Neuf Palestiniens tués lors d'une opération israélienne dans le camp de réfugiés de Jénine

Des Palestiniens non armés s'abritent des tirs israéliens lors de l'attaque de jeudi contre le camp de réfugiés de Jénine, en Cisjordanie occupée (Photo, AP).
Des Palestiniens non armés s'abritent des tirs israéliens lors de l'attaque de jeudi contre le camp de réfugiés de Jénine, en Cisjordanie occupée (Photo, AP).
Des personnes en deuil portent les corps de Palestiniens lors de funérailles conjointes dans la ville de Jénine en Cisjordanie, jeudi 26 janvier 2023 (Photo, AP).
Des personnes en deuil portent les corps de Palestiniens lors de funérailles conjointes dans la ville de Jénine en Cisjordanie, jeudi 26 janvier 2023 (Photo, AP).
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Publié le Vendredi 27 janvier 2023

Neuf Palestiniens tués lors d'une opération israélienne dans le camp de réfugiés de Jénine

  • Une femme âgée figurerait parmi les morts et 20 personnes ont été blessées, dont 4 dans un état grave, alors que les forces israéliennes recherchaient trois combattants
  • Un jeune de 22 ans a été abattu par des soldats à Al-Ram lors de la journée la plus meurtrière depuis plus d'un an en Cisjordanie

RAMALLAH: Les forces israéliennes ont tué neuf Palestiniens, dont une femme âgée, et en ont blessé 20 autres, dont 4 dans un état grave, lors d'un raid dans le camp de réfugiés de Jénine jeudi, selon le ministère palestinien de la Santé.
Youssef Muheisen, 22 ans, est mort après avoir été abattu par des soldats israéliens lors d'affrontements à Al-Ram, dans le gouvernorat de Jérusalem, portant le bilan de la journée à 10 morts.
Ce bain de sang, qui a marqué la journée la plus meurtrière en Cisjordanie depuis plus d'un an, élève à 30 le nombre de Palestiniens tués cette année au cours d'opérations israéliennes.
Les forces de sécurité ont déclaré être entrées dans le camp afin d’appréhender trois combattants palestiniens de l'organisation du Djihad islamique qui, selon les informations des services de renseignement, avaient l'intention de mener une attaque d'envergure contre une cible israélienne.
Le Croissant-Rouge palestinien a affirmé que les responsables israéliens avaient initialement empêché les médecins d'entrer dans le camp, rendant difficile l'accès aux blessés. Les forces israéliennes ont selon la même source tiré des grenades lacrymogènes sur l'hôpital public de Jénine, provoquant des blessures par inhalation chez les enfants notamment.
Le Premier ministre palestinien, Mohammed Chtayyeh, a appelé l'ONU et les organisations internationales de défense des droits de l'homme à «intervenir de toute urgence pour assurer la protection ... et mettre fin au bain de sang des enfants, des jeunes et des femmes». Il a accusé les forces d'occupation de continuer à commettre des meurtres et des exécutions en toute impunité.
Tor Wennesland, coordinateur spécial de l'ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, a déclaré être «profondément alarmé et attristé par le cycle de violence en Cisjordanie occupée. La mort aujourd'hui de neuf Palestiniens, dont des militants et une femme, au cours d'une opération d'arrestation israélienne à Jénine en est un autre exemple frappant.»
Il a exhorté les autorités israéliennes et palestiniennes à désamorcer les tensions, à rétablir le calme et à éviter tout nouveau conflit.
Un appel à la grève générale a été lancé en Cisjordanie en respect au deuil des familles. Des foules importantes ont assisté aux funérailles des neuf victimes, des appels à la vengeance ont fusé. Le président palestinien Mahmoud Abbas a annoncé trois jours de deuil, pendant lesquels les drapeaux palestiniens seront en berne.
Neuf personnes ont été blessées lors d'affrontements entre des dizaines de Palestiniens et les forces israéliennes près de Bethléem et de Ramallah, au cours desquels des balles réelles et des grenades lacrymogènes ont été utilisées pour disperser une foule armée de pierres.
«Si la communauté internationale et l'administration américaine ne réagissent pas maintenant, lorsque ces crimes atroces sont commis par les forces d'occupation, alors quand réagiront-ils ?», s'est insurgé le ministère palestinien des Affaires étrangères .
Pour le gouverneur de la ville Akram Rajoub, l'opération israélienne dans le camp de Jénine est «la plus sanglante et la plus violente depuis plus d'un an».
La ville et le camp sont d'après lui en proie à de puissants sentiments de tristesse, de douleur et de colère. Les incursions israéliennes affaiblissent quant à elle la légitimité des forces de sécurité et de l'Autorité palestiniennes.
Un membre de sécurité palestinien du camp de Jénine, qui a souhaité garder l’anonymat, a révélé à Arab News qu'un camion laitier portant des plaques d'immatriculation palestiniennes était arrivé jeudi vers 7 heures du matin. Le véhicule transportait une trentaines de soldats des forces spéciales israéliennes. Lorsque les jeunes résidents du camp ont repéré la force cachée, ils l'ont attaquée avec un déluge de pierres, a-t-il indiqué. Des renforts sont alors arrivés, soit plus de 80 véhicules militaires et bulldozers israéliens, ainsi qu'un drone pour surveiller le camp.
Il a signalé que l'opération s'est poursuivie pendant plus de quatre heures, au cours desquelles les forces ont encerclé des maisons et les ont visées avec des tirs de fusils lourds et de roquettes.
«Le camp ressemblait à un champ de bataille et nous a rappelé ce qui s'est passé en 2002», a avisé la source.
Après l'opération de Jénine, les troupes israéliennes en Cisjordanie et le long des frontières avec Gaza ont été placées en état d'alerte maximale par crainte de représailles palestiniennes, ont déclaré les forces de défense israéliennes.
Nabil Aburudeineh, porte-parole de la présidence palestinienne, a qualifié les tueries de «massacre» et a condamné le silence de la communauté internationale sur de tels incidents, «qui encourage le gouvernement israélien à commettre de nouveaux massacres contre le peuple palestinien et à poursuivre sa politique d'escalade».
Abdellatif al-Qanou, un membre du Hamas, l'organisation qui dirige Gaza, a déclaré: «Le comportement du gouvernement d'occupation extrémiste, l'escalade de ses crimes et ses agressions contre notre peuple nous conduiront inévitablement à la bataille de Jérusalem afin de défendre notre terre, nos familles et nos lieux sacrés.»
Daoud Chehab, un haut dirigeant du Jihad islamique, a déclaré: «Le camp de Jénine est l’endroit le plus marquant du défi et de la fermeté dans toute la Palestine, et Jénine affirme que la résistance continue malgré l'arrogance et les crimes de l'occupation.»
Le Djihad islamique est très présent dans le camp de Jénine, où il dirige la «brigade de Jénine», composée d'environ 300 combattants bien entraînés qui coordonnent leurs opérations avec celles de tous les autres combattants palestiniens dans les camps.
Le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, doit se rendre en Égypte, en Israël et en Cisjordanie en fin de semaine, dans un contexte d'escalade de la violence israélo-palestinienne et d'inquiétude des Américains face au nouveau gouvernement d'extrême droite du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou.
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Nouveau comité exécutif du Conseil d'Affaires Franco Saoudien

Le Conseil d’Affaires Saudi-Français (CAFS) œuvre au rapprochement des communautés d’affaires, à la promotion des entreprises et au développement de la coopération bilatérale. (Fournie)
Le Conseil d’Affaires Saudi-Français (CAFS) œuvre au rapprochement des communautés d’affaires, à la promotion des entreprises et au développement de la coopération bilatérale. (Fournie)
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  • Le Conseil d'Affaires Franco Saoudien (CAFS) a annoncé son nouveau comité exécutif pour 2026-2030, avec à sa tête Dr. Mohammed Ben Laden
  • L’équipe rassemble des dirigeants clés d’entreprises saoudiennes et franco-saoudiennes pour renforcer les partenariats économiques bilatéraux

DUBAÏ: Le Conseil d'Affaires Franco Saoudien (CAFS) a annoncé la composition de son nouveau comité exécutif pour la période 2026-2030. Cette équipe de direction, composée de leaders influents du monde des affaires et de l’industrie en Arabie Saoudite et en France, jouera un rôle clé dans le renforcement des relations économiques et commerciales entre les deux pays.

À la présidence du CAFS, Dr. Mohammed Ben Laden, président de BLK Partners, prendra la tête du conseil pour cette nouvelle mandature. Le comité exécutif compte également deux vice-présidents : la Princesse Noura Faisal Al Saud, fondatrice de Culture House et CEO de Jay3lle, et Ing. Faiz Al Elweet, président d’International Aramoon.

Parmi les membres du comité exécutif figurent des dirigeants de premier plan tels que Talal Almarri (CEO, Expo Riyadh 2030), Nadir Al-Koraya (CEO, Riyad Bank), Nabil Al-Nuaim (CEO, Aramco Digital), Ayman Aboabah (CEO, Riyadh Airports), Ing. Walid Abukhaled (CEO, EMIR), Dr. Fahad Aljuwaidi (CEO, First Abu Dhabi Bank Saudi Arabia), Nawaf Al-Sharif (CEO, AlSharif Holding Group), Zaher Al-Munajjed (Chairman, Support Services Network Company), Ing. Soufyan Al Kabbani (CEO, Saudico Electronic Systems) et Mohamed Al-Amoudi (Vice-président du conseil d’administration, Saudi Red Brick Company – Al-Amoudi & Brothers Co).

Créé il y a vingt ans pour renforcer les relations économiques entre l’Arabie Saoudite et la France, le Conseil d'Affaires Franco Saoudien (CAFS) œuvre au rapprochement des communautés d’affaires, à la promotion des entreprises et au développement de la coopération bilatérale.

Cette nouvelle mandature marque une étape stratégique pour le Conseil, qui ambitionne de poursuivre le développement des échanges économiques et des partenariats durables entre les deux pays au cours des prochaines années.


Syrie: deux membres de l'EI arrêtés en lien avec l'attaque d'une mosquée en décembre 

Deux membres du groupe Etat islamique (EI) ont été arrêtés en Syrie en lien avec une attaque en décembre contre une mosquée située dans un secteur alaouite de Homs (centre), a annoncé lundi le ministère de l'Intérieur syrien. (AFP)
Deux membres du groupe Etat islamique (EI) ont été arrêtés en Syrie en lien avec une attaque en décembre contre une mosquée située dans un secteur alaouite de Homs (centre), a annoncé lundi le ministère de l'Intérieur syrien. (AFP)
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  • L'attaque, qui avait fait huit morts, avait été revendiquée par le groupuscule Saraya Ansar al-Sunna, apparu quelques mois plus tôt. Selon des experts, le groupe serait en réalité lié à l'EI - à qui les autorités syriennes avaient imputé l'attentat
  • Dans son communiqué, le ministère annonce l'arrestation "d'Ahmed Attallah al-Diab et d'Anas al-Zarrad, qui appartiennent à l'organisation terroriste Daech (acronyme de l'EI en arabe, NDLR) et sont responsables de l'explosion"

DAMAS: Deux membres du groupe Etat islamique (EI) ont été arrêtés en Syrie en lien avec une attaque en décembre contre une mosquée située dans un secteur alaouite de Homs (centre), a annoncé lundi le ministère de l'Intérieur syrien.

L'attaque, qui avait fait huit morts, avait été revendiquée par le groupuscule Saraya Ansar al-Sunna, apparu quelques mois plus tôt. Selon des experts, le groupe serait en réalité lié à l'EI - à qui les autorités syriennes avaient imputé l'attentat.

Dans son communiqué, le ministère annonce l'arrestation "d'Ahmed Attallah al-Diab et d'Anas al-Zarrad, qui appartiennent à l'organisation terroriste Daech (acronyme de l'EI en arabe, NDLR) et sont responsables de l'explosion ayant visé la mosquée Ali Ben Abi Taleb dans le quartier de Wadi al-Dahab à Homs".

Des explosifs, différentes sortes d'armes et de munitions ainsi que des documents prouvant leur implication dans des attaques, ont également été saisis, selon la même source.

Saraya Ansar al-Sunna avait déjà revendiqué une attaque en juin contre une église de Damas, qui avait tué 25 personnes.

Pendant la guerre civile, déclenchée en 2011 par des manifestations pro-démocratie, l'EI avait contrôlé de vastes territoires avant d'être défait par la coalition internationale en 2019.

Malgré sa défaite, ses combattants repliés dans le vaste désert syrien continuent épisodiquement de mener des attaques.

En décembre, une attaque dans la région de Palmyre avait coûté la vie à trois Américains. Les Etats-Unis ont mené une série de frappes en réponse, et les autorités syriennes une série d'arrestations.

La ville de Homs, à majorité sunnite, compte plusieurs quartiers habités par la minorité alaouite. L'attaque de décembre avait entraîné de larges manifestations de cette communauté.

C'est de cette minorité qu'est issu le président Bachar al-Assad qui a été renversé en décembre 2024 par la coalition dirigée par Ahmad al-Chareh, ancien jihadiste aujourd'hui à la tête de la Syrie.

Depuis, cette communauté a fait l'objet d'attaques et la prise du pouvoir par des islamistes a renforcé les craintes des minorités syriennes.

Les autorités s'efforcent de rassurer sur leur capacité à pacifier et réunifier le pays après une guerre civile de près de 14 ans, et multiplient les gestes pour rassurer les minorités.


La Somalie annule tous ses accords avec les Émirats arabes unis

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  • "Après avoir soigneusement évalué les récents développements et exerçant son autorité constitutionnelle, le Conseil des ministres a annulé tous les accords conclus avec les Émirats arabes unis"
  • Cette décision, qui inclut "les accords bilatéraux de coopération en matière de sécurité et de défense", mais aussi ceux signés avec les administrations régionales, "repose sur des rapports crédibles et des preuves convaincantes"

MOGADISCIO: La Somalie a annulé lundi tous les accords conclus avec les Émirats arabes unis, sur fond de tensions liées à la reconnaissance par Israël du Somaliland et d’informations selon lesquelles les Émiratis auraient utilisé le territoire somalien pour aider un séparatiste yéménite à fuir son pays.

"Après avoir soigneusement évalué les récents développements et exerçant son autorité constitutionnelle, le Conseil des ministres a annulé tous les accords conclus avec les Émirats arabes unis", peut-on lire dans un communiqué gouvernemental reçu par l'AFP.

Cette décision, qui inclut "les accords bilatéraux de coopération en matière de sécurité et de défense", mais aussi ceux signés avec les administrations régionales, "repose sur des rapports crédibles et des preuves convaincantes concernant des actions hostiles sapant la souveraineté nationale, l’unité territoriale et l’indépendance politique du pays", affirme le Conseil des ministres.

Sont également concernés le port de Berbera au Somaliland, propriété d'un groupe émirati, ainsi que ceux de Bosaso (au Puntland, nord-est de la Somalie) et de Kismayo (au Jubaland, sud-ouest), précise le texte.

Situé au nord-ouest de la Somalie, l’État séparatiste du Somaliland représente plus d'un quart de ce que l’État fédéral somalien considère comme étant son territoire.

Quant au Puntland et au Jubaland, ils ont des relations complexes avec le gouvernement fédéral.

Les Émirats sont perçus par de nombreux experts comme étant derrière la reconnaissance récente par Israël de la république autoproclamée du Somaliland, territoire sur lequel Mogadiscio revendique sa souveraineté.

La coalition dirigée par l'Arabie saoudite au Yémen a également affirmé jeudi que le chef des séparatistes yéménites, soutenus par les Émirats arabes unis, avait été exfiltré à Abou Dhabi, la capitale émiratie, via les ports de Berbera et Mogadiscio.

L’agence somalienne de l’immigration a alors déclaré qu’elle enquêtait sur une "utilisation non autorisée présumée de l’espace aérien et des aéroports nationaux de la Somalie".

"Patience" épuisée 

Interrogé par l'AFP sur ce qui motivait la décision somalienne, un haut responsable du palais présidentiel s'est refusé à entrer dans les détails.

"La décision du cabinet aujourd’hui intervient après une longue période de patience de la part de la direction du gouvernement fédéral. Les Émirats ont continué d’interférer dans les affaires intérieures de la Somalie et se sont livrés à des actes de mauvaise conduite et à une politique de double discours en Somalie", a-t-il commenté.

Le 26 décembre, Israël est devenu le premier pays à reconnaître le Somaliland comme "État indépendant et souverain" depuis sa sécession en 1991 de la Somalie.

La république autoproclamée de 176.000 km2 fonctionne depuis en autonomie, avec ses propres monnaie, armée et police, et se distingue par sa relative stabilité par rapport à la Somalie minée par l'insurrection islamiste des shebab et les conflits politiques chroniques.

Sa position sur le détroit de Bab-el-Mandeb, qui relie la mer Rouge au golfe d'Aden, en fait un territoire stratégique.

Les Émirats arabes unis, cas rare dans le monde musulman, n'ont pas condamné Israël pour sa reconnaissance du Somaliland, contrairement à l'Arabie saoudite.

Le président somalien Hassan Sheikh Mohamud avait qualifié la décision israélienne de "menace" pour la sécurité et la stabilité de la Corne de l'Afrique.