Esplanade des Mosquées: Israël dénonce une réunion «absurde» du Conseil de sécurité de l'ONU

Gilad Erdan, Représentant permanent d'Israël auprès de l'Organisation des Nations Unies (Photo, AFP).
Gilad Erdan, Représentant permanent d'Israël auprès de l'Organisation des Nations Unies (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 06 janvier 2023

Esplanade des Mosquées: Israël dénonce une réunion «absurde» du Conseil de sécurité de l'ONU

  • Le représentant palestinien aux Nations unies Riyad Mansour s'en est pris au voisin et adversaire israélien et a critiqué l'ONU
  • Figure de l'extrême droite israélienne et ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir a effectué mardi un déplacement sur l'esplanade des Mosquées

NATIONS-UNIES: Israël a dénoncé jeudi une réunion "absurde" du Conseil de sécurité de l'ONU censée condamner la visite d'un ministre israélien sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, qui provoque depuis mardi un tollé international et que les Palestiniens qualifient de "ligne rouge".

"Je suis vraiment, vraiment choqué", a lancé l'ambassadeur israélien auprès des Nations unies Gilad Erdan, devant les portes du Conseil de sécurité. "Et pourquoi? Parce qu'il n'y a absolument aucune raison que cette session d'urgence se tienne aujourd'hui. Aucune. Tenir une session du Conseil de sécurité sur un non-événement est vraiment absurde", a lancé devant la presse le diplomate.

Figure de l'extrême droite israélienne et nouveau ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir a effectué mardi un déplacement de moins d'un quart d'heure sur l'esplanade des Mosquées, soulevant une vague de condamnations internationales, y compris des Etats-Unis, l'allié historique d'Israël.

A la demande de la Chine et des Emirats arabes unis, le Conseil de sécurité est réuni jeudi après-midi, les pays arabes et musulmans ayant exigé une action concrète de condamnation de l'Etat juif.

M. Erdan a nié que la visite de son ministre ait été une "incursion sur (l'esplanade de la mosquée) Al Aqsa" ou une entorse au "statu quo" historique concernant les lieux saints de Jérusalem.

"Chaque juif a le droit de visiter le Mont du Temple", désignation du site dans le judaïsme, a-t-il martelé. "Prétendre qu'une visite brève et totalement légitime devrait déclencher une session d'urgence du Conseil de sécurité est pathétique", a dénoncé M. Erdan.

Le représentant palestinien aux Nations unies Riyad Mansour s'en est pris au voisin et adversaire israélien et a critiqué l'ONU, où ont été votées depuis des décennies nombre de résolutions sur le conflit israélo-palestinien.

"Quelle ligne rouge Israël doit franchir pour que le Conseil de sécurité dise enfin +ça suffit+ et agisse en conséquence. Quand allez-vous agir?", s'est insurgé M. Mansour dans un long discours.

Mercredi soir, entouré d'homologues de pays arabes et musulmans, le diplomate palestinien avait réclamé que la communauté internationale "décide de défendre et de protéger le statu quo historique à Jérusalem et (concernant ses) sites musulmans et chrétiens".

Troisième lieu saint de l'islam et site le plus sacré du judaïsme sous le nom de "Mont du Temple", l'esplanade des Mosquées est située dans la Vieille ville de Jérusalem, dans le secteur palestinien occupé et annexé par Israël.

En vertu d'un statu quo historique, les non-musulmans peuvent se rendre sur le site à des heures précises mais ne peuvent pas y prier. Or, ces dernières années, un nombre croissant de juifs, souvent nationalistes, y prient subrepticement, un geste dénoncé comme une "provocation" par les Palestiniens et plusieurs pays du Moyen-Orient.

Mardi, la Maison Blanche avait mis en garde son allié israélien contre tout acte unilatéral "inacceptable".

Un représentant des Etats-Unis à l'ONU, Robert Wood, a "exhorté Israéliens et Palestiniens à prendre les mesures nécessaires pour rétablir le calme, empêcher davantage de pertes en vies humaines et préserver la possibilité d'une solution à deux Etats", au point mort depuis des années.


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.