La France commence l'année en redevenant exportatrice d'électricité

«La consommation extrêmement basse, des éoliennes qui produisent à fond et un nucléaire qui produit dans la moyenne prévue par RTE, tout cela fait qu'on est exportateur net d'électricité et que plus personne ne parle de coupures» de courant (Photo, AFP).
«La consommation extrêmement basse, des éoliennes qui produisent à fond et un nucléaire qui produit dans la moyenne prévue par RTE, tout cela fait qu'on est exportateur net d'électricité et que plus personne ne parle de coupures» de courant (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 11 janvier 2023

La France commence l'année en redevenant exportatrice d'électricité

  • «Depuis le 1er janvier, le solde net d'exportation d'électricité s'élève à 1,4 térawattheure (TWh)», a indiqué mardi le gestionnaire du réseau de haute et très haute tension
  • Dans le détail, la France a renoué, selon RTE, avec les exportations nettes dès la première semaine des vacances de Noël

PARIS: Pour la première fois depuis des mois, la France est redevenue au tournant de l'année 2023 exportatrice nette d'électricité, à la faveur d'un hiver doux, d'une belle production éolienne et des efforts d'EDF pour rebrancher des réacteurs nucléaires.

"Depuis le 1er janvier, le solde net d'exportation d'électricité s'élève à 1,4 térawattheure (TWh)", a indiqué mardi le gestionnaire du réseau de haute et très haute tension, RTE. Ce solde équivaut à la puissance consommée sur un an par 450 000 foyers.

La "remontada" de la production nucléaire, la douceur hivernale qui évite de pousser le chauffage et des vents favorables pour la production éolienne font que la France recommence à exporter plus d'électricité vers ses voisins européens qu'elle n'en importe, au moins provisoirement. "On a l'impression qu'on a changé de monde", a résumé auprès de l'AFP Nicolas Goldberg, expert énergie au cabinet Colombus Consulting.

"La consommation extrêmement basse, des éoliennes qui produisent à fond et un nucléaire qui produit dans la moyenne prévue par RTE, tout cela fait qu'on est exportateur net d'électricité et que plus personne ne parle de coupures" de courant, explique-t-il.

Au moment où les parlementaires examinent un projet de loi pour accélérer le développement des énergies renouvelables et rattraper un retard criant par rapport aux voisins européens, "l'énergie éolienne montre aussi qu'elle apporte un petit service en hiver", relève M. Goldberg.

Dans le détail, la France a renoué, selon RTE, avec les exportations nettes dès la première semaine des vacances de Noël, soit tout l'inverse de 2022.

Avec une production nucléaire historiquement basse estimée dans une fourchette de 275-285 TWh en 2022, la France avait été importatrice nette d'électricité sur presque l'ensemble de l'année (sauf février, mai et à partir de fin décembre), ce qui n'était pas arrivé depuis 42 ans.

Historiquement premier pays exportateur d'électricité en Europe, la France avait dû en importer depuis l'Espagne, l'Allemagne ou le Royaume-Uni pour éviter les coupures.

«Rester prudent»

L'an dernier, la France a été confrontée à un manque de disponibilité inédit du parc nucléaire en raison de maintenances programmées, mais prolongées, sur des réacteurs et de la découverte fin 2021 de problèmes de corrosion sur des portions de tuyauteries cruciales pour la sûreté des centrales, nécessitant de longues réparations. La France ne pouvait guère non plus compter sur ses stocks hydrauliques (les barrages), qui ont souffert de la sécheresse, même s'ils ont depuis été partiellement reconstitués cet automne.

Sous pression du gouvernement, EDF a mis les bouchées doubles pour remettre en service depuis le 1er novembre 14 réacteurs.

"Les ingénieurs, les ouvriers, les salariés d'EDF viennent de remettre aujourd'hui en état (sur le réseau) les 45 gigawatts qu'ils avaient promis pour la mi-janvier" (sur une capacité totale installée de 61,4 GW), s'est félicité mardi le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, devant les députés.

Avec 44 réacteurs rebranchés sur 56, le parc nucléaire affichait lundi une disponibilité de 73,7%, niveau plus atteint depuis le 11 février 2022 (74,8%), selon des chiffres d'EDF analysés par l'AFP.

La disponibilité du parc nucléaire devrait toutefois "décroître à nouveau à partir de février" 2023, relevait RTE fin décembre, alors que six réacteurs devront être arrêtés en 2023 pour des chantiers de corrosion.

"On peut être enthousiaste, mais il faut rester prudent", souligne M. Goldberg.

"Tout cela peut se retourner assez vite, si en février on a peu de vent et un coup de froid", prévient l'analyste. La France devra alors puiser dans ses stocks de gaz pour produire de l'électricité et aborderait l'hiver 2023-2024 avec moins de marge.

En attendant, la baisse de la consommation électrique est confirmée par les dernières mesures publiées mardi soir par RTE. La semaine dernière, la consommation a diminué de 8,9% par rapport à la moyenne des années précédentes (2014-2019) à la même période, selon des chiffres arrêtés au 8 janvier, retraités des effets calendaires et météorologiques.

Un recul qui se maintient également côté gaz naturel: hors production électrique à partir du gaz, la consommation française a baissé de 16,6% entre le 1er août et le 8 janvier, selon GRTgaz.


JO-2024: la délégation palestinienne à Paris pour "la cause", pas "pour les médailles"

D'après le Comité olympique palestinien, 300 athlètes, employés et bénévoles du monde sportif sont morts dans la bande de Gaza (AFP)JO 2024pALESTINEiSRA
D'après le Comité olympique palestinien, 300 athlètes, employés et bénévoles du monde sportif sont morts dans la bande de Gaza (AFP)JO 2024pALESTINEiSRA
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  • la délégation palestinienne aux Jeux olympiques de Paris veut profiter de l'événement pour dénoncer "le traitement inhumain" des Palestiniens.
  • Si une médaille me permet d'attirer plus d'attention, c'est ce qui m'intéresse", a déclaré à l'AFP Yazan Al Bawwab, nageur du 100 m dos, vêtu d'un bob Paris 2024 noir et du gilet blanc de la délégation strié de noir avec les motifs à carreaux du keffieh e

PARIS : Ils ont été accueillis jeudi matin à l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle par quelques "Free, Free, Palestine". Au-delà des compétitions, la délégation palestinienne aux Jeux olympiques de Paris veut profiter de l'événement pour dénoncer "le traitement inhumain" des Palestiniens.

Dattes à la main, une centaine de soutiens de la cause palestinienne étaient présents au Terminal 2C dès 6h00, heure de Paris, pour accueillir la petite délégation en provenance de Ramallah à Paris, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Enveloppés de keffieh et drapeaux de la Palestine, ils ont abondamment scandé "Free Free Palestine" et "De Paris à Gaza, résistance, résistance".

"Je suis là pour souhaiter la bienvenue aux athlètes palestiniens", a témoigné Awatef, venue de Pantin (Seine-Saint-Denis/nord de la France), en soutien à un "peuple opprimé depuis bien trop longtemps". "Même si les gouvernements les abandonnent, nous, les gens, les humains, on est là pour eux", a-t-elle assuré.

Parmi les huit athlètes palestiniens concourant aux JO, seuls quelques-uns ont été qualifiés. Les autres ont bénéficié d'une invitation du Comité international olympique (CIO). Et pour la délégation, la course aux médailles n'est pas l'objectif premier.

"Aujourd'hui la Palestine envoie un message au monde: le besoin de mettre fin au génocide contre notre peuple dans la bande de Gaza, cesser l'occupation et le régime d'apartheid dans les territoires palestiniens occupés, stopper le terrorisme des colons en Cisjordanie et remettre en question le statu quo à Jérusalem", a déclaré la représentante de l'Autorité palestinienne en France, Hala Abou Hassira.

D'après le dernier bilan du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas pour la bande de Gaza mercredi, 39.145 personnes sont mortes, principalement des civils, dans le territoire palestinien depuis le début de la guerre avec Israël, désormais dans son dixième mois.

Israël a lancé une offensive en riposte à l'attaque sans précédent menée le 7 octobre par les commandos du Hamas dans le sud d'Israël, entraînant la mort de 1.197 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP fondé sur des données officielles israéliennes.

- "Pas pour les médailles" -

Les Jeux olympiques de Paris, qui s'ouvrent vendredi soir, se dérouleront dans un contexte sécuritaire fort.

Malgré des appels à l'exclusion, émanant notamment du Comité olympique palestinien, les 88 athlètes israéliens sont arrivés à Paris et participeront aux compétitions, sous haute surveillance.

"Le Comité olympique israélien a perdu les droits moraux, sportifs, humanitaires et légaux de participer en encourageant et pour certains en participant à la guerre, au génocide et au nettoyage ethnique en cours à Gaza", a accusé le président du Comité olympique palestinien, Jibril Rajoub.

"D'un point de vue psychologique, humanitaire et moral, c'est impossible" que des athlètes palestiniens se retrouvent face à des Israéliens lors d'épreuves. "Nous sommes les victimes et ils sont les criminels", a asséné ce membre historique du Fatah, le parti du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

D'après le Comité olympique palestinien, 300 athlètes, employés et bénévoles du monde sportif sont morts dans la bande de Gaza.

Les restrictions de voyage rendent difficiles aux athlètes l'accès aux évènements sportifs internationaux ou la possibilité de s'entraîner à l'étranger.

Pour les athlètes palestiniens présents à Paris, le symbole est d'autant plus fort.

"Ce n'est pas pour les médailles mais pour atteindre le maximum de monde au sujet de la cause palestinienne. Je m'en fiche de l'argent. Si une médaille me permet d'attirer plus d'attention, c'est ce qui m'intéresse", a déclaré à l'AFP Yazan Al Bawwab, nageur du 100 m dos, vêtu d'un bob Paris 2024 noir et du gilet blanc de la délégation strié de noir avec les motifs à carreaux du keffieh en filigrane.

"J'ai l'opportunité d'être entendu en tant que Palestinien alors que des milliers et des milliers sont traités de manière inhumaine et comme des numéros", a ajouté celui qui était présent à Tokyo 2020. "Il n'y a pas de pression sur nous. La pression est sur les Palestiniens en Palestine".


Pour 58% des Français, Macron ne doit pas nommer Lucie Castets à Matignon, selon un sondage

Cette photographie montre un écran de télévision diffusant le président français Emmanuel Macron s'adressant à une interview en direct alors qu'un portrait de Lucie Castets, le choix du "Nouveau Front Populaire" pour le poste de Premier ministre, est affiché sur un écran géant, sur la chaîne de télévision française France 2, sur un plateau installé sur le toit du Musée de l'Homme au Trocadéro à Paris, le 23 juillet 2024. (AFP)
Cette photographie montre un écran de télévision diffusant le président français Emmanuel Macron s'adressant à une interview en direct alors qu'un portrait de Lucie Castets, le choix du "Nouveau Front Populaire" pour le poste de Premier ministre, est affiché sur un écran géant, sur la chaîne de télévision française France 2, sur un plateau installé sur le toit du Musée de l'Homme au Trocadéro à Paris, le 23 juillet 2024. (AFP)
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  • Près de six Français sur dix (58%) estiment qu’Emmanuel Macron ne doit pas nommer Lucie Castets, la candidate du Nouveau Front populaire, à Matignon, selon un sondage Elabe pour BFMTV paru jeudi
  • 41% des sondés considèrent à l'inverse que le président doit la charger de former un gouvernement

PARIS: Près de six Français sur dix (58%) estiment qu’Emmanuel Macron ne doit pas nommer Lucie Castets, la candidate du Nouveau Front populaire, à Matignon, selon un sondage Elabe pour BFMTV paru jeudi.

41% des sondés considèrent à l'inverse que le président doit la charger de former un gouvernement.

Lucie Castets a demandé mercredi au chef de l'Etat "de prendre ses responsabilités" et de la nommer à ce poste alors que le Nouveau Front populaire est arrivé en tête du second tour des législatives, mais loin de la majorité absolue (289 députés). La haute-fonctionnaire a rejeté toute idée de coalition avec le camp présidentiel.

Les Français se montrent très pessimistes sur ce point: 72% pensent que le bloc macroniste et les partis de gauche et de droite qui ont fait barrage au Rassemblement National ne parviendront pas à s'entendre pour former un gouvernement stable, et seuls 27% pensent qu’ils y parviendront.

Pour une majorité des sondés (60%), Emmanuel Macron reste le principal responsable de la crise politique actuelle. 27% rejettent la faute sur le NFP, 9% sur le RN et 3% sur LR.

59% des Français sont favorables à "une trêve politique" pendant les JO, comme le souhaite le chef de l'Etat. A l’inverse, 41% y sont opposés.

La perspective d’une absence de nouveau gouvernement jusqu’à la rentrée continue de diviser.

50% (+2 points en une semaine) des sondés jugent que cela serait un problème. A l’inverse, 49% (-1 point) considèrent qu'il vaut mieux prendre le temps de trouver une coalition et un gouvernement stable.

Sondage réalisé par Internet du 23 au 24 juillet 2024, auprès d'un échantillon de 1.001 personnes, représentatif des résidents de France métropolitaine âgés de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d'erreur entre 1,4 et 3,1 points.


Voile et cérémonie d'ouverture: Sylla participera avec une casquette

Des anneaux olympiques sont visibles avant le match de football masculin du groupe A entre la France et les États-Unis dans le cadre des Jeux olympiques de Paris 2024, au stade de Marseille, le 24 juillet 2024. (Photo AFP)
Des anneaux olympiques sont visibles avant le match de football masculin du groupe A entre la France et les États-Unis dans le cadre des Jeux olympiques de Paris 2024, au stade de Marseille, le 24 juillet 2024. (Photo AFP)
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  • un compromis trouvé après des échanges entre l'athlète, la Fédération française d'athlétisme (FFA), le ministère des Sports et Bermuti qui fait les tenues.
  • Cette interdiction, qui ne concerne que les Françaises et pas les athlètes des autres délégations, vise dans les faits les femmes de confession musulmane et voilées. Seule Sylla semble concernée dans la délégation tricolore.

PARIS : Le relayeuse française  a indiqué mercredi qu'elle pourrait finalement participer à la cérémonie d'ouverture des JO vendredi en y portant une casquette, le port de son foulard ayant posé problème aux autorités françaises qui l'interdisent pour leurs athlètes au nom de la laïcité.

"Nous avons finalement trouvé un accord afin que je puisse participer à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques", a indiqué l'athlète de 26 ans sur son compte Instagram, quatre jours après avoir regretté de ne pas pouvoir y aller "parce que tu portes un foulard sur la tête".

"Il lui a été proposé de porter une casquette lors du défilé, ce qu'elle a accepté", a de son côté détaillé le comité national olympique et sportif français (CNOSF), un compromis trouvé après des échanges entre l'athlète, la Fédération française d'athlétisme (FFA), le ministère des Sports et Bermuti qui fait les tenues.

Sur ce sujet sensible en France, la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castéra avait dit mercredi sa "volonté que Sounkamba Sylla puisse participer à cette cérémonie d'ouverture" tout en respectant le "principe de neutralité" auquel l'athlète est soumise.

Car en France, en vertu du principe de laïcité, les agents de la fonction publique en général ont l'obligation de respecter une "stricte neutralité" et ne doivent pas manifester leurs convictions, qu'elles soient religieuses, philosophiques ou politiques. Dans l'espace public, le port des signes religieux pour toutes les personnes ne fait l'objet d'aucune restriction.

"Lors de Jeux Olympiques et Paralympiques, le port de signes ou tenues à caractère religieux est proscrit pour les membres de l'équipe de France en application du principe de neutralité", détaille le ministère des Sports dans une note de juin 2024, qui rappelait la jurisprudence du Conseil d'Etat, la plus haute instance administrative française.

- "Inventifs sur les solutions" -

Cette interdiction, qui ne concerne que les Françaises et pas les athlètes des autres délégations, vise dans les faits les femmes de confession musulmane et voilées. Seule Sylla semble concernée dans la délégation tricolore.

"On veut être solides sur le respect de ces principes (de laïcité) mais en même temps on veut être dans une attitude bienveillante, la plus constructive possible, et être inventifs sur les solutions pour que tout le monde se sente bien", a indiqué Oudéa-Castéra mercredi.

Ce n'est pas la première fois que la question se pose pour Sylla, qui avait couru avec un foulard aux Mondiaux en 2023 mais avait dû y renoncer en juin lors des Championnats d'Europe d'athlétisme à Rome.

Avant la compétition en Italie, Amélie Oudéa-Castéra avait rappelé l'"exigence de neutralité" des athlètes et demandé à la FFA de faire appliquer la règle. Après concertation avec la principale concernée, la FFA lui avait alors bricolé une casquette qui puisse cacher ses cheveux sans s'envoler à la moindre accélération.

Pour Amnesty International, une telle interdiction du port du voile pour les athlètes olympiques françaises est "discriminatoire".

"Alors que ces Jeux sont présentés comme étant les premiers à afficher +une stricte parité entre les femmes et les hommes+, les autorités françaises ont démontré de manière assumée que leurs efforts visant à améliorer l'égalité des genres et l'inclusivité dans le sport ne s'appliquent pas (...) aux femmes et aux filles musulmanes qui portent un couvre-chef religieux", déplore l'organisation de défense des droits humains dans un rapport mi-juillet.

- Soutien des athlètes -

Dans sa note, le ministère français des Sports précise que le principe de neutralité s'applique pour tous les entraînements, compétitions, cérémonies et autres engagements officiels, mais pas forcément au village olympique.

Sur les réseaux sociaux, quelques athlètes de l'équipe de France ont apporté leur soutien à Sounkamba Sylla, restée discrète sur le sujet.

"C'est malheureux pour les athlètes françaises car (le port du voile) n'a rien à voir avec les performances et ça ne devrait pas à voir avec le fait d'être athlète", a aussi regretté dans une vidéo sur Instagram la boxeuse australienne Tina Rahini, se disant de son côté "reconnaissante de pouvoir concourir avec (son) hijab".

"C'est déjà tellement difficile d'être une athlète olympique, alors devoir abandonner sa foi pour participer...", a-t-elle ajouté. "Je soutiens toutes les Françaises."