France: grève jeudi contre la réforme des retraites voulue par Macron

Dans cette photo d'archive prise le 16 décembre 2019, des voyageurs marchent sur un quai de la gare Saint-Lazare à Paris, lors d'une grève de l'opérateur de transports publics parisiens RATP et des employés de la SNCF au sujet du plan du gouvernement français de refondre le système de retraite du pays. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Dans cette photo d'archive prise le 16 décembre 2019, des voyageurs marchent sur un quai de la gare Saint-Lazare à Paris, lors d'une grève de l'opérateur de transports publics parisiens RATP et des employés de la SNCF au sujet du plan du gouvernement français de refondre le système de retraite du pays. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
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Publié le Mercredi 18 janvier 2023

France: grève jeudi contre la réforme des retraites voulue par Macron

  • Manifestations, écoles fermées et trains au compte-goutte: la France s'apprête à vivre une journée mouvementée.
  • Unis pour la première fois depuis douze ans, les syndicats prévoient des rassemblements dans plus de 200 villes et espèrent une mobilisation "massive" dépassant "le million" de manifestants.

PARIS : Entre trains à l'arrêt et écoles fermées, la France se prépare à une journée de grèves massives jeudi contre une réforme des retraites sur laquelle le président Emmanuel Macron joue sa capacité à impulser des changements, et plus largement son crédit politique dans un pays fracturé.

Le projet et sa mesure phare de report de l'âge de départ à 64 ans contre 62 aujourd'hui se heurte à un front syndical uni et une large désapprobation dans l'opinion selon les sondages.

Sur le plan politique la partie est serrée pour un gouvernement qui ne dispose que d'une majorité relative à l'Assemblée nationale. La gauche et l'extrême droite y sont farouchement opposées, seule l'opposition de droite classique offrant une possibilité de compromis.

Plus de 10 000 policiers et gendarmes, dont 3 500 à Paris, seront mobilisés pour assurer la sécurité des manifestations, a annoncé le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.

Le ministre a ajouté que les autorités s'attendaient à la venue à Paris d'"un petit millier" de manifestants "qui pourraient être violents", citant des "ultragauche" ou des "ultrajaunes" -référence aux membres les plus radicaux du mouvement de révolte sociale et antifiscal des "gilets jaunes" qui a secoué la France en 2018/2019.

Le porte-parole du gouvernement Olivier Véran a appelé de son côté à ne pas transformer la mobilisation "en blocage" du pays.

"Ce sera un jeudi de galère. (...). Ce sera un jeudi de fortes perturbations dans les transports", a estimé le ministre délégué aux Transports Clément Beaune, en appelant les usagers à différer leurs déplacements ou à télétravailler quand ils le peuvent.

L'aviation civile a demandé aux compagnies aériennes d'annuler préventivement un vol sur cinq à l'aéroport de Paris-Orly jeudi, en raison d'une grève de contrôleurs aériens.

Côté rail, la compagnie nationale SNCF prévoit une circulation "très fortement perturbée" avec un train grande vitesse (TGV) sur trois, voire un sur cinq selon les lignes, et à peine un train régional sur dix en moyenne.

Retarder l'âge de départ en retraite peut-il nuire à l'emploi des jeunes?

Le report de l'âge légal de départ en retraite peut-il avoir un impact sur l'emploi des jeunes? Pas si simple répondent des économistes, car il n'y a pas de lien "mécanique" sur le marché du travail entre ces deux catégories.

L'argument a notamment été avancé par des jeunes et des représentants syndicaux avec l'idée qu'avec la réforme, "si les anciens travaillent plus longtemps, plus de jeunes seront privés d'emploi".

L'exécutif mise sur la réforme, avec le report de l'âge de départ à 64 ans, pour augmenter l'emploi des seniors qui est sous la moyenne européenne. Dans le même temps, chaque année 700.000 jeunes entrent sur le marché du travail.

Mais pour l'économiste Rachel Silvera "il faut faire très attention" en liant les deux sujets "car en général c’est un calcul un peu fictif. Mécaniquement, ce n’est pas un emploi senior libéré pour un emploi de jeune créé, on le sait très bien".

Ce lien "revient souvent dans les discussions sur les retraites dans tous les pays. C’est un peu le réflexe mécanique", constate de son côté Andrea Garnero, économiste à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Mais la question a été "évaluée" par les chercheurs, dit-il à l'AFP et "on voit que ce n’est pas le cas".

En 2016, le Conseil d'orientation des retraites (COR) s'était notamment penché sur cette question et avait estimé que la hausse de l'emploi des seniors ne nuisait pas à l'emploi des jeunes.

Les différentes études, que l'instance avait passées en revue, plaidaient plutôt en faveur d'"une complémentarité entre emploi des seniors et insertion des jeunes", avec des évolutions des taux de chômage allant "plutôt dans le même sens, essentiellement en lien avec la conjoncture économique".

Ces dernières années, avec un marché du travail très dynamique, les taux d'emploi des

seniors comme des jeunes ont progressé, atteignant en 2021 56% pour les 55-64 ans (contre 38% en 2008) et 32,2% pour les 15-24 ans, plus haut niveau depuis 1992, mais progressant moins vite que les seniors.

«Pas un gâteau qu'on partage»

M. Garnero pointe une forme de "malentendu sur le fonctionnement du marché du travail" perçu comme "une sorte de boîte fermée où il y a un nombre fixe d’emplois", alors qu’il est "beaucoup plus dynamique" avec des entrées, des sorties...

Il signale "une autre erreur considérable: on pense qu’une personne âgée qui part est remplacée pour faire le même travail. Or les seniors et les jeunes ne font pas le même travail, n’ont pas les mêmes compétences, et souvent les entreprises utilisent les départs à la retraite pour repenser le poste".

Pour expliquer qu'un départ ne se remplace pas si facilement, s'ajoutent des questions d'attractivité des métiers (conditions de travail, salaires) et de formation.

"Le marché du travail se recompose en permanence" et on ne peut pas raisonner "comme si il y avait une quantité de travail donnée qui, lorsqu’on en donne plus aux seniors, pénalise les jeunes", abonde l'économiste et député Renaissance Marc Ferracci. "Ce n’est pas la bonne représentation du marché du travail" qui n’est "pas un gâteau qu’on partage".

Éric Heyer, économiste à l'OFCE, note pour sa part que la réforme des retraites est "un choc d’offre" proposant "d'un coup" de travailler plus longtemps.

"Les entreprises déclarent massivement avoir des difficultés de recrutement", donc on peut se dire qu’"une réponse" pourrait être apportée par cette réforme, dit-il.

"La question c’est, est-ce que les entreprises ont besoin de ce volume horaire supplémentaire ou pas? Imaginons qu’elles n’en aient pas besoin (avec une dégradation de la situation économique, ndlr). Il y aura du coup un effet sur l’emploi de certaines catégories" et donc "au bout du bout, un peu aussi sur les jeunes".

«Risque de saturation»

Le métro parisien sera également très réduit, avec trois lignes fermées, dix autres ouvertes "uniquement aux heures de pointe" et un "risque de saturation" sur les trois dernières, selon la régie des transports parisiens RATP.

Pas facile donc de se déplacer dans la capitale, y compris pour les spectateurs voulant assister au match de NBA délocalisé dans la grande salle de Paris-Bercy entre les mythiques équipes américaines des Detroit Pistons et des Chicago Bulls.

"J'espère que ça ne durera pas, surtout", a ajouté M. Beaune.

A l'adresse des automobilistes qui redoutent une pénurie de carburant en raison d'arrêts de travail dans les raffineries, le ministre  a estimé qu'il "ne faut pas prendre de mesures de précaution" car il n'y a actuellement aucun blocage.

Dans la pratique, certaines stations sont déjà à sec en raison du nombre d'automobilistes faisant le plein au cas où le carburant viendrait à manquer.

Des grèves, qui pourraient être reconductibles, sont également prévues dans le secteur électrique, avec de possibles baisses de production.

Beaucoup devront garder leurs enfants, car 70% des enseignants du primaire seront en grève et de nombreuses écoles entièrement fermées - "au moins un tiers" à Paris - d'après leur principal syndicat.

 

Retraites: Energie, attention, secteur en tension

"Le climat social s'est tendu": les agents de l'électricité et du gaz entendent mener "bataille" contre le projet de réforme des retraites, une lutte qui s'annonce âpre alors que des conflits durs, parfois lourdement sanctionnés, ont émaillé ces derniers mois la vie des entreprises du secteur.

Dernier épisode en date: la menace brandie par la CGT énergie de couper le courant des élus qui soutiendraient cette réforme.

"On va aller les voir dans leurs permanences, on va aller discuter avec eux, et puis si d'aventure ils ne comprennent pas le monde du travail, on les ciblera dans les coupures qu'on saura organiser", a déclaré lundi le secrétaire général de la CGT énergie Sébastien Ménesplier, suscitant l'indignation d'élus de droite.

Dans le secteur, dominé par les géants EDF et Engie, cela fait de nombreux mois que le climat se tend.

Cette tension a atteint son paroxysme avec le placement en garde à vue début octobre de quatre agents du gestionnaire des lignes à haute tension RTE, dans les locaux des services anti-terroristes de la DGSI.

Ces agents sont soupçonnés d'interventions frauduleuses sur le réseau électrique en juin et juillet derniers. Licenciés, ils sont convoqués le 28 février devant le tribunal correctionnel de Paris.

"Criminalisation du droit de grève", accuse la CGT, dont le secrétaire général Philippe Martinez a interpellé la Première ministre Elisabeth Borne.

RTE, qui se défend d'avoir voulu faire un exemple, dénonce de son côté une "réelle intention de nuire" à l'entreprise, outrepassant le droit de grève.

D'autres conflits ont fini devant la justice: la CGT Energie Paris a déposé deux plaintes contre X, en juillet et décembre, arguant avoir découvert des caméras utilisées pour "espionner" les salariés, respectivement de GRDF et d'Enedis. Des accusations réfutées par Enedis, alors que GRDF évoque une caméra "entre deux sites".

Si l'inflation a contribué à échauffer les esprits, la dégradation du climat vient de loin, à en croire Stéphane Sirot, historien spécialiste des syndicats, professeur à Cergy-Pontoise, qui la fait remonter à "la libéralisation du marché" de l'énergie dès les années 2000 et au recul consécutif d'une certaine culture du compromis.

Une gestion qui s'aligne sur le privé

A l'origine, "le système EDF, c'est ces relations tripartites, Etat, direction de l'entreprise et organisation syndicale majoritaire. Puis tout ça a implosé, avec la libéralisation, avec par ailleurs la perte d'influence de la CGT, les choix libéraux faits dans le secteur énergétique, la politique européenne, etc." souligne M. Sirot.

Face à un mode de gestion du personnel qui s'est peu à peu aligné sur le privé, moins adapté à la culture du compromis d'hier, les syndicats se sont tournés vers des modalités d'action "plus transgressives", estime l'historien.

Historiquement, les syndicats de ces entreprises "ont participé à construire la politique énergétique de la France", relève l'universitaire, rappelant que "le secrétaire général de la CGT créa EDF et GDF en 1946": "il y a longtemps eu une espèce de cogestion ou codécision entre le syndicat majoritaire et la direction et même l'appareil d'Etat, qui pendant longtemps porta une politique industrielle d'indépendance énergétique qui se mariait bien avec les valeurs de la CGT".

Concernant l'affaire de RTE, une source syndicale extérieure à la CGT évoque "une tension générale sur le secteur de l'énergie, avec un climat anxiogène" lié à un hiver difficile, marqué par des centrales nucléaires à l'arrêt et des tensions sur l'approvisionnement énergétique.

Mais pour Sébastien Ménesplier, ce sont les plans de réorganisation d'EDF et Engie qui ont mis le feu aux poudres, bien avant la crise de l'approvisionnement hivernal: "le climat social s'est tendu depuis 2021, avec la bataille contre le projet Hercule et le plan Clamadieu", dit-il, évoquant les plans de réorganisation chez EDF et Engie, synonymes pour les syndicats de démantèlement du service public.

Pour lui, ces "luttes gagnantes", notamment le retrait du projet Hercule, donnent "un peu plus d'élan" pour la bataille contre la réforme des retraites. Le représentant syndical se déclare ainsi prêt à assumer "pleinement" les retards qu'entraîneraient les grèves pour le redémarrage très attendu de plusieurs réacteurs nucléaires.

Tout en reconnaissant qu'il était impossible de prévoir quelle serait la hauteur de la mobilisation dans le secteur privé, le patron du puissant syndicat CGT, Philippe Martinez, a estimé qu'il y aurait "dans certains grands groupes, des taux de grévistes qui vont avoisiner les 60, 70%", et souhaité un mouvement reconductible "partout où c'est possible".

La réforme des retraites fait partie des promesses de campagne du président Macron, réélu l'an dernier. La Première ministre Elizabeth Borne, une proche du chef de l'Etat, est première ligne pour la défendre après des syndicats et des parlementaires.

Les syndicats mettent notamment en exergue de multiples questions liées aux personnes ayant commencé à travailler très jeunes, ou à celles exerçant des métiers physiquement pénibles.

Mme Borne défend quant à elle "un projet de justice", assurant que "quatre Français sur dix, les plus fragiles, les plus modestes, ceux qui ont des métiers difficiles, pourront partir avant 64 ans".

Un précédent projet, en 2019, avait été remisé sous la pression de forts mouvements sociaux et de l'émergence de la pandémie de Covid-19.


Le Louvre-Lens explore les orientalismes, des 1001 Nuits à l'art contemporain

Photo de l’exposition « Par-delà les Mille et une nuits » au Louvre-Lens (24 mars 2026). L’exposition réunit une remarquable collection du département des arts de l’islam du Musée du Louvre, avec près de 300 chefs-d’œuvre exposés ensemble pour la première fois. (AFP)
Photo de l’exposition « Par-delà les Mille et une nuits » au Louvre-Lens (24 mars 2026). L’exposition réunit une remarquable collection du département des arts de l’islam du Musée du Louvre, avec près de 300 chefs-d’œuvre exposés ensemble pour la première fois. (AFP)
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  • Au Louvre-Lens, une exposition explore les échanges entre Orient et Occident à travers des œuvres d’art islamique, des objets historiques et des créations contemporaines, en questionnant la frontière entre réalité et imaginaire
  • Elle déconstruit les stéréotypes hérités notamment des Les Mille et Une Nuits et de l’orientalisme, en offrant un contexte historique et un regard critique sur ces représentations

PARIS: Le Louvre-Lens présente jusqu'au 20 juillet plusieurs centaines d'objets et oeuvres d'art islamique ainsi que des créations contemporaines, racontant les échanges entre Orient et Occident avant et après l'orientalisme des Mille et Une Nuits, emmenant le spectateur "au-delà" des clichés.

L'exposition mêle de façon aussi ludique que savante des pièces maîtresses du département d'art islamique du Louvre aux costumes de scènes exubérants du Bourgeois gentilhomme de Molière, exagérant le stéréotype du sultan ottoman, en passant par d'émouvantes collections de céramiques ayant inspiré le peintre Eugène Delacroix.

A l'image des contes des Mille et Une Nuits, les juxtapositions posent la question de la frontière "entre récit historique et imaginaire, ce que nous savons et ce que nous avons construit, à partir de nos connaissances, mais qui dérive vers l'imaginaire", explique Gwenaëlle Fellinger, conservatrice en chef au département des arts de l'islam au Louvre.

Préjugés, stéréotypes: l'exposition "montre le contexte pour comprendre comment ils se construisent (...), voir ce qu'il y a derrière, aller au-delà". L'objectif: "approfondir la connaissance, donner le contexte historique", "à chacun ensuite de se faire son opinion", souligne la conservatrice, commissaire scientifique de l'exposition présentée au coeur du bassin minier du Pas-de-Calais.

On peut ainsi admirer des gemmes enchâssées ou des fioles en cristal de roche ramenées de la rive Est de la Méditerranée dès le Moyen-Âge, dont certains sont auréolés d'une légendaire origine diplomatique: ils sont présentés comme des cadeaux offerts par le calife Haroun al-Rachid à l'empereur Charlemagne.

Des tableaux du XIXe siècle et extraits de films du XXe siècle montrent à quel point le mythe des ambassades fastueuses entre les deux souverains a fasciné à travers les siècles.

Une magnifique cuve mamelouk en laiton martelé, ornée d'un foisonnement d'animaux et chasseurs ou soldats aux traits finement ciselés dans de l'argent incrusté, incarne l'évolution des regards sur le temps long.

D'une virtuosité exceptionnelle, ce chef-d'oeuvre a été nommé au XVIIIe siècle "baptistère de Saint-Louis" en référence à Louis IX. Réalisé en Syrie vers 1340, il est en réalité nettement postérieur au roi de France décédé en Tunisie en 1270 lors d'une croisade, mais la légende royale est si tenace que le bassin a servi pour le baptême de Louis XIII en 1606.

Exposés en écho d'oeuvres d'Ingres ou de Matisse, deux peintres contemporains, l'Iranienne Nazanin Pouyandeh, et le Franco-palestinien Rayan Yasmineh, détournent le motif de l'odalisque, cette femme lascive incarnant une vision exotique et déformée de l'Orient, pour interroger ces clichés associés au colonialisme.

L'exposition qui a ouvert au public mercredi s'achève sur une salle de lecture, comme une invitation à poursuivre ce regard critique et construire sa propre vision.


Le G7 met l’accent sur la réforme de la gouvernance mondiale, la sécurité et la reconstruction

Drapeaux de l’Union européenne, de l’Allemagne, du Royaume-Uni, des États-Unis, de la France, du Canada, de l’Italie et du Japon lors de la conférence de presse d’ouverture des volets Finance et Numérique de la présidence française du G7 à Paris, le 3 février 2026. (AFP)
Drapeaux de l’Union européenne, de l’Allemagne, du Royaume-Uni, des États-Unis, de la France, du Canada, de l’Italie et du Japon lors de la conférence de presse d’ouverture des volets Finance et Numérique de la présidence française du G7 à Paris, le 3 février 2026. (AFP)
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  • Les discussions du G7 (26–27 mars 2026) porteront sur la réforme de la gouvernance mondiale, la reconstruction et les menaces sécuritaires globales, notamment l’Ukraine et l’Iran
  • Parmi les résultats attendus figurent la création de nouveaux organes de coordination et de task forces sur le maintien de la paix et le narcotrafic, ainsi que des conférences de suivi en 2026

​​​​​​DUBAÏ : La prochaine réunion des ministres des Affaires étrangères du G7, prévue à partir du jeudi 26 mars 2026, réunira six sessions structurées sur deux jours, avec un accent fort mis sur la sécurité internationale, les efforts de reconstruction et la réforme des systèmes de gouvernance mondiale, selon un diplomate français.

La réunion s’ouvrira sur ce que les responsables ont décrit comme une discussion fondatrice sur la « réforme de la gouvernance mondiale », donnant le ton de l’ensemble des travaux.

La rencontre ministérielle sera organisée en six sessions les 26 et 27 mars 2026. Les trois premières incluront les membres du G7 ainsi que des partenaires invités — Arabie saoudite, Corée du Sud, Brésil, Inde et Ukraine — avant de basculer vers des sessions réservées aux membres du G7.

« La réunion ministérielle du G7 comprendra six sessions sur deux jours », a confirmé le diplomate français, soulignant une architecture pensée pour équilibrer dialogue inclusif et coordination interne.

Jour 1 : gouvernance, reconstruction et sécurité régionale

La première session portera sur la réforme des systèmes de gouvernance mondiale, incluant l’efficacité des missions de maintien de la paix et les efforts visant à « rationaliser la logistique de l’aide humanitaire afin de réduire les coûts et d’améliorer l’efficacité ».

La deuxième session sera consacrée aux enjeux de reconstruction dans plusieurs régions. Un accent particulier sera mis sur la restauration de l’arche de confinement de Tchernobyl. Comme l’a expliqué le diplomate : « À l’approche du 40e anniversaire de l’explosion de Tchernobyl, nous travaillerons sur notre capacité à réparer cette arche. » La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) jouera un rôle central, avec pour la première fois une estimation globale des coûts, évaluée à « des centaines de millions au minimum », a-t-il ajouté.

Cette session abordera également la lutte contre le trafic de captagon en Syrie et au Moyen-Orient, ainsi que les initiatives d’intégration économique régionale. Le diplomate a insisté sur « un besoin considérable de reconstruction dans la région ».

Jour 2 : souveraineté et crises globales

Le 27 mars, avec l’arrivée du secrétaire d’État américain Marco Rubio, les discussions se poursuivront avec une session consacrée aux « menaces horizontales et à la souveraineté ». Celle-ci inclut le lancement d’une task force du G7 visant à créer un réseau coordonné de ports pour lutter contre le narcotrafic.

Parmi les autres initiatives figurent la conférence régionale de sécurité dans les Caraïbes, prévue en juillet 2026 en Martinique, ainsi que la cinquième conférence « No Money for Terror » le 19 mai 2026. Les discussions incluront également la sécurité des minerais critiques, avec des initiatives américaines et canadiennes.

Les trois dernières sessions, réservées aux membres du G7, traiteront des dossiers géopolitiques les plus sensibles.

Ukraine, Iran et autres foyers de tensions internationales

La quatrième session sera consacrée à l’Ukraine, abordant les volets énergétique, économique et militaire du soutien, ainsi que la pression exercée sur la Russie. La participation du ministre ukrainien des Affaires étrangères est attendue. Les discussions reviendront sur le projet de l’arche de Tchernobyl ainsi que sur le soutien plus large à la résilience énergétique.

La cinquième session portera sur l’Iran, notamment les programmes nucléaires et balistiques, la sécurité maritime et la liberté de navigation.

La dernière session abordera les enjeux de paix et de sécurité dans plusieurs régions, dont l’Indo-Pacifique, le Soudan, Haïti, Gaza, le Venezuela et Cuba.

Le diplomate français a souligné l’importance de la flexibilité diplomatique : « Nous privilégions, et c’est une volonté, autant que possible, les échanges libres et informels, ce qui est dans l’esprit du G7. »

Les journalistes n’auront pas accès aux sessions mais pourront suivre les débats depuis un centre de presse dédié. Deux conférences de presse de la présidence française sont prévues jeudi à 18h45 et vendredi à 16h00, diffusées en direct sur les réseaux du ministère français des Affaires étrangères.

Parmi les résultats attendus figurent la création d’un comité de coordination pour les missions de maintien de la paix et le lancement d’une task force du G7 contre le narcotrafic via les réseaux portuaires. Des conférences régionales de suivi sont également prévues dans les Caraïbes et sur le trafic de captagon au Moyen-Orient.

La cinquième conférence « No Money for Terror » se tiendra le 19 mai 2026, consacrée à la lutte contre le financement du terrorisme.

Des réunions informelles sont également prévues en septembre lors de l’Assemblée générale de l’ONU et en novembre à Marseille, et avant le sommet des chefs d’État du G7 à Évian du 15 au 17 juin 2026.

Le diplomate a présenté cet agenda comme visant à produire des « résultats concrets » en matière de sécurité, de reconstruction et de réforme de la gouvernance, tout en préservant la tradition de coordination formelle et d’échanges informels du G7.


Macron appelle l'Iran "à s’engager de bonne foi dans des négociations"

Le président français Emmanuel Macron à l'Élysée à Paris, le 24 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron à l'Élysée à Paris, le 24 mars 2026. (AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron appelle l’Iran à négocier « de bonne foi » pour désamorcer le conflit et répondre aux inquiétudes sur son programme nucléaire et ses actions régionales
  • Les efforts diplomatiques s’intensifient (Pakistan, Oman, États-Unis), tandis que Israël poursuit ses opérations militaires au Liban

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a appelé mardi l'Iran à "s'engager de bonne foi dans des négociations" en vue d'une "désescalade" du conflit au Moyen-Orient à l'issue d'un entretien avec son homologue iranien Massoud Pezeshkian.

"J’ai appelé l’Iran à s’engager de bonne foi dans des négociations, afin d’ouvrir une voie vers la désescalade et de fournir un cadre permettant de répondre aux attentes de la communauté internationale s’agissant du programme nucléaire et balistique de l'Iran, ainsi que ses activités de déstabilisation régionale", a-t-il écrit sur X.

Le Pakistan - allié de longue date de l'Iran - s'est dit prêt mardi à accueillir des discussions, alors que le conflit est entré dans sa quatrième semaine, paralysant une partie du transport mondial des hydrocarbures.

Donald Trump a de son côté réaffirmé mardi que des "négociations" sont en cours avec l'Iran. Mais nul ne sait qui est censé représenter la partie iranienne dans ces négociations.

En faisant état une première fois lundi de ces pourparlers, le président américain avait retardé "de cinq jours" son ultimatum de lancer des frappes sur le réseau électrique de l'Iran, rassurant provisoirement les marchés.

Le président français, qui s'entretenait pour la troisième fois avec son homologue iranien depuis le début de la guerre en Iran le 28 février et l'escalade régionale, a "rappelé l'absolue nécessité (pour Téhéran, ndlr) de mettre fin aux attaques inacceptables contre les pays de la région".

Il aussi insisté sur la nécessité de "préserver les infrastructures énergétiques et civiles et de rétablir la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz", bloqué par les Iraniens.

Lors d'un échange avec le président israélien Isaac Herzog, Emmanuel Macron a par ailleurs appelé Israël à "prévenir une nouvelle escalade du conflit au Liban" et à saisir l'"opportunité" de "discussions directes" entre les deux pays.

Israël a annoncé mardi qu'il allait s'emparer d'une large zone du sud du Liban pour assurer sa sécurité, alors qu'il poursuit ses frappes sur le reste du territoire et que le Hezbollah pro-iranien bombarde Israël.

"J'ai dit au président Herzog ma conviction que la reprise de discussions directes entre Israël et le Liban est une opportunité qui doit être saisie. La France se mobilise en ce sens", a insisté Emmanuel Macron sur X. Les dirigeants libanais ont déjà donné leur accord à ces négociations directes, mais pas encore leurs homologues israéliens.

Il lui a aussi dit "la pleine solidarité de la France" face "aux attaques quotidiennes de l’Iran et du Hezbollah", un mouvement islamiste pro-iranien, dont Israël "est la cible", selon son compte-rendu sur X.

Le président français s'est aussi entretenu au téléphone avec le sultan d'Oman Haitham ben Tariq qu'il a "remercié pour les efforts" menés par le pays du Golfe "afin de trouver une solution négociée à la crise".

Emmanuel Macron a également tenu dans l'après-midi à l'Elysée un nouveau Conseil de défense et de sécurité nationale au sujet de la guerre au Moyen-Orient, réunissant les ministres et responsables chargés des questions de sécurité.