri, on crevait de froid, mais maintenant, j'ai peur quand l'été approche".

C'est le deuxième épisode de chaleur en quelques semaines qui touche la France, frappée en mai par des températures inédites.

Le pays subit "des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes, de plus en plus nombreuses et de plus en plus intenses aussi, signe manifeste du changement climatique", souligne Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France.

En Haute-Corse, un incendie sur la commune de Castello-di Rostino, vraisemblablement lié à des travaux de débroussaillage, a parcouru jeudi 64 hectares de végétation.

Si le sud-est de la France est largement épargné par la canicule, le danger de feux oscillera vendredi entre modéré et élevé, selon Météo France.

Dans les Hautes-Alpes, un épisode orageux a provoqué des coulées de boue qui ont causé quelques dégâts, en particulier sur la RN1091 où la circulation a dû être coupée vers le col du Lautaret, avec une réouverture prévue dans la nuit, selon le conseil départemental.


Macron prudent sur l'accord Iran-USA, ne croit pas que la guerre «soit totalement terminée»

Le président français Emmanuel Macron s'est montré prudent jeudi sur l'accord entre l'Iran et les Etats-Unis devant mettre fin au conflit au Moyen-Orient, affichant son absence de certitude sur le fait que la guerre "soit totalement terminée". (AFP)
Le président français Emmanuel Macron s'est montré prudent jeudi sur l'accord entre l'Iran et les Etats-Unis devant mettre fin au conflit au Moyen-Orient, affichant son absence de certitude sur le fait que la guerre "soit totalement terminée". (AFP)
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  • "C'est toujours mieux d'avoir un accord que la guerre, surtout quand il peut y avoir des risques d'escalade", a ajouté le président français qui tirait sur France 2 les leçons du sommet du G7 à Evian qu'il a présidé de lundi à mercredi
  • "On rentre dans une nouvelle phase qui est celle de la coopération, du dialogue, qui est mieux que la guerre", a-t-il ajouté

PARIS: Le président français Emmanuel Macron s'est montré prudent jeudi sur l'accord entre l'Iran et les Etats-Unis devant mettre fin au conflit au Moyen-Orient, affichant son absence de certitude sur le fait que la guerre "soit totalement terminée".

"C'est toujours mieux d'avoir un accord que la guerre, surtout quand il peut y avoir des risques d'escalade", a ajouté le président français qui tirait sur France 2 les leçons du sommet du G7 à Evian qu'il a présidé de lundi à mercredi.

"On rentre dans une nouvelle phase qui est celle de la coopération, du dialogue, qui est mieux que la guerre", a-t-il ajouté.

Pour autant, le chef de l'Etat a également affiché des doutes. "Je ne crois pas qu'on puisse dire qu'elle (la guerre, ndlr) soit totalement terminée", a-t-il estimé.

Comme à Evian, Emmanuel Macron a redit la disponibilité de la France à oeuvrer, aux côtés d'autres pays comme la Grande-Bretagne, à la reprise de la circulation maritime dans le détroit d'Ormuz.

Très symboliquement et de façon inattendue, Donald Trump a signé cet accord avec l'Iran alors qu'il se trouvait au château de Versailles mercredi soir, où Emmanuel Macron l'avait convié pour un dîner dans la foulée du G7.

Le chef de l'Etat a rapporté que la décision du président américain d'y signer ce texte "s'est faite de manière assez spontanée".

Concernant le volet libanais du conflit, Emmanuel Macron a appelé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à "faire preuve d'esprit de responsabilité et de rationalité", jugeant que l'offensive contre le Hezbollah pro-iranien au Sud-Liban "est dans la durée contraire aux intérêts d'Israël".

"Le Hezbollah est un risque pour Israël, c'est tout à fait vrai", mais la sécurité de l'Etat hébreu "ne peut pas être assurée par la conquête d'un territoire voisin", a-t-il dit, soulignant que la politique de M. Netanyahu, aussi bien au Liban qu'à Gaza et en Cisjordanie, "alimente le ressentiment, la violence de toutes les populations de la région".

Il a ajouté qu'il allait de nouveau chercher à mobiliser la communauté internationale pour "aider l'armée libanaise à reprendre le contrôle de son territoire".