Affaire Bajolet: le blues de la communauté du renseignement

Le diplomate et fonctionnaire français Bernard Bajolet, quitte après le discours du président français lors de la conférence annuelle des ambassadeurs de France au palais présidentiel de l'Elysée à Paris, le 1er septembre 2022 (Photo, AFP).
Le diplomate et fonctionnaire français Bernard Bajolet, quitte après le discours du président français lors de la conférence annuelle des ambassadeurs de France au palais présidentiel de l'Elysée à Paris, le 1er septembre 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 08 janvier 2023

Affaire Bajolet: le blues de la communauté du renseignement

  • L'ex-directeur général de la sécurité extérieure (DGSE) entre 2013 et 2017, à la retraite depuis, est poursuivi notamment pour complicité de tentative d'extorsion
  • Bernard Bajolet, plutôt apprécié boulevard Mortier, siège parisien du service, paye selon lui le fait d'être «un serviteur de l’État qui assume ses responsabilités»

PARIS: Un ex-patron des espions français dans le viseur de la justice, c'est la gifle publique qu'ils auraient préféré éviter. La communauté du renseignement fait grise mine après la mise en examen de Bernard Bajolet, révélée mercredi.

L'ex-directeur général de la sécurité extérieure (DGSE) entre 2013 et 2017, à la retraite depuis, est poursuivi notamment pour complicité de tentative d'extorsion.

Au cœur du dossier, un entretien présumé musclé qu'aurait réservé à Alain Duménil, sulfureux homme d'affaires, deux agents des services dans des locaux de  la police de l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle.

Le septuagénaire, qui apparaît dans pléthore d'affaires judiciaires et de litiges commerciaux relatifs à ses entreprises en France et en Suisse, s'était vu réclamer la bagatelle de 15 millions d'euros par la France dans un dossier lié au patrimoine privé de la DGSE. En d'autres termes ses fonds spéciaux.

Il affirme avoir été menacé au cours de cette brève entrevue. Au delà ce qu'une source décrit comme une triste "comédie italienne", la justice veut vérifier la légalité du contrôle, le degré de contrainte exercé et d'éventuelles menaces.

Car même un homme en délicatesse avec la loi dispose de droits sur le territoire français. Alain Chouet, ancien haut responsable de la DGSE, se désole à cet égard d'une bourde évitable.

La "boîte" aurait pu rencontrer l'homme d'affaires hors de France, où elle aurait eu les coudées franches. Et aurait dû, en premier lieu, s'abstenir "d'employer les services d'un malfrat dont le carnet de chansons est volumineux" pour faire fructifier son patrimoine.

Mais plus encore, ajoute-t-il à l'AFP, "ça fait toujours du mal à la boîte parce qu'elle ne peut pas se défendre et qu'on ne peut pas compter sur le politique pour le faire".

Pour une source proche des milieux du renseignement, la pilule est d'autant plus dure à avaler qu'elle concerne un investisseur tellement peu scrupuleux qu'il s'est vu, disgrâce peu commune, retirer le droit de porter sa légion d'honneur.

"Derrière Bernard Bajolet, c'est la DGSE, c'est l’État qui a été spolié", fait-elle valoir. "Ce qui me dérange, c'est qu'une personne dont la moralité est plus que douteuse et condamnée à de multiples reprises apparaisse comme une victime".

"La charge médiatique ne permet pas de reconstituer la complexité des faits", peste-t-elle, se refusant à commenter la mise en examen proprement dite.

D'autres observateurs confirment combien l'affaire salit, à leurs yeux injustement, une administration qui a beaucoup œuvré pour restaurer son image après avoir été longtemps négligée par la République et éclaboussée par des bavures aussi rares que retentissantes.

Au sommet desquelles figure la disparition en 1965 du chef de file de l'opposition au roi du Maroc Hassan II, Medhi Ben Barka. Ou le piteux sabotage du Rainbow Warrior, navire de l'organisation écologiste Greenpeace, en 1985 à Auckland. Bilan: un mort et l'opprobre planétaire qui s'abat sur la France.

«Briser la confiance»

Mais depuis, l’État a fait le ménage. La DGSE fait l'objet de multiples contrôles, notamment par la Cour des comptes, la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR) ou encore la Délégation parlementaire au renseignement.

Et depuis 2015, une loi encadre ses activités. Après des décennies de non-dits, le renseignement fait l'objet d'une authentique politique publique.

"La République a progressivement exercé son contrôle sur le renseignement et l’État français est devenu plus transparent même dans ce qu'il a de plus secret", souligne Alexandre Papaemmanuel, professeur à l'Institut des études politiques (IEP) à Paris.

Bernard Bajolet, plutôt apprécié boulevard Mortier, siège parisien du service, paye selon lui le fait d'être "un serviteur de l’État qui assume ses responsabilités". "La mise en accusation d'un homme connu pour son exemplarité, c'est dangereux pour la démocratie et les services de renseignement" ajoute ce spécialiste de l'espionnage, regrettant une "inversion des charges de la preuve".

Et d'ajouter: "cela pourrait briser la confiance, qui était en progression, dans les relations entre les services et les autres administrations".

Les avocats du plaignant, Me Nicolas Huc-Morel et William Bourdon, ont salué pour leur part "une avancée attendue de longue date" et "qui très clairement remet en cause les pratiques de la DGSE" dans cette affaire.


Risque de feux de forêt : la Gironde repasse en vigilance rouge

Une ligne pare-feu, une zone de rupture de la végétation, aménagée par des habitants près de Lège-Cap-Ferret, à l’ouest de Bordeaux, le 29 juillet 2026, lors des incendies de forêt en Gironde, dans le sud-ouest de la France. (AFP)
Une ligne pare-feu, une zone de rupture de la végétation, aménagée par des habitants près de Lège-Cap-Ferret, à l’ouest de Bordeaux, le 29 juillet 2026, lors des incendies de forêt en Gironde, dans le sud-ouest de la France. (AFP)
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  • La Gironde repasse en vigilance rouge face au risque de feux de forêt, avec des températures pouvant atteindre 38 °C et de nouvelles restrictions pour prévenir les incendieS
  • Le mégafeu de Saumos, désormais maîtrisé mais toujours sous surveillance, a ravagé 42 000 hectares, détruit 240 maisons et entraîné l’évacuation de plus de 220 000 personnes

BORDEAUX: La Gironde, où 42.000 hectares ont brûlé en raison d'un mégafeu "fixé" le 1er août, est repassée samedi midi en vigilance rouge pour les risques de feux de forêt, le quatrième niveau sur une échelle de cinq, a annoncé la préfecture.

La décision, prise "au regard de l'évolution météorologique défavorable", avec des pointes de chaleur avoisinant les 38°C dans le Sud-Ouest selon Météo-France, "entraîne le renforcement des mesures de prévention et de restriction", précise la préfecture dans un communiqué. Les manifestations festives, sportives et culturelles sont notamment interdites dans les "espaces exposés" des "communes à dominante forestière".

Dans l'ensemble du département, plusieurs activités susceptibles de provoquer des incendies sont interdites : utiliser un chalumeau pour débroussailler ou des lanternes volantes, brûler des déchets verts, tirer des feux d'artifice, sauf ceux d'initiative publique depuis une plage, en dehors des zones exposées et en direction du large.

L'incendie déclenché le 22 juillet à Saumos, à l'ouest de Bordeaux, a brûlé 42.000 hectares - une superficie correspondant à quatre fois celle de Paris -, détruit 240 maisons et contraint à l'évacuation de plus de 220.000 personnes. Ce mégafeu, le plus dévastateur depuis 1949, est considéré comme "maîtrisé" par les autorités, mais reste sous surveillance étroite.


Indemnité carburant pour "grands rouleurs": la date limite de dépôt reportée à fin août

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu s’exprime lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, à Paris, le 21 juillet 2026. (AFP)
Le Premier ministre français Sébastien Lecornu s’exprime lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, à Paris, le 21 juillet 2026. (AFP)
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  • La demande pour l’indemnité carburant de 100 euros est prolongée jusqu’au 31 août 2026 pour les travailleurs modestes grands rouleurs
  • L’aide concerne notamment les actifs avec un revenu fiscal par part inférieur ou égal à 16 880 euros, sous conditions de distance parcourue

PARIS: La date limite de dépôt d'un dossier pour demander l'indemnité carburant de 100 euros destinée aux travailleurs modestes grands rouleurs est reportée au 31 août, selon un arrêté publié samedi au Journal officiel.

Le dispositif, réservé aux ménages modestes, avait été annoncé le 22 avril par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, en réponse aux conséquences sur les prix à la pompe de la guerre au Moyen-Orient. Puis, le gouvernement avait précisé le 21 mai que cette indemnité, prévue au départ de 50 euros, serait finalement de 100 euros.

Cette aide est destinée aux actifs dont le revenu fiscal de référence par part est inférieur ou égal à 16.880 euros et qui effectuent chaque jour au moins 15 kilomètres pour aller travailler (30 kilomètres aller-retour) ou plus de 8.000 kilomètres par an dans le cadre de leur activité professionnelle (en incluant les trajets domicile-travail).

Selon le décret du ministère de l'Action et des comptes publics publié samedi, les travailleurs concernés peuvent en faire la demande jusqu'au 31 août 2026, contre le 30 juillet annoncé précédemment, via l'ouverture d'un formulaire en ligne sur le site des impôts (impots.gouv.fr).

Ce soutien public au secteur représente en moyenne 20 centimes d'euros par litre de carburant.


En plein été, Gabriel Attal omniprésent sur le terrain et à portée des critiques

Gabriel Attal (2e à droite), secrétaire général du parti centriste français Renaissance et candidat à la prochaine élection présidentielle, serre la main de policiers municipaux lors d'une visite de campagne à Vannes, dans l'ouest de la France, le 25 juillet 2026. (Photo : AFP)
Gabriel Attal (2e à droite), secrétaire général du parti centriste français Renaissance et candidat à la prochaine élection présidentielle, serre la main de policiers municipaux lors d'une visite de campagne à Vannes, dans l'ouest de la France, le 25 juillet 2026. (Photo : AFP)
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  • Gabriel Attal mène une campagne estivale active pour rattraper Édouard Philippe et présenter ses priorités pour 2027
  • Ses propositions sur les institutions et l’immigration provoquent de fortes critiques de ses opposants

PARIS: Gabriel Attal multiplie les interviews et les déplacements au cœur de l'été pour tenter de rattraper son retard sur son rival Édouard Philippe dans la campagne présidentielle et se retrouve sous le feu des critiques nourries de ses adversaires.

Le Finistère, la Loire-Atlantique, la Haute-Savoie, Le Morbihan, les Yvelines, la Vendée...

Ce jeudi, il s'est rendu sur un marché à Châteaurenard dans les Bouches-du-Rhône pour parler salaires, sécheresse, conditions de travail avec des agriculteurs.

L'ancien Premier ministre occupe le terrain politique, quasiment déserté par les autres candidats en ce début août.

"Oui, moi effectivement j'ai décidé de passer mon été auprès des Français. Parce que je considère que, quand on sollicite le suffrage des Français, quand on est candidat à l'élection présidentielle, il ne peut pas y avoir de vacances. On doit être en permanence au contact des Français pour les écouter", a lancé jeudi le patron de Renaissance sur RTL, dans une pique à ses adversaires. Et en premier lieu au candidat d'Horizons, Édouard Philippe, qui le devance dans les sondages, et a pris trois semaines de vacances.

Le patron de Renaissance, qui déplore qu'il n'y ait pas "eu de campagne en 2022", avec la guerre en Ukraine et un Emmanuel Macron sortant qui s'est représenté très tard, dit vouloir "que la France ait la campagne présidentielle qu'elle mérite et un vrai débat en vue de 2027".

Celui qui a pris ses distances avec le président de la République égrène ses mesures et ses priorités au fil des déplacements et des interviews: valeur travail, salaires, gestion de l'eau, frontières, gens du voyage... et se retrouve par ricochet dans le viseur de ses concurrents.

Une interview notamment a fait tiquer: celle parue dans le Journal du dimanche, média dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré.

Gabriel Attal y dévoile une partie de son projet, promettant "la plus grande réforme institutionnelle depuis 1958", avec "une nouvelle organisation territoriale" pour faire du maire "l'élu le plus puissant", une révision du système de nomination des postes stratégiques de l'administration, une baisse du nombre de députés de 577 à 350, la suppression de 100.000 postes de fonctionnaires, la suppression des remises automatiques de peine ou encore "des quotas limitatifs" pour l'immigration.

L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, en campagne mais pas officiellement déclaré, y a vu "un autoritarisme subversif et surexcité" et le "vestige d'un sarkozo-macronisme historique", comparant même Gabriel Attal à un "étudiant en droit constitutionnel qui se rêve Premier consul".

- "Ébahissement" -

Le premier secrétaire du PS Olivier Faure avoue avoir eu "le même ébahissement en lisant Gabriel Attal qui a choisi le JDD de Bolloré pour se lancer dans un concours de démagogie".

"Il faut parler à tout le monde et décider de ne plus apparaître dans des médias Bolloré n'est pas une bonne stratégie. Un candidat à l’Élysée doit parler à tous les Français", rétorque à l'AFP l'entourage de Gabriel Attal.

Les plus vives critiques sont venues du leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon, l'accusant de vouloir "achever" l’État "au profit d'un système de nomination-copinage généralisé".

Et le tribun a remué le couteau dans la plaie quand Gabriel Attal s'est déplacé sur un campement illicite de gens du voyage en Vendée pour évoquer le sujet hautement inflammable de ces installations illégale.

Le patron de Renaissance a notamment proposé qu'"un délit de maintien illicite" soit créé et que les pouvoirs des préfets soient "renforcés" pour accélérer les évacuations en cas d'occupations illégales.

"Il n'est pas venu régler un problème, mais l'envenimer. À quoi bon ce show?", a pourfendu Jean-Luc Mélenchon.

L'entourage de l'ancien Premier ministre souligne que ce déplacement résulte "de nombreuses alertes d'élus locaux" sur ces installations illicites, qui touchent "l'intégralité du territoire français". "Il était légitime et pertinent pour un candidat à la présidentielle de s'en saisir", ajoute la même source.

Au risque pour cet ancien militant du PS de paraître vouloir concurrencer Édouard Philippe par sa droite ?

"Quand vous regardez les sondages, je suis le seul candidat en dehors des extrêmes à avoir aujourd'hui une dynamique", assure Gabriel Attal sur RTL.

Et son entourage de noter que "la stratégie de se déployer tout l'été fonctionne, sinon pourquoi nos opposants perdraient leur temps à réagir?"