L'intelligence artificielle se mesure aux émotions humaines

Les co-fondateurs de la start-up technologique française Samuel Lerman et Antony Perzo présentent un Emobot (Photo, AFP).
Les co-fondateurs de la start-up technologique française Samuel Lerman et Antony Perzo présentent un Emobot (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Vendredi 06 janvier 2023

L'intelligence artificielle se mesure aux émotions humaines

  • Emobot, qui ressemble à une enceinte ou à une sculpture minimaliste, fait de la «veille émotionnelle en continu» grâce à une caméra et des micros
  • La start-up française Imki a conçu un spectacle son et lumières où les graphismes interactifs ont été réalisés grâce à des programmes de ce genre

LAS VEGAS: "C'est un thermomètre émotionnel", résume Antony Perzo au sujet d'Emobot, un appareil capable d'analyser les émotions des humains, l'un des derniers champs d'application conquis par l'intelligence artificielle (IA) au CES, le salon des technologies de Las Vegas.

Emobot, qui ressemble à une enceinte ou à une sculpture minimaliste, fait de la "veille émotionnelle en continu" grâce à une caméra et des micros, explique le jeune directeur technologique de cette entreprise française.

Il sert à détecter d'éventuels troubles psychiatriques chez les personnes âgées, comme la dépression ou l'anxiété.

Posé sur un meuble, le robot passe sa journée à surveiller les expressions du visage, les mouvements de la personne, le ton de sa voix pour repérer d'éventuels changements significatifs du comportement et ainsi éviter des hospitalisations d'urgence.

Antony Perzo et les trois autres cofondateurs d'Emobot espèrent apporter une réponse aux risques liés à la solitude et à la désertification médicale.

Leur appareil, déjà testé dans des Ehpad et chez des particuliers, doit permettre d'ajuster des traitements et thérapies sans attendre la prochaine visite du psychiatre.

Les algorithmes sont capables "d'analyser les microexpressions faciales" qui reflètent les émotions humaines, elles-mêmes un miroir de notre "état psychologique et psychiatrique", détaille l'ingénieur.

Dans le domaine de la santé, l'IA, capable de récolter et d'analyser en temps réel des volumes importants de données, sert depuis longtemps à réaliser de nombreux diagnostics, des cancers aux analyses d'urine.

"En tant qu'humains, nous ne pouvons tout simplement pas traiter toutes les informations que nous générons. Nous avons besoin d'aide", constate Steve Koenig, vice-président chargé de la recherche à la Consumer Technology Association (CTA), qui organise le CES.

Corps, esprit, IA
L'expression "intelligence artificielle" est remise en cause par de nombreux scientifiques, qui y voient avant tout un outil de marketing pour les entreprises. Au CES, des brosses à dents aux tracteurs, rares sont les gadgets et services qui n'ont pas d'IA.

Nufa se définit par exemple comme un "pionnier de la transformation du corps par l'IA": cette application mobile propose aux utilisateurs de retoucher leur photo pour se visualiser avec un corps mince et athlétique, et se motiver à suivre un plan sur 90 jours pour obtenir ce résultat "dans la vraie vie".

Mais l'IA "n'est pas seulement un mot à la mode pour remporter son bingo du CES", remarque l'analyste indépendant Avi Greengart.

Cette technologie "est utilisée dans les caméras des smartphones. Dans les usines pour repérer les produits défectueux. Dans l'agriculture pour identifier les mauvaises herbes et les asperger de désherbant. L'IA est là, et bien là."

Emil Jimenez a fondé MindBank Ai dans une "quête d'immortalité", "pour que (sa) fille puisse toujours poser une question à son papa".

Son application permet d'enregistrer ses réponses à des questions personnelles (par exemple: "Que signifie aimer pour vous?") afin de "sauvegarder à jamais votre esprit sur le cloud".

Mais au-delà de cette ambition, le service a conquis son public sur la promesse de mieux se connaître soi-même... de son vivant. L'appli comporte un modèle psycho-linguistique qui analyse les mots des utilisateurs pour décoder leurs émotions.

Foule sentimentale
L'IA peut aussi servir à comprendre les émotions de la foule. L'outil Ask Polly, de l'entreprise canadienne Advanced Symbolics, réalise des études de marché en quelques minutes.

L'utilisateur lui pose une question -- par exemple, "Est-ce le bon moment pour acheter un appartement?" ou "Les criminels mineurs doivent-ils aller en prison?" -- et le programme scanne les réseaux sociaux (Twitter, TikTok, Reddit et Instagram) pour analyser l'opinion publique, finement et à grande échelle.

En 2022, les algorithmes de création automatisée ont suscité l'émoi, notamment ceux de la société californienne OpenAI avec GPT-3 pour la génération de textes, et DALL-E pour la génération d'images.

La start-up française Imki a conçu un spectacle son et lumières pour le Théâtre antique d'Orange où les graphismes interactifs ont été réalisés grâce à des programmes de ce genre.

"Cela permet de créer du contenu vite avec des coûts de production très réduits. Le directeur artistique a un choix d'images très large en très peu de temps", souligne Marie Lathoud, directrice marketing d'Imki.

Elle voit dans l'IA un outil au service des artistes.

Saket Dandotia, directeur des opérations de Magnifi, reconnaît que l'IA générative représente une "menace pour les designers, qu'elle va remplacer", à l'instar des robots dans les usines.

Son équipe a créé Strobe, un logiciel de création automatisée de vidéos. "Pour nous, l'IA est une immense opportunité, qui va transformer toute l'industrie créative", a-t-il indiqué.


Le programme Art Bridges d’Arabie saoudite touche à sa fin

Les programmes se sont déroulés en Écosse, au Japon, en Corée du Sud (photo) et en Espagne. (Fourni)
Les programmes se sont déroulés en Écosse, au Japon, en Corée du Sud (photo) et en Espagne. (Fourni)
Short Url
  • L’initiative a réuni des artistes visuels, des acteurs culturels, des professionnels des industries créatives et des producteurs de projets culturels

DUBAÏ : La Commission des arts visuels d’Arabie saoudite a conclu l’édition 2025-2026 de son initiative Art Bridges, mettant fin à un programme d’échanges internationaux d’une durée d’un an destiné à renforcer les liens entre le secteur des arts visuels du Royaume et les communautés créatives à travers le monde.

L’initiative a réuni 40 artistes visuels saoudiens et basés en Arabie saoudite, ainsi que des acteurs culturels, des professionnels des industries créatives et des producteurs de projets culturels, qui ont participé à une série d’échanges internationaux visant à encourager la collaboration, le développement professionnel et le dialogue interculturel.

Les programmes ont été organisés en Écosse, au Japon, en Corée du Sud et en Espagne.

À l’occasion de la clôture du programme, Dina Amin, directrice générale de la Commission des arts visuels, a déclaré : « En lançant Art Bridges, notre objectif était de créer des opportunités dont l’impact se poursuivrait bien après le retour des participants chez eux.

Tout au long de cette édition, nous avons vu des artistes et des acteurs culturels établir des relations avec leurs homologues à travers le monde, tout en partageant leur propre expérience de l’évolution du secteur des arts visuels en Arabie saoudite. Nous espérons que les échanges et les liens créés grâce à ces programmes continueront d’influencer leur travail dans les années à venir. »

Au cours des quatre programmes d’échanges, les participants ont exploré la manière dont les artistes, les institutions culturelles et les organisations créatives de différents pays répondent à des défis communs, notamment l’accompagnement des talents émergents, le développement des publics, la préservation du patrimoine culturel et la création de parcours professionnels durables dans le domaine des arts.

Le programme s’est conclu par une rencontre organisée ce mois-ci à Riyad, réunissant les participants des quatre groupes afin de revenir sur leurs expériences. L’événement a également proposé la projection d’un court documentaire retraçant l’initiative et son impact au cours de l’année écoulée.

Art Bridges s’inscrit dans la stratégie plus large de la Commission des arts visuels visant à soutenir le développement professionnel des artistes et des acteurs culturels, tout en renforçant l’engagement culturel international du Royaume. L’initiative s’aligne également sur les ambitions de la Vision 2030 de l’Arabie saoudite, qui vise à développer les industries créatives du pays et à approfondir les échanges culturels à l’échelle mondiale.

Créée en 2020 sous l’égide du ministère de la Culture, la Commission des arts visuels est l’une des 11 commissions sectorielles chargées de contribuer au développement du paysage culturel de l’Arabie saoudite. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Une coproduction franco-égyptienne rend hommage à l’héritage de Dalida

Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne. (Photo d’archives / Getty Images)
Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne. (Photo d’archives / Getty Images)
Short Url
  • Une comédie musicale consacrée à Dalida sera présentée en Égypte à partir du 31 octobre, pour les 40 ans de sa disparition
  • Cette coproduction franco-égyptienne célèbre les racines égyptiennes de la chanteuse et la coopération culturelle entre les deux pays

DUBAÏ : Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne, à l’occasion des 40 ans de la disparition de la chanteuse.

« Dalida: The Song That Never Ends » (« Dalida : La chanson qui ne s’arrête jamais ») a été dévoilée lors d’une conférence de presse organisée dimanche à l’ambassade de France au Caire, en présence de l’ambassadeur de France Éric Chevalier, de la soprano de renommée internationale Farrah El-Dibany, du réalisateur Khairy Beshara et du scénariste Walid Khairy.

Cette coproduction entre l’Égypte et la France a été développée dans le cadre de la Saison de la Méditerranée 2026 (« 2026 Mediterranean Season »), une initiative culturelle portée par la France visant à célébrer la coopération artistique et le patrimoine commun des pays méditerranéens.

La production sera présentée en première à la Bibliotheca Alexandrina le 31 octobre, avant d’être jouée au Caire en novembre. La première à Alexandrie marquera également la clôture de l’édition de cette année de la Saison de la Méditerranée

--
« Dalida : La chanson qui ne s’arrête jamais » a été dévoilée lors d’une conférence de presse organisée dimanche à l’ambassade de France au Caire. (Photo fournie)

Selon un communiqué, l’ambassadeur Éric Chevalier a souligné que ce projet illustre la solidité des liens culturels entre la France et l’Égypte et reflète leur engagement commun à préserver l’héritage artistique de Dalida.

Farrah El-Dibany a confié qu’incarner la légendaire chanteuse était un rêve d’enfance. Elle a expliqué avoir proposé le projet à Khairy Beshara avant que tous deux ne le développent avec le scénariste Walid Khairy.

Khairy Beshara a décrit Dalida comme une femme faite de contrastes, alliant fragilité et force tout au long de sa vie et de sa carrière. Il a salué le travail de Walid Khairy, dont le scénario restitue avec justesse la complexité de sa personnalité et donne toute sa dimension au spectacle.

De son côté, Walid Khairy a indiqué que la comédie musicale met en lumière des chapitres méconnus de la vie de Dalida tout en célébrant ses racines égyptiennes, restées au cœur de son identité malgré son succès international. Produite par la société 26One1 Company, l’œuvre retrace son parcours, de l’Égypte jusqu’à la célébrité mondiale.

La production proposera également de nouveaux arrangements musicaux signés par le pianiste et compositeur franco-arménien André Manoukian.

Annoncée en 2023 par le président français Emmanuel Macron, la Saison de la Méditerranée favorise les échanges culturels à travers des expositions, des spectacles et des collaborations artistiques. L’édition 2026 met particulièrement l’accent sur la créativité, la jeunesse et les partenariats interculturels. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Un rare panneau du XIXe siècle exposé au Musée de la mer Rouge présente le texte complet du Coran

Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
Short Url
  • Cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran intégrée dans une illustration détaillée

DJEDDAH : Un rare panneau de calligraphie coranique du XIXe siècle est exposé au Musée de la mer Rouge, dans la ville historique de Djeddah.

Réalisée vers 1859–1860 par Ghouth Mahboob Ghalib à Mysore, en Inde, cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran disposée au sein d’une illustration détaillée de la Grande Mosquée de La Mecque.

Rédigé en écriture Diwani à l’encre noire et avec des dorures, le manuscrit place la Kaaba en son centre, a rapporté la SPA.

Le texte minutieusement élaboré commence par la sourate Al-Fatihah au sommet, s’entrelace avec les détails architecturaux de la mosquée et s’achève par la sourate An-Nas.

Cet artefact met en lumière les parcours historiques et spirituels des pèlerins qui traversaient la mer Rouge vers La Mecque, emportant avec eux des objets d’art témoignant du patrimoine culturel et de l’histoire du Hajj. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Asharq Al-Awsat.