Israël frappe Gaza après des tirs imputés au Hamas

Un raid israélien sur le camp de réfugiés de Jénine, en Cisjordanie, a tué jeudi 8 Palestiniens, dont une femme âgée, ont déclaré des responsables palestiniens, accusant également l'armée d'utiliser des gaz lacrymogènes à l'intérieur d'un hôpital (Photo, AFP).
Un raid israélien sur le camp de réfugiés de Jénine, en Cisjordanie, a tué jeudi 8 Palestiniens, dont une femme âgée, ont déclaré des responsables palestiniens, accusant également l'armée d'utiliser des gaz lacrymogènes à l'intérieur d'un hôpital (Photo, AFP).
Des Palestiniens lancent des pierres sur un bulldozer de l'armée israélienne, lors d'affrontements dans la ville de Jénine, en Cisjordanie occupée, le 26 janvier 2023 (Photo, AFP).
Des Palestiniens lancent des pierres sur un bulldozer de l'armée israélienne, lors d'affrontements dans la ville de Jénine, en Cisjordanie occupée, le 26 janvier 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 27 janvier 2023

Israël frappe Gaza après des tirs imputés au Hamas

  • L'armée israélienne a annoncé avoir mené au moins deux séries de frappes contre la bande de Gaza. Aucune victime n'a été signalée
  • Les explosions ont touché la ville de Gaza. La branche armée du Hamas a affirmé avoir riposté avec des batteries anti-aériennes et des missiles sol-air

GAZA: L'armée israélienne a procédé vendredi à des frappes sur la bande de Gaza en réponse à des tirs de roquettes en provenance du micro-territoire palestinien, après le raid israélien le plus meurtrier depuis des années en Cisjordanie occupée.

Israël, qui tient le Hamas au pouvoir à Gaza pour responsable de tous les tirs de projectiles en provenance de ce territoire, a annoncé y avoir mené au moins deux séries de frappes nocturnes contre des infrastructures du mouvement islamiste, dans le nord et dans le centre.

Aucune victime n'a été signalée dans le territoire sous blocus israélien depuis 2007.

Les tirs de roquettes, interceptées pour la plupart par le système de défense antiaérien israélien, n'ont pas été revendiqués, mais les groupes armés palestiniens avaient promis de répondre au raid israélien de jeudi matin dans le camp de réfugiés de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, au cours duquel neuf Palestiniens ont été tués.

Les projectiles tirés dans la nuit "sont un message: l'ennemi (israélien, NDLR) doit se méfier car le sang palestinien versé coûte cher", a déclaré vendredi le Jihad islamique dans un communiqué.

Cette organisation était la cible de l'incursion militaire israélienne à Jénine car elle planifiait une attaque en Israël, ont affirmé des sources israéliennes.

Au total, neuf Palestiniens ont péri au cours de ce raid. Un dixième Palestinien a été tué par des tirs israéliens à Al-Ram, près de Ramallah, a rapporté le ministère palestinien de la Santé.

Les Nations unies n'ont pas recensé de bilan aussi élevé en une seule opération israélienne en Cisjordanie depuis qu'elles ont commencé à comptabiliser en 2005 les victimes du conflit israélo-palestinien.

Mesures «urgentes»

Le calme prévaut vendredi dans les rues de Jénine où les magasins sont toutefois fermés dans le cadre d'une grève, a constaté un journaliste de l'AFP.

A la suite du raid israélien, l'Autorité palestinienne a dénoncé "un massacre" et annoncé mettre fin à la coopération sécuritaire avec Israël, une première depuis 2020.

Le département d'Etat américain a dit regretter cette décision, jugeant "très important que les parties maintiennent, voire approfondissent, leur coordination sécuritaire".

Le chef de la diplomatie américaine, Anthony Blinken, doit se rendre lundi et mardi en Israël et Cisjordanie pour insister, selon Washington, sur "la nécessité urgente de prendre des mesures de désescalade".

Les Emirats arabes unis, qui ont normalisé leurs relations avec Israël en 2020, ont "condamné l'assaut des forces israéliennes" et appelé à l'organisation d'une réunion "urgente" du Conseil de sécurité de l'ONU.

Les Etats-Unis «profondément préoccupés par l'escalade de violence à Gaza»

Les Etats-Unis sont "profondément préoccupés par l'escalade de violence à Gaza", a dit vendredi un porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche, John Kirby.

"Nous pensons que toutes les parties impliquées doivent chercher de manière urgente à désamorcer la crise", a-t-il ajouté lors d'un entretien avec des journalistes.

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken se rendra en Egypte dimanche, puis en Israël et Cisjordanie sur fond de regain de violences dans la région.

Trente morts 

La ministre palestinienne de la Santé Mai al-Kaila a en outre accusé les forces israéliennes d'avoir tiré du gaz lacrymogène dans l'unité pédiatrique d'un hôpital de Jénine lors de leur opération, ce que l'armée a démenti.

Israël "ne cherche pas d'escalade" mais se prépare "à tous les scénarios", a affirmé jeudi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, d'après un communiqué.

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, mène des opérations quasi-quotidiennes à travers ce territoire palestinien, particulièrement dans les secteurs de Jénine et Naplouse (nord), bastions de factions palestiniennes armées.

Le camp de Jénine, qui date de 1953, abrite plus de 23.000 réfugiés selon l'Unrwa, l'agence de l'ONU chargée des réfugiés palestiniens.

En mai 2022, la journaliste palestino-américaine Shireen Abu Akleh, vedette de la chaîne Al Jazeera, y avait été tuée alors qu'elle couvrait un raid israélien.

Les décès de jeudi portent à 30 le nombre de Palestiniens, civils ou membres de groupes armés, tués depuis le début de l'année dans des violences avec des forces ou des civils israéliens.


Israël: la procureure générale alerte sur un «démantèlement» des institutions démocratiques

Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi. (AFP)
Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi. (AFP)
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  • "A l'approche de la fin du mandat de la Knesset actuelle, une course a commencé pour démanteler les institutions démocratiques", s'est-elle alarmée lors d'une conférence de l'Association du barreau israélien à Eilat (sud)
  • Elle a également déploré le fait que le gouvernement "appelle à ne pas respecter des décisions de justice" de la Cour suprême

JERUSALEM: La procureure générale d'Israël a mis en garde lundi contre un recul démocratique en Israël, où le Parlement examine un projet de dissolution qui pourrait mener à des élections anticipées.

Depuis que le gouvernement de Benjamin Netanyahu a été mis sur pied fin 2022, Gali Baharav-Miara conteste la légalité de certaines de ses décisions, et fait en conséquence l'objet d'une procédure de destitution intentée par l'exécutif.

"A l'approche de la fin du mandat de la Knesset actuelle, une course a commencé pour démanteler les institutions démocratiques", s'est-elle alarmée lors d'une conférence de l'Association du barreau israélien à Eilat (sud).

Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi.

Le premier vise à réduire les pouvoirs de la procureure générale, en créant un poste similaire mais qui serait nommé exclusivement par le ministre de la Justice.

Le second accorderait davantage de pouvoirs au ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir (extrême droite).

Si ces deux textes sont adoptés, "le système d'application de la loi dans l'Etat d'Israël changera complètement de nature", a-t-elle prévenu, d'après un communiqué de son bureau.

Elle a également déploré le fait que le gouvernement "appelle à ne pas respecter des décisions de justice" de la Cour suprême.

La procureure générale faisait référence notamment à l'inaction du gouvernement après une décision de la Cour suprême de 2024, obligeant l'Etat à imposer des sanctions aux juifs ultra-orthodoxes qui s'opposent à la conscription.

"Le chef d'état-major réclame des soldats et il n'est plus possible de l'ignorer", a déclaré la procureure générale. "L'Etat ne peut pas ignorer la loi qui impose la conscription pour tous, ni le tort causé au principe d'égalité".

Israël mène depuis mars de vastes opérations militaires au Liban contre le Hezbollah pro-iranien, et depuis plus de deux ans dans la bande de Gaza, où il combat le Hamas palestinien.


«Pas de calme à Beyrouth» tant que durent les attaques du Hezbollah, avertit Israël

L'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah. (AFP)
L'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah. (AFP)
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  • "La banlieue sud de Beyrouth n'est pas différente des localités du nord d'Israël: s'il n'y a pas de calme dans le nord, il n'y aura pas de calme à Beyrouth", a assuré M. Katz dans une vidéo diffusée par son bureau
  • "Nous ne permettrons pas une situation dans laquelle nos localités et nos citoyens sont attaqués tandis que le calme est maintenu à Beyrouth", a-t-il ajouté

JERUSALEM: Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a affirmé lundi qu'il n'y aurait "pas de calme" à Beyrouth sans l'arrêt des attaques du Hezbollah pro-iranien, disant en outre vouloir établir une zone sous contrôle militaire dans une vaste partie du sud du Liban.

"La banlieue sud de Beyrouth n'est pas différente des localités du nord d'Israël: s'il n'y a pas de calme dans le nord, il n'y aura pas de calme à Beyrouth", a assuré M. Katz dans une vidéo diffusée par son bureau.

"Nous ne permettrons pas une situation dans laquelle nos localités et nos citoyens sont attaqués tandis que le calme est maintenu à Beyrouth", a-t-il ajouté.

Ces propos surviennent après que l'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah.

L'armée a aussi intensifié ses opérations terrestres dans le sud.

M. Katz a indiqué qu'elle opérait "afin d'éloigner les menaces (...) et de faire de la zone du fleuve Litani une zone placée sous contrôle sécuritaire de Tsahal (l'armée, NDLR), débarrassée des armes et des terroristes".

Le fleuve Litani est situé à une trentaine de km de la frontière avec Israël.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait annoncé vendredi que l'armée l'avait traversé, après avoir déclaré qu'une grande partie du sud du Liban était désormais considérée une "zone de combat", en dépit d'un cessez-le-feu en vigueur le 17 avril.


Un soldat israélien tué dans le sud du Liban 

Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant. (AFP)
Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant. (AFP)
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  • Le sergent-chef Adam Tzarfati, 20 ans, "est tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée dans un bref communiqué
  • Une source militaire a précisé à l'AFP qu'il avait été tué par un drone du Hezbollah

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi que l'un de ses soldats avait été tué lors de combats dans le sud du Liban, portant à 26 le nombre de morts dans ses rangs depuis début mars.

Le sergent-chef Adam Tzarfati, 20 ans, "est tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée dans un bref communiqué.

Une source militaire a précisé à l'AFP qu'il avait été tué par un drone du Hezbollah. Dimanche, l'armée avait annoncé la mort d'un autre soldat au Liban, également tué par un drone explosif du mouvement pro-iranien, selon elle.

Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant.