Trois personnes écrouées pour tentative d'assassinat contre une journaliste iranienne aux Etats-Unis

Le directeur du FBI, Christopher Wray, s'exprime lors d'une conférence de presse au ministère de la Justice à Washington, le vendredi 27 janvier 2023. (AP)
Le directeur du FBI, Christopher Wray, s'exprime lors d'une conférence de presse au ministère de la Justice à Washington, le vendredi 27 janvier 2023. (AP)
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Publié le Samedi 28 janvier 2023

Trois personnes écrouées pour tentative d'assassinat contre une journaliste iranienne aux Etats-Unis

  • L'un d'eux, Khalid Mehdiyev avait été arrêté le 29 juillet, armé d'un fusil d'assaut AK-47, près du domicile new-yorkais de cette Irano-Américaine figure du mouvement anti-voile
  • « Il n'agissait pas seul, il avait des complices, Rafat Amirov et Polad Omarov, membres d'une organisation criminelle d'Europe de l'Est liée à l'Iran», a révelé le ministre américain de la Justice, Merrick Garland

WASHINGTON: Trois personnes ont été arrêtées et inculpées pour avoir tenté d'assassiner aux Etats-Unis la journaliste et militante Masih Alinejad à la demande de Téhéran, ont annoncé vendredi les autorités américaines.

L'un d'eux, Khalid Mehdiyev avait été arrêté le 29 juillet, armé d'un fusil d'assaut AK-47, près du domicile new-yorkais de cette Irano-Américaine figure du mouvement anti-voile.

"Il n'agissait pas seul, il avait des complices, Rafat Amirov et Polad Omarov, membres d'une organisation criminelle d'Europe de l'Est liée à l'Iran", a révelé le ministre américain de la Justice, Merrick Garland, lors d'une conférence de presse.

Rafat Amirov, qui dirigeait cette organisation depuis l'Iran, avait été contacté "par des individus en Iran pour organiser un meurtre commandité" contre la dissidente, a-t-il poursuivi.

Cet homme de 43 ans a été arrêté jeudi aux Etats-Unis et doit être présenté vendredi à un juge fédéral.

Polad Omarov, qui occupait un poste intermédiaire dans la hiérarchie de ce groupe, a été arrêté en République tchèque le 4 janvier à la demande des Etats-Unis. Agé de 38 ans, il est en attente d'extradition.

Selon l'acte d'accusation, les deux hommes avaient recruté Khalid Mehdiyev, installé aux Etats-Unis, à qui ils avaient envoyé 30.000 dollars pour acheter une arme et financer son opération. Celui-ci avait effectué plusieurs missions de repérage et avait envoyé des photos et des vidéos de la journaliste à Polad Omarov.

Merrick Garland a assuré que les Etats-Unis ne "toléreraient pas les tentatives d'un gouvernement étranger de réduire au silence ou de faire du mal à des Américains".

Ni lui ni les documents judiciaires ne citent nommément la journaliste, mais celle-ci s'est dite, dans un message à l'AFP, "choquée que le régime iranien essaie encore de (la) tuer".

"Détermination"

Masih Alinejah, 45 ans, qui a dû quitter son pays en 2009, est connue depuis 2014 pour avoir lancé sur les réseaux sociaux le mouvement "MyStealthyFreedom" ("ma liberté furtive") encourageant les femmes iraniennes à protester contre l'obligation du port du voile dans leur pays.

Quatre agents du gouvernement iranien avaient déjà été inculpés en juillet 2021 pour avoir tenté de l'enlever trois ans plus tôt.

"Le régime iranien pense qu'en essayant de me tuer, il va réduire au silence" les militants pro-démocratie, a-t-elle encore dit à l'AFP. "Mais il ne fait que renforcer notre détermination à nous battre."

Elle a exprimé sa "reconnaissance envers les agents du FBI" qui l'ont protégée et a "promis de continuer à faire entendre la voix des hommes et femmes courageux qui n'ont pas de protection parce qu'ils sont en Iran".

Avec 500.000 abonnés sur son compte Twitter, et plus de huit millions sur Instagram, où elle relaye par dizaines chaque jour des photos ou vidéos d'Iraniennes retirant leur hijab, ainsi que des images parfois violentes de la répression, elle est devenue l'une des porte-voix du mouvement de protestation qui secoue l'Iran depuis la mort le 16 septembre de Mahsa Amini, 22 ans, après son arrestation par la police des moeurs.

Dans un communiqué, le conseiller à la Sécurité nationale de la Maison Blanche a dénoncé "une troublante série d'efforts sponsorisés par le gouvernement iranien pour tuer, torturer et intimider ceux qui réclament les droits fondamentaux et la liberté pour les Iraniens dans le monde entier".

"Soyons clairs", a poursuivi Jake Sullivan, "les Etats-Unis ne laisseront pas l'Iran et les autres régimes autoritaires (...) se livrer à des menaces et des mesures d'intimidation contre les dissidents qui vivent légalement dans notre pays".


Les Etats-Unis frappent l'Iran pour la troisième nuit de suite et vont rétablir le blocus des ports

Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
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  • Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna
  • Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom

TEHERAN: Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible".

Pendant une mission de cinq heures, "les forces américaines ont frappé des cibles militaires" dans plusieurs villes portuaires du sud de l'Iran, comme Bouchehr et Bandar Abbas, a détaillé le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans la matinée.

Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna.

Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom.

"Nous allons les frapper fort ce soir, et nous allons les frapper fort demain", avait déclaré lundi Donald Trump dans une interview radio. Pour le président américain, les dirigeants iraniens "ne peuvent absolument rien faire contre" ces frappes.

Comme la veille, les Gardiens de la Révolution iraniens ont, eux, revendiqué une opération à Bahreïn - entre autres contre un bâtiment hébergeant les troupes américaines sur la base de Juffair.

L'armée idéologique iranienne a aussi annoncé avoir ciblé en Jordanie "des installations clé et les forces américaines sur une base aérienne jordanienne", dans un communiqué cité par l'agence Tasnim. L'armée jordanienne a annoncé pour sa part l'interception de quatre missiles iraniens.

Deux tankers attaqués 

Dans le détroit d'Ormuz, les Emirats arabes unis ont déploré des attaques de missiles iraniens contre deux de leurs tankers, tuant un membre d'équipage indien.

Malgré ces échanges de frappes, Donald Trump a tout de même estimé, devant la presse à la Maison Blanche, qu'un accord avec l'Iran était encore "possible".

Avant cela, il avait annoncé sur Truth Social que les Etats-Unis prendraient le contrôle du détroit d'Ormuz et que le blocus des ports iraniens serait rétabli.

Il entrera en vigueur mardi à 20H00 GMT, selon l'armée américaine.

Tout comme Téhéran souhaite instaurer un péage pour traverser Ormuz, le président américain a dit vouloir percevoir en échange de la protection du détroit "une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons", contraire au droit international censé garantir la liberté de navigation.

Le pétrole remonte 

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, dont le pays a pris le contrôle du détroit au début de la guerre, a rétorqué sur X: "l'Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours".

Donald Trump "a tout à fait raison. Quiconque assure le passage sûr et sécurisé des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz devrait être rémunéré", a-t-il ironisé, ajoutant: "20%, c'est évidemment trop. Nous serons équitables".

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont accusé les Etats-Unis de mettre en péril l'approvisionnement mondial en pétrole.

Au lendemain d'une envolée spectaculaire de plus de 9%, les cours du pétrole continuaient leur ascension dans ce contexte. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, gagnait 1,19% à 84,29 dollars vers 02H00 GMT.

Après quasiment 40 jours de bombardements dans le conflit déclenché par des frappes israélo-américaines le 28 février, un cessez-le-feu était entré en vigueur début avril, avant d'être entériné le 17 juin par un protocole d'accord.

Mais depuis des attaques survenues mardi contre des navires tentant de franchir Ormuz, les affrontements ont repris avec une intensité inédite depuis des semaines, faisant dire à Donald Trump que le cessez-le-feu était "terminé".

La semaine dernière, le président américain a d'ailleurs envoyé une notice officielle au Congrès indiquant que le conflit avec l'Iran avait repris, a confirmé la Maison Blanche à l'AFP.

Et au total, 25 personnes ont été tuées depuis mercredi, selon un décompte de l'AFP à partir des médias iraniens et sources officielles.

 Protocole d'accord "en crise" 

Pour le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, "il ne fait aucun doute" que le protocole d'accord "est en crise".

"Mais l'Iran n'a jamais été le premier à violer ses engagements", a-t-il tancé lors d'une conférence de presse lundi à Téhéran à laquelle assistait l'AFP.

Les consultations avec les médiateurs que sont le Qatar, le Pakistan et Oman se poursuivent afin de "prévenir une escalade", a-t-il toutefois assuré.

Le protocole d'accord prévoyait la réouverture du détroit, Téhéran n'autorisant toutefois qu'un seul couloir de navigation, le long de ses côtes.

"Ce passage stratégique est plus important que des dizaines de bombes atomiques, et la République islamique d'Iran le protégera", avait averti dimanche le conseiller militaire du guide suprême, Mohsen Rezaï.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.