Pap Ndiaye, un ministre qui peine à s'imposer

Le ministre français de l'Education et de la Jeunesse, Pap Ndiaye, arrive pour assister à la deuxième session plénière du Conseil national de la Refondation (CNR) présidée par le président français à l'Elysée présidentielle à Paris le 12 décembre 2022. (Photo, AFP)
Le ministre français de l'Education et de la Jeunesse, Pap Ndiaye, arrive pour assister à la deuxième session plénière du Conseil national de la Refondation (CNR) présidée par le président français à l'Elysée présidentielle à Paris le 12 décembre 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 06 janvier 2023

Pap Ndiaye, un ministre qui peine à s'imposer

  • Sa nomination comme ministre de l’Éducation avait créé la surprise
  • Universitaire spécialiste des minorités et peu connu du grand public, éloigné des sphères politiques, Pap Ndiaye avait marqué un changement par rapport à Jean-Michel Blanquer

PARIS: Un ministre qui prend le temps et écoute, mais peine à s'imposer: plus de sept mois après son arrivée, Pap Ndiaye a créé une rupture de ton par rapport à son prédécesseur mais suscite des inquiétudes quant à sa capacité d'action.

Sa nomination comme ministre de l’Éducation avait créé la surprise. Universitaire spécialiste des minorités et peu connu du grand public, éloigné des sphères politiques, Pap Ndiaye avait marqué un changement par rapport à Jean-Michel Blanquer. Celui-ci s'était mis à dos une grande partie du monde enseignant, heurté notamment par son manque de dialogue.

A contrepied, l'historien de 57 ans a pris dès le départ le parti de la concertation, de la réflexion et de l'écoute avec les enseignants, ses "collègues", comme il se plaît à le rappeler.

"L'ensemble de la communauté éducative a plutôt été heureuse du changement de ton et d'un respect des profs qui semble sincère", souligne Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-Unsa. "Il a fait un vrai gros boulot de rencontres pour se construire un avis personnel."

"C'est un ministre qui a une vraie vision du sujet, même si ce n'est pas un technicien de l'éducation", estime Violette Spillebout, députée Renaissance du Nord et membre de la commission des Affaires culturelles et de l’Éducation.

Dès la rentrée de septembre, il a cherché à se positionner sur certains sujets comme la mixité sociale et scolaire et le bien-être à l'école.

D'autres orientations, comme son souci des "fondamentaux" (lire, écrire, compter) l'inscrivent en revanche dans la lignée de son prédécesseur.

Conséquence des procès en "wokisme" alimentés dans les médias par la droite et l'extrême-droite au moment de sa nomination ? Pap Ndiaye n'est en tout cas plus un inconnu du grand public. Il est l'un des seuls ministres issus de la société civile à avoir émergé dans l'opinion.

Selon un sondage Odoxa-Backbone pour Le Figaro, publié fin décembre, il arrive en 7e position des ministres les plus connus derrière les poids-lourds déjà là sous le premier quinquennat.

Plutôt discret dans les médias, surtout par rapport à Jean-Michel Blanquer, M. Ndiaye paraît aussi être spectateur des grandes orientations décidées par Emmanuel Macron, au propre comme au figuré, comme lors d'un déplacement à Marseille ou en Sorbonne à l'occasion d'un discours aux cadres de l’Éducation nationale.

Moment de vérité

Et les réformes annoncées, sur la revalorisation des enseignants ou la mixité sociale, tardent à se concrétiser.

Sur le collège, il vient de promouvoir de premières mesures sur la 6e, attendues depuis fin novembre. Essentiellement une heure hebdomadaire de renforcement en français ou maths.

"Le symbole et la méthode ne font pas tout. Il est beaucoup dans l'ombre de Macron", résume Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU.

"On s'interroge toujours sur les marges de manœuvres de Pap Ndiaye", renchérit Stéphane Crochet. "On se demande qui pilote entre l’Élysée et le ministre", ajoute-t-il, estimant que Pap Ndiaye "n'a pas forcément les connexions politiques".

Pap Ndiaye commence à inquiéter jusqu'au sommet de l’État. C'est "compliqué", reconnaît un conseiller de l'exécutif, qui fait le constat que la greffe entre ce représentant de la société civile et le monde politique a du mal à prendre.

Dans les sphères gouvernementales, le ministre de l’Éducation est critiqué pour une communication jugée très classique pour un universitaire. Sa tribune publiée dans Le Monde fin décembre, intitulée "Pourquoi nous devons réformer l'école" et réitérant ses priorités à venir, a notamment surpris tant sur le fond que sur la forme.

Jusqu'ici préservé des mobilisations enseignantes, le début d'année 2023 pourrait constituer un vrai baptême du feu pour le ministre, attendu au tournant notamment sur le dossier brûlant de la revalorisation des salaires des profs.

"Ça va être un peu un moment de vérité", lance Sophie Vénétitay. "Il y a le dossier des retraites, des salaires et des potentielles mobilisations. Le mois de janvier peut être à haut risque: c'est un peu le money time".


Macron affirme que «les Européens ne sont pas les prédateurs» du XXIe siècle en Afrique

Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
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  • Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle"
  • "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles

NAIROBI: Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report.

Dans cette interview, M. Macron rappelle avoir "condamné avec force la colonisation" dès 2017, année de son arrivée au pouvoir.

"Mais je ne lui imputerai pas tout" (à la colonisation), car "on ne doit pas non plus exonérer de toute responsabilité les sept décennies qui ont suivi les indépendances" de la plupart des anciennes colonies européennes en Afrique, ajoute-t-il, appelant les dirigeants africains à "améliorer la gouvernance".

Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle". "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles, dit-il.

Sur les minerais critiques et les terres rares, "la Chine, pour la citer, est dans une logique prédatrice: elle transforme chez elle" et crée "des dépendances avec le reste du monde", estime-t-il. "Ce n’est pas ce que nous proposons", insiste le président français, défendant une "stratégie d'autonomie pour l'Europe comme pour l'Afrique" pour ne "pas dépendre d’un nouvel empire, quel qu'il soit".

Il prône une fois de plus une transformation de "l’architecture financière internationale", notamment afin de "mettre en place un système de garanties financières pour faire venir les investisseurs privés" en Afrique - son cheval de bataille avec le président kényan William Ruto, qui sera mardi au menu du second jour du sommet Africa Forward à Nairobi.

Interrogé sur les militaires qui ont pris le pouvoir dans trois pays sahéliens (Mali, Burkina Faso et Niger) entre 2020 et 2023, précipitant le divorce avec la France et le départ de l'armée française, Emmanuel Macron répond: "J'ai la conviction qu’il faut laisser ces États et leurs dirigeants, même putschistes, tracer leur propre chemin".

Il réitère que la France était présente militairement au Sahel à la demande de ces pays pour combattre la menace jihadiste. "Quand notre présence n’a plus été souhaitée, après les coups d’État, nous sommes partis. Cela n'a pas été une humiliation, mais une réponse logique à une situation donnée", assure-t-il.

"Une ère nouvelle va s’ouvrir. Le Sahel retrouvera un jour une gouvernance normale" avec des dirigeants "démocratiquement élus, qui se soucient véritablement de leur peuple", selon le chef de l’État français.


Départ de Vallaud: Faure appelle le PS à «avancer d'un même pas», «le congrès permanent ce n'est pas possible»

Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
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  • Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas"
  • "Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun"

PARIS: Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas", jugeant que "le congrès permanent, ce n'est pas possible" après le départ fracassant de Boris Vallaud de la direction du PS sur fond d'opposition à une primaire pour désigner le candidat de la gauche hors LFI à la présidentielle.

"Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun", a réagi M. Faure, partisan de la primaire, sur franceinfo.

 

 

 


Une Française rapatriée du MV Hondius positive à l'hantavirus, 22 cas contacts en France

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
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  • "Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist
  • Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg

PARIS: Une passagère française, rapatriée du bateau de croisière MV Hondius, a été testée positive à l'hantavirus, a annoncé lundi la ministre de la Santé Stéphanie Rist, faisant également état de 22 cas contacts identifiés en France.

Parmi les croisiéristes déjà évacués, un Américain et cette Française ont été testés positifs à l'hantavirus, contre lequel n'existe aucun vaccin ni traitement et qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu.

La crise à bord du MV Hondius, qui doit repartir pour les Pays-Bas lundi, a suscité l'inquiétude, ravivant les souvenirs de la pandémie de Covid, même si à ce stade l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) ne recense que six cas confirmés d'hantavirus parmi huit cas suspects, comprenant trois personnes décédées de ce virus connu mais rare.

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter.

Les cinq passagers "sont hospitalisés dans des chambres avec des flux d'air qui permettent d'éviter la contamination", "ils sont évidemment isolés dans cet hôpital et y resteront jusqu'à nouvel ordre", au minimum 15 jours, a-t-elle ajouté.

Concernant les cas contacts, elle a confirmé qu'une vingtaine de Français avaient été identifiés : huit parmi les passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg, qui "ont été mis à l'isolement rapidement", et 14 à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam.

"Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist.

Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg. Elle était aussi brièvement montée à bord de l'avion pour Amsterdam, mais n'avait finalement pas voyagé à son bord.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu "tiendra une nouvelle réunion" lundi après-midi "pour suivre au plus près l'évolution de la situation" sur le virus hantavirus, a annoncé la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d'un virus que l'on connaît, d'où les 42 jours d'isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français", a-t-elle ajouté sur BFMTV.

Elle a appelé à "ne pas créer de panique", "nous n'en sommes absolument pas à avoir ces discussions-là" comme lors de l'épidémie de Covid-19.

La variante du virus détectée à bord du navire MV Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines.