Atteinte au secret défense: le journaliste Alex Jordanov demande la levée des poursuites

Une photo prise le 19 janvier 2011 à Paris, montre la façade du Palais de Justice (Photo, AFP).
Une photo prise le 19 janvier 2011 à Paris, montre la façade du Palais de Justice (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 27 janvier 2023

Atteinte au secret défense: le journaliste Alex Jordanov demande la levée des poursuites

  • Six mois après la publication de l'ouvrage en avril 2019, la DGSI avait signalé à la justice une possible «compromission du secret de la défense nationale»
  • Fin juin 2022, M. Jordanov avait été placé en garde à vue avant d'être mis en examen par la magistrate instructrice parisienne

PARIS: Alex Jordanov, journaliste et auteur d'un livre sur le renseignement intérieur, mis en examen fin juin notamment pour divulgation du secret défense, demande à la cour d'appel de Paris de mettre un terme à ces poursuites.

La justice reproche à cet homme de 63 ans, brièvement otage en Irak en 2004, d'avoir dangereusement levé dans son livre "Les Guerres de l'ombre de la DGSI" (Nouveau Monde éditions) le voile sur la cuisine interne du principal service de renseignement travaillant sur l'Hexagone.

Six mois après la publication de l'ouvrage en avril 2019, la DGSI avait signalé à la justice une possible "compromission du secret de la défense nationale".

Fin juin 2022, M. Jordanov avait été placé en garde à vue avant d'être mis en examen par la magistrate instructrice parisienne pour appropriation et divulgation de secret défense, recel de violation du secret professionnel et de l'instruction, ainsi que pour révélation d'information permettant l'identification d'une source des renseignements.

Deux anciens policiers, désignés par l'enquête comme ses sources, ont aussi été mis en examen pour des infractions d'atteinte au secret de la défense nationale.

Selon des éléments dont l'AFP a eu connaissance, la juge d'instruction soupçonne principalement Alex Jordanov d'avoir divulgué au public des informations "ayant un caractère de secret de la défense nationale" en "exposant" les techniques utilisées par ces services de renseignement ou leur gestion des sources.

Dans un rapport de synthèse de 69 pages, daté du 23 juin, dont l'AFP a eu connaissance, la DGSI évoque un "préjudice important" causé par le livre, et détaille deux ans d'enquête dans l'ombre pour identifier les sources de M. Jordanov.

Dans une requête en nullité déposée le 23 décembre à la cour d'appel de Paris dont l'AFP a eu connaissance, Me William Bourdon, avocat d'Alex Jordanov, dénonce au contraire "une atteinte non nécessaire et disproportionnée à la liberté d'expression, au droit à l'information sur des questions d'intérêt public majeur et au droit à la protection des sources journalistiques" de son client.

Pour lui, les investigations menées, et notamment les perquisitions au domicile du journaliste, l'ont été principalement "dans le but d'identifier (ses) sources".

Ce secret des sources est pourtant protégé de manière extensive par la Convention européenne des droits de l'Homme ainsi que par la loi de 1881 sur la liberté de la presse, qui prévoit qu'il ne peut y être porté atteinte "directement ou indirectement" qu'en cas d'"impératif prépondérant d'intérêt public" et via des "mesures strictement nécessaires et proportionnées".

En juin, le journaliste avait reçu le soutien de Reporters sans Frontières, du Syndicat national des journalistes ou de l'association confraternelle de la presse judiciaire.

«Intimidation»

Me Bourdon y voit aussi une "mesure d'intimidation: à l'encontre du requérant pour qu'il révèle ses sources; de sources potentielles pour les dissuader de parler à la presse; d'autres journalistes qui pourraient avoir l'idée de publier un article ou un ouvrage sur le renseignement".

Les 69 pages du rapport de la DGSI se penchent ainsi sur l'environnement des deux policiers mis en cause, et détaillent leurs relations passées avec M. Jordanov mais aussi avec au moins six journalistes identifiés de médias nationaux et deux non-identifiés.

Pour une source proche du dossier, M. Jordanov a toutefois peut-être "payé son rapport défaillant aux sources" d'une mise en examen.

L'enquête de la DGSI est, en effet, basée sur des éléments contenus dans un cahier de notes retrouvé à Paris mi-2016 et qu'il est soupçonné d'avoir égaré, mais aussi sur l'exégèse de l'ouvrage: le service et certains de ses fonctionnaires ont affirmé ainsi qu'un grand nombre d'informations du livre étaient de manière très, voire trop évidente, rattachables à l'un des deux policiers mis en cause, Malik Naït-Liman, ancien de la DGSI.

Le conseil de ce dernier, Me Vincent Brengarth, a également déposé une requête en nullité, mais n'a pas souhaité commenter auprès de l'AFP.

L'histoire de son client avec la police s'est terminée de manière conflictuelle, notamment à cause de possibles activités parallèles pour le Paris Saint-Germain.

Les perquisitions du dossier Jordanov ont causé l'ouverture d'une enquête incidente sur d'autres possibles fuites d'informations confidentielles, notamment au profit du PSG.

Les deux requêtes pourraient être audiencées d'ici quelques mois à la chambre de l'instruction.


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Attaques de drones sur des infrastructures pétrolières en Russie, une raffinerie en feu

Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
  • Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes
  • Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine

MOSCOU: Des attaques de drones ont visé plusieurs infrastructures pétrolières dans le sud de la Russie vendredi, déclenchant un incendie dans une raffinerie de la région de Krasnodar, ont indiqué les autorités, faisant état de la destruction de 376 drones ukrainiens dans la nuit.

"A la suite de la chute de débris de drones, un incendie s’est déclaré à la raffinerie d'Ilskiï", a indiqué le quartier général opérationnel de la région de Krasnodar sur Telegram, précisant qu'il n'y a pas eu de victimes.

Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes.

Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine.

Entre 20H00 locales jeudi et vendredi 7H00, les forces russes ont détruit 376 drones ukrainiens, a précisé le ministère russe de la Défense sur la messagerie Max.

La Russie continue de frapper presque quotidiennement l'Ukraine, plus de quatre ans après le début de la guerre, pire conflit en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, jusqu'à présent sans issue diplomatique.

L'Ukraine a également intensifié ses frappes sur le territoire russe, parfois très loin de la frontière, visant particulièrement des infrastructures de transport et de stockage d'hydrocarbures pour tenter d'assécher la capacité de Moscou à financer son effort de guerre.