Ukraine: Enquête criminelle sur le crash de l'hélicoptère du ministre de l'Intérieur

Des militaires et des badauds sur le site où un hélicoptère s'est écrasé près d'un jardin d'enfants à l'extérieur de la capitale Kyiv, tuant seize personnes, dont deux enfants et le ministre ukrainien de l'intérieur, le 18 janvier 2023. (Photo, AFP)
Des militaires et des badauds sur le site où un hélicoptère s'est écrasé près d'un jardin d'enfants à l'extérieur de la capitale Kyiv, tuant seize personnes, dont deux enfants et le ministre ukrainien de l'intérieur, le 18 janvier 2023. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Jeudi 19 janvier 2023

Ukraine: Enquête criminelle sur le crash de l'hélicoptère du ministre de l'Intérieur

  • «Notre peine est indicible», a déclaré le président Volodymyr Zelensky dans un message en ligne
  • La Russie, qui n'a fait aucun commentaire, continuait dans le même temps à exercer sa pression, tant sur le front de l'est du pays où son armée tente de reprendre l'avantage, que par des déclarations du Kremlin ou de ses porte-paroles

BROVARY: Le ministre ukrainien de l'Intérieur Denys Monastyrsky a été tué mercredi près de Kiev dans le crash de son hélicoptère qui a fait au moins 14 morts, tandis que l'Otan a annoncé "des armes plus lourdes et plus modernes" pour les forces ukrainiennes.

L'hélicoptère, un Super Puma EC-225 (Airbus Helicopters) selon le Service d'Etat pour les situations d'urgence (SES) auquel il appartenait, s'est écrasé mercredi matin à Brovary, près de Kiev.

"Le bâtiment de l'école maternelle a été touché, et le feu a par la suite gagné les fenêtres d'un immeuble de 14 étages et trois voitures", a indiqué le SES sur Telegram, précisant qu'il y avait neuf personnes à bord de l'appareil, dont le ministre et son adjoint.

Selon un dernier bilan du SES, il y a 14 morts dont un enfant, et 25 blessés hospitalisés dont 11 enfants.

Sur place, des journalistes de l'AFP ont vu des débris près d'immeubles d'habitation, une portière, deux voitures écrasées. Et des corps emballés et emmenés sur une civière, un à un, jusqu'à un fourgon.

"J'ai entendu un bourdonnement, je me suis retourné pour regarder par la fenêtre, j'ai pensé que c'était un (drone). J'ai vu des flammes", a raconté Dmytro Serbine, l'un des premiers à aller aider.

«Notre peine est indicible»

Ce crash, survenu quatre jours après une frappe de missile russe qui a fait 45 morts à Dnipro, dans l'est de l'Ukraine, a suscité une vive émotion.

"Notre peine est indicible", a déclaré le président Volodymyr Zelensky, évoquant tant le fait que le crash avait touché une école maternelle que la mort du ministre de l'Intérieur, de son adjoint Ievgueni Ienine et du secrétaire d'Etat à l'Intérieur Youriï Loubkovytch.

ukraine
Sur cette photo d'archive prise le 09 juin 2022, le ministre ukrainien de l'Intérieur, Denys Monastyrsky, s'entretient avec des journalistes lors d'un entretien pour l'AFP à Kiev. (Photo, AFP)

Les services de sécurité ukrainiens ont indiqué envisager toutes les pistes, y compris une "action délibérée de destruction".

"Le but de ce vol (était d'aller) vers l'un des points chauds de notre pays où se déroulent les combats", a déclaré Kyrylo Timochenko, adjoint au chef de cabinet du président.

Les responsables ukrainiens, comme le Premier ministre Denys Chmygal sur Telegram, ont qualifié de "grande perte" la mort de Denys Monastyrsky, 42 ans, un ancien avocat qui avait rallié le parti de Volodymyr Zelensky.

A Washington, le président Joe Biden et son épouse Jill "pleurent avec tous ceux qui sont endeuillés par cette tragédie déchirante", a fait savoir la Maison Blanche. Le président du Conseil européen, Charles Michel, a déploré sur Twitter le décès d'"un grand ami de l'UE".

Au Forum économique mondial de Davos (Suisse), le secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg a assuré que les pays membres de son organisation allaient fournir à Kiev des armes "plus lourdes et plus modernes".

Le groupe de contact pour l'Ukraine, qui rassemble quelque 50 pays emmenés par les Etats-Unis, se réunit vendredi sur la base américaine de Ramstein en Allemagne pour coordonner la poursuite de l'aide à Kiev. "Le message principal sera un soutien accru avec des armes plus lourdes et plus modernes", selon M. Stoltenberg.

Peu avant, le président ukrainien avait lancé par visioconférence un "appel à de la vitesse" dans la prise de décision pour aider l'Ukraine, alors que l'Allemagne notamment hésite à autoriser la livraison au pays de chars Leopard.

"La tyrannie avance plus vite que les démocraties", a déploré Volodymyr Zelensky. "Le temps que le monde libre utilise pour réfléchir est utilisé par un Etat terroriste pour tuer".

Les Leopard font partie des chars lourds modernes et de conception occidentale que Kiev réclame à ses alliés et qui, selon les experts, seront cruciaux dans les batailles à venir dans l'Est de l'Ukraine.

Par contre, les Etats-Unis ne sont pas prêts à fournir à l'Ukraine leurs chars lourds les plus avancés, les Abrams, a déclaré mercredi un haut responsable du Pentagone, justifiant ce refus par des questions de maintenance et de formation.

Le président du Conseil européen, Charles Michel, a déploré sur Twitter le décès d'"un grand ami de l'UE". 

Le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Olaf Scholz, les Services du Premier ministre britannique, l'ambassade des Etats-Unis notamment ont présenté leurs condoléances à l'Ukraine. 

Paroles «antisémites» de Lavrov

La Russie, dont les forces ont subi des pertes énormes et d'importants revers militaires ces derniers mois, continuait dans le même temps à exercer sa pression, tant sur le front de l'est de l'Ukraine, où son armée tente de reprendre l'avantage, que par des déclarations du Kremlin.

Le président Vladimir Poutine a ainsi assuré mercredi n'avoir "aucun doute" sur une victoire russe, près d'un an après le début de l'opération, et maintenu que la Russie affrontait un "régime néonazi" en Ukraine.

Son ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a été plus loin, comparant les actions des Occidentaux contre son pays à la "solution finale" du régime nazi pour exterminer les Juifs.

"Tout comme Napoléon a mobilisé presque toute l'Europe contre l'Empire russe, comme Hitler a mobilisé et conquis la plupart des pays européens pour les lancer contre l'Union soviétique, aujourd'hui les Etats-Unis ont monté une coalition" contre Moscou, a déclaré M. Lavrov.

Leur tâche est "la même: la 'solution finale' à la question russe. Tout comme Hitler voulait résoudre la question juive, désormais, les dirigeants occidentaux (...) disent sans ambiguïté que la Russie doit subir une défaite stratégique", a-t-il ajouté.

Ces déclarations ont fait vivement réagir le Canada, qui a convoqué l'ambassadeur russe Oleg Stepanov "pour le confronter à la brutalité des attaques russes contre les populations civiles à Dnipro et pour condamner, en le regardant droit dans les yeux, les commentaires antisémites du ministre des Affaires étrangères russe", a déclaré la ministre canadienne des Affaires étrangères Mélanie Joly lors d’une conférence de presse à Toronto mercredi.

Sur le plan humanitaire, la nouvelle présidente du Comité international de la Croix-Rouge, Mirjana Spoljaric, se rend jeudi et vendredi à Moscou pour rencontrer des représentants du gouvernement russe et discuter des besoins humanitaires urgents et de l'accès aux prisonniers de guerre, un déplacement qui fait suite à sa mission effectuée en Ukraine en décembre, selon un communiqué.


Trump affirme qu'Iran et Israël veulent «conclure un cessez-le-feu immédiat»

Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
Short Url
  • "Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite"
  • Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de tirer".

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé lundi que l'Iran et Israël "(cherchaient) à conclure un cessez-le-feu immédiat", alors que les deux pays ont repris leurs attaques directes pour la première fois depuis la trêve conclue il y a deux mois.

"Les négociations finales sur la +paix+ se poursuivent, sous réserve que l'ignorance ou la stupidité ne viennent pas s'y opposer", a ajouté sur son réseau Truth Social le président américain, qui ne cache pas ses désaccords avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite".

Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de +tirer+".

Donald Trump cherche une issue au conflit, très impopulaire aux Etats-Unis, à l'approche des élections législatives de mi-mandat en novembre prochain.

Si des escarmouches ont eu lieu ces derniers jours autour du détroit d'Ormuz entre Etats-Unis et Iran, c'est la première fois que Téhéran cible le territoire israélien depuis le cessez-le-feu du 8 avril et qu'Israël bombarde le sol iranien.

 


Des chasseurs français de l'Otan abattent un drone en Lettonie

Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
Short Url
  • L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone
  • Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT)

VILNIUS: Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze.

"Merci à nos alliés français d'avoir abattu le drone qui a pénétré dans l'espace aérien letton!", a‑t‑elle écrit sur X.

L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone.

Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT), a indiqué  pour sa part Gintautas Ciunis, porte-parole de l'armée lituanienne.

Le 19 mai, un chasseur de l'Otan avait abattu dans l'espace aérien de l'Estonie un drone ukrainien, première interception d'un drone étranger dans le ciel d'un Etat balte par la police de l'air de l'Otan depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en 2022.

Les Etats baltes, ex-républiques soviétiques partageant une longue frontière avec la Russie, enregistrent depuis plusieurs semaines un nombre croissant d'intrusions et de chutes de drones sur leurs territoires.

Selon les Européens, la Russie fait dévier délibérément de leur trajectoire des drones ukrainiens destinés à frapper des installations industrielles et des terminaux pétroliers dans la région de Saint-Pétersbourg, située sur le golfe de Finlande.

Ces incidents ont mis au jour les carences des défenses aériennes des pays baltes, impuissantes à neutraliser un drone errant avant sa chute sur leur territoire.


Trump dit qu'il va appeler Netanyahu pour lui demander de ne pas répliquer aux missiles iraniens 

Short Url
  • "Je vais appeler Bibi (le surnom de Netanyahu, ndlr) tout de suite pour lui dire de ne pas riposter. Israël a eu sa frappe et l'Iran a eu sa frappe. On n'a pas besoin d'une autre (frappe)"
  • "Nous sommes sur le point de conclure un accord définitif avec l'Iran. Ce sera un bon accord. Je ne veux pas qu'il tombe à l'eau à cause de ce qui se passe actuellement"

WASHINGTON: Le président américain Donald Trump dit qu'il va appeler le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour lui demander de ne pas répliquer aux missiles tirés dimanche par l'Iran vers Israël, rapporte dimanche le média Axios.

"Je vais appeler Bibi (le surnom de Netanyahu, ndlr) tout de suite pour lui dire de ne pas riposter. Israël a eu sa frappe et l'Iran a eu sa frappe. On n'a pas besoin d'une autre (frappe)", a déclaré le président américain selon le journaliste d'Axios Barak Ravid, qui dit l'avoir eu au téléphone.

"Nous sommes sur le point de conclure un accord définitif avec l'Iran. Ce sera un bon accord. Je ne veux pas qu'il tombe à l'eau à cause de ce qui se passe actuellement", a-t-il ajouté selon la même source qui a publié le message sur son compte X.

Dans une autre interview accordée à un journaliste de Fox News, Donald Trump affirme que les frappes iraniennes "ne vont pas aider les négociations".

"On est très proches. Je dirais qu'un accord peut être signé lundi, mardi ou mercredi de cette semaine. Et voilà qu'il se passe ceci", a-t-il dit selon le journaliste Trey Yingst, qui dit également l'avoir eu au téléphone.

Selon elle, M. Trump lui a dit être "pas très content" de la frappe israélienne ayant visé Beyrouth dimanche.

"Revenez à la table des négociations et concluez un accord", a-t-il lancé à l'adresse de l'Iran, selon Fox News.