Biden sur la défensive après une nouvelle découverte de documents confidentiels

Le président américain Joe Biden, à Wilmington, Delaware, le 29 octobre 2022 (Photo, AFP).
Le président américain Joe Biden, à Wilmington, Delaware, le 29 octobre 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 13 janvier 2023

Biden sur la défensive après une nouvelle découverte de documents confidentiels

  • L'enjeu pour Joe Biden, qui envisage de se représenter en 2024, est bien sûr de saper tout parallèle entre son affaire et celle de Donald Trump
  • La Maison Blanche martèle ainsi que l'actuel président démocrate collabore activement avec la justice contrairement à son prédécesseur

WASHINGTON: Joe Biden plaide l'"erreur": le président américain est sur la défensive après la découverte de nouveaux documents confidentiels dans sa maison de famille, une affaire sur laquelle va enquêter un procureur spécial.

Le ministre américain de la Justice Merrick Garland a nommé Robert Hur, un ancien procureur fédéral, à ce poste.

L'annonce vise à étouffer tout soupçon de favoritisme, puisque Merrick Garland avait déjà nommé un procureur spécial pour enquêter sur Donald Trump et sur des documents classifiés emportés par l'ancien président, en beaucoup plus grand nombre.

L'enjeu pour Joe Biden, qui envisage de se représenter en 2024, est bien sûr de saper tout parallèle entre son affaire et celle de son prédécesseur, déjà candidat.

La Maison Blanche martèle ainsi que l'actuel président démocrate collabore activement avec la justice contrairement à son prédécesseur qui est lui soupçonné d'avoir dissimulé volontairement une partie de ses archives.

Briefing

"Nous essayons de faire ça dans les règles", a dit et répété sa porte-parole, Karine Jean-Pierre, lors d'un briefing particulièrement animé jeudi.

Un conseiller de la Maison Blanche invité à la dernière minute à s'exprimer sur des sujets internationaux a ainsi été prié d'abréger par un journaliste, impatient comme toute la presse de passer à cette affaire toujours plus retentissante.

La porte-parole a assuré que Joe Biden oeuvrait avec la plus grande "transparence", mais elle a botté en touche à de nombreuses reprises, au nom de l'indépendance de la justice.

"Une enquête minutieuse montrera que ces documents ont été déplacés par inadvertance et que le président et ses avocats ont agi promptement lorsqu'ils ont découvert cette erreur", a déclaré l'avocat de la présidence, Richard Sauber, dans un communiqué.

La Maison Blanche a fait savoir jeudi qu'un "petit nombre de documents confidentiels" portant sur le travail de vice-président de Joe Biden (2009-2017) avait été retrouvé mercredi soir dans sa résidence privée de Wilmington, dans le Delaware (est), stockés dans le garage et dans une pièce adjacente.

Lundi, l'exécutif américain avait déjà reconnu qu'une dizaine de documents de ce type avaient été découverts, en novembre, au Penn Biden Center, un cercle de réflexion de Washington où Joe Biden avait autrefois un bureau.

Corvette

"Les recherches sont finies", a affirmé Karine Jean-Pierre.

Elle n'a pas expliqué pourquoi l'exécutif américain avait communiqué immédiatement sur les documents retrouvés à Wilmington, mais avait attendu deux mois, et la parution de révélations dans la presse, pour ceux trouvés au Penn Biden Center à Washington.

Le président américain, interrogé directement jeudi, est apparu sur la défensive.

"Des documents classifiés à côté de votre Corvette, mais qu’aviez-vous donc en tête ?" lui a demandé, provocateur, un journaliste de la chaîne prisée des conservateurs Fox News.

"Ma Corvette est dans un garage fermé" et pas "dans la rue" a rétorqué le démocrate à propos de sa voiture préférée. Avant de se référer nerveusement aux éléments de langage contenus dans ses fiches.

Une loi de 1978 oblige les présidents et vice-présidents américains à transmettre l'ensemble de leurs emails, lettres et autres documents de travail aux Archives nationales.

L'ancien président Donald Trump est sous la menace d'une inculpation fédérale pour sa gestion de ses archives.

En quittant la Maison Blanche, il en avait emporté des boîtes entières. Prié de les restituer, il avait rendu une quinzaine de cartons en janvier 2022.

«Marigot»

La police fédérale en avait saisi une trentaine d'autres en août dans sa résidence de Mar-a-Lago en Floride.

Merrick Garland a depuis confié cette enquête à un procureur spécial, Jack Smith, ainsi que les investigations concernant le rôle de Donald Trump dans l'assaut contre le Capitole, le 6 janvier 2021.

Le fait qu'il en nomme aussi un pour enquêter sur les archives de Joe Biden n'a pas calmé l'opposition républicaine.

"Avec ou sans procureur spécial", la Chambre des représentants, qui vient de passer sous le contrôle des conservateurs, enquêtera sur "le traitement inapproprié de documents classifiés par le président Biden et sur les efforts du +marigot+ pour cacher cette information", a promis dans un communiqué James Comer.

Ce républicain, qui préside une puissante commission d'enquête de la Chambre des représentants, reprend un terme cher à Donald Trump. L'ancien président décrivait comme un "marigot" ("swamp") les élites démocrates de Washington.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.