Comment les livres numériques et les livres audio élargissent l’offre en littérature arabe

Les événements régionaux liés au livre, tels que la Foire internationale du livre du Koweït et la Foire internationale du livre de Riyad, continuent d'attirer de grandes foules (Photo, AFP).
Les événements régionaux liés au livre, tels que la Foire internationale du livre du Koweït et la Foire internationale du livre de Riyad, continuent d'attirer de grandes foules (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 06 janvier 2023

Comment les livres numériques et les livres audio élargissent l’offre en littérature arabe

  • Si de nombreux lecteurs arabes préfèrent le livre imprimé, d'autres affirment que les livres électroniques et les livres audio permettent de gagner du temps, de l'espace et de l'argent
  • La croissance du marché de la littérature numérique se traduit par la production de 8 000 livres audio en langue arabe pour la seule année 2022

DUBAÏ: Avec les progrès de la technologie, les rats de bibliothèque trouvent davantage d'options pour consommer de la littérature qu'à travers les seuls mots imprimés. Bien que les livres électroniques en arabe soient beaucoup moins nombreux que ceux en anglais, les éditeurs et les traducteurs s'efforcent de combler ce vide.

En 2018, Amazon a annoncé la prise en charge de la langue arabe pour le lecteur électronique Kindle, ouvrant ainsi la porte de la littérature arabe à un public beaucoup plus large.

Qu'il s'agisse de romans, de livres de développement personnel, de biographies ou de poésie, un nombre croissant d'Arabes trouvent dans les livres électroniques et les livres audio des moyens abordables d'acquérir des connaissances. Pourtant, la lecture d'un livre imprimé reste l'option préférée de la grande majorité d'entre eux.

«Honnêtement, je ne crois pas qu'il y ait un problème de lecture de livres dans la région arabe comme certains pourraient le penser, autant qu'il y a un problème de vente de livres», a déclaré à Arab News, Salah Chebaro, PDG de Neelwafurat, basé à Beyrouth.

Neelwafurat, l'une des plus grandes librairies en ligne du monde arabe, est un mot qui fusionne les deux noms arabes du Nil et de l'Euphrate.

La librairie vend des livres imprimés d'éditeurs arabes dans différentes villes du monde. Elle dispose d'un stock de 15 000 livres électroniques à vendre qui peuvent être lus via l'application iKitab, ainsi que de 800 000 livres imprimés.

«Quand on regarde le nombre de livres piratés qui ont été téléchargés, ils se comptent par millions», a révélé Chebaro dans une interview en ligne depuis la capitale libanaise. «Les gens aiment lire, mais ils n'aiment pas payer pour lire.»

Cependant, «la difficulté pour les éditeurs, les distributeurs et les librairies du monde arabe... réside dans l'expédition des livres et d'autres aspects logistiques liés à la géographie de la région arabe», a-t-il ajouté.

Par exemple, le coût d'expédition d'un envoi de livres imprimés pesant au total 2 kilogrammes de New York à Los Angeles aux États-Unis est à peu près le même que celui d'un envoi du Caire à Amman, entre autres.

Cela est dû à la répartition géographique de la région arabe, qui rend le transport, l'expédition, l'exportation et l'importation plus compliqués et plus coûteux, a expliqué Chebaro.

L'économie des frais d'expédition est l'un des principaux facteurs expliquant la popularité croissante des livres électroniques dans la région arabe. Parmi les autres facteurs, citons l'économie de l'espace nécessaire au stockage et au transport des livres imprimés, ainsi que la rapidité de l'achat d'un livre en ligne, qui peut être finalisé en un clin d'œil.

Les livres imprimés en langue arabe restent beaucoup plus populaires que les équivalents digitaux, mais les ventes de ces derniers augmentent lentement (Photo, SPA).

Si certains conservent leur préférence pour l'imprimé, la lecture sur gadget présente de nombreux avantages. La Yéménite-Britannique Dhuha Awad, animatrice de créativité basée à Dubaï, affirme son appréciation pour la fonction dictionnaire des livres numériques en anglais.

«Je peux taper le mot que je cherche et le gadget affiche toutes les lignes qui contiennent ce mot (dans le livre numérique). De plus, je n'ai plus besoin de transporter le livre que je lis avec moi tout le temps», a précisé Awad à Arab News.

Sa bibliothèque se compose d'un nombre à peu près égal de livres numériques et imprimés, et elle utilise le format e-book pour gagner encore plus de temps et d'espace physique. «Si j'aime un certain livre et que je veux que d'autres le lisent, je m'assure de l'avoir en version papier. Mais si je ne suis pas sûre, j'achète d'abord le format numérique», a-t-elle affirmé.

EN BREF

- Les revenus mondiaux des livres électroniques ont dépassé 16,1 milliards de dollars (1 dollar américain = 0,95 euro) en 2021 et pourraient atteindre 18,7 milliards de dollars en 2026.

- Le nombre de lecteurs de livres électroniques dans le monde devrait dépasser 1,1 milliard d'ici 2027.

- Les ventes des livres électroniques constituent environ 10% des ventes globales de livres, selon les éditeurs.

- En 2018, Amazon a annoncé la prise en charge de la langue arabe pour le lecteur électronique Kindle.

La croissance du marché des livres électroniques dans la région arabe est dominée par l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l'Égypte, a indiqué Ali Abdel Moneim Ahmed, consultant en édition numérique auprès de Liberty Education au Royaume-Uni, en Égypte et aux Émirats arabes unis, lors d'une table ronde organisée dans le cadre de la Conférence des éditeurs de Sharjah, en marge de l'édition 2022 de la Foire internationale du livre de Sharjah, qui se tient chaque année en novembre.

De plus en plus d'éditeurs proposent des plates-formes en ligne avec des versions numériques de leurs livres, a affirmé Ahmed. Les éditeurs collaborent également avec des plates-formes audio, telles que Storytel et Audible.

Les ventes d'e-books de livres classiques sur les marchés des trois pays arabes susmentionnés ont «augmenté de 14% en 2021», a déclaré Ahmed. «Sans compter les publications en ligne, qui ont augmenté de 50%.»

Malgré l'augmentation des ventes de livres électroniques, il existe toujours une marge de croissance encore plus importante. Les ventes de livres numériques constituent environ 10% des ventes totales de livres, selon les éditeurs.

«C’est un domaine prometteur… et il augmente chaque année. Mais nous n’avons pas encore atteint les pourcentages de l’Europe et des États-Unis où la vente de e-books représente près de 30% des ventes totales de livres», a expliqué Chebaro à Arab News.

Les ventes mondiales de livres numériques sont énormes, malgré des différences de chiffres selon les sources et les sites web.

Selon WordsRated, un organisme de recherche non commercial basé aux États-Unis, les recettes mondiales découlant de la vente d’ebooks en 2021 ont atteint 16,1 milliards de dollars et devrait franchir la barre des 18,7 milliards de dollars d’ici 2026.

Statista, un autre fournisseur de données sur les marchés et les consommateurs basé aux États-Unis, prévoit que le segment des livres électroniques atteindra 13,6 milliards de dollars en 2022, avec un taux de croissance annuel prévu de 3,38%, pour atteindre plus de 16 milliards de dollars en 2027.

Le nombre de lecteurs des livres numériques devrait atteindre plus de 1,1 milliard d'ici 2027, et la plupart des revenus devraient être générés par les États-Unis. Le pays est le plus grand marché du livre au monde, avec ses revenus estimés en milliards de dollars.

Près d'un million de livres sont publiés chaque année aux États-Unis, auxquels s'ajoutent quatre millions de livres autoédités par an.

En comparaison, les revenus du marché arabe du livre se situent entre 100 et 150 millions de dollars. Seul un million de livres ont été publiés dans la région arabe au cours des cinq dernières décennies, selon les données partagées par Chebaro avec Arab News.

Les chiffres de l'édition dans le monde arabe sont liés à de nombreux facteurs socio-économiques, au premier rang desquels le revenu individuel.

«Aujourd'hui, le taux de livres piratés dans la région du Golfe est inférieur à celui d'autres pays comme l'Égypte, le Liban, la Syrie, la Jordanie et l'Irak. Les livres piratés sont un gros problème et sont liés aux revenus de la personne», a souligné Chebaro à Arab News.

«Nous avons encore un long chemin à parcourir... mais en général, les ventes de livres papier augmentent, ainsi que les ventes de livres numériques. Aucun d'entre eux ne prend la place d'un autre. Chacun a un marché et chacun a ses clients et ses lecteurs», a-t-il ajouté.

L'Arabie saoudite est en tête de la liste des acheteurs et des lecteurs de livres numériques et imprimés dans le monde arabe. Elle est suivie par le Koweït, les Émirats arabes unis, le Qatar, Bahreïn et l'Algérie, selon Chebaro.

La fiction, l'estime de soi et la santé mentale, ainsi que les biographies sont en tête de liste des sujets qui intéressent les lecteurs arabes, a déclaré Doha al-Refai, responsable de l'édition à la librairie numérique Rufoof, à Arab News depuis Amman, en Jordanie.

La boutique, qui propose 25 000 titres arabes moyennant un abonnement mensuel, agit comme une sorte de bibliothèque en ligne: elle ne vend pas de copies numériques ou imprimées des livres, mais permet plutôt aux lecteurs de lire des livres sur son site web.

L'Arabie saoudite est en tête de la liste des acheteurs et des lecteurs de livres numériques et imprimés dans le monde arabe (Photo, SPA).

«Nous ne distribuons pas et ne vendons pas de livres pour les lecteurs. Nous distribuons pour les éditeurs», a précisé Al-Refai à Arab News.

Rufoof a «résolu un problème pour un large spectre de lecteurs, où les gens n'ont pas besoin d'acheter des livres, qu'ils soient en papier ou numériques, mais peuvent lire autant qu'ils le souhaitent tout au long du mois», a-t-elle poursuivi.

Les Saoudiens, les Émiratis et les Égyptiens figurent parmi les principaux clients de Rufoof. Si les Égyptiens comptent parmi les lecteurs les plus voraces, le nombre d'abonnés dans les pays du Golfe est également élevé, a indiqué Al-Refai, ajoutant que le site web prévoit de s'étendre aux livres audio.

Les livres audio sont un domaine prometteur avec un grand potentiel, selon de nombreux éditeurs. Chebaro et Al-Refai ont indiqué que la région arabe a produit près de 8 000 livres audio en 2021, Al-Refai ajoutant que Rufoof en a produit 5 000 jusqu'à présent.

Selon l'auteur égyptien Amer Hussein, le format numérique a permis d'améliorer l'accès à la littérature pour ceux qui n'ont pas les moyens de payer le prix croissant des livres en papier.

«Les Arabes qui vivent dans différents endroits, comme l'Australie, l'Europe et d'autres villes éloignées de la région arabe, ont des difficultés à se procurer des livres en arabe», a déclaré à Arab News, Hussein qui vit à Dubaï.

«La distribution de livres par le biais de formats numériques offre aux gens, où qu'ils soient dans le monde, la possibilité de lire des livres au fur et à mesure qu'ils sont publiés dans la région arabe», a-t-il ajouté.

Il a affirmé que, personnellement, il préfère les livres audio car il peut les écouter lorsqu'il est coincé dans les embouteillages ou dans un avion.

De nombreux lecteurs et écrivains seront probablement d'accord avec Purva Grover, une écrivaine indienne basée à Dubaï, qui a trois livres électroniques à son actif, et qui a déclaré à Arab News par courriel: «Plus il y aura de livres (dans n'importe quel format) dans le monde, qu'il s'agisse de livres électroniques ou imprimés, plus l'avenir sera brillant.»

«La lecture est plus une question de partage maintenant. Je lis un bon paragraphe et j'ai envie de faire une capture d'écran instantanée et de l'envoyer à mes amis, de le mettre sur mes comptes de réseaux sociaux ou de taguer mes amis. Les livres électroniques nous aident à faire tout cela, et donc à encourager et à répandre la lecture dans cette ère de convivialité technologique», a-t-elle soutenu.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Hamas exhorte l'Iran à cesser de bombarder ses voisins

Le Hamas a appelé samedi l’Iran à s’abstenir de viser les pays voisins, tout en affirmant le droit de Téhéran à se défendre contre Israël et les États-Unis. (AFP)
Le Hamas a appelé samedi l’Iran à s’abstenir de viser les pays voisins, tout en affirmant le droit de Téhéran à se défendre contre Israël et les États-Unis. (AFP)
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  • Le Hamas appelle l’Iran à cesser de frapper les pays voisins en représailles aux attaques américano-israéliennes, tout en affirmant le droit de Téhéran à se défendre
  • Le mouvement palestinien exhorte aussi la communauté internationale à agir pour mettre fin immédiatement à la guerre régionale

Gaza, Territoires palestiniens: Le mouvement islamiste palestinien Hamas a exhorté samedi Téhéran à cesser ses frappes contre les pays voisins en représailles aux attaques américano-israéliennes dont il est la cible, tout en affirmant le droit de son allié à se défendre.

Le Hamas a également appelé la communauté internationale à "œuvrer à l'arrêt" immédiat de la guerre.

Il s'agit de la première déclaration en ce sens du Hamas, dont la République islamique est traditionnellement l'un des principaux soutiens, depuis le début, le 28 février, de l'offensive menée conjointement par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran.

"Tout en affirmant le droit de la République islamique d'Iran à riposter à cette agression par tous les moyens disponibles, conformément aux normes et au droit international, le mouvement appelle ses frères en Iran à ne pas prendre pour cible les pays voisins", a écrit le Hamas sur Telegram.

Le Hamas avait auparavant condamné l'assassinat du guide suprême iranien, Ali Khamenei, tué par une frappe israélienne à Téhéran au premier jour de la guerre, le qualifiant de "crime odieux".

"Il a fourni toutes les formes de soutien politique, diplomatique et militaire à notre peuple, à notre cause et à notre résistance", avait déclaré le mouvement peu après la mort de l'ayatollah Khamenei.

Mercredi, le Hamas a souhaité au fils de Khamenei, Mojtaba Khamenei, nommé nouveau guide suprême en remplacement de son père, de "vaincre l'agression israélo-américaine".

Face à l'offensive américano-israélienne, l'Iran a riposté par des tirs contre une dizaine de pays. Samedi, le Qatar a annoncé avoir intercepté deux missiles après des explosions entendues dans la capitale Doha.

Le mouvement libanais Hezbollah, lui aussi allié de Téhéran, est entré en guerre le 2 mars en tirant des roquettes sur le sol israélien, provoquant une campagne de bombardements massifs menée par Israël au Liban.

Le Hamas et le Hezbollah, comme les rebelles houthis du Yémen, font partie des groupes armés soutenus par l'Iran contre Israël dans la région. Parmi les objectifs affichés de son offensive contre Téhéran, Israël avait affirmé vouloir détruire le soutien iranien à ces mouvements.

- "Semer la discorde" -

Selon une source au sein du Hamas, interrogée par l'AFP, la direction du mouvement est en contact avec les dirigeants iraniens "depuis plusieurs jours en les appelant à ne pas viser des États voisins comme les pays du Golfe, d'autres pays arabes et la Turquie".

Israël "cherche à semer la discorde entre l'Iran et ses voisins arabes et musulmans", a ajouté cette source sous couvert d'anonymat. "La direction du Hamas a également pris contact avec des responsables de plusieurs pays, dont le Qatar, la Turquie et l'Irak, les exhortant à œuvrer pour mettre un terme" à l'offensive israélo-américaine.

Plusieurs pays majoritairement sunnites entretiennent aussi des liens avec le Hamas, notamment la Turquie et le Qatar, qui héberge depuis 2012 la direction politique du mouvement et a joué un rôle-clé dans les négociations indirectes avec Israël en vue de mettre un terme à la guerre dans la bande de Gaza.

Ces négociations ont abouti à un cessez-le-feu fragile qui se maintient depuis le 10 octobre 2025, après deux ans de guerre provoquée par l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.

Le Qatar a aussi fourni une importante aide financière à Gaza depuis la prise de pouvoir du Hamas dans le territoire palestinien en 2007, en grande partie présentée comme une aide humanitaire ou à la reconstruction.

La Turquie de son côté fournit principalement un soutien politique et diplomatique plutôt qu'un financement direct à grande échelle au Hamas.

Vendredi, la Turquie a annoncé qu'un troisième missile balistique tiré depuis l'Iran, depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, avait été abattu dans l'espace aérien turc par les forces de l'Otan.


Le chef de l’ONU affirme que « le temps des groupes armés est révolu » après sa rencontre avec le président libanais

Sur cette photo diffusée par le bureau de presse de la présidence libanaise, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, s’adresse aux journalistes après sa rencontre avec le président libanais Joseph Aoun au palais présidentiel de Baabda, à l’est de Beirut, le vendredi 13 mars 2026. (Bureau de presse de la présidence libanaise via AP)
Sur cette photo diffusée par le bureau de presse de la présidence libanaise, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, s’adresse aux journalistes après sa rencontre avec le président libanais Joseph Aoun au palais présidentiel de Baabda, à l’est de Beirut, le vendredi 13 mars 2026. (Bureau de presse de la présidence libanaise via AP)
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  • Antonio Guterres était à Beyrouth « en ami du peuple libanais »
  • Il a appelé à ce que l’intégrité territoriale du pays soit « pleinement rétablie »

NEW YORK : Le secrétaire général de l’ONU a appelé vendredi à un État libanais fort détenant le monopole de l’usage de la force, après une rencontre avec le président Joseph Aoun.

« Ce n’est plus le temps des groupes armés », a déclaré Antonio Guterres. « C’est le temps des États forts. »

S’exprimant après la réunion à Beirut, il a ajouté : « J’appelle fermement les deux parties, le Hezbollah et Israël, à un cessez-le-feu afin d’arrêter la guerre et d’ouvrir la voie à une solution. »

Une telle solution, a-t-il précisé, devrait permettre au Liban d’émerger comme un État souverain doté d’une pleine intégrité territoriale et d’institutions étatiques contrôlant l’usage de la force.

Arrivé plus tôt à Beyrouth pour une visite de solidarité « en ami du peuple libanais », il a déclaré aux journalistes : « C’est dans les moments difficiles que l’amitié et la solidarité sont essentielles. »

Il a déclaré être conscient de la souffrance « énorme » des Libanais alors que le mois sacré musulman du Ramadan coïncide avec la période chrétienne du Carême. « Ce devraient être des moments de paix, ce devraient être des moments de solidarité », a-t-il ajouté.

« Malheureusement, le Liban a été entraîné dans une guerre qui n’est pas une guerre que son peuple aurait souhaitée. »

« J’espère sincèrement que lors de ma prochaine visite au Liban, je pourrai voir un Liban en paix, un Liban où l’État détient le monopole de l’usage de la force et où l’intégrité territoriale est pleinement rétablie », a-t-il conclu. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les Etats-Unis frappent le hub pétrolier de l'Iran dans le Golfe

Le président américain Donald Trump s’adresse aux médias avant d’embarquer à bord d’Air Force One pour se rendre en Floride, à la base conjointe Andrews, dans le Maryland (États-Unis), le 13 mars 2026. (REUTERS)
Le président américain Donald Trump s’adresse aux médias avant d’embarquer à bord d’Air Force One pour se rendre en Floride, à la base conjointe Andrews, dans le Maryland (États-Unis), le 13 mars 2026. (REUTERS)
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  • Donald Trump affirme que l’armée américaine a « totalement détruit » des cibles militaires sur l’île iranienne de Kharg Island et menace de viser ses infrastructures pétrolières si l’Iran entrave la navigation dans le dans le détroit d’Ormuz
  • Le conflit régional se poursuit avec des frappes et représailles entre l’Iran, les États-Unis et leurs alliés, tandis que Washington envisage d’escorter des pétroliers dans ce détroit stratégique par où transite environ 20% du pétrole mondial

TEHERAN: Donald Trump a déclaré vendredi soir avoir "complètement détruit" des cibles militaires sur l'île de Kharg, le hub pétrolier de l'Iran, et menacé de s'en prendre à ses infrastructures pétrolières si Téhéran entrave la libre circulation des navires dans le détroit stratégique d'Ormuz.

"J'ai choisi de NE PAS détruire les infrastructures pétrolières de l'île. Cependant si l'Iran, ou quiconque d'autre venait à faire quoi que ce soit pour entraver le passage libre et sûr des navires dans le détroit d'Ormuz, je reconsidérerais immédiatement ma décision", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Il a annoncé que l'armée américaine "a mené l'un des raids aériens les plus puissants de l'histoire au Moyen-Orient, et a totalement détruit toutes les cibles militaires" sur Kharg.

La veille, le président du Parlement iranien, l'influent Mohammad Bagher Ghalibaf, avait déclaré que Téhéran "abandonnera toute retenue" si les Etats-Unis et Israël attaquent ses îles du Golfe.

Bande de terre broussailleuse située dans le nord du Golfe, à environ 30 kilomètres des côtes, Kharg abrite le plus grand terminal d'exportation de pétrole brut de l'Iran.

Après deux semaines de guerre qui n'ont pas fait céder le pouvoir iranien, l'intransigeance de l'ensemble des belligérants, qui poursuivent samedi matin leurs frappes, ne laisse présager aucun répit dans ce conflit qui déchire le Moyen-Orient et perturbe de plus en plus le commerce mondial faisant flamber les prix du pétrole.

L'Iran continue ainsi ses représailles aériennes contre les Etats du Golfe. Des explosions ont été entendues tôt samedi à Doha, la capitale du Qatar, par des journalistes de l'AFP, après que le ministère de l'Intérieur a ordonné l'évacuation de certaines zones clefs.

Donald Trump a également déclaré que la marine américaine allait commencer "très bientôt" à escorter des pétroliers dans le détroit d'Ormuz, par où transite 20% de la production mondiale d'hydrocarbures.

- Frapper "très fort" -

Selon la presse américaine, les Etats-Unis vont aussi envoyer des renforts au Moyen-Orient, le New York Times parlant de quelque 2.500 Marines et trois navires de plus.

Le Wall Street Journal cite lui des responsables américains selon lesquels le navire d'assaut Tripoli, basé au Japon, et les Marines qui lui sont attachés, se dirigent vers la même région.

Combien de temps va durer cette guerre? Elle se poursuivra la semaine prochaine, où les Etats-Unis veulent frapper l'Iran "très fort", a annoncé Donald Trump.

Mais le président américain a aussi admis qu'un renversement du pouvoir par le peuple à Téhéran, espéré par Washington dans la foulée du déclenchement de cette guerre le 28 février, ne se produirait "peut-être pas immédiatement".

Les Etats-Unis ont annoncé offrir 10 millions de dollars en échange d'informations qui permettront de savoir où sont dix des plus hauts dirigeants iraniens, dont le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, et le chef de la sécurité Ali Larijani.

L'état de santé de Mojtaba Khamenei reste incertain après qu'il a été lui-même blessé dans un bombardement. Vendredi, le ministre américain de la Défense Pete Hegseth a avancé qu'il était "probablement défiguré".

Téhéran a été visée vendredi par de nouveaux bombardements, du matin jusqu'en début de soirée où une brève série de fortes explosions a été entendue, selon des journalistes de l'AFP.

- "Trump ne comprend pas" -

Dans la matinée, Ali Larijani était apparu en public au coeur de Téhéran, aux côtés du président Massoud Pezeshkian, défiant l'ennemi en participant à une manifestation pro-gouvernementale.

La manifestation a rassemblé une importante foule - difficile à évaluer même si elle tapissait complètement certaines grandes artères - malgré la pluie et la peur des frappes meurtrières qui ont fait plus de 1.200 morts selon le dernier bilan des autorités, et plus de 1.800 selon l'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA).

"Le problème de Trump, c'est qu'il ne comprend pas que le peuple iranien est une nation courageuse, une nation forte, une nation déterminée", a lancé Ali Larijani. "Plus il accentuera sa pression, plus la détermination de la nation se renforcera".

- "Longue confrontation" -

L'armée israélienne a annoncé avoir mené 7.600 frappes en Iran en deux semaines, et 1.100 frappes au Liban, où elle pilonne le mouvement islamiste Hezbollah, allié de Téhéran. Ses bombardements au Liban ont tué 773 personnes, dont 103 enfants, et blessé près de 2.000, selon les autorités locales.

Une frappe israélienne contre un centre de santé dans le sud du Liban a tué au moins 12 membres du personnel médical, a annoncé samedi le ministère libanais de la Santé.

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a également fait part de frappes israéliennes ayant touché vendredi un quartier général des casques bleus dans le sud du Liban.

Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a affiché son inflexibilité, déclarant que son groupe était prêt à "une longue confrontation" avec Israël.

Les Gardiens ont annoncé avoir tiré avec le Hezbollah des missiles et drones sur Israël en réplique aux attaques américano-israéliennes.