La liste des sites anciens de Marib établie par l'Unesco fait le bonheur des Yéménites

Le royaume yéménite préislamique de Saba est menacé de destruction par le conflit en cours. (Archive/AP)
Le royaume yéménite préislamique de Saba est menacé de destruction par le conflit en cours. (Archive/AP)
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Publié le Vendredi 27 janvier 2023

La liste des sites anciens de Marib établie par l'Unesco fait le bonheur des Yéménites

  • L'organisme onusien a ajouté les sept sites de l'ancien royaume de Saba à Marib à sa liste du patrimoine mondial
  • Les sept sites archéologiques qui la composent «témoignent de la richesse du Royaume de Saba et de ses réalisations architecturales, esthétiques et technologiques»

AL-MUKALLA (Yémen): Les Yéménites, épuisés par la guerre, ont l’occasion de profiter d'un rare moment de fête. En effet, l'Unesco a ajouté des structures historiques de la province centrale de Marib à sa liste du patrimoine mondial.
À l’occasion d'une session extraordinaire du Comité du patrimoine mondial à Paris, mercredi dernier, l'organisme des Nations unies a ajouté les sept monuments de l'ancien royaume de Saba à Marib, ainsi que deux autres sites au Liban et en Ukraine, à sa liste du patrimoine mondial et à une liste des sites en danger dans le monde.
Cette décision a enchanté des responsables yéménites, des archéologues ainsi que la population.
«Félicitations à Marib, au Yémen et aux Arabes pour cet important accomplissement culturel qui est le résultat de trois années d'efforts sur le terrain et en coulisses», a écrit sur Twitter Mohammed Jumeh, délégué permanent du Yémen auprès de l'Unesco, qui a fait l'éloge de l'équipe de spécialistes yéménites et étrangers qui ont œuvré à la reconnaissance internationale de ces sites historiques.
Moammar al-Eryani, ministre yéménite de l’Information, de la Culture et du Tourisme, a également félicité les Yéménites, les autorités locales et l'équipe du ministère qui a préparé le dossier. Il a précisé qu'il y a désormais cinq sites yéménites sur la liste de l'Unesco.
«Félicitations au Yémen et au gouvernorat de Marib pour l'inscription par l'Unesco des sites de l'ancien royaume de Saba, à Marib, sur la liste du patrimoine mondial, point culminant de trois années de travail d'équipe du ministère, des autorités locales et de la délégation permanente du Yémen à l'Unesco», a réagi M. El-Eryani sur Twitter.
Il a remercié la princesse Haïfa al-Mogrin, déléguée permanente de l'Arabie saoudite à l'Unesco et présidente de la session, pour son soutien à l'inscription des sites de Marib.
Dans un communiqué de presse publié à l'issue de la réunion, l'Unesco a précisé que les sites de l'ancien royaume de Saba, à Marib, témoignent de l'existence d'un royaume puissant, doté d'un gouvernement centralisé et intelligent, qui contrôlait les routes de l'encens à travers la péninsule Arabique et exerçait une influence commerciale en Méditerranée et en Afrique de l'Est.
L’organisation a déclaré que les sept sites archéologiques qui composent le site «témoignent de la richesse du royaume de Saba et de ses réalisations architecturales, esthétiques et technologiques», du Ier millénaire avant J.-C. à la naissance de l'islam, il y a environ mille quatre cents ans.
Ali Tueaiman, archéologue yéménite et chef de l'équipe qui a réuni les dossiers de nomination, a déclaré à Arab News: «Je suis ravi. Nous avons travaillé sur ce dossier pendant trois ans, voyagé dans plusieurs pays et demandé l'aide de spécialistes arabes et internationaux.»
«Notre dossier a convaincu. Le royaume de Saba est l'épine dorsale de la civilisation yéménite et l'un des plus importants anciens royaumes arabes. Les sites illustrent la richesse de la civilisation à travers des milliers d'années.»
Il a déclaré que le monde, y compris l'Unesco, sera responsable de la préservation et de la restauration des sites de l'ancien royaume de Saba après la reconnaissance internationale.
Cependant, d'autres spécialistes yéménites ont averti que les combats entre les troupes gouvernementales yéménites et les Houthis, soutenus par l'Iran, représentent un très grand danger pour les sites en raison de la proximité de ces derniers avec les champs de bataille.
L'ancienne cité de Serwah, l'un des sept monuments classés, est située dans la région de Serwah, qui a été le théâtre de violents combats ces deux dernières années après l’assaut des Houthis contre la ville de Marib.
«Le site est placé dans une ligne de mire. Cela le met en péril et pourrait entraîner sa destruction partielle ou totale», a confié Riyad Bakarmom, un archéologue, à Arab News.
Il a précisé que la reconnaissance mondiale des sites de Marib pourrait également tenter les contrebandiers qui chercheraient à profiter de la moindre faille de sécurité pour voler de précieuses reliques.
«Un autre risque est l'excavation de sites historiques et la contrebande d'objets d’art en période de chaos et de guerre. Certains signes montrent que des sites anciens ont été fouillés à Marib», a souligné M. Bakarmom.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Dernier hommage en Irak à Ali Khamenei, sur fond de frappes entre Washington et Téhéran

La foule a envahi les rues de Najaf mercredi pour accompagner le passage du cortège funéraire du guide suprême iranien, Ali Khamenei, dans ce haut lieu du chiisme en Irak, avant qu'il ne soit inhumé jeudi en Iran. (AFP)
La foule a envahi les rues de Najaf mercredi pour accompagner le passage du cortège funéraire du guide suprême iranien, Ali Khamenei, dans ce haut lieu du chiisme en Irak, avant qu'il ne soit inhumé jeudi en Iran. (AFP)
  • A Najaf, dans le sud de l'Irak, où la dépouille de l'ayatollah est arrivée mardi soir par avion, les rues ont été ornées de banderoles en hommage à l'ayatollah et de grands portraits, aux côtés de drapeaux irakiens
  • Le cercueil avait été accueilli mardi soir à l'aéroport international de la ville par le président iranien Massoud Pezeshkian et par le chef de la diplomatie Abbas Araghchi, ainsi que par le Premier ministre irakien, Ali al-Zaïdi

NAJAF: La foule a envahi les rues de Najaf mercredi pour accompagner le passage du cortège funéraire du guide suprême iranien, Ali Khamenei, dans ce haut lieu du chiisme en Irak, avant qu'il ne soit inhumé jeudi en Iran.

Cette étape irakienne des cérémonies organisées depuis samedi par l'Iran pour l'adieu à son dirigeant tué le 28 février, au premier jour de la guerre déclenchée par Israël et les Etats-Unis, intervient alors que des hostilités ont repris dans la nuit entre Washington et Téhéran.

Après des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, les Etats-Unis ont affirmé avoir frappé plus de 80 cibles en Iran, déclenchant mercredi des représailles de Téhéran qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

A Najaf, dans le sud de l'Irak, où la dépouille de l'ayatollah est arrivée mardi soir par avion, les rues ont été ornées de banderoles en hommage à l'ayatollah et de grands portraits, aux côtés de drapeaux irakiens.

Le cercueil avait été accueilli mardi soir à l'aéroport international de la ville par le président iranien Massoud Pezeshkian et par le chef de la diplomatie Abbas Araghchi, ainsi que par le Premier ministre irakien, Ali al-Zaïdi.

Les autorités irakiennes, qui entretiennent d'étroites relations politiques et religieuses avec Téhéran, ont déclaré la journée de mercredi fériée et annoncé le déploiement d'un important dispositif de sécurité.

A Najaf, la foule a afflué au départ de la procession, qui doit parcourir six kilomètres jusqu'à l'imposant sanctuaire de l'imam Ali, gendre du prophète Mahomet, quatrième calife de l'islam et premier imam chiite, où des dizaines de religieux se tenaient prêts à prier sur le cercueil.

Des fidèles se sont approchés pour toucher le cercueil de Ali Khamenei posé à l'arrière d'un camion. Plus tard dans la journée, la dépouille s'envolera vers Kerbala, plus au nord, jusqu'aux sanctuaires de l'imam Hussein et de son frère Abbas.

L'un des fils du défunt dirigeant, Moustafa, participe à cette étape irakienne. Son autre fils, Mojtaba, qui lui a succédé à la fonction de guide suprême, n'a pas été vu depuis le début des cérémonies, ni depuis sa désignation en mars.

 "Occasion à ne pas manquer" 

"Nous te faisons nos adieux", proclame une banderole à Kerbala, tandis qu'une autre montre une photo de Khamenei avec la phrase: "Celui qui a humilié l'Amérique".

"C'est une occasion à ne pas manquer, de participer aux funérailles de celui qui a défié la puissance de l'Amérique et d'Israël", s'enthousiasme Mohammed al-Bayati, 30 ans, à Najaf.

Haidar Jaafar, qui a voyagé pendant des heures depuis la ville de Bassora dit lui s'attendre à l'afflux de millions de personnes "simplement parce que (Khamenei) a été tué par des mains israélo-américaines".

La ville est le principal centre des séminaires chiites, où les plus hauts responsables cléricaux ont étudié et enseigné.

Alliés

Venu accompagner cet hommage, le général Esmaïl Qaani, responsable de la Force Qods, la branche des opérations extérieures des Gardiens iraniens de la Révolution, a salué "la planification minutieuse de cet événement historique" par Bagdad, révélatrice selon lui "du lien spirituel profond unissant les deux nations".

Les relations bilatérales n'ont pas toujours été bonnes. Dans les années 1980, le président Saddam Hussein, qui réprimait la population chiite, est entré en guerre contre l'Iran après la Révolution islamique de 1979.

Les deux pays sont devenus de proches alliés après sa chute en 2003 et l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement dominé par les chiites à Bagdad, qui doit veiller à un équilibre délicat avec ses deux partenaires, américains et iraniens, eux-mêmes ennemis.

Aujourd'hui, l'Iran ne se contente pas de soutenir des responsables politiques influents mais appuie aussi des groupes armés. Ceux-ci ont participé à la guerre au Moyen-Orient, en soutien à l'Iran, en attaquant des installations américaines en Irak.

Concluant ces obsèques nationales, l'inhumation aura lieu jeudi à Mashhad, ville natale d'Ali Khamenei, dans le nord-est de l'Iran.


Après la défaite face à l'Argentine, les Egyptiens entre déception et fierté

  • Les larmes ont coulé au coup de sifflet final, mais quelques minutes plus tard, les applaudissements ont éclaté lorsque les supporters se sont levés pour saluer la performance des joueurs
  • "Ce n'est pas la fin que nous voulions", témoigne Farida Hamdy, 27 ans. "Mais personne ne peut effacer ce que ces joueurs ont accompli. Ils ont fait croire à chaque Egyptien que nous avions notre place sur la plus grande scène"

LE CAIRE: Même si leur équipe a perdu mardi face à l'Argentine 3-2, les Egyptiens ont applaudi avec "fierté" ces joueurs qui ont porté le pays en huitièmes de finale, un niveau jamais atteint par ce pays en Coupe du monde de football.

"Nous avons le cœur brisé parce que nous croyions pouvoir aller encore plus loin", confie Ismaïl Fawzy, 39 ans, qui a regardé le match avec des centaines de supporters dans un café du quartier huppé d'Héliopolis, dans l'est du Caire.

"Mais quand on pense à tout ce que cette équipe a accompli, on ne peut qu'être fier. Elle nous a offert des souvenirs que nous n'oublierons jamais", ajoute-t-il. "Certes nous avons perdu, mais nous avons déjà écrit l'histoire".

Pour la première fois de son histoire, l'Egypte a remporté un match du Mondial, dépassé la phase de poules et atteint les matchs à élimination directe, ajoutant une page à l'histoire de son football national.

Dans le café d'Héliopolis, les émotions ont oscillé entre déception et fierté.

Les larmes ont coulé au coup de sifflet final, mais quelques minutes plus tard, les applaudissements ont éclaté lorsque les supporters se sont levés pour saluer la performance des joueurs.

"Ce n'est pas la fin que nous voulions", témoigne Farida Hamdy, 27 ans. "Mais personne ne peut effacer ce que ces joueurs ont accompli. Ils ont fait croire à chaque Egyptien que nous avions notre place sur la plus grande scène".

"Rêver plus grand" 

Pendant des décennies, l'histoire de l'Egypte en Coupe du monde avait été faite de rendez-vous manqués.

"Avant cette Coupe du monde, les gens considéraient la qualification comme le rêve", relate Mme Hamdy.

"Maintenant, nous avons atteint les huitièmes de finale. La prochaine génération rêvera encore plus grand grâce à cette équipe", se réjouit-elle auprès de l'AFP.

Le sentiment de fierté s'étend bien au-delà des frontières égyptiennes.

A plus de 1.000 kilomètres de là, dans la bande de Gaza près de la frontière égyptienne, des milliers de Palestiniens se sont rassemblés dans des cafés improvisés, installés sous des tentes ou construits à partir de tôles ondulées récupérées sur des bâtiments endommagés par la guerre avec Israël.

Des éclairages alimentés par des générateurs illuminent des espaces de visionnage bondés, tandis que des câbles électriques et internet entremêlés courent entre des rangées d'abris.

Des drapeaux égyptiens flottent aux côtés de drapeaux palestiniens, des portraits de l'entraîneur Hossam Hassan et de stars comme Mohamed Salah et Omar Marmoush décorent les lieux.

Tout le monde est là: hommes, femmes, enfants, et blessés avec béquilles et fauteuils roulants abîmés.

Le bourdonnement persistant des drones israéliens se fait entendre au-dessus des têtes, ponctué parfois par des coups de feu, mais les spectateurs restent malgré tout absorbés par le match.

En Cisjordanie occupée, des milliers de personnes se sont également rassemblées à Ramallah, où une zone industrielle avait été transformée en fan-zone.

"Pour les Palestiniens, l'Egypte est bien plus qu'un pays frère ou un voisin", raconte Mohammed Saad, 60 ans, vantant notamment une "histoire partagée".

Le sélectionneur Hossam Hassan a été salué par les Palestiniens après avoir brandi leur drapeau sur le terrain après la victoire contre l'Australie au tour précédent et après l'avoir dédiée au peuple palestinien.

"Cela nous a donné un sentiment de joie et de liberté", dit Moussa Abou Ismaïl, 28 ans, originaire de la ville de Gaza. "Nous avons le sentiment que l'équipe nationale d'Egypte a redonné vie à Gaza".


Iran: une agence de presse fait état d'explosions à Bouchehr, dans le sud-ouest du pays

L'agence de presse iranienne Mehr a fait état mercredi d'une série d'explosions d'origine indéterminée à ce stade dans la ville portuaire de Bouchehr. (AFP)
L'agence de presse iranienne Mehr a fait état mercredi d'une série d'explosions d'origine indéterminée à ce stade dans la ville portuaire de Bouchehr. (AFP)
  • "Des explosions ont été entendues à Bouchehr et dans les environs"
  • Dans le sud-ouest de l'Iran, Bouchehr est située au large de l'île de Kharg, principal terminal pétrolier

TEHERAN: L'agence de presse iranienne Mehr a fait état mercredi d'une série d'explosions d'origine indéterminée à ce stade dans la ville portuaire de Bouchehr, qui compte la seule centrale nucléaire civile d'Iran, après une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis.

"Des explosions ont été entendues à Bouchehr et dans les environs" a écrit Mehr sans plus de précisions. Dans le sud-ouest de l'Iran, Bouchehr est située au large de l'île de Kharg, principal terminal pétrolier par lequel transite en temps normal 90% du brut iranien.