Le gouvernement français veut créer un titre de séjour spécifique pour les professionnels de santé étrangers

Manifestation devant le ministère de la santé contre la précarité des médecins à diplôme étranger organisé par le Syndicat national des praticiens à diplôme hors Union européenne ( SNPADHUE). (Photo, fournie)
Manifestation devant le ministère de la santé contre la précarité des médecins à diplôme étranger organisé par le Syndicat national des praticiens à diplôme hors Union européenne ( SNPADHUE). (Photo, fournie)
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Publié le Mercredi 11 janvier 2023

Le gouvernement français veut créer un titre de séjour spécifique pour les professionnels de santé étrangers

  • Le manque de personnel soignant figure parmi les problèmes les plus pressants que rencontrent les responsables des établissements de soins français
  • Nombreux sont ceux qui estiment que les conditions d’octroi de ce titre sont restrictives

PARIS: Les tensions sur le secteur de la santé s’accentuent en France. Le manque de personnel soignant figure parmi les problèmes les plus pressants des responsables d’établissements de soins français. Fermeture de lits dans les services, déserts médicaux dans les petites villes et les campagnes, délais qui s’allongent pour un rendez-vous en spécialités médicales (psychiatrie, l’ophtalmologie, la dermatologie, la gynécologie…) ou encore saturation des services d’urgence deviennent monnaie courante.

Psychiatre et addictologue franco-tunisienne, Fatma Bouvet de la Maisonneuve souligne: «Nous avons été surmenés durant les périodes de confinement et en sortie de confinement, avec des abandons de poste de médecins et d’infirmiers, la situation est intenable. Dans certaines spécialités psychiatriques, les délais d’attente pour obtenir un rendez-vous sont estimés à deux ans.»

Psychiatre et addictologue franco-tunisienne, Fatma Bouvet de la Maisonneuve. (Photo, fournie)
Psychiatre et addictologue franco-tunisienne, Fatma Bouvet de la Maisonneuve. (Photo, fournie)

Répondre aux besoins de recrutement

Pour répondre aux besoins de recrutement, le gouvernement compte créer un titre de séjour pour les professionnels de santé grâce auquel médecins, pharmaciens, dentistes, sages-femmes et infirmiers étrangers auront la possibilité de séjourner et de travailler en France. 

Présenté au Conseil d’État le 19 décembre 2022, le texte de loi sur l’immigration, dans son article 7, vise la création d’un titre de séjour intitulé «talent-professions médicales et de la pharmacie» destiné aux professionnels et à leurs familles, «dès lors qu’ils sont recrutés par un établissement public ou privé de santé à but non lucratif». Ce dernier sera accordé après une validation de l’Agence régionale de santé, permettant d’exercer en France.

Selon le gouvernement, ce titre de séjour, d’une durée de validité d’un à quatre ans, permettra aux nouvelles recrues de procéder à la validation des Épreuves de vérification des connaissances (EVC). Selon le projet de loi, ce dispositif va «améliorer la lisibilité et l’attractivité du droit au séjour pour ces publics qualifiés, tout en tenant compte des enjeux de vérification de l’aptitude de professionnels étrangers à exercer dans le domaine hospitalier».

«Nous avons été surmenés durant les périodes de confinement et en sortie de confinement, avec des abandons de poste de médecins et d’infirmiers, la situation est intenable.» Fatma Bouvet de la Maisonneuve

Néanmoins, nombreux sont ceux qui estiment que les conditions d’octroi de ce titre sont restrictives. Pour y prétendre, il faut en effet que le professionnel ait été recruté par un établissement de santé et réponde aux conditions suivantes: avoir exercé dans cette filière «depuis au moins huit mois sur les vingt-quatre derniers mois» et «résider en France depuis au moins trois ans». 

Interrogée par Arab News en français, Fatma Bouvet de la Maisonneuve raconte qu’à son arrivée en France en 1994 elle a soigné des patients pendant une décennie sans que quiconque ne vérifie ses connaissances. «Les conditions de l’époque étaient complexes et discriminatoires; il fallait travailler plus de dix ans dans les établissements publics de santé, avec un statut précaire et sous-payé (salaire deux fois moins élevé que les titulaires d’un diplôme français), avant de prétendre à l’équivalence et à l’inscription à l’Ordre national des médecins», ajoute-t-elle. 

Besoin urgent de médecins

«Aujourd’hui encore, alors que nous avons un besoin urgent de médecins, on prolonge la période de validation, sous forme d’exploitation et de discrimination institutionnelle. Je rappelle que, parmi les arrivants, nous avons des soignants qui disposent de plusieurs années d’expérience dans leurs pays d’origine, dont certains avec plus de vingt ans de pratique. Pourquoi auraient-ils un statut différent et un salaire inférieur aux soignants français alors qu’ils effectuent les mêmes tâches. Sont-ils considérés comme des bouche-trous?»

«Alors que la France se distingue encore par l’excellence de son public médical, on porte désormais atteinte à son image par la précarisation des soignants étrangers exerçant dans les différentes structures de santé publique et qui ont la responsabilité de la patientèle au même titre que leurs collègues à diplôme français, mais qui devront patienter des années avant d’obtenir un statut comparable aux leurs. Il n’y a aucune logique à cela», conclut-elle. 


Nouveau départ de feu dans le Var: plus de 600 évacuations, 100 hectares parcourus

Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook. (AFP)
Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook. (AFP)
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  • Le feu s'est déclaré aux environs de 17H00 en périphérie de Brignoles, commune de 17.000 habitants, entrainant l'évacuation de plusieurs quartiers, selon la préfecture du Var
  • 250 pompiers, assistés de trois Canadair, deux Dash et sept hélicoptères ont été mobilisés, alors que le département du Var faisait face mercredi à des températures caniculaires

MARSEILLE: Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook.

"600 à 700 personnes" ont été évacuées, indique le maire, faisant état de 100 hectares de végétation parcourus depuis le déclenchement de ce nouveau feu, moins de 24 heures après l'annonce de la fixation de l'incendie du Gros Besillon, à une vingtaine de km plus au nord, qui a parcouru 4.500 hectares en huit jours.

Le feu s'est déclaré aux environs de 17H00 en périphérie de Brignoles, commune de 17.000 habitants, entrainant l'évacuation de plusieurs quartiers, selon la préfecture du Var. Parmi les personnes évacuées, 120 sont accueillies au Hall des expositions de Brignoles, a précisé M. Brémond.

250 pompiers, assistés de trois Canadair, deux Dash et sept hélicoptères ont été mobilisés, alors que le département du Var faisait face mercredi à des températures caniculaires.

 

 


Incendie dans le sud-ouest: le feu «toujours stabilisé», le risque de reprises persiste

L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes. (AFP)
L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes. (AFP)
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  • La Gironde et le département voisin des Landes sont placés en vigilance orange canicule à partir de midi, de quoi assécher encore une végétation prompte à s'enflammer
  • Le dispositif d'avertissement français comprend quatre niveaux, de vert (pas de vigilance particulière) à rouge (vigilance absolue) en passant par jaune et orange

BORDEAUX: L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes.

"La nuit a été calme, le feu est ce matin toujours stabilisé avec plusieurs reprises de feu traitées rapidement cette nuit", a annoncé la préfecture de Gironde, une semaine après le début du plus gros incendie de forêt à ravager la France depuis 1949, où environ 50.000 hectares avaient été calcinés.

"La surface brûlée n'a pas évolué", a précisé la préfecture, mais les conditions météorologiques restent "défavorables" mercredi, avec des températures attendues en hausse : jusqu'à 41°C dans les terres et 38°C sur le littoral.

La Gironde et le département voisin des Landes sont placés en vigilance orange canicule à partir de midi, de quoi assécher encore une végétation prompte à s'enflammer.

Le dispositif d'avertissement français comprend quatre niveaux, de vert (pas de vigilance particulière) à rouge (vigilance absolue) en passant par jaune et orange.

Outre la chaleur, le vent risque de souffler sur les braises et alimenter de nouveau l'incendie.

Les autorités s'attendent dès le début d'après-midi à des vents d'ouest avec des rafales de 30 à 45 km/h, et un taux d'humidité en baisse. Un risque d'orages est annoncé pour jeudi.

Au regard de ces conditions météorologiques, les sapeurs-pompiers de Gironde ont alerté sur un "risque de reprise de feux extrêmement élevé" dans la journée.

La veille, elles avaient conduit à l'évacuation préventive de 4.000 touristes des campings et résidences de vacances de la station balnéaire de Lacanau, à 50 km à l'ouest de Bordeaux.

Depuis le début de cet incendie hors-norme, 222.000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 24 communes du secteur.

Mardi soir, 57.000 habitants de trois villes proches de Bordeaux évacués dans le week-end ont pu rentrer chez eux, a indiqué la préfète du département Sophie Brocas.

Un chantier colossal de 127 kilomètres de "coupes tactiques", quasiment achevé, vise à priver ce feu, d'origine accidentelle, de "combustible" et empêcher sa progression, selon l'association Défense de la forêt contre les incendies de la région aquitaine (DFCI).

"126 sapeurs-pompiers ont été blessés depuis le début de cet évènement", a indiqué la préfecture.

Ces derniers jours, le sud-est du pays a aussi été touché par plusieurs incendies, en Corse, dans les Hautes-Alpes et dans le Var.

 


Incendies: Engie va consacrer 25 millions d'euros à la reconstruction des forêts

Un pompier de Paris observe les dégâts alors que la fumée envahit les arbres à Marcheprime, près de Bordeaux, le 26 juillet 2026, lors d’un incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon depuis le 22 juillet. (AFP)
Un pompier de Paris observe les dégâts alors que la fumée envahit les arbres à Marcheprime, près de Bordeaux, le 26 juillet 2026, lors d’un incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon depuis le 22 juillet. (AFP)
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  • Engie consacrera 25 millions d’euros à la restauration durable des forêts françaises touchées par les incendies
  • Le groupe vise à renforcer la biodiversité et la résilience des écosystèmes face au changement climatique

PARIS: Le groupe énergétique français Engie va verser 25 millions d'euros pour participer à "la reconstruction et la régénération durable des forêts détruites", a-t-il annoncé mardi, mettant en avant le "choc humain, environnemental et économique" des incendies, notamment en Gironde et à Fontainebleau.

"Cette contribution permettra d'accompagner les efforts de reconstitution des espaces forestiers détruits et de soutenir les initiatives visant à renforcer la résilience des écosystèmes naturels face aux effets du changement climatique", a écrit le groupe dans un communiqué.

"Cela implique notamment de réfléchir aux essences les plus adaptées, à la préservation de la biodiversité, à la restauration de zones humides, aux conditions d'accès pour les services de secours ainsi qu'à la protection et au retour de la faune sauvage", ajoute Engie, soulignant que ces incendies avaient atteint "une part du patrimoine naturel français".

Les incendies ont déjà parcouru plus de 116.000 hectares en France cette année, un record, selon le Premier ministre Sébastien Lecornu, dont une part importante par le "mégafeu" qui sévit depuis plusieurs jours en Gironde.

Les efforts de reboisement s'annoncent très coûteux: chaque hectare de forêt à restaurer coûte entre 5.000 et 10.000 euros, selon le ministère de la Transition écologique. La ministre Monique Barbut a rappelé mardi dernier que l’État augmenterait de 20 millions d'euros les fonds alloués à l'Office national des forêts (ONF) en 2026.

Le groupe énergétique affirme qu'il va "se rapprocher des autorités publiques, des collectivités territoriales, des acteurs de la filière forestière et du monde de la recherche afin de déployer concrètement ce soutien" et qu'il s'inscrit "dans le cadre du plan +France Forêt 2100+".

Quelques initiatives de la part des entreprises ont eu lieu depuis le début de la saison des incendies, à l'instar de Carrefour qui a promis de donner environ 8 tonnes de denrées alimentaires et de produits d'hygiène, de Lidl qui a indiqué en livrer 3 tonnes, de la Macif qui a annoncé un fonds d'un million d'euros pour ses sociétaires et des actions de solidarité, et du Crédit Agricole qui a prévu notamment un fonds d'urgence de deux millions d'euros à destination des services départementaux d'incendie et de secours (SDIS).