Comment les livres numériques et les livres audio élargissent l’offre en littérature arabe

Les événements régionaux liés au livre, tels que la Foire internationale du livre du Koweït et la Foire internationale du livre de Riyad, continuent d'attirer de grandes foules (Photo, AFP).
Les événements régionaux liés au livre, tels que la Foire internationale du livre du Koweït et la Foire internationale du livre de Riyad, continuent d'attirer de grandes foules (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 06 janvier 2023

Comment les livres numériques et les livres audio élargissent l’offre en littérature arabe

  • Si de nombreux lecteurs arabes préfèrent le livre imprimé, d'autres affirment que les livres électroniques et les livres audio permettent de gagner du temps, de l'espace et de l'argent
  • La croissance du marché de la littérature numérique se traduit par la production de 8 000 livres audio en langue arabe pour la seule année 2022

DUBAÏ: Avec les progrès de la technologie, les rats de bibliothèque trouvent davantage d'options pour consommer de la littérature qu'à travers les seuls mots imprimés. Bien que les livres électroniques en arabe soient beaucoup moins nombreux que ceux en anglais, les éditeurs et les traducteurs s'efforcent de combler ce vide.

En 2018, Amazon a annoncé la prise en charge de la langue arabe pour le lecteur électronique Kindle, ouvrant ainsi la porte de la littérature arabe à un public beaucoup plus large.

Qu'il s'agisse de romans, de livres de développement personnel, de biographies ou de poésie, un nombre croissant d'Arabes trouvent dans les livres électroniques et les livres audio des moyens abordables d'acquérir des connaissances. Pourtant, la lecture d'un livre imprimé reste l'option préférée de la grande majorité d'entre eux.

«Honnêtement, je ne crois pas qu'il y ait un problème de lecture de livres dans la région arabe comme certains pourraient le penser, autant qu'il y a un problème de vente de livres», a déclaré à Arab News, Salah Chebaro, PDG de Neelwafurat, basé à Beyrouth.

Neelwafurat, l'une des plus grandes librairies en ligne du monde arabe, est un mot qui fusionne les deux noms arabes du Nil et de l'Euphrate.

La librairie vend des livres imprimés d'éditeurs arabes dans différentes villes du monde. Elle dispose d'un stock de 15 000 livres électroniques à vendre qui peuvent être lus via l'application iKitab, ainsi que de 800 000 livres imprimés.

«Quand on regarde le nombre de livres piratés qui ont été téléchargés, ils se comptent par millions», a révélé Chebaro dans une interview en ligne depuis la capitale libanaise. «Les gens aiment lire, mais ils n'aiment pas payer pour lire.»

Cependant, «la difficulté pour les éditeurs, les distributeurs et les librairies du monde arabe... réside dans l'expédition des livres et d'autres aspects logistiques liés à la géographie de la région arabe», a-t-il ajouté.

Par exemple, le coût d'expédition d'un envoi de livres imprimés pesant au total 2 kilogrammes de New York à Los Angeles aux États-Unis est à peu près le même que celui d'un envoi du Caire à Amman, entre autres.

Cela est dû à la répartition géographique de la région arabe, qui rend le transport, l'expédition, l'exportation et l'importation plus compliqués et plus coûteux, a expliqué Chebaro.

L'économie des frais d'expédition est l'un des principaux facteurs expliquant la popularité croissante des livres électroniques dans la région arabe. Parmi les autres facteurs, citons l'économie de l'espace nécessaire au stockage et au transport des livres imprimés, ainsi que la rapidité de l'achat d'un livre en ligne, qui peut être finalisé en un clin d'œil.

Les livres imprimés en langue arabe restent beaucoup plus populaires que les équivalents digitaux, mais les ventes de ces derniers augmentent lentement (Photo, SPA).

Si certains conservent leur préférence pour l'imprimé, la lecture sur gadget présente de nombreux avantages. La Yéménite-Britannique Dhuha Awad, animatrice de créativité basée à Dubaï, affirme son appréciation pour la fonction dictionnaire des livres numériques en anglais.

«Je peux taper le mot que je cherche et le gadget affiche toutes les lignes qui contiennent ce mot (dans le livre numérique). De plus, je n'ai plus besoin de transporter le livre que je lis avec moi tout le temps», a précisé Awad à Arab News.

Sa bibliothèque se compose d'un nombre à peu près égal de livres numériques et imprimés, et elle utilise le format e-book pour gagner encore plus de temps et d'espace physique. «Si j'aime un certain livre et que je veux que d'autres le lisent, je m'assure de l'avoir en version papier. Mais si je ne suis pas sûre, j'achète d'abord le format numérique», a-t-elle affirmé.

EN BREF

- Les revenus mondiaux des livres électroniques ont dépassé 16,1 milliards de dollars (1 dollar américain = 0,95 euro) en 2021 et pourraient atteindre 18,7 milliards de dollars en 2026.

- Le nombre de lecteurs de livres électroniques dans le monde devrait dépasser 1,1 milliard d'ici 2027.

- Les ventes des livres électroniques constituent environ 10% des ventes globales de livres, selon les éditeurs.

- En 2018, Amazon a annoncé la prise en charge de la langue arabe pour le lecteur électronique Kindle.

La croissance du marché des livres électroniques dans la région arabe est dominée par l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l'Égypte, a indiqué Ali Abdel Moneim Ahmed, consultant en édition numérique auprès de Liberty Education au Royaume-Uni, en Égypte et aux Émirats arabes unis, lors d'une table ronde organisée dans le cadre de la Conférence des éditeurs de Sharjah, en marge de l'édition 2022 de la Foire internationale du livre de Sharjah, qui se tient chaque année en novembre.

De plus en plus d'éditeurs proposent des plates-formes en ligne avec des versions numériques de leurs livres, a affirmé Ahmed. Les éditeurs collaborent également avec des plates-formes audio, telles que Storytel et Audible.

Les ventes d'e-books de livres classiques sur les marchés des trois pays arabes susmentionnés ont «augmenté de 14% en 2021», a déclaré Ahmed. «Sans compter les publications en ligne, qui ont augmenté de 50%.»

Malgré l'augmentation des ventes de livres électroniques, il existe toujours une marge de croissance encore plus importante. Les ventes de livres numériques constituent environ 10% des ventes totales de livres, selon les éditeurs.

«C’est un domaine prometteur… et il augmente chaque année. Mais nous n’avons pas encore atteint les pourcentages de l’Europe et des États-Unis où la vente de e-books représente près de 30% des ventes totales de livres», a expliqué Chebaro à Arab News.

Les ventes mondiales de livres numériques sont énormes, malgré des différences de chiffres selon les sources et les sites web.

Selon WordsRated, un organisme de recherche non commercial basé aux États-Unis, les recettes mondiales découlant de la vente d’ebooks en 2021 ont atteint 16,1 milliards de dollars et devrait franchir la barre des 18,7 milliards de dollars d’ici 2026.

Statista, un autre fournisseur de données sur les marchés et les consommateurs basé aux États-Unis, prévoit que le segment des livres électroniques atteindra 13,6 milliards de dollars en 2022, avec un taux de croissance annuel prévu de 3,38%, pour atteindre plus de 16 milliards de dollars en 2027.

Le nombre de lecteurs des livres numériques devrait atteindre plus de 1,1 milliard d'ici 2027, et la plupart des revenus devraient être générés par les États-Unis. Le pays est le plus grand marché du livre au monde, avec ses revenus estimés en milliards de dollars.

Près d'un million de livres sont publiés chaque année aux États-Unis, auxquels s'ajoutent quatre millions de livres autoédités par an.

En comparaison, les revenus du marché arabe du livre se situent entre 100 et 150 millions de dollars. Seul un million de livres ont été publiés dans la région arabe au cours des cinq dernières décennies, selon les données partagées par Chebaro avec Arab News.

Les chiffres de l'édition dans le monde arabe sont liés à de nombreux facteurs socio-économiques, au premier rang desquels le revenu individuel.

«Aujourd'hui, le taux de livres piratés dans la région du Golfe est inférieur à celui d'autres pays comme l'Égypte, le Liban, la Syrie, la Jordanie et l'Irak. Les livres piratés sont un gros problème et sont liés aux revenus de la personne», a souligné Chebaro à Arab News.

«Nous avons encore un long chemin à parcourir... mais en général, les ventes de livres papier augmentent, ainsi que les ventes de livres numériques. Aucun d'entre eux ne prend la place d'un autre. Chacun a un marché et chacun a ses clients et ses lecteurs», a-t-il ajouté.

L'Arabie saoudite est en tête de la liste des acheteurs et des lecteurs de livres numériques et imprimés dans le monde arabe. Elle est suivie par le Koweït, les Émirats arabes unis, le Qatar, Bahreïn et l'Algérie, selon Chebaro.

La fiction, l'estime de soi et la santé mentale, ainsi que les biographies sont en tête de liste des sujets qui intéressent les lecteurs arabes, a déclaré Doha al-Refai, responsable de l'édition à la librairie numérique Rufoof, à Arab News depuis Amman, en Jordanie.

La boutique, qui propose 25 000 titres arabes moyennant un abonnement mensuel, agit comme une sorte de bibliothèque en ligne: elle ne vend pas de copies numériques ou imprimées des livres, mais permet plutôt aux lecteurs de lire des livres sur son site web.

L'Arabie saoudite est en tête de la liste des acheteurs et des lecteurs de livres numériques et imprimés dans le monde arabe (Photo, SPA).

«Nous ne distribuons pas et ne vendons pas de livres pour les lecteurs. Nous distribuons pour les éditeurs», a précisé Al-Refai à Arab News.

Rufoof a «résolu un problème pour un large spectre de lecteurs, où les gens n'ont pas besoin d'acheter des livres, qu'ils soient en papier ou numériques, mais peuvent lire autant qu'ils le souhaitent tout au long du mois», a-t-elle poursuivi.

Les Saoudiens, les Émiratis et les Égyptiens figurent parmi les principaux clients de Rufoof. Si les Égyptiens comptent parmi les lecteurs les plus voraces, le nombre d'abonnés dans les pays du Golfe est également élevé, a indiqué Al-Refai, ajoutant que le site web prévoit de s'étendre aux livres audio.

Les livres audio sont un domaine prometteur avec un grand potentiel, selon de nombreux éditeurs. Chebaro et Al-Refai ont indiqué que la région arabe a produit près de 8 000 livres audio en 2021, Al-Refai ajoutant que Rufoof en a produit 5 000 jusqu'à présent.

Selon l'auteur égyptien Amer Hussein, le format numérique a permis d'améliorer l'accès à la littérature pour ceux qui n'ont pas les moyens de payer le prix croissant des livres en papier.

«Les Arabes qui vivent dans différents endroits, comme l'Australie, l'Europe et d'autres villes éloignées de la région arabe, ont des difficultés à se procurer des livres en arabe», a déclaré à Arab News, Hussein qui vit à Dubaï.

«La distribution de livres par le biais de formats numériques offre aux gens, où qu'ils soient dans le monde, la possibilité de lire des livres au fur et à mesure qu'ils sont publiés dans la région arabe», a-t-il ajouté.

Il a affirmé que, personnellement, il préfère les livres audio car il peut les écouter lorsqu'il est coincé dans les embouteillages ou dans un avion.

De nombreux lecteurs et écrivains seront probablement d'accord avec Purva Grover, une écrivaine indienne basée à Dubaï, qui a trois livres électroniques à son actif, et qui a déclaré à Arab News par courriel: «Plus il y aura de livres (dans n'importe quel format) dans le monde, qu'il s'agisse de livres électroniques ou imprimés, plus l'avenir sera brillant.»

«La lecture est plus une question de partage maintenant. Je lis un bon paragraphe et j'ai envie de faire une capture d'écran instantanée et de l'envoyer à mes amis, de le mettre sur mes comptes de réseaux sociaux ou de taguer mes amis. Les livres électroniques nous aident à faire tout cela, et donc à encourager et à répandre la lecture dans cette ère de convivialité technologique», a-t-elle soutenu.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Nouvelle attaque iranienne dans le Golfe en réplique aux bombardements américains

L'Iran a attaqué des intérêts militaires américains au Koweït jeudi, malgré la menace de nouveaux bombardements proférée par Donald Trump à la suite de plusieurs échanges de frappes, au risque d'un nouvel embrasement après plus de six mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran a attaqué des intérêts militaires américains au Koweït jeudi, malgré la menace de nouveaux bombardements proférée par Donald Trump à la suite de plusieurs échanges de frappes, au risque d'un nouvel embrasement après plus de six mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Après un mois d'accalmie, les hostilités ont repris dimanche dans un scénario qui se répète depuis le début de la guerre déclenchée fin février et toujours sans issue diplomatique
  • L'armée américaine a mené deux vagues de frappes dimanche et mardi soir, visant respectivement selon elle une tentative de miner le détroit d'Ormuz puis des installations des Gardiens de la Révolution iraniens

TEHERAN: L'Iran a attaqué des intérêts militaires américains au Koweït jeudi, malgré la menace de nouveaux bombardements proférée par Donald Trump à la suite de plusieurs échanges de frappes, au risque d'un nouvel embrasement après plus de six mois de guerre au Moyen-Orient.

A l'issue d'une nouvelle nuit de bombardements américains meurtriers suivis d'une riposte d'envergure, le président américain a averti mercredi que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment" la République islamique qui a juré de "briser" l'ennemi américain.

Dès les premières heures jeudi, l'armée du Koweït a indiqué sur X faire face à "des attaques hostiles de missiles et de drones à la suite de l'ignoble agression iranienne".

"En réponse aux crimes commis par l'Amérique contre le peuple iranien, des attaques de missiles et de drones sont en cours contre des bases américaines au Koweït", a confirmé peu après la télévision d'Etat iranienne sur le même réseau social.

Après un mois d'accalmie, les hostilités ont repris dimanche dans un scénario qui se répète depuis le début de la guerre déclenchée fin février et toujours sans issue diplomatique.

L'armée américaine a mené deux vagues de frappes dimanche et mardi soir, visant respectivement selon elle une tentative de miner le détroit d'Ormuz puis des installations des Gardiens de la Révolution iraniens, notamment des sites de radars et de défense anti-aérienne.

La deuxième a fait au total 19 morts, dont sept membres des forces armées mais aussi des civils, l'un des bilans les plus élevés depuis plusieurs mois. Quatre personnes ont été tuées au cours d'un mariage dans le district de Sirik (sud-est), où près de 70 personnes ont été blessées.

L'armée américaine n'a pas réagi à la frappe ayant touché le mariage, mais a affirmé "ne jamais prendre pour cible des civils, contrairement aux Gardiens".

Pression économique 

Dénonçant un "crime de guerre", l'Iran a revendiqué des frappes tous azimuts contre des alliés des Etats-Unis dans la région - Jordanie, Koweït, Bahreïn, Irak mais aussi Emirats arabes unis.

L'Iran a prévenu les Etats-Unis qu'ils devaient désormais s'attendre à une "nouvelle stratégie" destinée à "briser les fondements" de l'ennemi, sans en détailler les contours.

Il a aussi adressé une nouvelle mise en garde à "tout pays coopérant avec l'armée américaine agressive".

La reprise des bombardements tranche avec les déclarations récentes de l'administration Trump qui affirmait vouloir privilégier la pression économique sur Téhéran et ses partenaires.

Le président américain peine à trouver une issue à ce conflit très impopulaire aux Etats-Unis, où se tiennent en novembre les élections de mi-mandat, et très coûteux pour le budget américain.

Avant l'accalmie de cet été, l'opposition démocrate affirmait que les combats avaient asséché les stocks de munitions américains, ce que l'administration réfute.

"Nous avons détruit bien plus que leur radar. L'attaque a été très violente, et nous sommes prêts à en lancer une autre à tout moment", a averti mercredi Donald Trump.

"Détroit Trump" 

Dans le détroit d'Ormuz, que le président américain a suggéré de rebaptiser "détroit Trump" avant d'assurer qu'il n'était pas sérieux, deux pétroliers ont pris feu après avoir heurté des mines, selon Téhéran.

Stratégique pour le transport d'hydrocarbures, cette voie est verrouillée par l'Iran depuis le début de la guerre.

Les Etats-Unis ont en retour imposé un blocus aux ports iraniens et, récemment, un nouveau train de sanctions secondaires contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Ces dernières mesures vont permettre d'exercer "une pression économique maximale" sur le pays, a insisté mercredi Chris Wright, le ministre américain de l'Energie, lors d'un déplacement au Venezuela.

En Israël, le chef de la diplomatie Gideon Saar a assuré que son pays était prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, mais n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

 


Dans une rare visite en Egypte, Xi appelle à combattre «les ingérences» au Moyen-Orient

L'Egypte a déroulé le tapis rouge à Xi Jinping pour cette visite porteuse de promesses financières. (AFP)
L'Egypte a déroulé le tapis rouge à Xi Jinping pour cette visite porteuse de promesses financières. (AFP)
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  • Pékin, partenaire majeur de Téhéran, est en première ligne et cherche l'appui du Caire, dont les banques sont aussi ciblées
  • La semaine dernière, le Trésor américain a en effet annoncé des sanctions contre la branche émiratie de la deuxième plus grande banque égyptienne, Banque Misr, accusée de participer aux échanges financiers avec Téhéran

LE CAIRE: Le président chinois Xi Jinping, à l'occasion de sa première visite en Egypte en dix ans, a mis en garde mercredi contre les "ingérences extérieures" au Moyen-Orient, au moment où la région s'enfonce de nouveau dans la guerre.

Le conflit était au coeur des discussions au palais d'Al-Ittihadiya au Caire, Xi et son homogue égyptien Abdel Fattah al-Sissi appelant à des "solutions diplomatiques" pour mettre durablement fin aux hostilités.

"Nous devons défendre le principe selon lequel les peuples du Moyen-Orient sont maîtres de leurs propres affaires, nous opposer aux ingérences extérieures (...)", a déclaré M. Xi, dont les propos ont été rapportés par l'agence de presse officielle Chine Nouvelle.

Il s'est aussi dit prêt à travailler avec les pays de la région pour assurer la sécurité de la navigation, ébranlée par les attaques régulières de navires dans le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Canal de Suez 

L'Egypte a déroulé le tapis rouge à Xi Jinping pour cette visite porteuse de promesses financières.

Les deux pays ont notamment signé un accord lançant la troisième phase de la zone industrielle égypto-chinoise, qui accueille déjà 200 entreprises et représente environ quatre milliards de dollars d'investissements, selon les autorités.

Cette annonce, dont les détails financiers n'ont pas été dévoilés, permettra à Pékin de renforcer davantage sa présence dans la zone du canal de Suez, alors que la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran menace le commerce maritime mondial.

Une série d'accords supplémentaires ont été signés, sans que les autorités égyptiennes en précisent la teneur.

La venue du président chinois intervient au moment où Washington accroît sa pression sur les partenaires commerciaux de l'Iran.

Pékin, partenaire majeur de Téhéran, est en première ligne et cherche l'appui du Caire, dont les banques sont aussi ciblées.

La semaine dernière, le Trésor américain a en effet annoncé des sanctions contre la branche émiratie de la deuxième plus grande banque égyptienne, Banque Misr, accusée de participer aux échanges financiers avec Téhéran.

Autonomie stratégique 

Dans le cadre de son offensive contre l'Iran lancée avec Israël fin février, Washington a juré le mois dernier d'asphyxier l'économie iranienne, menaçant d'élargir ses sanctions, qui pourraient également frapper des banques chinoises.

La Chine, grand acheteur de pétrole iranien, a de son côté promis de défendre ses intérêts.

A l'approche d'une rencontre annoncée entre Xi Jinping et le président américain Donald Trump plus tard en septembre, Pékin cherche également à renforcer ses liens avec les pays de la région proches de Washington.

Or l'Egypte est l'un des plus gros bénéficiaires de l'aide militaire américaine et un médiateur historique clé au Moyen-Orient.

Selon des analystes, Le Caire compte utiliser cette visite pour mettre en avant son autonomie stratégique, en montrant qu'il peut tirer parti de ses relations étroites avec Washington comme avec Pékin.

Abdel Fattah al-Sissi, dans un texte publié mardi dans les médias égyptiens, a ainsi vanté sa "politique étrangère indépendante". Il a aussi assuré que ces deux membres des Brics étaient des "partenaires" pour "renforcer le rôle du Sud global", dans un monde de plus en plus polarisé.

"Générations d'amitié" 

Xi Jinping doit se rendre plus tard mercredi au Grand Musée égyptien près des pyramides de Gizeh.

A travers la mégapole de plus de 26 millions d'habitants, les grandes avenues ont été décorées de drapeaux chinois et égyptiens, ainsi que de panneaux montrant les deux présidents ou vantant des "générations d'amitié égypto-chinoise coulant comme le Nil".

Les investissements chinois jouent déjà un rôle clé dans les grands projets du président Sissi: ils ont financé le quartier des finances et des affaires, constellé de gratte-ciels, dans la nouvelle capitale administrative située à 50 km à l'est du Caire.

Pékin est un important exportateur vers l'Egypte, avec un excédent commercial atteignant 12 milliards de dollars sur les sept premiers mois de 2026, selon les douanes chinoises.

Les deux pays sont également liés par leur coopération militaire: l'Egypte qui, sous l'administration Sissi, est devenue l'un des plus gros pays acheteurs d'armes au monde, a accueilli en août d'importants exercices conjoints de combat aérien avec l'armée chinoise, mettant en scène le puissant chasseur J-16.


Liban: une frappe israélienne tue un homme dans le sud 

Selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), "un homme a été tué et un autre blessé dans une frappe menée par un drone ennemi" mercredi matin sur un quartier de Nabatiyé. L'armée israélienne avait mené plusieurs frappes sur le secteur à l'aube, d'après l'Ani. (AFP)
Selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), "un homme a été tué et un autre blessé dans une frappe menée par un drone ennemi" mercredi matin sur un quartier de Nabatiyé. L'armée israélienne avait mené plusieurs frappes sur le secteur à l'aube, d'après l'Ani. (AFP)
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  • Depuis des semaines, les violences se concentrent dans la région de Nabatiyé où l'armée israélienne, qui occupe une partie du sud du Liban, tente de déloger le Hezbollah d'une colline stratégique, Ali Taher
  • Selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), "un homme a été tué et un autre blessé dans une frappe menée par un drone ennemi" mercredi matin sur Nabatiyé

BEYROUTH: Un homme a été tué et un autre blessé mercredi dans une frappe israélienne sur la ville de Nabatiyé, dans le sud du Liban, a rapporté un média d'Etat, l'armée israélienne affirmant avoir visé des infrastructures du Hezbollah pro-iranien.

Depuis des semaines, les violences se concentrent dans la région de Nabatiyé où l'armée israélienne, qui occupe une partie du sud du Liban, tente de déloger le Hezbollah d'une colline stratégique, Ali Taher.

Selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), "un homme a été tué et un autre blessé dans une frappe menée par un drone ennemi" mercredi matin sur un quartier de Nabatiyé. L'armée israélienne avait mené plusieurs frappes sur le secteur à l'aube, d'après l'Ani.

De son côté, l'armée israélienne a annoncé dans un communiqué avoir "frappé des infrastructures terroristes dans la région de Nabatiyé", affirmant riposter "au lancement par le Hezbollah dans la nuit de deux drones d'attaques" contre ses soldats dans la région de la crête d'Ali Taher.

Les violences entre les deux parties ont baissé d'intensité depuis le mois de juin, à la suite d'un protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran puis de la signature d'un accord cadre entre le Liban et Israël.

Mais 11 personnes avaient été tuées le 15 août dans des frappes israéliennes, les attaques les plus meurtrières depuis, et une femme a trouvé la mort la semaine dernière dans un raid israélien.

Le Hezbollah avait entraîné le Liban dans la guerre régionale en menant des frappes sur Israël le 2 mars en soutien à Téhéran, déclenchant des bombardements aériens israéliens massifs et une offensive terrestre qui ont fait plus de 4.300 morts, selon les autorités libanaises.

L'accord-cadre signé entre le Liban et Israël prévoit le désarmement du Hezbollah, un retrait progressif israélien du sud du Liban et le déploiement de l'armée libanaise dans la région.

Le Hezbollah est opposé aux négociations entre le Liban et Israël qui doivent en principe tenir une nouvelle session en septembre, dont la date n'a toujours pas été fixée.

Le groupe armé et financé par l'Iran avait déjà entraîné le Liban dans une guerre avec Israël en octobre 2023, en solidarité avec le Hamas palestinien dans la bande de Gaza.

Au total, les deux guerres ont fait 8.920 morts selon le dernier bilan du ministère libanais de la Santé.